1.         Centre historique de Boukhara (Ouzbékistan) (C 602bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1993

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/602/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1995-2021)
Montant total approuvé : 130 960 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/602/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé: 2016 : 30 670 dollars EU du projet du Fonds-en-dépôt UNESCO/Pays-Bas pour l’application de la Recommandation de l’UNESCO concernant le paysage urbain historique (HUL, 2011) dans les biens du patrimoine mondial « Centre historique de Boukhara » et de « Samarkand – carrefour des cultures », 2019 : 43 115 dollars EU par le projet du Fonds-en-dépôt UNESCO/Pays-Bas pour « le renforcement des capacités dans la gestion des biens du patrimoine mondial, interconnexion du développement et de la préservation du patrimoine en Ouzbékistan »

Missions de suivi antérieures

1998 : mission de suivi réactif de l’ICOMOS ; octobre 2010 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; mars 2016 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; avril 2018 : mission de conseil de l’ICOMOS ; janvier 2020 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/602/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 24 novembre 2022, l'État partie a soumis un rapport sur l'état de conservation, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/602/documents/. Les progrès accomplis en réponse à certains problèmes de conservation soulevés par le Comité lors de ses sessions précédentes y sont présentés comme suit :

L'État partie accueillerait volontiers une visite d'experts du Centre du patrimoine mondial, de l'ICOMOS et de l'IAC à Boukhara.

En février 2023, le Centre du patrimoine mondial a reçu une pétition de tiers à propos de certains travaux de construction approuvés par les autorités locales et a demandé le 1er mars des vérifications à l'État partie.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L'État partie et ses agences continuent de traiter les menaces précédemment identifiées pour la VUE du bien en modifiant les règlements, en renforçant les capacités, en élaborant des documents d'orientation supplémentaires, en proposant des travaux de conservation et d'autres initiatives. Ces progrès doivent être soutenus par le CCI pour les biens du patrimoine mondial de l’Ouzbékistan, qui a tenu sa première session technique en juillet 2022. Le Comité pourrait souhaiter se féliciter de la création de l'ACH, du Conseil consultatif scientifique public et du CCI pour les biens du patrimoine mondial de l’Ouzbékistan, en notant que le rôle du CCI est de conseiller les autorités nationales sur la conservation des biens du patrimoine culturel et la mise en œuvre des décisions du Comité et des recommandations des missions précédentes, sans pour autant se substituer aux compétences du Comité du patrimoine mondial.

Le maintien du moratoire en cours sur le développement et les constructions nouvelles et son extension à la zone tampon du bien, en attendant la finalisation des principaux documents de gestion et d'autres orientations de conservation/conception, sont accueillis favorablement. Un travail supplémentaire reste à faire pour intégrer l'approche de la Recommandation de l'UNESCO concernant le paysage urbain historique (2011) et pour garantir la prise en compte adéquate du statut de patrimoine mondial du bien dans le plan directeur de la ville et une amélioration du processus des évaluations d'impact sur le patrimoine (EIP), conformément aux décisions 42 COM 7A.4 et 44 COM 7B.38. Le moratoire doit rester en place jusqu'à ce que le plan directeur de la ville et le plan de gestion du bien soient finalisés, après avoir été soumis au Centre du patrimoine mondial et avoir fait l’objet d’un examen favorable de la part de l'ICOMOS. Il faut également se féliciter que des orientations pour la conservation, la rénovation, l'installation d'infrastructures et l'emplacement, l'échelle et la forme des nouveaux développements, des modifications et des ajouts aient été préparées et distribuées dans la langue locale aux communautés locales.

Les précédentes études techniques des projets de conservation envisagés au bazar Shakhristan, à la mosquée Kalon, à la médersa Abdulazzizkhan, à la médersa Amir Alimkhan, à la médersa Mir Arab, dans la citadelle de l'Arche et au Khoja Kalon Hauz, ont identifié la nécessité de certaines modifications. La documentation révisée de ces projets devrait également faire l'objet d'une étude technique. La stabilisation de la médersa Abdulazzizkhan est une priorité urgente, qui doit être suivie d'une conservation à long terme, et l'État partie devrait être invité à fournir une nouvelle mise à jour de ce projet. Il est également demandé à l'État partie de fournir le rapport final sur le financement de l'assistance internationale accordé à la médersa Abdullakhan.

Pour les grands projets, des EIP doivent être réalisées en suivant les orientations et la boîte à outils pour les évaluations d'impact dans un contexte de patrimoine mondial, et la documentation détaillée du projet doit continuer à être soumise au Centre du patrimoine mondial pour examen. Cette approche doit être adoptée pour le projet d'installation de 15 puits de drainage verticaux, destinés à résoudre les problèmes de salinité et de nappe phréatique.

Comme indiqué lors des précédentes sessions du Comité, les architectures vernaculaires, qui sont des éléments extrêmement importants du bien mais insuffisamment protégés, restent menacées. Les missions de suivi réactif de 2016 et 2020 ont constaté que le contrôle du développement dans les mahallas était insuffisant, en particulier pour les maisons traditionnelles qui ne bénéficient d'aucune protection nationale. Il reste nécessaire de renforcer la protection juridique et les codes d’urbanisme pour le patrimoine culturel et d'offrir des incitations appropriées aux propriétaires de bâtiments. À la lumière des rapports reçus régulièrement par les habitants, il est également demandé à l’État partie de continuer à aider les autorités régionales à engager un dialogue approprié avec les acteurs locaux, dont les promoteurs, les investisseurs et les populations, notamment sur les règles et les politiques en matière de conservation, de démolition et de construction à destination des autorités locales et, pour les habitants, sur les obligations, les procédures, les rôles de chaque acteur dans la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial aux niveaux national et local.

Décision adoptée: 45 COM 7B.174

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 44 COM 7B.38 adoptée à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Se félicite des progrès accomplis pour résoudre les menaces précédemment identifiées pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien grâce à des modifications réglementaires, au renforcement des capacités, à la préparation de documents d'orientation supplémentaires et aux travaux de conservation proposés ;
  4. Se félicite également de la création de l'Agence du patrimoine culturel (ACH), du Conseil consultatif scientifique public local et du Comité consultatif international (CCI) pour les biens du patrimoine mondial de l’Ouzbékistan et souligne que le CCI, avec le soutien de ses experts, devrait conseiller les autorités nationales sur la conservation des biens du patrimoine culturel et la mise en œuvre des décisions du Comité et des recommandations des missions précédentes ;
  5. Note que des révisions substantielles sont nécessaires pour inclure les résultats de la mission de suivi réactif de 2020 dans le plan de gestion et intégrer les principes de la Recommandation sur les paysages urbains historiques (2011) dans le plan directeur, et se félicite en outre de l'avis de l'État partie selon lequel le moratoire sur le développement et les nouveaux aménagements a été étendu à la zone tampon du bien et restera en place jusqu'à ce que le plan directeur intégré et le plan de gestion soient finalisés, soumis au Centre du patrimoine mondial et examinés favorablement ;
  6. Réitère sa demande précédente à l'État partie pour qu’il mette pleinement en œuvre les recommandations de la mission de 2020 ;
  7. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives et conformément aux dispositions du paragraphe 172 des Orientations, la documentation révisée et détaillée des projets de travaux envisagés au Bazar de Shakhristan, à la Mosquée de Kalon et à la médersa Amir Alimkhan, à la médersa Mir Arab, dans la citadelle de l'Arche et au Khoja Kalon Hauz, et demande en outre à l'État partie de fournir un rapport sur les travaux de conservation urgents à la médersa Abdulazzizkhan, ainsi que sur la mise en œuvre du projet pour la médersa Abdulakhan, qui ont été soutenus par l'assistance internationale ;
  8. Encourage l'État partie à continuer de préparer les évaluations d'impact sur le patrimoine (EIP) de tous les grands projets de conservation ou de développement, et à adopter la méthodologie du nouveau guide et boîte à outils pour les évaluations d'impact dans un contexte de patrimoine mondial, et à continuer de soumettre une documentation de projet détaillée au Centre du patrimoine mondial pour examen, conformément au paragraphe 172 des Orientations, notamment pour le projet d'installation de 15 puits de drainage verticaux, destinés à traiter les problèmes de salinité et de nappe phréatique ;
  9. Encourage également l'État partie à s'assurer qu'une protection juridique plus forte, des codes d’urbanisme et des incitations pour les propriétaires sont mis en place pour contrôler le développement dans les mahallas, notamment la protection des maisons traditionnelles individuelles, qui ne sont pas inscrites sur la liste de protection nationale, car il s’agit d’attributs qui soutiennent la VUE du bien, ainsi que des efforts soutenus pour approfondir la compréhension par tous les acteurs concernés, et en particulier les autorités locales et les habitants, des règles et règlements, ainsi que du rôle de chaque acteur par rapport aux biens du patrimoine mondial ;
  10. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.