1.         Göbekli Tepe (Türkiye) (C 1572)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2018

Critères  (i)(ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1572/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1572/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1572/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 30 novembre 2022, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, dont le résumé est disponible à https://unesco.org/fr/list/1572/documents/. Ce rapport présente les progrès accomplis par l’État partie concernant plusieurs problèmes de conservation soulevés par le Comité à ses précédentes sessions, comme suit :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Des progrès ont été accomplis concernant certaines recommandations du Comité et des précisions utiles apportées, par exemple concernant le début de la révision du système de gestion. Cependant, des éléments importants des recommandations n’ont pas été entièrement développés et demandent encore du travail.Des informations utiles sont fournies sur l’entretien, la conservation et les mesures de protection du bien, ainsi que sur les désignations utilisées pour protéger le bien, la zone tampon et la zone de gestion. Toutefois, ces informations ne sont pas particulièrement pertinentes dans le cadre du suivi attentif de l’impact des aménagements, bien que le déplacement du projet de ligne ferroviaire au sud du bien soit discuté.

En ce qui concerne les précisions sur l’impact des « infrastructures obligatoires », le processus légal de consentement est évoqué. Les Dispositions relatives à la protection et à l’utilisation des sites archéologiques, décision 658, 5/11/99 du Haut Conseil pour la protection des biens culturels, ne mentionnent que les « infrastructures obligatoires (électricité, eau, etc.) ». Il semble que les mesures de protection visant à prévenir les impacts négatifs sur la valeur universelle exceptionnelle du bien ne sont prises qu’après l’octroi de l’autorisation. Le Comité devrait réitérer sa recommandation selon laquelle l’impact négatif potentiel des aménagements autour du bien doit être suivi de près. Le Comité pourrait souhaiter recommander qu’une évaluation officielle des infrastructures obligatoires soit réalisée en amont de l’autorisation et qu’elle soit communiquée au Centre du patrimoine mondial, conformément aux paragraphes 110 et 172 des Orientations.

Les données préliminaires de l’étude archéologique de terrain en 2022 sont accueillies favorablement et le Comité pourrait souhaiter recommander la poursuite de ce travail afin qu’il serve de référence pour réévaluer le degré de protection statutaire de la zone tampon. En outre, notant que l’étude archéologique a révélé des découvertes importantes et une activité préhistorique dans la zone de gestion proche du tracé de la ligne ferroviaire envisagée, le Comité pourrait souhaiter réitérer sa demande que cet aménagement fasse l’objet d’une étude d’impact sur le patrimoine (EIP), conformément au Guide et boîte à outils pour les études d’impact dans un contexte de patrimoine mondial.

La réponse concernant la recommandation sur le canal d’irrigation et la carrière est notée et les mesures prises sont appropriées. En ce qui concerne la carrière désaffectée, des inquiétudes subsistent sur son impact visuel négatif, car elle est visible depuis le bien. Le Comité pourrait souhaiter recommander que des améliorations supplémentaires soient mises en œuvre.

La révision officielle et le renforcement du plan de gestion sont notés. Le Comité pourrait souhaiter recommander l’utilisation de la Boîte à outils 2.0 pour la mise en valeur de notre patrimoine (Enhancing Our Heritage Toolkit 2.0). L’engagement de réaliser un plan de conservation complet est noté. Ce plan devrait être assorti d’un plan d’action et de ressources dédiées. Les séismes de février 2023 ont souligné l’urgence d’élaborer une évaluation complète des risques et un plan de prévention des risques. Le bien est situé dans la zone d’impact de ces séismes. L’évaluation des risques doit inclure le musée de Sanliurfa où sont entreposés et exposés les matériaux issus des fouilles. Il est recommandé au Comité de demander à l’État partie de soumettre, de toute urgence, au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, le plan de gestion révisé comprenant les plans complets de conservation, et d’évaluation et de prévention des risques, en précisant les données de référence et les protocoles de suivi, notamment pour les travaux de conservation, l’évaluation des risques, la satisfaction des visiteurs, la participation de la communauté et les indicateurs environnementaux plus larges.

Le projet de plan de gestion des visiteurs devrait être intégré au plan de gestion révisé. Une fois finalisé, le projet de plan de gestion des visiteurs doit être envoyé au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, avant approbation.

Décision adoptée: 45 COM 7B.203

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 44 COM [7]B.57, adoptée à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Note les progrès accomplis par l’État partie, mais demande qu’il :
    1. soumette de toute urgence à l’examen du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives un plan de gestion révisé, utilisant la Boîte à outils 2.0 pour la mise en valeur de notre patrimoine, et comprenant :
      1. un plan de conservation complet servant de référence pour une approche de conservation bien planifiée et à long terme, assorti d’un plan d’action et de ressources dédiées,
      2. une évaluation complète des risques et un plan de prévention des risques fondés sur le manuel de Gestion des risques de catastrophes au patrimoine mondial (Resource Manual Managing Disaster Risks at World Heritage),
      3. des précisions sur les données de référence et les protocoles de suivi, notamment pour les travaux de conservation, l’évaluation des risques, la satisfaction des visiteurs, les indicateurs communautaires et les indicateurs environnementaux plus larges,
      4. un projet de plan de gestion des visiteurs, comprenant un plan de gestion du tourisme, ainsi que des actions, des horaires et des ressources dédiées,
    2. continue de suivre de près les aménagements autour du bien qui pourraient avoir un impact sur le paysage, l’intégrité et le potentiel archéologique du bien et d’évaluer l’impact de toutes les infrastructures obligatoires envisagées, avant la délivrance de toute autorisation, conformément aux paragraphes 110 et 172 des Orientations,
    3. réalise une étude d’impact sur le patrimoine (EIP) du projet d’aménagement d’une ligne ferroviaire au sud du bien, conformément au Guide et boîte à outils pour les études d’impact dans un contexte de patrimoine mondial et avant toute construction, et la soumette au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives,
    4. continue de prendre des mesures concrètes pour s’assurer que l’impact visuel du canal d’irrigation dans la zone de gestion et au sud-est du bien soit réduit et pour continuer à évaluer l’impact visuel de la carrière dans la zone de gestion à l’ouest du bien,
    5. continue d’entreprendre des études archéologiques qui serviront de référence pour réévaluer le degré de protection statutaire de la zone tampon ;
  4. Rappelle à l’État partie d’informer en temps utile le Centre du patrimoine mondial de son intention d’entreprendre ou d’autoriser tout aménagement majeur susceptible d’affecter la valeur universelle exceptionnelle d’un bien du patrimoine mondial et d’effectuer des études d’impact sur le patrimoine et/ou l’environnement avant de prendre toute décision qui serait difficilement réversible, conformément aux paragraphes 172 et 118bis des Orientations respectivement ;
  5. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.