1.         Ville archéologique de Samarra (Iraq) (C 276rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2007

Critères  (ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2007-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

La situation de conflit dans le pays ne permet pas aux autorités responsables d’assurer la protection et la gestion du bien.

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Pas encore rédigé

Mesures correctives identifiées

Pas encore identifiées

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Pas encore identifié

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/276/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/276/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 100 000 dollars EU provenant du Fonds nordique du patrimoine mondial, pour la formation et la documentation en vue de la préparation du dossier de proposition d’inscription.

Montant total accordé pour tous les sites du patrimoine mondial en Iraq :

Missions de suivi antérieures

Juin 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; juin 2023 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/276/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

L’État partie a soumis le 31 janvier 2022 un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à https://whc.unesco.org/. Un complément d’information a été soumis le 6 mars 2023. Les progrès réalisés sur certains problèmes de conservation soulevés par le Comité lors de ses précédentes sessions sont présentés comme suit :

Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS s’est rendue sur le bien en juin 2023. Une copie du rapport de la mission sera disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/276/documents/

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L'État partie a fourni des informations sur l'état du bien, notamment sur les menaces auxquelles il a été confronté au cours des dernières années, comme les activités de terrassement, les empiètements, l'expansion urbaine et les conditions environnementales. Les informations fournies au sujet des récentes activités de terrassement et d'empiètement qui affectent plusieurs éléments archéologiques du bien sont alarmantes et pourraient avoir un impact sur les attributs qui soutiennent la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Les efforts de l'État partie pour mettre fin à ces activités sont reconnus ; cependant, des informations plus détaillées sur leur impact devraient être fournies.

Il est recommandé au Comité de prier instamment l'État partie de soumettre un rapport complet sur les dommages subis par le bien, ainsi qu'une documentation photographique de tous les monuments affectés, avec des informations détaillées sur les zones qui ont été impactées par les activités de terrassement et sur les empiètements, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives. Ces informations sont nécessaires pour effectuer une évaluation complète de l'état de conservation du bien, et notamment des impacts éventuels sur sa VUE, comme étape essentielle pour la préparation du plan de conservation proposé, la priorité étant donnée à l'identification des travaux de stabilisation d'urgence indispensables et à l'établissement d'une feuille de route pour les actions de conservation et de gestion à plus long terme.

L'État partie a souligné l’importance d'effectuer des travaux de conservation urgents au palais d'Al-Baraka et à la mosquée Abu Dulaf. Comme cela a été demandé précédemment, les travaux d'assainissement et de réparation doivent être guidés par un plan de conservation global préparé en collaboration étroite avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives. Étant donné qu'aucun plan d'ensemble n'a encore été établi, les travaux de stabilisation et de conservation d'urgence doivent respecter le principe d’une intervention a minima et seulement dans les cas critiques qui comportent un risque d’augmentation rapide des dommages et/ou d'effondrement.

De plus, l'État partie a signalé que la Grande Mosquée de Samarra et le Palais califal ont été retenus comme monuments prioritaires pour la restauration et la réhabilitation. Les activités envisagées comprennent la construction d'une salle d’accueil pour les touristes et l'achèvement des travaux de restauration. L'État partie a également fait part de la construction éventuelle de deux écoles primaires dans la zone tampon du bien. L'État partie a fourni des informations sur ces projets et sur d'autres, qui ont fait l'objet de nombreuses études techniques de la part de l'ICOMOS, y compris également l’étude supplémentaire des réponses de l'État partie aux études techniques initiales.

L'étude technique de l'ICOMOS sur les travaux effectués dans la Grande Mosquée, le Palais califal, Al Hir et Bab al-‘Amma, a conclu que les travaux dépassaient le cadre de la maintenance, qu'ils avaient potentiellement endommagé des attributs significatifs du bien, comme des caractéristiques archéologiques, et qu'ils devaient être interrompus en vue de planifier de futures mesures de conservation. Il convient d’engager l'atténuation de tout impact dû aux travaux antérieurs et d’élaborer une feuille de route pour les interventions à venir. Concernant le projet de reconstruction de la Grande Mosquée, l’ICOMOS considère qu’une analyse approfondie du site, ainsi que des informations plus détaillées sur les interventions précédentes, étayées par une nouvelle analyse minutieuse des travaux antérieurs sont nécessaires afin de déterminer le degré d’atteinte à l’authenticité et à l’intégrité. Cette compréhension fondamentale est essentielle pour guider les actions d'atténuation et de conservation à venir, ainsi que l'élaboration d'un plan de conservation des monuments du bien. S’agissant des bâtiments scolaires envisagés, l'ICOMOS a conseillé qu’une documentation et des informations complètes soient soumises pour examen. Il convient de demander à l'État partie de suivre les conclusions des études techniques des projets susmentionnés.

Les efforts de l'État partie pour tenir le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives informés des projets prévus et en cours sont reconnus, mais il est recommandé au Comité d’encourager l'État partie à soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour évaluation par les Organisations consultatives, des informations complètes et détaillées sur tous ces projets avant de prendre toute décision difficilement réversible, conformément au paragraphe 172 des Orientations. Pour les grands projets, ces informations doivent comprendre des évaluations d'impact sur le patrimoine, préparées conformément au Guide et boîte à outils pour les évaluations d'impact dans un contexte de patrimoine mondial.

Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS s’est rendue sur le bien en juin 2023, permettant une évaluation globale de l’état de conservation du bien. L’État partie doit être encouragé à poursuivre l’élaboration d’un plan de conservation complet, de définir des mesures correctives et de préparer un État de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSCOR).

Décision adoptée: 45 COM 7A.29

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7A.Add.2,
  2. Rappelant les décisions 44 COM 7A.8 et 44 COM 7A.9, adoptées à sa 44esession élargie (Fuzhou/en ligne 2021),
  3. Prenant en compte la décision 45 COM 7A.30 sur les biens du patrimoine mondial de l'Iraq,
  4. Prend note des informations fournies par l'État partie et de ses efforts pour atténuer les menaces qui pèsent sur le bien, mais réitère sa préoccupation liée à l'absence d'informations complètes et détaillées sur l'état de conservation du bien ;
  5. Exprime sa grande préoccupation quant à la condition du bien, aux dommages récents et à son état de détérioration, liés aux impacts de l'empiètement, de l'expansion urbaine et des activités de terrassement, outre la détérioration naturelle et les intempéries ;
  6. Prie instamment l'État partie de soumettre un rapport complet sur les dommages subis par le bien, ainsi qu'une documentation photographique de tous les monuments affectés, y compris un rapport détaillé sur les zones terrassées et les empiètements, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  7. Réitère sa demande à l'État partie que les interventions soient entreprises dans le cadre de l'évaluation globale des dommages et des risques et qu'un plan de conservation complet soit préparé en collaboration étroite avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, et qu'entre-temps les travaux de stabilisation et de conservation d'urgence adhèrent au principe d'une intervention a minima et seulement dans les cas critiques qui comportent un risque d’augmentation rapide des dommages et d'effondrement, et demande à l'État partie de poursuivre conformément aux études techniques effectuées pour les travaux réalisés dans la Grande Mosquée, le Palais califal, Al Hir et Bab al-‘Amma, le projet de reconstruction proposé pour la Grande Mosquée et la construction éventuelle de deux écoles primaires dans la zone tampon du bien;
  8. Demande également à l'État partie de continuer de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour évaluation par les Organisations consultatives, des informations détaillées sur tous les travaux futurs qui pourraient avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, notamment des évaluations d'impact sur le patrimoine préparées conformément au nouveau Guide et boîte à outils pour les évaluations d'impact dans un contexte de patrimoine mondial pour tous les grands projets, et de le faire avant de prendre des décisions sur lesquelles il sera difficile de revenir, et de s'abstenir d'entreprendre la restauration ou la reconstruction de monuments avant d'avoir effectué des analyses et des études détaillées et d'avoir reçu les résultats de l'évaluation qui s'ensuivra par les Organisations consultatives ;
  9. Prend note de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS qui s’est rendue sur le bien en juin 2023, et prie instamment l’État partie de mettre en œuvre ses recommandations et de poursuivre le développement d'un plan de conservation global, l'identification de mesures correctives et l'élaboration d'un État de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSCOR) ;
  10. Réitère son appel à tous les États parties pour qu'ils coopèrent dans la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel provenant d'Iraq, conformément aux résolutions 2199 de février 2015, 2253 de décembre 2015 et 2347 de mars 2017 du Conseil de sécurité des Nations Unies ;
  11. Appelle de nouveau les États parties à soutenir les mesures de sauvegarde d'urgence, notamment par le biais du Fonds d'urgence pour le patrimoine de l'UNESCO ;
  12. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session ;
  13. Décide de maintenir Ville archéologique de Samarra (Iraq) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.