1.         Temple troglodyte de Rangiri Dambulla (Sri Lanka) (C 561)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1991

Critères  (i)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/561/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1997-1997)
Montant total approuvé : 3 333 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/561/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 48 229 dollars des Etats-Unis du fonds-en-dépôt UNESCO/Pays-Bas pour l'Assistance au bien du patrimoine mondial « Temple troglodyte de Rangiri Dambulla (Sri Lanka) » (2021-2023)

Missions de suivi antérieures

Novembre-décembre 1994 : mission ICOMOS au Sri Lanka ; décembre 1998 : mission de suivi de l’ICOMOS au Sri Lanka, à Dambulla, Kandy et Galle ; mars 2015 : mission de suivi réactif de l’ICOMOS ; janvier 2023 : mission conjointe de suivi réactif du Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/561/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 1er décembre 2022, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation qui est disponible à l’adresse : https://whc.unesco.org/fr/list/561/documents/ et présente comme suit les progrès réalisés dans le traitement d’un certain nombre de questions de conservation abordées par le Comité lors de ses précédentes sessions :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le rapport de mission met en évidence les problèmes qui se posent dans les relations entre les deux principaux organes de gestion, le Département d'archéologie et l'Autorité du temple, et qui sont en lien avec la nature même du bien, riche de valeurs matérielles et immatérielles importantes. Ces problèmes liés à cette relation et aux processus de prise de décision qui en découlent doivent être résolus et un engagement commun doit être pris en faveur de la gestion du bien de manière à conserver et à préserver les attributs qui soutiennent sa VUE et sa nature en tant que lieu de culte vivant.

Le bien est confronté à d'importants défis en matière de conservation, et l'étendue des mesures de conservation disponibles à ce jour ainsi que le rythme de leur mise en œuvre ne suffiront pas, à long terme, pour conserver les attributs qui soutiennent sa VUE. L'approche de la conservation a été ciblée sur la résolution de symptômes spécifiques de problèmes plus vastes. La mission propose qu'il soit urgent et plus important de s'attaquer aux causes des problèmes, tels que l'humidité élevée, les infiltrations d'eau, la condensation et les activités microbiologiques. Il est donc recommandé que le Comité prie instamment l'État partie de s'attaquer davantage aux causes des problèmes et d'en tenir compte dans le cadre d'un plan de gestion révisé.

L'utilisation de techniques de documentation manuelles et le manque de documentation des systèmes de gestion devraient être reconsidérés afin d'augmenter la capacité des organes de gestion à produire des informations de référence de qualité et à y accéder. Cela permettrait de suivre l'évolution de l'état des différentes parties du bien et l'efficacité des mesures de conservation au fil du temps. L'État partie devrait être instamment prié de mieux appréhender ces méthodes et leur efficacité, et de mettre au point de bonnes méthodes de documentation numérique, notamment grâce à l'assistance en cours de l'UNESCO, financée par les Pays‑Bas.

L'ensemble des sites archéologiques, d'abris rupestres et de grottes qui entourent les cinq principaux sanctuaires troglodytes sont également des attributs liés à l'histoire du site, depuis l'époque mégalithique jusqu'à nos jours, qui transmettent la VUE du bien. Leur protection et leur conservation doivent également être envisagées pour conserver la VUE.

L'adoption d'un cadre efficace de gestion des visiteurs, précédemment demandée par le Comité sous la forme d'un plan de gestion des visiteurs incluant une stratégie de gestion du tourisme et une stratégie de gestion des pèlerins, demeure essentielle, mais il semblerait qu'il ne soit efficace que si les deux principales parties prenantes parviennent à une meilleure compréhension mutuelle des objectifs du mécanisme. L'État partie devrait favoriser le dialogue pour parvenir à cette compréhension, et son implication devrait être vivement encouragée. Un programme de suivi est nécessaire pour établir le modèle actuel de fréquentation et ses impacts, afin de constituer une base pour réguler le flux et les comportements des visiteurs dans les différents segments du bien.

L'État partie indique que la mise en œuvre de parties importantes du plan de gestion révisé a subi les conséquences de la pandémie de COVID‑19, des contraintes financières et du manque de ressources techniques. Le rapport de mission laisse également entendre que le plan de gestion présente de sérieuses lacunes et serait mieux ciblé s'il était restructuré sur la base d'un examen des attributs qui transmettent la VUE et axé sur les travaux selon cette perspective, ce qui permettrait de regrouper les actions et de suivre leur impact cumulatif. Les questions relatives à une approche révisée de la conservation de plusieurs points, exposées ci-dessus, devraient également être incorporées dans un plan de gestion révisé. Il est également suggéré que le plan comprenne une déclaration de mission pour le Comité de gestion, et une définition claire des rôles et des responsabilités interconnectées entre les organes de gestion religieux et laïques, ainsi qu'un processus de prise de décision.

La présentation des limites du bien et de la zone tampon est différente selon les divers documents fournis au Comité depuis plusieurs années. La mission n'a pas été en mesure de parvenir à une compréhension définitive des limites, en particulier de l'objectif et de l'étendue de la zone tampon et des modifications proposées. Il y a manifestement un manque de reconnaissance et d'inclusion des attributs qui transmettent la VUE sur le territoire du bien et au sein des limites de sa zone tampon. Il conviendrait de demander à l'État partie de définir à la fois les limites du bien afin d’englober tous les attributs, et les limites d'une zone tampon qui protège efficacement les attributs contre de futurs changements d'utilisation et les menaces environnementales.

Le lien entre le projet de voie express et le bien et sa zone tampon devrait également être clarifié.

Décision adoptée: 45 COM 7B.173

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 43 COM 7B.75, 43 COM 8B.1 et 44 COM 7B.150, adoptées respectivement à sa 43e session (Bakou, 2019) et à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Accueille avec satisfaction les efforts déployés et les progrès réalisés par l’État partie afin de poursuivre l’amélioration de l’état général de conservation et de la gestion du bien ;
  4. Félicite l’État partie d’avoir invité une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à se rendre sur le territoire du bien, et prie instamment l’État partie de mettre en œuvre toutes les recommandations de la mission ;
  5. Demande à l'État partie de poursuivre la restructuration et la révision du plan de gestion du bien, en collaboration avec les principaux acteurs de la gestion, conformément aux recommandations de la mission de 2023, et en particulier de veiller à ce que tous les attributs qui transmettent la valeur universelle exceptionnelle (VUE) soient identifiés et protégés, et à ce que les causes fondamentales de leur détérioration soient identifiées et fassent l'objet d'une action ;
  6. Prie également instamment l'État partie de favoriser une relation améliorée et efficace entre le Département d'archéologie et l'Autorité du temple et un engagement commun en faveur de la conservation de la VUE du bien, d'encourager le dialogue entre les principaux acteurs de la gestion du bien et d’élaborer et mettre en place un processus de prise de décision mutuellement acceptable et clairement défini ;
  7. Demande également à l'État partie d'adopter des méthodes de documentation systématiques et cohérentes pour permettre l'établissement de données de référence en vue du suivi régulier et de la compréhension des changements et de l'efficacité des actions de conservation adoptées ;
  8. Prie en outre instamment l'État partie d’établir, en concertation avec les principaux acteurs de la gestion, un cadre de gestion des visiteurs incluant des codes de conduite appropriés pour les visiteurs, les pèlerins et les touristes afin de réguler le flux et de répondre aux besoins des pèlerins et de la conservation de tous les attributs de la VUE ; ce cadre et ces codes de conduite devant être basés sur les informations recueillies dans le cadre d'un programme de suivi des visiteurs qui clarifie le schéma actuel des visites et leurs impacts, et être soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  9. Demande en outre à l’État partie de définir avec précision les limites du bien et de la zone tampon, de définir l’objectif de la zone tampon et de soumettre ces éléments, une fois achevés, à l’examen du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives ;
  10. Demande par ailleurs à l’État partie de tenir le Comité informé du projet signalé de voie express (Central Expressway) entre Kadawatha et Dambulla, et du lien entre le projet et le bien et la zone tampon ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.