1.         Forêts humides Gondwana de l’Australie (Australie) (N 368bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1986

Critères  (viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/368/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/368/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/368/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

L'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 1er décembre 2022, qui est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/368/documents/ et rend compte de ce qui suit :

Le Centre du patrimoine mondial a envoyé une lettre à l'État partie le 17 mars 2023, pour vérifier l’information reçue d’une tierce partie concernant une licence d'accès à l’eau à des fins d’exploitation minière qui aurait été octroyée pour extraire l’eau des environs du Parc national de Springbrook, une composante du bien, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. L'État partie a répondu le 20 avril 2023 pour faire savoir qu’au terme de la Loi de 1999 sur la protection de l’environnement et la conservation de la biodiversité (Loi PECB), toute mesure qui aura ou est susceptible d’avoir un impact significatif sur la VUE d’un bien du patrimoine mondial doit être référée au ministre de l’Environnement du Gouvernement fédéral pour décision. L'État partie note qu’à ce stade la proposition de licence d’accès à l’eau à des fins d’exploitation minière n’a pas été référée mais qu’il est très courant pour les promoteurs de projets d’avancer les processus d'approbation au niveau de l’État concerné avant de saisir le Gouvernement fédéral qui avisera le Centre du patrimoine mondial dans la mesure où cette proposition nécessite une évaluation des impacts significatifs potentiels sur la VUE du bien conformément aux Orientations.

L'État partie a envoyé une lettre au Centre du patrimoine mondial le 23 mai 2023 pour lui fournir des mises à jour, dont la publication d’une évaluation révisée de la variabilité climatique des biens du patrimoine mondial en Australie et une « boîte à outils » pour les changements climatiques permettant aux gestionnaires de biens du patrimoine mondial de l’Australie d’entreprendre une planification globale de l’adaptation aux changements climatiques.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Il convient de saluer les efforts collaboratifs permanents en termes de surveillance post-incendie et de récupération consentis par les Gouvernements fédéraux de NSW et du Queensland et les autres parties prenantes et titulaires de droits à l’instar des peuples des Premières Nations. Toutefois, les impacts sur la VUE du bien suite aux feux de brousse de 2019-20 demeurent extrêmement préoccupants, d’autant plus que le bien contient des écosystèmes sensibles qui ne sont pas adaptés au feu. Il est, certes, encourageant que certaines zones du bien et espèces particulières semblent bien se remettre, mais il est inquiétant que des dégâts écologiques élevés, voire catastrophiques, dus aux incendies aient été observés dans d’autres secteurs du bien.

Il est rappelé qu’il a été demandé à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’UICN, une mise à jour du processus d’évaluation des effets des incendies sur la VUE du bien et ses perspectives de récupération. Note a été prise de l’information concernant la récupération des espèces qui contribuent à la VUE du bien, comme le wallaby des rochers à queue en pinceau (Petrogale penicillata), ainsi que des efforts déployés pour comprendre les incidences des feux sur d’autres espèces telles que le chêne de Nightcap (Eidothea hardeniana), et favoriser leur récupération. Il est préoccupant que les symptômes et les dégâts provoqués par la rouille du myrte, plante pathogène à l’origine du grave dépérissement des espèces de la famille des Myrtacées, ont été observés dans tous les sites d’étude du bien ravagés par les incendies.

Reconnaissant que certaines activités de récupération ont été retardées du fait des inondations dans l’ensemble de la région et rappelant les engagements de l'État partie dans sa réponse de gestion immédiate aux feux de brousse, l'État partie devrait être encouragé à prolonger les interventions de gestion pour soutenir la récupération du bien. Ces actions devraient inclure un suivi permanent de la santé et de la récupération en cours des zones et des espèces touchées par les feux, mais aussi de celles qui nécessitent des études supplémentaires afin de bien comprendre les impacts des incendies et du changement climatique, ainsi que des mesures de récupération et des stratégies de gestion adaptative.

Par ailleurs, il est important que les recommandations de la Commission royale en charge des dispositions nationales en matière de catastrophes naturelles soient mises en œuvre afin de renforcer la gestion des situations d’urgence, ainsi que la réduction des risques de catastrophes climatiques et naturelles. Il est apprécié que les enseignements tirés des feux de brousse de 2019–2020, en particulier la gestion culturelle des feux par les communautés des Premières Nations, soient mis à disposition au moyen de rapports et de liens Web de manière à favoriser l'échange de savoir-faire sur les stratégies de gestion du feu pour les autres États parties confrontés à des menaces similaires pour leurs biens du patrimoine mondial, ainsi que la publication de l’évaluation révisée de la variabilité du climat et la boîte à outils sur l’adaptation aux changements climatiques à l’usage des gestionnaires de site.

Le changement climatique étant une menace croissante pour ce bien et d’autres biens du patrimoine mondial en Australie, le Comité devrait saluer les efforts soutenus de l'État partie pour mieux comprendre les changements prévus induits par le changement climatique au regard de la VUE du bien, et demander que les connaissances et la compréhension acquises à travers ces processus servent à orienter les stratégies de gestion adaptative pour renforcer la résilience du bien au climat et aux catastrophes.

Note a été prise de la réponse de l'État partie à l’information d’une tierce partie concernant l'octroi d’une licence d'accès à l'eau à des fins d’exploitation minière pour extraire l’eau des environs du Parc national de Springbrook, et il est recommandé que le Comité demande à l'État partie d’informer le Centre du patrimoine mondial une fois que le Gouvernement fédéral aura été saisi de la proposition et aura déterminé si l’activité proposée doit faire l’objet d’une nouvelle évaluation d'impact au regard de la VUE du bien.

Décision adoptée: 45 COM 7B.79

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 44 COM 7B.89, adoptée à sa 44esession élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Notant avec satisfaction les efforts collaboratifs soutenus de l'État partie en termes de mesures de surveillance post-incendie et de récupération, exprime sa plus vive préoccupation quant aux effets néfastes des feux de brousse de 2019-20 sur les attributs de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, en particulier les espèces qui sont vulnérables aux impacts du feu ;
  4. Rappelant également que l'État partie a apporté une réponse immédiate en matière de gestion suite aux incendies à travers l’évaluation des impacts, la planification et les engagements de financement pour assurer la récupération à long terme, prend acte du fait que certains projets de récupération ont été retardés en raison des récentes inondations dans la région, et encourage l'État partie à poursuivre les interventions de gestion en soutien à la récupération du bien, y compris le suivi de la santé et de la récupération en cours des zones et des espèces, ainsi que les mesures de récupération et les stratégies de gestion adaptative ;
  5. Note avec inquiétude l’impact de la rouille du myrte (Austropuccinia psidii) sur les zones du bien ravagées par les incendies, demande à l'État partie de continuer à en assurer la surveillance pour remédier à ses effets sur la VUE du bien ;
  6. Salue les efforts soutenus de l'État partie pour mieux comprendre les changements prévus induits par le changement climatique au regard de la VUE du bien, demande également à l'État partie de mettre à profit les connaissances et la compréhension acquises grâce à ces processus pour mieux orienter les stratégies de gestion adaptative visant à renforcer la résilience du bien au climat et aux catastrophes ;
  7. Demande en outre à l'État partie de continuer à mettre en œuvre les recommandations de la Commission royale selon les dispositions nationales en matière de catastrophes naturelles afin de renforcer la gestion des situations d’urgence, ainsi que la réduction des risques de catastrophes climatiques et naturelles ; se félicite également du développement d’une méthodologie d’évaluation révisée de la variabilité du climat et d’une boîte à outils sur les changements climatiques pour les biens du patrimoine mondial ;
  8. Salue les efforts de l'État partie pour partager les enseignements tirés avec les autres États parties à la Convention confrontés à des menaces similaires, en favorisant l'échange de connaissances sur les stratégies de gestion du feu dans les biens du patrimoine mondial ;
  9. Prenant également note de l’information selon laquelle le processus d’approbation de l'octroi d’une licence d'accès à l'eau à des fins d’exploitation minière pour extraire l’eau des environs du Parc national de Springbrook n’est pas terminé, demande par ailleurs à l'État partie d’informer le Centre du patrimoine mondial une fois que le Gouvernement australien aura été saisi de la proposition et déterminé si l’activité proposée fera l’objet d’une nouvelle évaluation d'impact au regard du bien ;
  10. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.