1.         Tombeau des Askia (Mali) (C 1139)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2012-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

En cours de rédaction 

Mesures correctives identifiées

Adoptées, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/6623 

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

En cours d'identification

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1139/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2000-2018)
Montant total approuvé : 79 822 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1139/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : Fonds d’urgence de l’UNESCO : 40 000 dollars EU, Plan d’action pour la réhabilitation du patrimoine culturel et la sauvegarde des manuscrits anciens du Mali : 50 000 dollars EU ; 500 000 dollars EU financés par l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflits (ALIPH) pour la réhabilitation du bien ; Fonds du patrimoine mondial africain : 15 000 dollars EU pour la documentation et l'aménagement des sépultures historiques de la nécropole du Tombeau des Askia à Gao.

Missions de suivi antérieures

Mai 2012 : Mission d’urgence de l’UNESCO à Bamako ; octobre 2012 et décembre 2012 : Missions de suivi du Centre du patrimoine mondial à Bamako ; février 2014 : Mission d’évaluation de l’UNESCO à Gao ; avril 2017 : Mission d'expert mandaté par l'UNESCO pour l'évaluation de l'état de conservation des sites du patrimoine mondial du Mali.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1139/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 31 janvier 2022, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, (disponible sur https://whc.unesco.org/fr/list/1139/documents/), fournissant les informations suivantes :

Le travail sur le développement de l'État de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) mené depuis 2022 sera finalisé courant 2023.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le rapport de l'État partie sur le bien laisse entendre que la conservation et la gestion efficace et durable du bien progresse de façon satisfaisante et prometteuse. Il semble en effet que le projet de réhabilitation financé par ALIPH a pu déclencher une importante mobilisation dynamique par l'État partie et surtout au niveau de la communauté locale permettant d'aborder plusieurs aspects consacrés à la conservation et à la promotion du bien. Ceux-ci comprennent la consolidation structurelle et physique de l'édifice, les aménagements au sein même du bien ainsi que dans la zone tampon, la plantation et la régénération des plants hasu, la dotation de la Mission Culturelle de Gao en équipement et matériel informatique, les efforts de communication, de concertation et de sensibilisation, ou encore l'implication des communautés locales, en particulier les jeunes et les femmes dans les diverses actions. L'État partie est fortement encouragé à poursuivre dans cette voie, tout en veillant à une accélération de la mise en œuvre du projet pour lequel le bureau d’audit ‘Pyramis’ a été engagé en appui suite au retard administratif accusé.

L'État partie est également à féliciter pour avoir mis en place un Comité national du bouclier bleu et pour avoir réussi à mobiliser des fonds additionnels pour la documentation et l’aménagement des sépultures historiques de la nécropole a été retenu pour financement du Fonds du patrimoine mondial africain (FPMA). Il conviendrait de rappeler la demande antérieure que l'État partie veille à coordonner avec les différents partenaires et bailleurs de fonds les projets développés pour la mobilisation de fonds, afin d'assurer une plus grande cohérence entre les actions et de prévoir la mise en place d'un système de concertation entre ces partenaires en vue d'un suivi efficace.

L'abandon du projet d’aménagement de parkings devant la porte principale du bien et derrière la route bitumée, tout comme les plans pour améliorer la visibilité du bien avec la réduction de la hauteur de son mur de clôture sont accueillis favorablement, démontrant l'attention portée au bien au-delà de l'édifice lui-même. Cependant, quant au projet de construction de murettes pour clôturer la zone tampon, il est recommandé que le Comité invite l'État partie à soumettre davantage de détails, notamment en matière de signalétique et de suivi des normes urbanistiques à appliquer, afin de mieux comprendre l'apport du projet à la préservation du site.

Notant que le plan de gestion et de conservation du bien a expiré en 2022 et devra être mis à jour, il conviendrait de demander à l'État partie de soumettre le projet de plan de gestion actualisé au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives.

Dans l'ensemble, toutes les 10 mesures correctives sont désormais en cours, voire finalisées, bien que les moyens financiers, en dehors des financements actuels, pour la conservation et la gestion durable restent précaires. Il convient aussi de rappeler que ces mesures correctives avaient été adoptées par le Comité en 2016, mais sans qu'un état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) n'ait été développé.

Par conséquent, il est noté avec appréciation que le développement du DSOCR est en cours de finalisation. Cette initiative consistant d'un programme de renforcement des capacités et d'accompagnement à distance et sur le terrain, conduit par CRAterre-ENSAG (Grenoble/France) et un consultant national en partenariat avec la Direction nationale du patrimoine culturel (DNPC) visant l'ensemble des trois biens maliens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (‘Tombeau des Askia’, ‘Tombouctou’ et ‘Villes anciennes de Djenné’) est mise en œuvre dans le cadre de la « Stratégie pour développer l'État de conservation souhaité en vue du retrait du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril dans la région Afrique 2021-2025 » du Centre du patrimoine mondial et appuyée financièrement par le Gouvernement de la Norvège dans plusieurs pays d'Afrique. Ce processus est donc salué et il est espéré que le développement du DSOCR et l'évolution positive constatée pour la réalisation des mesures correctives puissent orienter à court terme le bien vers un retrait de la Liste du patrimoine mondial en péril.

En attendant, il est recommandé que le Comité décide de maintenir le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, et de continuer d’appliquer le mécanisme de suivi renforcé pour le bien.

Décision adoptée: 45 COM 7A.24

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7A,
  2. Rappelant la Décision 44 COM 7A.3, adoptée à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Exprime sa satisfaction que le « Projet de réhabilitation du Tombeau des Askia », financé par l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflits (ALIPH), a permis une importante mobilisation dynamique par l'État partie et la communauté locale en faveur d'une conservation, d'une gestion et d'une promotion efficace du bien à travers un ensemble de mesures sur le bien et sa zone tampon, et encourage fortement l'État partie à poursuivre dans cette voie, tout en veillant à une accélération de la mise en œuvre du projet pour combler les retards administratifs rencontrés ;
  4. Apprécie également la mise en place d'un Comité national du bouclier bleu et pour avoir réussi à mobiliser des fonds additionnels pour la documentation et l’aménagement des sépultures historiques de la nécropole auprès du Fonds du patrimoine mondial africain (FPMA), et réitère sa demande à l'État partie de coordonner avec les différents partenaires et bailleurs de fonds les projets développés pour la mobilisation de fonds, afin d'assurer une plus grande cohérence entre les actions et de prévoir la mise en place d'un système de concertation entre ces partenaires en vue d'un suivi efficace,
  5. Remercie l'État partie de l'avoir informé de l'abandon du projet d’aménagement de parkings devant la porte principale du bien et derrière la route bitumée ;
  6. Note avec appréciation les plans pour améliorer la visibilité du bien en réduisant de la hauteur de son mur de clôture ;
  7. Accueillant favorablement les efforts déployés également sur la zone tampon, notamment en vue d'un projet de construction de murettes pour clôturer la zone tampon, invite cependant l'État partie à soumettre davantage de détails, notamment en matière de signalétique et de suivi des normes urbanistiques à appliquer au Centre du patrimoine mondial afin de mieux comprendre l'apport du projet à la préservation du site ;
  8. Note que le plan de gestion et de conservation du bien a expiré en 2022, et demande à l'État partie de soumettre le projet de plan de gestion actualisé au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  9. Note avec satisfaction que les 10 mesures correctives sont désormais toutes en cours de mise en œuvre, mais exhorte l'État partie à assurer une pérennité des moyens techniques et financiers pour la conservation et la gestion durable du bien ;
  10. Exprime son appréciation qu'un programme de renforcement des capacités et d'accompagnement à distance et sur le terrain, appuyé par le Fonds du patrimoine mondial, pour le développement de l'état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) pour chacun des trois biens maliens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril, est en cours de finalisation ;
  11. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session;
  12. Décide de continuer d'appliquer le mécanisme de suivi renforcé pour le bien ;
  13. Décide de maintenir Tombeau des Askia (Mali) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 45 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/23/45.COM/7A, WHC/23/45.COM/7A.Add, WHC/23/45.COM/7A.Add.2, WHC/23/45.COM/7A.Add.3, WHC/23/45.COM/7A.Add.4),
  2. Ayant examiné les recommandations des Organisations consultatives, décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :
3.   Rappelle que les biens suivants ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril à sa 18e session extraordinaire (UNESCO, 2023) :