1.         Ensemble culturel et historique des îles Solovetsky (Fédération de Russie) (C 632)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1992

Critères  (iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/632/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/632/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Août 2013 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS ; juillet 2015 : mission de conseil de l’ICOMOS ; avril 2018 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/632/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 1er décembre 2022, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, disponible à : https://whc.unesco.org/fr/list/632/documents/. Les avancées sur un certain nombre de sujets de conservation abordés par le Comité lors de ses précédentes sessions sont présentées comme suit dans ce rapport :

Le 12 mai 2022, le Centre du patrimoine mondial a envoyé une lettre à l’État partie demandant de réagir à des informations émanant de tiers concernant la modification du statut juridique de certains éléments du bien. Aucune réponse n’a été reçue de l’État partie au moment de la préparation du présent rapport.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les avancées pour désigner le bien en tant que site historico-religieux sont accueillies favorablement. Cette approche a été soutenue par les missions de l’ICOMOS pour renforcer la conservation de l’archipel en tant que paysage culturel sacré vivant présentant des dynamiques culture/nature/population interdépendantes. L’inventaire paysager détaillé qui a été entrepris est également accueilli favorablement, notamment les études sur les sites monastiques « disparus » et les zones liées à d’anciennes activités économiques. Le concept de reconstruction (restauration) envisagé pour ces sites doit être soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives.

Le plan directeur concernant la partie de l’archipel destinée à l’établissement est sur le point d’être achevé. L’État partie trouve le terme de plan directeur difficile à traduire et lui préférerait le terme de stratégie de développement, qui implique une stratégie de développement territorial, alors que le plan directeur se traduit par un plan général de planification et de développement. Pour garantir la cohérence avec d’autres biens, il est suggéré d’utiliser « plan directeur (stratégie de développement) » dans les rapports sur l’état de conservation et « stratégie de développement » au niveau local.

Le plan directeur (stratégie de développement) définira une approche intégrée pour préserver et faire revivre les principaux éléments spatiaux historiques du paysage culturel, notamment le réseau de routes monastiques, les digues, le réseau de lacs et de canaux et les paysages agricoles. Une fois finalisé et approuvé, un plan de gestion sera élaboré.

Tout projet de restauration est désormais soutenu par le ministère de la Culture, le musée Solovetsky, le monastère Solovetsky et l’Église orthodoxe russe, et est entrepris par des prestataires agréés par le ministère. Cette approche est accueillie favorablement.

La liste complète des projets entrepris au cours des deux dernières années comprend des travaux de conservation courants, des réparations d’urgence et des projets de grande envergure tels que la restauration complète du clocher de la cathédrale, des projets d’adaptation de la centrale électrique monastique du XIXe siècle, du hangar à hydravions et un projet ’’de développement aéroportuaire. L’État partie a dialogué avec l’ICOMOS pour tous ces grands projets, et des études techniques ont été effectuées et communiquées. En 2022, l’ICOMOS a fourni des études techniques sur la reconstruction éventuelle de l’église Saint-Onuphrius et sur une nouvelle installation de gestion des déchets, et en 2023 sur la conversion de la réserve de légumes de l’ère soviétique et le réaménagement du bâtiment du musée.

Lors de sa 40e session en 2016, le Comité a demandé à l’État partie d’interrompre les travaux de construction d’un grand bâtiment muséal en raison de l’impact négatif que ce projet aurait sur la VUE du bien, de démolir ce qui avait déjà été construit et de soumettre de nouvelles propositions. Selon les plans actuels, la structure existante à moitié construite sera limitée à un étage, recouverte d’un toit végétalisé et protégée par un écran d’arbres récemment plantés afin de réduire au maximum la pollution lumineuse. Cette démarche novatrice est louable et aboutit à un bâtiment acceptable, à défaut d’être idéal, qui ne nuit pas à la VUE. Cette solution doit être considérée comme une solution exceptionnelle adaptée aux circonstances.

Il convient d’accueillir favorablement le lancement de la documentation scientifique nécessaire au soutien de la restauration des parties du réseau hydrologique de l’île principale qui présentent de graves problèmes. Couvrant quelque 52 lacs et plusieurs kilomètres de canaux, ce réseau unique datant principalement des XVe et XVIe siècles sous-tend le paysage culturel de l’île principale, approvisionne le monastère en eau à partir du lac sacré et fournissait autrefois l’énergie nécessaire aux moulins.

Il convient de noter que des EIP sont mises en place pour toutes les nouvelles constructions’’. Elles devraient également s’appliquer aux grands projets de restauration et inclure les plans envisagés lors de leur soumission.

Décision adoptée: 45 COM 7B.197

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 44 COM 7B.159, adoptée à sa 44esession élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Accueille favorablement les avancées pour désigner le bien comme site historico-religieux afin de renforcer la conservation de l’archipel en tant que paysage culturel vivant et sacré où s’entremêlent culture, nature, population, dynamiques et fortes associations immatérielles ; et demande à l’État partie de préciser que cette désignation protégera tous les attributs de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) ;
  4. Comprend les préoccupations concernant la traduction du terme « plan directeur » et convient qu’à l’avenir, il sera fait référence au « plan directeur (stratégie de développement) » dans les documents sur l’état de conservation et à la « stratégie de développement » au niveau local ;
  5. Note que le plan directeur (stratégie de développement) est presque achevé pour la partie de l’île principale occupée par l’établissement, réitère sa demande de soumission de ce plan au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant approbation finale, et note en outre qu’un plan de gestion sera élaboré une fois que le plan directeur (stratégie de développement) aura été approuvé ;
  6. Accueille également favorablement le processus désormais en place pour les grands projets de restauration, qui implique le soutien du ministère de la Culture, du musée Solovetsky, du monastère Solovetsky et de l’Église orthodoxe russe, ainsi que le recours à des prestataires agréés par le ministère, et demande à l’État partie de soumettre les détails des grands projets de conservation au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant le début des travaux ;
  7. Note la liste complète des projets qui ont été entrepris au cours des deux dernières années, y compris les travaux de conservation courants, les réparations d’urgence et les projets à grande échelle, accueille favorablement le dialogue entre l’État partie, le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS, ainsi que les études techniques de l’ICOMOS qui ont été communiquées, et encourage l’État partie à prendre en compte leurs recommandations ;
  8. Salue les propositions novatrices visant à remodeler le bâtiment à moitié construit du musée pour donner suite à la demande du Comité lors de sa 40esession visant à interrompre les travaux, démolir ce qui avait déjà été construit et soumettre de nouvelles propositions, et considère que les plans soumis qui réduisent la structure à moitié construite existante à un étage, la couvrent d’un toit végétalisé et l’entourent d’arbres plantés faisant écran, aboutissent à un bâtiment acceptable, à défaut d’être idéal, qui n’a pas d’impact négatif sur la VUE du bien, mais rappelle qu’il s’agit là d’une solution appropriée dans ces circonstances ;
  9. Accueille également favorablement le recueil d’une documentation scientifique en vue de la restauration des parties du réseau hydrologique de l’île principale qui présentent de graves problèmes, souligne l’impact déterminant de ce réseau unique de 52 lacs et de plusieurs kilomètres de canaux, datant principalement des XVe et XVIesiècles, sur le paysage culturel de l’île principale et sur l’approvisionnement en eau du monastère à partir du lac sacré, et accueille favorablement l’engagement de l’État partie à prendre en compte les recommandations des missions et les conseils des experts de l’ICOMOS au fur et à mesure de l’évolution de ce projet ;
  10. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, le concept de reconstruction (restauration) envisagé pour les sites monastiques « disparus » et les zones liées aux anciennes activités économiques, une fois qu’il aura été mis au point et avant sa mise en œuvre ;
  11. Note en outre que toute nouvelle construction doit faire l’objet d’une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP), encourage l’État partie à étendre cette mesure aux grands projets de conservation, apprécie les EIP détaillées qui ont déjà été fournies et demande qu’à l’avenir de telles évaluations pour les grands projets de restauration ainsi que pour les nouvelles constructions soient soumises au Centre du patrimoine mondial, accompagnées de copies des plans envisagés, pour examen par les Organisations consultatives ;
  12. Réitère sa demande que les détails du projet de réparation et de restauration de l’hôtel Preobrazhenskaya du début du XIXe siècle, et en grande partie détruit, soient soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives le plus tôt possible, étant donné sa situation proéminente près du monastère ;
  13. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.