1.         Basse vallée de l'Omo (Éthiopie) (C 17)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/17/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1996-2015)
Montant total approuvé : 17 018 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/17/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 400 000 euros de l’Union Européenne (projet lancé en 2016) 

Missions de suivi antérieures

Avril 2015: mission de suivi réactif conjointe UNESCO/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/17/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 27 décembre 2022, l'État partie a soumis un rapport sur l'état de conservation du bien, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/17/documents/, dans lequel il fait état des progrès accomplis sur un certain nombre de points soulevés par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021) :

L'État partie a également soumis la carte de localisation de la Basse vallée de l'Omo, le texte de l'étude ESIA révisée et le processus de validation du projet KSDP par le biais d'un processus de consultation publique, afin de justifier la décision prise concernant les activités dans la zone.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les cartes de localisation du bien soumises par l'État partie sont accueillies favorablement. Elles sont le résultat d'un projet qui a débuté en 2014, financé par l'Union européenne (UE) et réalisé avec la participation de l'Agence géo-spatiale éthiopienne et des acteurs fédéraux et régionaux.

La nécessité d'établir une carte claire du patrimoine mondial de la Basse vallée de l'Omo est une préoccupation de longue date du Comité qui a également demandé que ces cartes reposent sur une évaluation des sédiments fossilifères, afin de définir plus clairement les zones d'importance archéologique potentielle. La mission de 2015 a également recommandé que les stratégies de gestion respectent la cohérence visuelle du paysage, sans aménagement entre les affleurements visibles. Les cartes soumises jusqu'à présent sont à petite échelle, et avant que les limites proposées puissent être examinées, des cartes plus détaillées doivent être fournies avec la preuve des levés sur lesquels elles se fondent et les propositions de protection et de gestion correspondantes.

L'État partie a mis à jour l'ESIA à la lumière des changements apportés au projet en y incluant un processus de consultation sur la durabilité du KSDP et ses impacts et bénéfices économiques et sociaux. L'ESIA contient des propositions de mesures pour atténuer les impacts négatifs du projet sur l'environnement. Comme l'a demandé le Comité dans sa Décision 44 COM 7B.4, l'ESIA sera examinée par les Organisations consultatives.

Il est également souligné que l’État partie mettra à jour l’EIS élaborée en 2017 sur la base de la proposition de délimitation du périmètre. Il est recommandé au Comité d’en prendre note et de réitérer sa Décision 44 COM 7B.4 qui demande à l'État partie de soumettre les détails de l'EIS révisée.

En vue d'évaluer les impacts potentiels du barrage Gibe III et du projet Kuraz sur le bassin du lac Turkana, les États parties du Kenya et de l'Éthiopie sont encouragés à poursuivre le dialogue en vue de réaliser une EES conjointe sur les biens du patrimoine mondial de la Basse vallée de l'Omo et du lac Turkana. Il est noté que l'État partie de l'Éthiopie est incertain quant à la faisabilité d'une telle étude, compte tenu des différences de valeur universelle exceptionnelle entre les deux biens et de leurs différentes catégories – l'une naturelle et l'autre culturelle. Le Comité pourrait souhaiter préciser que l'EES doit identifier les impacts potentiels sur les attributs naturels et culturels des deux biens. Étant donné que l'avancement du processus d'EES semble être au point mort depuis 2017, le Comité pourrait souhaiter exprimer son inquiétude et exhorter les deux États parties à poursuivre le dialogue et à accélérer le processus sur la base du mécanisme créé par le Groupe mixte d'experts techniques (JTEP). Le Centre du patrimoine mondial, l'UICN et l'ICOMOS sont prêts à soutenir le processus avec un généreux soutien financier du gouvernement norvégien.

Enfin, il est recommandé que le Comité réitère sa demande à l'État partie de mettre en œuvre les autres demandes de la Décision 44 COM 7B.4.

Décision adoptée: 45 COM 7B.124

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B,
  2. Rappelant la Décision 44 COM 7B.4, adoptée à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Se félicite du travail en cours pour élaborer des cartes de la Basse vallée de l'Omo, préciser les limites du bien du patrimoine mondial et proposer une zone tampon, et note le soutien d'un projet financé par l'Union européenne et la participation de l'Agence géo-spatiale éthiopienne et des acteurs fédéraux et régionaux ;
  4. Rappelle la nécessité de fonder les cartes sur une évaluation des sédiments fossilifères, afin de définir plus clairement les zones d'importance archéologique potentielle et sur les recommandations de la mission de 2015 selon lesquelles les stratégies de gestion doivent respecter la cohérence visuelle du paysage, sans aménagement entre les affleurements visibles, et demande à l'État partie de soumettre des cartes à plus grande échelle pour examen par les Organisations consultatives, ainsi que les preuves des études archéologiques sur lesquelles elles sont fondées et les propositions de protection et de gestion qui s'y rapportent ;
  5. Félicite l'État partie d'avoir mis à jour l'étude d'impact environnemental et social (ESIA), en y ajoutant notamment une consultation de la communauté sur les impacts sociaux et environnementaux et les bénéfices imputables au projet Sugar Development de Kuraz (KSDP), et que cette étude ait été soumise au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  6. Note en outre que l'État partie a l'intention de mettre à jour l'étude d'impact sur le patrimoine (EIP) élaborée en 2017 sur la base de la proposition de délimitation du périmètre, et demande à l'État partie de soumettre l'EIP mise à jour, pour examen, une fois qu'elle sera finalisée ;
  7. Prie instamment l'État partie de poursuivre son dialogue avec l'État partie du Kenya afin d'accélérer le processus d'évaluation environnementale stratégique (EES) pour évaluer les impacts potentiels du barrage Gibe III et du projet Kuraz sur le bassin du lac Turkana, notamment sur les attributs de la VUE des biens de la Basse vallée de l'Omo (Éthiopie) et du lac Turkana (Kenya), sur la base du mécanisme créé par le groupe conjoint d'experts techniques, comme le demande le Comité depuis 2012, et remercie le gouvernement norvégien pour son généreux soutien financier à l’EES ;
  8. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.