1.         Ville historique de Djeddah, la porte de La Mecque (Arabie saoudite) (C 1361)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2014

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1361/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1361/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1361/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 16 novembre 2022, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à l’adresse : https://whc.unesco.org/fr/list/1361/documents/. Les progrès réalisés dans le traitement d’un certain nombre de questions de conservation abordées par le Comité lors de ses précédentes sessions sont présentés comme suit dans ce rapport :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La loi sur les antiquités, les musées et le patrimoine urbain a été adoptée par décret royal en juin 2021 et l'État partie a poursuivi ses progrès significatifs à différents niveaux pour assurer la conservation et la gestion adéquates du bien, ce qu’il convient de saluer.

Le travail sur la base de données SIG s'est poursuivi, reprenant les bâtiments et les caractéristiques situés à l'intérieur du bien et de sa zone tampon. Une évaluation détaillée a été réalisée pour 651 bâtiments patrimoniaux et un certain nombre de projets de conservation ont été achevés.

Suite à la demande du Comité, le Plan de régénération et de développement d'Al Balad (plan directeur), la stratégie de conservation, les orientations en matière de conception, un manuel de conservation du patrimoine, un plan et des procédures d'urgence, ainsi que d'autres informations et documents importants ont été soumis. Le rapport de l'État partie reconnaît que l'ampleur de la tâche de conservation et de régénération d'Al Balad (qui comprend à la fois le bien et une zone urbaine plus large) est un processus long et complexe. Il est recommandé que le Comité demande à l'État partie d’exprimer régulièrement son avis sur son expérience de l'utilisation du système de gestion élargi au regard de la coordination et de l’utilisation du large éventail de documents d'orientation dans le cadre de ce projet de conservation très complexe, ainsi que sur les problèmes ou les modifications qui en résultent.

Le plan directeur comprend des stratégies visant à régénérer la zone incluant le bien, sa zone tampon et le cadre environnemental plus large, avec la zone du front de mer environnante et la ville au sens large pour répondre aux défis en matière d'infrastructure. Le champ d'application de ce plan directeur couvre trois niveaux de régénération à l'échelle du bien et du cadre plus large. L’échange régulier d'informations, comme demandé par le Comité, sur le développement et la mise en œuvre d'outils pour la gestion et la régénération d'Al Balad, sur la base de l’approche du PUH, est le bienvenu. Des mises à jour futures sur la mise en œuvre des principes du PUH par le biais d'outils de gestion spécifiques seraient également les bienvenues.

Une stratégie de conservation a été élaborée qui aborde les questions juridiques et administratives, ainsi que les questions opérationnelles et techniques. Elle couvre le cadre stratégique du plan directeur et réglemente les différents types d'interventions dans le domaine public du bien et pour les bâtiments non patrimoniaux et les bâtiments patrimoniaux (par le biais d'orientations et de manuels), tout en réglementant également la procédure de classification des bâtiments et d'octroi des permis de construire. L'aspect de la stratégie concernant les questions opérationnelles et techniques se concentre sur l'identification et l'évaluation de l'état de conservation des bâtiments patrimoniaux, la mise en œuvre de la consolidation d'urgence, la documentation, la formation et la communication.

En outre, une stratégie de sécurité a été élaborée sur la base des menaces identifiées et un plan de gestion des risques est en cours d'élaboration. Les documents fournis se limitent à la sécurité en lien avec les actions et perturbations générées par l'homme, ainsi qu'à la planification des interventions de première urgence. Notant que le bien est particulièrement exposé aux risques d'inondation et d'incendie et qu'il est situé dans une région sujette aux tremblements de terre et aux tsunamis qui y sont liés, bien que le risque soit moindre, il n’est cependant fait aucune mention d’une analyse ou d’une planification des risques. Par conséquent, il est recommandé que le Comité demande une planification plus complète de la gestion des risques liés à des questions telles que la prévention des incendies, leur extinction et le relèvement, l’évaluation des risques d'inondation et la préparation à ces risques, ainsi que la planification de la préparation aux tremblements de terre et aux tsunamis et du relèvement.

S'agissant des processus d'EIP, un cadre pour la réalisation d'une EIP systématique a été mis en place pour guider tout projet d'aménagement et de développement sur le territoire du bien et a été inclus dans les « Orientations en matière de conception des bâtiments du patrimoine ». L'État partie précise qu'aucun projet d'aménagement et de développement ne doit être entrepris sans une EIP complète préalable et que, pour les projets à l'extérieur du bien, un examen préalable déterminera au cas par cas si une EIP complète est nécessaire. Néanmoins, il est important de rappeler le paragraphe 118bis des Orientations, qui souligne que les EIP sont un prérequis pour les projets et activités de développement dont la mise en œuvre est prévue au sein d’un bien du patrimoine mondial ou à proximité, y compris son cadre plus large. Ces EIP doivent être réalisées conformément au nouveau Guide et boite à outils pour les évaluations d’impact dans un contexte de patrimoine mondial.

Il est donc recommandé que le Comité réaffirme l'importance d'intégrer le processus d'EIP dans la mise en œuvre du plan directeur pour les projets d'aménagement et de développement à l'intérieur des limites du bien, de sa zone tampon ou de son cadre plus large, et de soumettre les études d'EIP au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant la mise en œuvre de toute intervention majeure irréversible, susceptible d’avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Décision adoptée: 45 COM 7B.148

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 44 COM 7B.136, adoptée à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021)
  3. Accueille avec satisfaction les efforts entrepris par l’État partie pour renforcer sa législation en vue de mieux gérer et conserver le bien, notamment en adoptant, par décret royal (no655), la loi sur les antiquités, les musées et le patrimoine urbain ;
  4. Félicite l'État partie pour les progrès significatifs réalisés en matière de développement du système d'information géographique (SIG) du quartier historique de Djeddah, ainsi que pour les évaluations détaillées et les projets de conservation qui ont été réalisés, et encourage l'État partie à poursuivre ce travail afin d'assurer la protection et la conservation du bien ;
  5. Prend acte avec satisfaction de la soumission par l'État partie de la version complète du Plan de régénération et de développement (plan directeur), ainsi que des informations techniques sur les projets de conservation et de restauration, de la stratégie de conservation, des orientations en matière de conception, du manuel de conservation du patrimoine et du plan et des procédures d'urgence, et salue également les efforts déployés pour élaborer les différents plans, orientations et procédures visant à assurer la protection, la conservation et la gestion adéquates du bien ;
  6. Note que l'État partie reconnaît que l'ampleur de la tâche de conservation et de régénération d'Al Balad (qui comprend à la fois le bien et une zone urbaine plus large) implique un processus long et complexe, et demande donc à l'État partie d’exprimer régulièrement son avis sur son expérience de coordination et d'utilisation du large éventail de documents d'orientation du système de gestion élargi, ainsi que sur toute modification nécessaire ;
  7. Réitère sa demande auprès de l'État partie afin qu'il soumette au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, une version complète du plan de gestion et de prévention des risques pour le bien, notant que les documents actuels ne traitent que des aspects liés à la sécurité et interventions de première urgence ; un tel plan devrait évaluer les risques, aborder les stratégies de réduction maximale des risques et élaborer des réponses à des questions telles que la prévention des incendies, leur extinction et le relèvement, l’évaluation des risques d'inondation et la préparation à ces risques, ainsi que la planification de la préparation aux tremblements de terre et aux tsunamis et du relèvement ;
  8. Reconnaît à nouveau les efforts de l'État partie pour mettre en œuvre l'approche du Paysage urbain historique (PUH) pour la gestion et la régénération urbaine du bien et accueille également avec satisfaction le partage du nouvel outil de planification avec le Centre du patrimoine mondial ;
  9. Rappelle l'importance d'intégrer le processus d'évaluation d'impact sur le patrimoine (EIP) dans la mise en œuvre du plan directeur pour les projets d'aménagement et de développement à l'intérieur du bien, de sa zone tampon ou de son cadre plus large, conformément au nouveau Guide et boite à outils pour les évaluations d’impact dans un contexte de patrimoine mondial, et rappelle à l'État partie d'informer le Centre du patrimoine mondial de tout projet d'aménagement et de développement majeur qui pourrait avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, avant que des décisions irréversibles ne soient prises, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  10. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés.