1.         Mausolée de Khoja Ahmad Yasawi (Kazakhstan) (C 1103)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2003

Critères  (i)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1103/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1103/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 2018 : 47 111 dollars EU du Fonds-en-dépôt UNESCO/Pays-Bas pour le projet « Soutien technique en faveur du Mausolée de Khoja Ahmad Yasawi à Turkestan, Kazakhstan, par l’intégration de l’approche centrée sur le paysage urbain historique (PUH, 2011) en Asie centrale »

Missions de suivi antérieures

Décembre 2010 : mission de conseil conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; mai 2018 : mission de conseil de l’ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1103/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 23 février 2022, l'État partie a soumis un rapport sur l'état de conservation dont un résumé est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1103/documents/. Ce rapport aborde plusieurs points soulevés par le Comité lors de ses précédentes sessions, à savoir :

Après avoir reçu des signalements de tiers, le 13 décembre 2022, le Centre du patrimoine mondial a demandé à l'État partie de fournir des informations complémentaires sur des aménagements dans le paysage devant le mausolée, la construction d'un « village ethnique » et une zone commerciale, qui soulèvent des questions sur l'état de conservation du mausolée et l'équilibre entre tourisme, dimensions spirituelles et utilisation sacrée du bien. L'État partie a répondu le 13 janvier 2023, en indiquant que :

Sept évaluations d'impact sur le patrimoine (EIP) concernant des projets dans la zone tampon et l'environnement immédiat du bien ont été jointes à la réponse de l'État partie, toutes datées du 30 avril 2022. La majorité de ces EIP n'ont été entreprises qu'après achèvement des projets de construction. Un bref rapport sur le suivi du Kazandyk (hall principal) et de l'Askhana (cuisine) a également été annexé.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le suivi continu du mausolée par les experts engagés par l'État partie est favorablement accueilli. Leurs conclusions montrent que l'état de conservation du mausolée fait l'objet d'une attention appropriée mais elles identifient également des points préoccupants, notamment l'intégrité structurelle du dôme, en particulier ses poutres en bois, la pénétration de l'humidité et l'efflorescence de sel associée, des problèmes non résolus d'installations électriques et de sécurité incendie et de nouvelles installations paysagères inappropriées à proximité du mausolée, que les experts recommandent de supprimer ou de déplacer à 100 m de celui-ci. Les experts soulignent également la nécessité d'un plan de gestion des risques de catastrophe dans le cadre de la mise à jour du plan de gestion, de caractéristiques améliorées et d’un revêtement modifié.

Ces recommandations des conseillers de l'État partie sont confirmées, compte tenu du fait que l'irrigation des espaces verts peut exacerber les problèmes d'humidité qui affectent le mausolée. Plus de détails sur le fonctionnement et le champ d’action du Conseil scientifique et méthodologique, constitué en 2019, seraient néanmoins les bienvenus.

Les activités de recherche et de stabilisation des vestiges archéologiques situés dans la zone tampon sont favorablement accueillies, tout comme l'engagement de l'État partie à suivre les nouvelles interventions paysagères dans la zone tampon pour leur impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Toutefois, cela nécessite une définition claire des attributs de la VUE et des indicateurs de suivi identifiés. Le Comité pourrait souhaiter demander à l’État partie d’élaborer une liste complète des attributs de la VUE et un référentiel complet des indicateurs de suivi et de les soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives. Cela aiderait également l’État partie à évaluer pleinement les impacts généraux et spécifiques aux projets des changements au sein du bien, ses zones tampons et son cadre plus large, qui restent préoccupants. Il est observé que le rapport de l’État partie sur l’impact visuel du parc présidentiel et du complexe commémoratif des Khan, du caravansérail et de l’hôtel Hampton et du théâtre dramatique n’évalue que les vues depuis l’entrée du mausolée vers les projets et non depuis le cadre environnant vers le bien.

L'adoption par l'État partie d’évaluations d'impact est favorablement accueillie. Les projets du jardin Yassi et du village ethnique se trouvent dans la zone tampon, et le parc du Premier Président, le complexe commémoratif des Khans kazakhs, l'amélioration de l'allée piétonne d'Arbat et l'hôtel Medina Palace se trouvent dans l'environnement immédiat du bien. La septième EIP concerne une proposition pour la phase II de l'amélioration du territoire de la réserve-musée Azret-Sultan, située dans la zone tampon du bien, qui n'a pas encore été réalisée. Les sept EIP soumises en 2023 prennent un ensemble défini d'attributs du bien en considération. Ces attributs, identifiés en 2019, se limitent aux aspects tangibles de la VUE. Des valeurs plus larges sont également incluses dans ces évaluations mais ne permettent qu'une compréhension limitée de la contribution de la zone tampon et de l’environnement à l'intégrité et à l'authenticité du bien. Si l'on peut se féliciter que des EIP aient été réalisées, il est regrettable que six d'entre elles n'aient été entreprises qu'après finalisation des projets et doivent donc être considérées comme des analyses a posteriori. Les rapports sont tous limités dans leur portée et leur évaluation de l'impact sur la VUE. L'État partie n'a pas fourni de calendrier pour la mise en œuvre de la phase II du projet d'amélioration du territoire de la réserve-musée d'Azret-Sultan, qui comprend la construction de nouveaux dômes de grande taille au-dessus du site archéologique de Kultobe. Il est recommandé que le projet ne soit pas mis en œuvre et qu'aucune décision ne soit prise à ce sujet tant que l'EIP n'a pas été améliorée, sur la base d'une meilleure analyse de la contribution de la zone tampon et de l’environnement à l'intégrité et à l'authenticité de la VUE du bien. Le nouveau Guide et boîte à outils pour les évaluations d'impact dans un contexte de patrimoine mondial devrait être utile à l'État partie pour améliorer les évaluations d'impact pour le bien. Il est également suggéré qu'une formation sur site sur les évaluations d'impact par le Centre du patrimoine mondial, l'ICOMOS et l'ICCROM pourrait aider l'État partie à améliorer les futures évaluations d'impact pour les biens du patrimoine mondial au Kazakhstan.

Les informations données par l'État partie sur le plan directeur sont limitées en champ d'application et en détail. Les plans sont reproduits à basse résolution, tandis que la traduction textuelle ne comprend que deux pages du plan directeur adopté et ne fournit pas d'explication sur les intentions du plan. Les pages transmises indiquent qu'une hauteur de construction standard de 2 à 3 étages (7 à 10 m) est autorisée dans les axes visuels protégés, ce qui dépasse la limite de hauteur maximale de 7 m dans les axes visuels demandée par le Comité dans la Décision 44 COM 7B.31. L’hôtel Medina Palace de quatre étages, situé dans l'axe de vue limitant la hauteur des constructions à 7 m, a été approuvé en 2019. Bien que l'EIP indique qu'il a été approuvé avant que la limite de 7 m ne soit adoptée dans le plan directeur, les limitations de hauteur en vigueur au moment de l'inscription du bien auraient néanmoins dû être respectées.

Il est recommandé que le Comité demande à l'État partie de modifier d'urgence le plan directeur pour tenir compte de ses demandes antérieures, et de soumettre au Centre du patrimoine mondial des copies haute résolution du « Plan de base historique et architectural » et du « Plan directeur avec zone de protection visuelle désignée » avec les règlements écrits qui les accompagnent et tout autre document pertinent, présentés dans l'une des langues de travail de la Convention, pour examen par les Organisations consultatives.

Il est également recommandé que le Comité demande à l'État partie d'inclure un plan de gestion des risques de catastrophe dans la mise à jour du plan de gestion du bien et de soumettre le plan dans l'une des langues de travail de la Convention au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives.

Décision adoptée: 45 COM 7B.42

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B,
  2. Rappelant la Décision 44 COM 7B.31, adoptée à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Accueille favorablement le suivi continu du mausolée par les conseillers de l'État partie, et demande que les recommandations du rapport de février 2022 de l'Institut international d'études sur l'Asie centrale (IICAS) soient mises en œuvre ;
  4. Demande également à l'État partie de fournir un rapport actualisé sur le fonctionnement et l’incidence du Conseil scientifique et méthodologique constitué en 2019 ;
  5. Accueille également favorablement les vastes programmes de présentation, d’interprétation et de sensibilisation, l'installation de panneaux d'interprétation dans la zone tampon, et les activités de recherche et stabilisation des vestiges archéologiques situés dans la zone tampon, ainsi que l'engagement de l'État partie à suivre les nouvelles interventions paysagères dans la zone tampon pour leur impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  6. Demande en outre à l'État partie de définir une liste complète des attributs qui étayent la VUE et la contribution de la zone tampon et de l’environnement plus large à l'authenticité et à l'intégrité du bien, ainsi qu’un référentiel complet des indicateurs de suivi et de les soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  7. Reconnaît la soumission par l'État partie des évaluations d'impact sur le patrimoine (EIP) pour sept projets dans la zone tampon et l’environnement du bien, mais regrette que six d'entre elles n'aient été réalisées qu'après achèvement des projets et ne puissent donc être considérées que comme documents d'analyse postérieure aux projets.
  8. Demande qui plus est qu’aucune décision ne soit prise ni aucune mise en œuvre ne commence pour le projet ‘Phase II de l'amélioration du territoire de la réserve-musée d'Azret-Sultan’ avant qu'une EIP améliorée n'ait été entreprise et ne montre de manière concluante que le projet n'aura pas d'impact négatif sur la VUE du bien, et avant que tous les détails du projet n'aient été soumis au Centre du patrimoine mondial et revus par les Organisations consultatives ;
  9. Encourage l'État partie à demander au Centre du patrimoine mondial, à l'ICOMOS et à l'ICCROM d’assurer une formation sur place et un renforcement des capacités sur le Guide et boîte à outils pour les évaluations d'impact dans un contexte de patrimoine mondial et de l'aider à améliorer ses pratiques en matière d'évaluation d'impact ;
  10. Rappelle à l'État partie de l'informer en temps voulu, par l'intermédiaire du Centre du patrimoine mondial, de tout projet susceptible d'affecter la VUE du bien, avec la documentation nécessaire basée sur des procédures d'évaluation d'impact indépendantes rigoureuses avant qu'il ne soit approuvé ou mis en œuvre, et avant toute décision irréversible, conformément au paragraphe 172 des Orientations et au nouveau Guide et boîte à outils pour les évaluations d'impact dans un contexte de patrimoine mondial ;
  11. Note que le plan directeur de Turkestan permet des hauteurs de construction dans les cônes visuels protégés dépassant la limite de 7 mètres précédemment demandée par ce Comité, et réitère sa demande à l'État partie de garantir que le plan directeur :
    1. reconnaît la VUE du bien,
    2. inclut la zone de protection visuelle qui interdit à toute nouvelle construction au sein de cette zone de dépasser la hauteur limite de 7 mètres ;
  12. Demande qui plus est à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, le plan directeur modifié, incluant des copies haute résolution du « plan de base historique et architectural » et du « plan directeur avec zone de protection visuelle désignée », ainsi que les règlements écrits pertinents et toute autre documentation appropriée, dans l'une des langues de travail de la Convention ;
  13. Demande à l'État partie de finaliser sa révision du plan de gestion en étendant son champ d'application afin d’inclure :
    1. des attributs clairement formulés de la VUE qui doivent être protégés et gérés, élaborés en coopération avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives,
    2. des principes et des mesures d’opérationnalisation s’appliquant aux futurs développements,
    3. un plan de gestion des risques de catastrophe,
    4. Un plan de gestion des visiteurs pour le bien ;
  14. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2024, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.