1.         Bagan (Myanmar) (C 1588)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2019

Critères  (iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1588/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1588/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Facteurs identifiés lors de l'inscription du bien :

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1588/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 24 novembre 2021, un rapport sur l'état de conservation a été soumis, lequel est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1588/documents/ et fait le point sur un certain nombre de questions de conservation abordées par le Comité au moment de l'inscription du bien (Bakou, 2019), à savoir :

En janvier 2021, des informations ont été fournies concernant un chantier routier et la plantation d'arbres au sein du bien, en réponse à une demande du Centre du patrimoine mondial en octobre 2020. Ces informations incluaient une EIP et ont fait l'objet d'un examen technique de l'ICOMOS en novembre 2021, qui a identifié un certain nombre de points préoccupants.

En mai 2023, les médias ont signalé que le bien avait été touché par le cyclone tropical Mocha, qui s'est formé dans le sud du golfe du Bengale et a notamment frappé le Myanmar. À l'heure de la rédaction du présent rapport, l'UNESCO, notamment par l'intermédiaire du Bureau de l'UNESCO à Bangkok et de son antenne au Myanmar, est en train de déterminer si le cyclone, ou tout évènement ultérieur, a pu avoir des impacts négatifs potentiels sur le bien et sa valeur universelle exceptionnelle (VUE).

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les progrès dans la mise en œuvre de nombreuses recommandations du Comité formulées lors de l'inscription en 2019 doivent être salués. Il est reconnu que les conditions posées par la pandémie de COVID 19 ont joué un rôle non négligeable, créant de nouveaux défis et ralentissant les avancées, notamment en ce qui concerne la gestion du tourisme.

Il est suggéré que le Comité accueille favorablement les révisions de la Loi sur le patrimoine culturel à l’échelle des régions (2019) et le Règlement de construction (2020), l’instauration officielle du BAGANCOM et des autres entités de coordination clés dans le système de gestion, et l'achèvement des révisions officielles des limites et de la zone tampon qui avaient été recommandées lors de l'inscription du bien. Cependant, les Organisations consultatives et le Centre du patrimoine mondial considèrent que les principaux mécanismes de coordination ne fonctionnent pas encore pleinement comme prévu. Le BAGANCOM et d'autres comités ont été établis mais ne se sont pas réunis de façon régulière, et le BICC a été pénalisé par le manque d'engagement d'un certain nombre de pays coopérants. Les visites du site par des experts du BICC n'ont pas pu se dérouler aussi efficacement que prévu. Le cadre de gestion intégrée (CGI) doit être révisé en 2024, ce qui permettra d'évaluer son efficacité et de renforcer son fonctionnement.

La planification d'une gestion durable du tourisme post-COVID 19 est d'une importance capitale et doit se poursuivre maintenant que les structures de gouvernance formelles sont établies. Les recommandations du Comité concernant la stratégie hôtelière, l'évaluation de la capacité d'accueil, la stratégie de tourisme durable et la liaison avec les représentants de l'industrie du tourisme devraient à nouveau être considérées en priorité.

Les efforts continus concernant la recherche, la consolidation de la collecte de données, le développement professionnel et le suivi du site sont notés, et la poursuite du travail est encouragée. Le calendrier d'achèvement du plan de gestion des risques archéologiques est également noté, même si les raisons motivant l'intention de fouiller 140 monticules nouvellement identifiés devraient être soumises aux stratégies de recherche décrites dans le CGI.

Notant que la collaboration avec des universités et fondations au Myanmar et dans d'autres pays a permis de faire avancer des initiatives importantes, il convient de souligner l'importance d’accords qui assurent la conformité au CGI et encouragent la poursuite du travail pour formaliser la participation de collaborateurs et partenaires internationaux. Le développement professionnel pour la gestion du patrimoine culturel devrait être poursuivi, et les efforts pour informer et sensibiliser à la gestion du patrimoine culturel en travaillant avec les organismes religieux et les jeunes devraient être salués.

L'utilisation régulière d’EIP est également louable, bien que l'examen technique de l'ICOMOS de novembre 2021 ait identifié des lacunes méthodologiques importantes qui devraient remédiées de toute urgence, notamment la nécessité de prévoir un délai suffisant avant le début des travaux pour que les EIP soient réalisées, tout en s’assurant que des options permettant de prendre des mesures d'atténuation ou d’annuler les travaux demeurent encore envisageables.

Concernant le projet routier, l'EIP a été soumise après achèvement du projet, et l’examen technique a identifié des points d’inquiétude au sujet de dommages causés à un édifice patrimonial et d’impacts potentiels sur les matériaux archéologiques. Le projet de plantation d'arbres était à peu près à moitié terminé avant d'être interrompu à la réception d’une lettre du Centre du patrimoine mondial. L'examen technique a identifié des problèmes avec la proximité entre certaines plantations et des structures patrimoniales, des impacts sur les gisements archéologiques et le choix d’espèces végétales non-indigènes, en contradiction manifeste avec le plan de gestion. L'ICOMOS a également noté que l'EIP avait identifié un certain nombre d'impacts sur la VUE du bien mais que le projet a été autorisé à se poursuivre sans les modifications ou le réexamen requis.

Les deux projets indiquent une incompatibilité évidente avec les politiques décrites dans le plan de gestion et suscitent donc des interrogations sur l'efficacité du système de gestion du bien. Il est suggéré d'organiser des activités de renforcement des capacités supplémentaires afin de sensibiliser davantage les décideurs aux dispositions du plan de gestion et garantir leur mise en œuvre appropriée.

L'examen technique a également identifié des points d’inquiétude au sujet de l'interprétation de la « réversibilité » pour ce qui est des impacts sur les ressources archéologiques et a conseillé d'accorder une plus grande attention aux impacts potentiels sur l’environnement visuel. Ces exemples soulignent l'importance de compléter la cartographie des risques archéologiques.

Pour ce qui est des modifications apportées à l'aéroport de Bagan-Nyaung Oo, les conclusions sont considérées peu probantes, en particulier en ce qui concerne les phases de construction et d'exploitation, ce qui suggère la nécessité de réaliser de nouvelles EIP. Il conviendrait de continuer à développer les capacités en matière d'EIP afin que l'ensemble des impacts sur les attributs du bien soit pris en compte, y compris mais sans s'y limiter, les impacts sur les ressources archéologiques, l'état des structures patrimoniales et l’environnement visuel.

Décision adoptée: 45 COM 7B.44

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B.Add.3,
  2. Rappelant la Décision 43 COM 8B.20, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Salue les efforts significatifs déployés pour mettre en œuvre les recommandations formulées lors de l'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial ;
  4. Exprime sa sympathie à l'État partie et au peuple du Myanmar, qui ont été touchés par un cyclone tropical en mai 2023, note avec préoccupation que le cyclone pourrait avoir porté atteinte au bien et modifié sa valeur universelle exceptionnelle (VUE), et souligne qu'un certain nombre de mécanismes d'assistance d'urgence sont mis à disposition par la Convention pour aider l'État partie, si besoin est ;
  5. Accueille favorablement l'achèvement des révisions des limites des composantes 6 et 7 du bien et de la zone tampon de la composante 4, l'installation de bornes pour les composantes du bien et la zone tampon, et l'achèvement de l'enregistrement et classement de tous les monuments situés dans le bien et sa zone tampon ;
  6. Accueille favorablement l'adoption de la Loi sur le patrimoine culturel à l’échelle des régions (2019), le Règlement de construction (2020) et la constitution officielle du Comité national de coordination de Bagan (BAGANCOM) et des autres mécanismes de coordination du système de gestion, et encourage un examen de l’efficacité et du fonctionnement des structures de gouvernance et du fonctionnement du cadre de gestion intégrée à l’occasion de la révision quinquennale prévue en 2024 ;
  7. Reconnaît que les progrès vis-à-vis de certaines des recommandations du Comité ont été affectés par les conditions récentes et actuelles, notamment la pandémie de COVID‑19, et que cela a eu un impact majeur sur le fonctionnement des dispositions en matière de gouvernance, la planification de la recherche et le tourisme ;
  8. Encourage la poursuite des progrès vis-à-vis de l’ensemble des actions identifiées au moment de l'inscription, et en particulier en ce qui concerne :
    1. les réunions régulières du Comité international de coordination de Bagan (BICC) et l’élaboration d'accords formels avec toutes les missions internationales travaillant à Bagan,
    2. la Stratégie de tourisme durable de Bagan, notamment réflexions post-COVID-19,
    3. le développement de la stratégie hôtelière de Bagan, en consultation avec l'ICOMOS et le Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO et, sur la base de l'Étude exploratoire de la stratégie hôtelière de Bagan (2020), l’identification des zones au sein desquelles les hôtels peuvent être situés, et la garantie que des évaluations d'impact sur le patrimoine (EIP) seront entreprises avant tout nouveau projet ou extension d’hôtel,
    4. la Stratégie de gestion des risques de catastrophe de Bagan, en veillant à ce qu'elle soit associée au système de suivi et qu'elle permette de remédier aux dommages causés par les pressions identifiées, telles que les phénomènes météorologiques,
    5. la Stratégie de gestion des risques archéologiques pour le bien, la zone tampon et le cadre plus large,
    6. le renforcement des capacités et l’élaboration d'un cadre pour les évaluations d'impact, conformément au nouveau Guide pour l’évaluation d'impact dans un contexte de patrimoine mondial, et la réalisation d’EIP complémentaires pour le projet d'aéroport Bagan-Nyaung Oo lorsque la phase de planification sera plus avancée ;
  9. Note les efforts continus en matière de recherche, de consolidation de la collecte de données, de développement professionnel et de suivi du site, et encourage également la poursuite des progrès vis-à-vis du projet « Carte unique », de la recherche archéologique et de la collecte de données, de l'élaboration d'un système de suivi basé sur des inventaires des attributs matériels et immatériels de Bagan, et de la mise en œuvre de la stratégie pour le secteur agricole de Bagan ;
  10. Note les conclusions et préoccupations identifiées dans l’examen technique de l'ICOMOS sur le programme de construction de route et plantation d'arbres dans les limites du bien du patrimoine mondial, et demande :
    1. un rapport archéologique sur les perturbations du sol causées par les récents travaux routiers et la plantation d'arbres, conformément à l’examen technique de l'ICOMOS, incluant une analyse de la taphonomie, des profils des sol et de tout artefact exposé par les travaux,
    2. une étude paysagère qui caractérise le paysage au cours des principales phases historiques afin de faciliter l'identification des espèces d'arbres appropriées pour les futurs programmes de verdissement ;
  11. Rappelle qu’il convient de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour évaluation par les Organisations consultatives, des informations détaillées sur tous les travaux en cours et futurs, y compris tous travaux de restauration entrepris suite à des dommages au sein du bien ou de sa zone tampon, qui pourraient modifier la VUE du bien, ainsi que toutes évaluations d'impact associées, conformément aux paragraphes 118bis et 172 des Orientations ;
  12. Demande enfin à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2024, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.