1.         Parc national de Los Katíos (Colombie) (N 711)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2009-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Exploitation forestière illégale, installation des populations non autorisée, pêche et chasse, menace des grands projets d'infrastructure

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/711/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2009)
Montant total approuvé : 73 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/711/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Conflit armé,

b) Extraction illégale de ressources naturelles,

c) Absence de contrôle exercé par une structure de gestion.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/711/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le rapport de l'État partie sur l'état de conservation du bien a été reçu par le Centre du patrimoine mondial le 15 février 2010, complété d'un projet de Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle et d'un projet d'État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. La mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN demandée par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville, 2009) n'a pu se rendre sur le territoire du bien pour des raisons de sécurité avancées par le Département de la sûreté et de la sécurité des Nations Unies. C'est la raison pour laquelle l'examen des documents ci-dessus mentionnés est toujours en cours. Le présent rapport se base donc uniquement sur les informations remises par l'État partie. Une série de mesures correctives provisoires et un calendrier provisoire de mise en place de ces mesures sont également proposés, ils seront finalisés suite aux conclusions de l'éventuelle mission sur le territoire du bien.

Le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril sans que le Comité du patrimoine mondial n'ait adopté de mesures correctives car aucune mission de suivi réactif n'a pu se rendre sur le territoire du bien avant cette inscription. Il lui avait été demandé de rédiger des mesures correctives mais, comme évoqué ci-dessus, la mission n'a pu se dérouler. Le rapport de l'État partie détaille une liste de points qu'il estime être des mesures correctives aux problèmes évoqués par le Comité du patrimoine mondial. Ces mesures sont les suivantes:

a) Contrôle et suivi des activités illégales

La mise en place du Plan d'action de 2008 de réduction de la chasse, de la pêche et de l'exploitation forestière illégales s'est poursuivie au cours de l'année 2009. Une autorisation a été donnée à la construction d'un poste de contrôle mobile dans une zone difficile du bien, avec l'aide financière du Fonds du patrimoine mondial et de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (US Agency for International Development - USAID). Le financement de la réparation et de l'équipement de deux autres postes mobiles a été approuvé par USAID. Des panneaux indicateurs seront placés aux points stratégiques du parc et le personnel atteindra le nombre de 21 employés.

b) Prévention de l'exploitation forestière illégale

L'État partie a organisé un atelier de formation pour le personnel local en charge de faire appliquer la loi sur le thème des outils légaux et des procédures permettant la confiscation des produits issus de l'exploitation forestière illégale et la poursuite judiciaire des contrevenants. D'autres ateliers sont prévus. L'Autorité en charge des parcs nationaux travaille actuellement avec l'autorité régionale de l'environnement qui a la charge d'accorder les permis d'abattage afin qu'un suivi plus efficace des activités autour du territoire du bien puisse être mis en place. En cas d'épuisement de leurs propres ressources forestières par les communautés locales, il y a un risque que celles-ci exploitent les forêts du bien afin de maintenir leur niveau d'activité.

c) Promotion de moyens de subsistance durables

Les communautés, auparavant déplacées par les groupes armés de leurs terres proches du bien, sont revenues mais comme le tissu communautaire s'est affaibli, elles doivent faire face à une situation difficile et s'orienter vers l'exploitation forestière illégale sur le territoire du bien comme seul moyen de subsistance. L'État partie insiste sur l'importance de la mise en place de moyens de subsistance alternatifs et durables et précise qu'une aide préliminaire a été accordée par USAID à ce propos.

d) Réinstallation des populations récemment arrivées

L'État partie signale que les 270 membres de la tribu Wounaan se sont installés sur le territoire du bien depuis 2004, qu'ils déboisent les forêts afin de pratiquer l'agriculture. Cette tribu était venue dans la région du parc dans les années 60 dans le cadre d'opérations forestières, elles ont été réinstallées ailleurs suite à la création du parc en 1974 dans le cadre d'une procédure légale d'acquisition de leurs terres. Un dialogue destiné à résoudre ce problème est en cours. Il est mené par le Ministère des Affaires intérieures et de la Justice.

e) Éviter les effets des grands projets d'infrastructure

Deux principaux projets d'infrastructure envisagent de traverser le territoire du parc. L'un est un corridor de lignes électriques sur la frontière nord du bien, et l'autre, la construction de l'autoroute Panaméricaine en son centre ainsi qu'à travers le territoire du Parc national de Darien, bien du patrimoine mondial au Panama, contigu au Parc national de los Katios. La taille du parc national de Los Katios étant déjà assez petite (72.000 ha), de tels projets sont susceptibles d'avoir un important impact négatif sur sa valeur universelle exceptionnelle.

L'État partie estime qu'un calendrier de mise en œuvre d'une durée de 6 ans est à envisager pour l'accomplissement des mesures correctives, sous réserve d'une aide financière. L'État partie précise qu'il entreprend actuellement une évaluation d'efficacité de la gestion du bien pour l'année 2010, autorisant ainsi une évaluation quantitative des progrès accomplis dans le traitement des problèmes affectant le bien. L'État partie précise également qu'il a été capable de recueillir des fonds internationaux importants afin d'aider à la mise en place des mesures correctives mais qu'un financement complémentaire sera nécessaire. L'État partie ajoute, par ailleurs, que la mise en place des procédures légales de lutte contre l'exploitation forestière illégale demeure problématique au vu de l'éloignement du bien.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN accueillent avec satisfaction l'initiative de l'État partie visant à établir une série de mesures correctives temporaires destinées à apporter des réponses aux menaces affectant la valeur universelle exceptionnelle du bien. Ils demeurent cependant préoccupés par les très grands problèmes auxquels le bien doit faire face, en particulier parce que ces problèmes concernent une zone très éloignée. Les grands projets d'infrastructure activement mis en avant par les États parties de Colombie et du Panama viennent s'ajouter aux problèmes déjà présents et affecteraient gravement non seulement le Parc national de Los Katios mais aussi le Parc national de Darien, un autre bien du patrimoine mondial situé au Panama.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7A.14

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7A.Add,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.34, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Regrette que la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN ait dû être retardée en raison de problèmes de sécurité et demande à l'Etat partie, au Centre du patrimoine mondial et à l'UICN d'organiser cette mission dès que la situation le permettra, afin d'évaluer les menaces pour le bien et d'identifier les mesures correctives destinées à y répondre ;

4. Accuse réception des projets de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle et d'Etat de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, mais remarque  que ceux-ci doivent encore être finalisés en raison du report de la mission ;

5. Exprime sa plus vive préoccupation quant aux grands projets d'infrastructure devant traverser le bien, à savoir un corridor de lignes électriques à la limite nord du bien et la construction de l'autoroute Panaméricaine en son centre, qui sont susceptibles d'avoir un grand impact négatif sur sa valeur universelle exceptionnelle, et prie instamment l'Etat partie, ainsi que l'Etat partie du Panama, de réaffirmer conjointement leur engagement à la conservation des Parcs nationaux de Los Katios et de Darien qui forment, de fait, une zone protégée transfrontalière ;

6. Accueille avec satisfaction les mesures correctives temporaires proposées par l'Etat partie et les efforts accomplis pour leur mise en œuvre et prend note de l'échéance de six ans proposée pour la mise en place de ces mesures correctives temporaires ;

7. Demande également à l'Etat partie de poursuivre la mise en œuvre de ces mesures correctives temporaires en tenant compte de toute modification qui interviendrait suite à l'éventuelle mission Centre du patrimoine mondial/UICN sur le territoire du bien :

a) Achever et mettre en place le plan d'action pour le  contrôle et le suivi, y compris la construction de postes de gardes, la fourniture d'équipement et le maintien du nombre d'employés du parc adapté aux besoins,

b) Empêcher l'exploitation forestière illégale sur le territoire du bien en définissant la capacité, au niveau du bien, d'appréhender et de poursuivre en justice les instigateurs de telles activités et en communiquant avec les communautés locales,

c) Mettre en place des moyens de subsistance alternatifs et durables pour les communautés concernées autour du bien dans le cadre d'un programme plus vaste de réduction de l'incitation à l'abattage illégal,

d) Achever le processus de réinstallation des populations qui se sont récemment installées dans les limites du parc,

e) Résoudre l'incompatibilité entre les grands projets d'infrastructures actuellement envisagés et l'obligation de l'Etat partie vis-à-vis de la Convention du patrimoine mondial de conserver la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

8. Demande en outre à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport complet sur l'Etat de conservation du bien, faisant Etat, en particulier et dans les détails, des mesures correctives temporaires identifiées ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011;

9. Demande par ailleurs à l'Etat partie, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN, de finaliser les projets de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle et d'Etat de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011;

10. Décide de maintenir le Parc national de Los Katios (Colombie) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 34 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'Etat de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-10/34.COM/7A, WHC-10/34.COM/7A.Add, et WHC-10/34.COM/7A.Add.2),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :