1.         Koutammakou, le pays des Batammariba (Bénin,Togo) (C 1140bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (v)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1140/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2020)
Montant total approuvé : 36 991 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1140/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 21 471,5 dollars EU pour une mission d’urgence (voir ci-dessous) suite à la destruction de plusieurs Sikien (Fonds d’urgence pour le patrimoine) ; 202 298 dollars EU du Gouvernement de la Norvège pour la période 2020-2022

Missions de suivi antérieures

Octobre 2018: Mission d’urgence financée par le Fonds d’urgence pour le patrimoine

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1140/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 1er décembre 2022, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1140/documents/ et informant que :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les efforts déployés par l'État partie durant les deux dernières années et mis en avant dans son rapport soumis au Secrétariat témoignent de progrès très encourageants à plusieurs niveaux, qu'il s'agisse des mesures de construction, restauration et reconstruction de sikien, de l'engagement des communautés locales, du développement d'outils de restauration et d’entretien, de gestion et d'orientation pour les acteurs divers, ou encore les nouvelles approches dans la planification urbaine.

En effet, les initiatives en faveur de la reconstruction de la quasi-totalité des sikien effondrées et des habitations dégradées durant les intempéries de 2018 sont à saluer, notamment en réutilisant les matériaux récupérés sur les ruines. De telles mesures sont utiles en vue de pouvoir orienter de futures mesures de restauration et reconstruction, notamment en cas de sinistres similaires à ceux de 2018. A cet égard, l'élaboration d'un Cahier de recommandations pour l'entretien des sikien est particulièrement apprécié du fait de l’appui qu’il représentera pour les propriétaires à s'engager et à être responsabilisés davantage pour la conservation de leur patrimoine.

Il serait important d'assurer une documentation continue et détaillée des mesures de restauration et reconstruction des sikien en cours et à venir, rendant compte de l’ampleur et l’état d’avancement des travaux, la localisation des sikien reconstruits, les types de travaux entrepris et les matériaux et systèmes de construction.

En revanche, le déboisement et les coupes anarchiques d'arbres nécessaires pour la construction des sikien pour la vente de charbon de bois et le commerce de planches sont une préoccupation grandissante, tout comme la pénurie de paille attribuée à l'impact de la transhumance, et l'acheminement de ces matériaux de lieux éloignés n'est pas une solution durable. Il conviendrait de développer un plan stratégique d'atténuation de ces phénomènes, susceptibles d'être exacerbés par les impacts du changement climatique, comprenant des mesures de reboisement, des zones fermées au pâturage et une sensibilisation de la population à l'importance de ces mesures.

L'actualisation des cartes montrant les délimitations du bien, la finalisation du nouveau Plan de conservation et de gestion 2022-2024 et le renforcement du SCPK en ressources humaines additionnelles, tels que demandés par le Comité à sa session en 2021, sont des mesures saluées, tout comme le projet d'intégration de la Recommandation concernant le paysage urbain historique (2011) dans le Plan d’urbanisme et de développement communal de la commune Kéran 3 et de Nadoba, où l’évolution des besoins des populations et le développement urbain sont particulièrement ressentis et visibles.

Ces mesures témoignent donc d'une approche plus holistique qui sont à poursuivre, notamment pour réfléchir davantage à des solutions innovantes pour concilier la préservation du bien et son développement économique, social et urbain. Diverses mesures additionnelles pourraient se rajouter pour une meilleure implication des communautés locales et de la société civile, notamment à travers la consolidation de l’association A2PK, créée dans le cadre du projet norvégien, la traduction en langue locale de documents importants tels que le plan de conservation et gestion, le Cahier de recommandations, ou encore la sensibilisation et la formation des jeunes batammaribè aux métiers relatifs à la construction des sikien.

Il est noté que l'État partie a invité une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM demandée dans la Décision 43 COM 7B.112 du Comité, réitérée dans sa Décision 44 COM 7B.122, et qui reste en effet recommandée pour réalisation dans les meilleurs délais.

Décision adoptée: 45 COM 7B.133

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la Décision 44 COM 7B.122, adoptée à sa 44esession élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Note avec satisfaction les efforts déployés par l'État partie pour la conservation du bien, l'engagement des communautés locales et le développement d'outils de gestion et d'orientation pour les acteurs divers à travers le projet « Amélioration de l’état de conservation du Koutammakou, le pays des Batammariba » et encourage l’État partie à poursuivre ces efforts ;
  4. Salue notamment la reconstruction de la quasi-totalité des sikien effondrées et des habitations dégradées durant les intempéries de 2018, ainsi que les informations fournies sur 1 716 sikien et leur état de conservation, et demande à l'État partie d'assurer une documentation continue et détaillée des mesures de restauration et reconstruction des sikien en cours et à venir, rendant compte de l’ampleur et de l’avancement des travaux, la localisation des sikien restaurées, les types de travaux entrepris et les matériaux et systèmes de construction ;
  5. Salue également l'actualisation des cartes montrant les délimitations du bien, la finalisation du Plan de conservation et de gestion 2022-2024 et la publication d'un Cahier de recommandations pour l'entretien des sikien qui favorisent l'engagement et la responsabilisation des communautés locales pour la restauration et l’entretien de leur patrimoine, et encourage l'État partie à traduire ces documents en langue locale et de renforcer cet engagement des communautés à travers la sensibilisation et la formation des jeunes batammaribè aux métiers relatifs à la restauration et reconstruction des sikien ;
  6. Note avec satisfaction le renforcement du Service de conservation et de promotion du Koutammakou (SCPK) en ressources humaines, tel que demandé par le Comité à sa 44esession élargie, ainsi que le projet d'intégration de la Recommandation concernant le paysage urbain historique (2011) dans le Plan d’urbanisme et de développement communal de la commune de Kéran 3 et de Nadoba, et demande à l'État partie d'assurer que le SCPK ainsi que les communes de Kéran 3 et de Nadoba disposent de ressources financières adéquates pour une conservation, restauration, gestion et protection efficaces du bien ;
  7. Exprime sa préoccupation quant au déboisement et aux coupes anarchiques d'arbres nécessaires pour la construction des sikien pour la vente de charbon de bois et le commerce de planches, ainsi qu'à la pénurie de paille attribuée à l'impact de la transhumance, notant que l'acheminement de ces matériaux de lieux éloignés n'est pas une solution durable et que ces phénomènes sont susceptibles d'être exacerbés par les impacts du changement climatique, et encourage l'État partie à développer un plan stratégique d'atténuation de ces phénomènes, comprenant des mesures de reboisement, des zones fermées au pâturage et une sensibilisation de la population à l'importance de ces mesures ;
  8. Réitère ses remerciements au gouvernement de la Norvège pour son soutien financier généreux à la mise en œuvre du projet « Amélioration de l’état de conservation du Koutammakou, le pays des Batammariba » et la publication d'un Cahier de recommandations pour l'entretien des sikien;
  9. Remercie l'État partie d'avoir invité la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM, demandée par le Comité lors des 43e et 44esessions et demande que cette mission soit menée dans les meilleurs délais ;
  10. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.

Décision adoptée: 45 COM 8B.7

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les documents WHC/23/45.COM/8B et WHC/23/45.COM/INF.8B1,
  2. Approuve la modification importante des limites du bien Koutammakou, le pays des Batammariba, Togo, pour y inclure Koutammakou, le pays des Batammariba, Bénin, sur la base des critères (v) et (vi);
  3. Prend note de la déclaration de valeur universelle exceptionnelle provisoire suivante :

    Brève synthèse

    Le Koutammakou est un vaste territoire culturel vivant, dominé en grande partie par la chaine de l’Atakora. Il est situé au Nord-Ouest du Bénin, dans le département de l’Atacora et s’étend sur le Nord-Est du Togo. Au Bénin, il est à cheval sur trois communes, précisément Boukombé, Natitingou et Toucountouna. Pays des Batammariba, le Koutammakou possède toujours ses caractéristiques en matière d’aménagement du territoire, illustrées par des concessions éparses, des zones agricoles (culture de subsistance et de rente, élevage) qui les entourent, des collines aménagées en terrasses, des bosquets et autres lieux sacrés, des espaces rituels et funéraires, des zones vierges et des espaces de parcours rituels claniques. Les Batammariba ont développé une culture mêlant judicieusement la fusion avec la nature, les savoirs techniques, la paix sociale et les pratiques religieuses. Leur territoire est à cette image, un témoin des fabuleuses connaissances de ce peuple et de sa recherche constante de l’harmonie entre les habitants, mais aussi de l’harmonie avec les autres éléments de la nature. Le site se distingue des autres paysages sahéliens par la Takienta, cette cellule familiale d’habitat unique et exceptionnelle par la prouesse technique de sa construction, l’ingéniosité des espaces qu’elle offre et la richesse de la symbolique qu’elle rayonne.

    Le bien proposé par le Bénin correspond à l’extension du bien N° 1140 situé au Togo et inscrit en 2004. La partie béninoise est localisée entre 10°00’ et 10°31’ de latitude Nord et entre 0°59’ et 1°35’ de longitude Est et couvre une superficie de 240 658 hectares au Bénin et 31 168 hectares au Togo. Elle forme avec celle du Togo un continuum cohérent. La partie béninoise a cependant l’avantage exceptionnel d’abriter le berceau historique des Batammariba et de grands sites religieux, de posséder les cinq grands types de Takienta connus à ce jour et de s’étendre sur une superficie sept fois plus grande que celle du Togo. En dépit de ces particularités, les deux versants sont dotés des mêmes caractéristiques culturelles, anthropologiques et historiques. Le projet d’inscription du versant béninois est proposé pour être acté suivant les mêmes critères que celui du Togo, à savoir que le Koutammakou est, d’une part, un exemple exceptionnel de système traditionnel d’occupation du territoire et, d’autre part, un témoignage éloquent de la force de l’association spirituelle entre les peuples et l’environnement. Si le site rencontre des difficultés telles que l’urbanisation par endroits, l’exode des jeunes, les menaces climatiques, il existe fort heureusement de nombreux gardiens de la tradition qui perpétuent les us et coutumes en pays tammari. Mieux, la vision de l’Etat béninois porte déjà des fruits à travers le lancement de la Route des tatas pour promouvoir la destination du Koutammakou. Parallèlement se mettent en place un plan de gestion pour la période 2021-2025, un arrêté interministériel de protection des limites du site, un organe de gestion, des activités de restauration de tatas et de soutien économique à quelques gardiens de la tradition, pour ne citer que quelques-unes des actions en cours.

    Critère (v) : être un exemple éminent d'établissement humain traditionnel, de l'utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer, qui soit représentatif d'une culture (ou de cultures), ou de l'interaction humaine avec l'environnement, spécialement quand celui-ci est devenu vulnérable sous l'impact d'une mutation irréversible.

    Le Koutammakou est un exemple exceptionnel de système traditionnel d’occupation du territoire. Toujours vivant et dynamique, il est soumis à des systèmes et techniques traditionnels et durables, et reflète la culture singulière des Batammariba, notamment les remarquables maisons à tourelles appelées "Sikien" (Takienta au singulier).

    Critère (vi) : être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle.

    Le Koutammakou est un témoignage éloquent de la force de l’association spirituelle entre les peuples et l’environnement. Savoir-faire techniques, savoirs endogènes, pratiques sociales et croyances religieuses entretiennent un dialogue permanent avec les ressources naturelles environnantes, créant ainsi une homogénéité et une harmonie fusionnelle avec et entre les Batammariba.

    Déclaration d’intégrité

    Avec plusieurs milliers de Sikien inventoriés dont 1400 toujours habités, la partie béninoise du Koutammakou comprend tous les éléments pour exprimer sa valeur universelle exceptionnelle, tant sur le plan matériel (architectures exceptionnelles) qu’immatériel (pratiques et croyances liées aux Sikien). L’ensemble du territoire proposé pour extension présente les caractéristiques paysagères présentées dans la description et qui le rendent surprenant, à savoir un habitat fortifié dispersé entouré de zones cultivées et de bosquets sacrés accueillant des pratiques rituelles. Cette occupation vivante et dynamique du territoire, véritable leçon de développement durable pour l’humanité est présente dans l’ensemble du Koutammakou. Au-delà de ces caractéristiques physiques maintenues du paysage, cette extension renforce l’intégrité historique du Koutammakou. En effet, c’est dans l’actuel Bénin que les premiers Batammariba se sont installés au 6ème siècle et que le berceau de ce peuple se trouve. Ces lieux de pèlerinage sont reconnus par tous les Batammariba et sont extrêmement bien protégés. La partie inscrite en 2004 au Togo (Bien N°1140) correspond à des migrations secondaires plusieurs siècles plus tard. La proposition d’extension restaure donc l’intégrité historique de ce territoire.

    Concernant les limites géographiques de l’aire proposée pour extension, elles correspondent au territoire culturel défendu par les Batammariba du côté du Bénin. Les mêmes pratiques spirituelles et culturelles sont partagées par les habitants de cette aire. Par ailleurs, ils se retrouvent chaque année pour un grand festival (FESTAM), organisé alternativement au Bénin et au Togo. En joignant cette zone d’extension au territoire togolais inscrit en 2004, c’est l’intégralité du Koutammakou tel que le reconnaissent les Batammariba qui se trouve délimité et protégé. Proposer une aire moins grande aurait créé des tensions et porté atteinte à l’intégrité de cette aire culturelle, en écartant des groupes qui se reconnaissent comme faisant partie du Koutammakou.

    Déclaration d’authenticité

    Le paysage du Koutammakou reflète un mode de vie qui persiste depuis des siècles. Aucun élément du paysage n’est très ancien. L’habitat traditionnel est constitué de quelques modèles reproduits jusqu’à aujourd’hui. Partout dans la région, on constate que le cycle de vie des bâtiments se poursuit : construction, abandon, destruction et reconstructions sur les ruines. Si une observation fine montre qu’il existe des changements concernant les matériaux utilisés, le dimensionnement de l’espace habitable et les formes constructives, le modèle traditionnel persiste. En effet, la maison est bien plus qu’un habitat. C’est un temple dédié au culte. De fait, même si l’on construit une maison moderne, seul un habitat de forme traditionnelle pourra intégrer cette dimension symbolique et religieuse. L’habitat traditionnel est indispensable pour les rites funéraires par exemple et chaque citoyen otammari attache beaucoup de valeur au respect de cette tradition autour de sa Takienta. De même, le rez-de-chaussée réservé aux animaux et la présence des greniers restent des éléments indispensables. Mieux encore chaque cour doit avoir son Tètcheinkotè qui est la Takienta "ancienne", "mère" ou "reliquaire" de la famille. Ainsi, de nombreuses maisons "modernes" sont complétées par un habitat traditionnel, qui, s’il est parfois de dimensions réduites n’en garde pas moins toutes les caractéristiques traditionnelles et ses dimensions spirituelles. Même s’il est aujourd’hui noté que dans les hameaux périurbains, certains jeunes refusent leur force de travail constructive pour les Sikien, préférant s’exiler en ville pour des raisons économiques, les gardiens de la tradition restent et continuent de préserver l’intégrité de ce savoir-faire architectural. 

    La société tammari évolue à travers le temps. Cette évolution s’opère à l’intérieur même de la communauté et grâce aux apports extérieurs. Si les agressions répétées des guerres ethniques, de l’esclavage et de la colonisation ont suscité le raffinement de cet habitat défensif, il est aussi à noter que la colonisation, les indépendances et tous leurs avatars ont influencé le peuple tammari et provoqué des mutations. Cette évolution continue sous l’influence de l’école, de la centralisation du pouvoir administratif, des religions, du tourisme, de la monétarisation, et de l’apparition de nouveaux besoins. Malgré ces agressions qui tendent à ébranler la société tammari, il existe dans tous les villages des noyaux très forts et très durs qui constituent ce creuset où des éléments essentiels de la culture tammari se meuvent et se perpétuent à travers le temps et l’espace. En dépit donc de la menace de la mondialisation, des expressions culturelles et identitaires résistent. Les rites de passage d’âge des hommes (Difoni) et des femmes (Dikuntri) se perpétuent avec autant d’intérêt pour les populations locales que pour la diaspora. Ainsi, et malgré le développement de petits centres urbains (comme à Natta ou au centre de Natitingou et de Boukombé), c’est toujours le même paysage que l’on peut observer aujourd’hui, avec des villages aux maisons situées au milieu de leur espace cultivable, espacées et indépendantes. L’espace naturel reste lui aussi très présent, même s’il est certainement souhaitable que certaines de ses composantes puissent être régénérées. Toutefois, tous les lieux naturels sacrés restent conservés.

  4. Invite l’État partie à prendre en compte, dans une programmation planifiée, les recommandations suivantes :
    1. soumettre une carte localisant l’emplacement des sikien sur leur territoire, et en détaillant la nature de l’occupation du sol, les collines aménagées en terrasse, le réseau de murets de rétention d’eau, l’emplacement des bosquets et autres lieux sacrés. Cette base de données géoréférencée garantira une actualisation régulière et une gestion documentaire appropriée, qui sont essentielles pour une gestion et une protection efficace de l’extension et de ses attributs,
    2. intégrer les résultats du projet de recherche « HTC-ATACORA » dans la gestion du paysage culturel du Koutammakou. Ces résultats seront utiles pour aider à affiner les zones de fortes concentrations d’attributs culturels et naturels,
    3. impliquer davantage les populations locales dans le plan de gestion et de conservation de l’extension et prendre en compte les pratiques traditionnelles de gestion et de conservation du Koutammakou,
    4. élaborer les schémas directeurs d’aménagement communaux de Boukombé, Toucountouna et Natitingou,
    5. mettre en œuvre diligemment le plan de gestion en cours et procéder à son évaluation dès son expiration,
    6. définir des priorités claires en matière de protection et de conservation pour les zones de fortes concentrations d’attributs,
    7. mettre en place l’organisme transnational de gestion du bien, sous la supervision des deux Directions du patrimoine culturel du Togo et du Bénin, et en définir les modalités de fonctionnement et les missions ;
  5. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des recommandations susmentionnées, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.

Décision adoptée: 45 COM 8D

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/8D,
  2. Rappelant la décision 44 COM 8D, adoptée à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Reconnaît l’excellent travail accompli par les États parties pour la clarification des limites de leurs biens du patrimoine mondial et les félicite pour leurs efforts visant à améliorer la crédibilité de la Liste du patrimoine mondial ;
  4. Rappelle que le Centre du patrimoine mondial ainsi que les Organisations consultatives ne seront pas en mesure d’examiner des propositions de modifications mineures ou importantes des limites pour les biens du patrimoine mondial dont les limites à l’époque de l’inscription n’ont pas encore été clarifiées ;
  5. Prend note des clarifications des limites et des superficies fournies par les États parties pour les biens suivants et telles que présentées en Annexe du document WHC/23/45.COM/8D :

AFRIQUE

AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES

ASIE ET PACIFIQUE

EUROPE ET AMÉRIQUE DU NORD

ÉTATS ARABES

6.    Demande au Centre du patrimoine mondial de poursuivre l'identification et la collecte d'informations géographiques et cartographiques sur les biens du patrimoine mondial dans les propositions d'inscription lorsque les informations requises ne sont pas disponibles ou ne sont pas adéquates ;

7.    Demande également aux États parties n’ayant pas encore répondu aux questions soulevées dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif de bien vouloir fournir toutes les clarifications ainsi que la documentation le plus rapidement possible, et jusqu’au 1er décembre 2023, afin de les soumettre pour examen, si les conditions techniques sont remplies, à la 46e session du Comité du patrimoine mondial.