1.         Rennell Est (Îles Salomon) (N 854)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1998

Critères  (ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2013-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté ; voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/6965

Mesures correctives identifiées

Adoptées ; voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/7423

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Adopté, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/7423

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/854/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2006-2012)
Montant total approuvé : 56 335 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/854/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 56 689 dollars EU, Fonds-en-dépôt UNESCO/Pays-Bas (2015) : soutien technique à Rennell Est ; 35 000 dollars EU, Fonds-en-dépôt UNESCO/Flandres (2015) : soutien à Rennell Est ; 38 398 dollars EU, Fonds-en-dépôt UNESCO/Pays-Bas (2019-présent) : Développer des moyens de subsistance durables à Rennel Est

Missions de suivi antérieures

Mars-avril 2005 : mission de suivi UNESCO/UICN ; octobre 2012 : mission de suivi réactif UICN ; novembre 2015 : mission de conseil Centre du patrimoine mondial/UICN ; Mai 2019 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/854/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

L'État partie a soumis le 9 mai 2022 et le 30 mars 2023 des rapports sur l'état de conservation du bien, disponibles à l'adresse https://whc.unesco.org/fr/list/854/documents/, qui font état de ce qui suit :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les efforts continus de l'État partie pour mettre en œuvre les mesures correctives et les recommandations de la mission de suivi réactif de 2019 sont accueillis avec satisfaction. Si les impacts continus de la pandémie de COVID-19 sont reconnus, le peu de progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives et des autres recommandations de la mission à cause de problèmes budgétaires sont préoccupants, et les efforts devraient être renforcés. Comme l'allocation budgétaire dépend d'un nouveau document du Cabinet, il est recommandé au Comité de réitérer une nouvelle fois sa demande d'adopter, de toute urgence, ce document du Cabinet avec les engagements et les budgets associés des ministères respectifs.

Les efforts déployés sans relâche par les propriétaires fonciers coutumiers, les communautés locales de Rennell Est et la LTWHSA pour préserver la VUE du bien des activités destructrices sont appréciés. Il est noté que les communautés ont pris une position claire contre la proposition d'exploration minière de bauxite, mais l'État partie doit encore clarifier le statut de la proposition, et il convient de lui rappeler la position du Comité selon laquelle l'exploitation minière, y compris l'exploration, est considérée comme incompatible avec le statut de patrimoine mondial des sites naturels (Décision 37 COM 7).

Le processus consistant à apporter une protection juridique à la VUE du bien tout en respectant les droits coutumiers des communautés locales doit être accéléré, en attendant l’achèvement du plan de gestion et le dialogue communautaire sur la loi de 2010 sur les zones protégées. La possibilité pour le nouveau projet financé par le FEM-6 de soutenir ce processus devrait être explorée, car il pourrait être possible de faciliter la déclaration d'une zone protégée, conformément à la recommandation de la mission de 2019, comme étape positive dans le développement du plan de gestion pour le bien qui est un objectif clé de l'État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR). La lettre reçue de tiers est préoccupante à cet égard car elle concerne directement la mise en place d'un mécanisme de protection juridique. Rappelant la position du Comité selon laquelle la conservation à long terme de la VUE du bien ne peut être assurée qu'avec le plein consentement des propriétaires et des utilisateurs coutumiers des terres dans le plein respect de leurs droits, toutes les parties concernées devraient être invitées à élaborer une solution viable et à long terme pour la gouvernance coutumière du bien tout au long du processus d'établissement de la protection juridique du bien, et il devrait être demandé à l'État partie de fournir des informations en réponse à la lettre du 28 juin 2022.

L’annulation de la proposition d'exploitation forestière et de nouvelle route associée dans le bien est accueillie favorablement. Bien que la nécessité d'améliorer l'état de la seule route menant au bien soit reconnue, la prudence reste de mise, car cette route pourrait encore constituer une menace en facilitant l'accès à l'exploitation forestière commerciale, faute de protection juridique adéquate. Il est donc recommandé au Comité de rappeler à l'État partie d'effectuer pour tous les aménagements prévus une EIE conforme au nouveau Guide pour l'évaluation d'impact dans un contexte de patrimoine mondial, afin d'évaluer leurs impacts potentiels sur la VUE du bien, conformément au paragraphe 118bis des Orientations, et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par l'UICN.

L'insécurité alimentaire persistante des communautés locales, exacerbée par la pandémie de COVID-19 et les impacts du changement climatique, est très préoccupante et doit être résolue de toute urgence. Dans ce contexte, il convient de saluer le dialogue, notamment les réunions de consultation des communautés et parties prenantes organisées en avril/mai 2022, et les activités en cours qui visent à développer des moyens de subsistance durables pour les communautés de Rennell Est, et ces efforts devraient être confortés conformément aux actions prioritaires définies dans le nouveau plan d'action, notamment dans le cadre des projets JFiT et GEF-6.

Il est regrettable qu'aucune information n'ait été fournie sur la mortalité massive des renards volants, une espèce reconnue comme un attribut de la VUE du bien. L'État partie devrait être encouragé à lancer de toute urgence une enquête scientifique.

L'action conjointe des communautés et de BirdLife International pour atténuer et contrôler les impacts des rats envahissants est favorablement accueillie et il est demandé à l'État partie de rendre compte des progrès accomplis. Si les recherches initiales confirment qu'il ne sera pas possible d'éradiquer complètement les rats envahissants, l'État partie pourrait souhaiter proposer une mise à jour du DSOCR, dans lequel l'éradication des rats figure actuellement comme méthode de vérification, et l'État partie devrait développer et mettre en œuvre une stratégie dotée de ressources suffisantes pour se concentrer sur la minimisation de l'impact des espèces envahissantes et exotiques déjà introduites et rendre pleinement opérationnelles des mesures de biosécurité efficaces.

La soumission de l'EIE détaillée sur les impacts de l'échouement d'une barge industrielle est accueillie favorablement. Les dommages subis par les récifs coralliens, qui ont une valeur naturelle et culturelle importante pour les communautés locales, sont importants et préoccupants, estimés à 1,6 million de dollars US. Il est recommandé au Comité de demander à la société responsable et au titulaire de la licence SAPOR 2302 d'adhérer aux conclusions et aux recommandations de l'EIE en ce qui concerne le dédommagement des impacts écologiques, culturels et socio-économiques de l'échouement.

Compte tenu du nombre de défis auxquels sont confrontées les communautés locales, dont le bien-être durable est une condition sine qua non pour la sauvegarde du bien, l'État partie doit être encouragé à continuer à mobiliser des soutien internationaux supplémentaires, notamment dans le cadre de l'assistance internationale au titre du Fonds du patrimoine mondial, ainsi qu'à attirer des financements pour la lutte contre le changement climatique, afin de réaliser l'évaluation intégrée de la vulnérabilité climatique du bien envisagée.

Décision adoptée: 45 COM 7A.16

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7A.Add.2,
  2. Rappelant la Décision 44 COM 7A.53, adoptée à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Se félicite des efforts continus déployés par l'État partie pour mettre en œuvre les mesures correctives et les recommandations formulées par la mission de suivi réactif de 2019, mais réitère sa préoccupation quant au peu de progrès accomplis dans leur mise en œuvre effective et demande donc à l'État partie de renforcer ces efforts ;
  4. Réitère une fois de plus sa demande à l'État partie d'adopter, de toute urgence, un nouveau document du Cabinet avec les engagements des ministères respectifs et les budgets associés, reflétés dans l'allocation budgétaire de la prochaine année fiscale ;
  5. Félicite les propriétaires fonciers coutumiers, les communautés locales de Rennell Est et l'Association du site du patrimoine mondial du lac Tegano (LTWHSA) de leurs efforts soutenus pour sauvegarder la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, mais réitère également sa préoccupation quant aux menaces potentielles pour la VUE du bien liées à l'exploitation forestière et minière commerciale, qui subsistent en l'absence d'un dispositif juridique adéquat pour le bien ;
  6. Réitère également sa demande d'accélérer l’achèvement du plan de gestion et le dialogue avec les communautés sur la loi de 2010 sur les zones protégées, notamment en explorant le soutien potentiel du projet financé par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM-6) à cet égard et invite instamment toutes les parties concernées à élaborer une solution viable à long terme pour la gouvernance coutumière du bien, et demande à l'État partie de fournir une mise à jour détaillée dans son prochain rapport d'avancement, en rappelant sa position selon laquelle la conservation à long terme de la VUE du bien ne peut être assurée qu'avec le plein consentement des propriétaires et des utilisateurs coutumiers des terres, dans le respect total de leurs droits ;
  7. Exprime sa plus grande inquiétude quant à l'octroi signalé de licences d'exploration minière de bauxite qui pourraient empiéter sur le bien, rappelant sa position selon laquelle l'exploitation minière, y compris l'exploration, est considérée comme incompatible avec le statut de patrimoine mondial des sites naturels, apprécie la position claire des communautés locales contre le projet d'exploration minière de bauxite envisagé dans la zone située à la limite du bien, et demande également à l'État partie de confirmer sans équivoque l’abandon du projet d’extraction ;
  8. Se félicite également de l'annulation de la proposition d'exploitation forestière commerciale et du projet de nouvelle route associée, et rappelle à l'État partie d'effectuer une étude d'impact environnemental (EIE) complète pour les autres aménagements prévus, conformément au nouveau Guide et boîte à outils pour les évaluations d'impact dans un contexte de patrimoine mondial, y compris pour l'amélioration de la route existante, afin d'évaluer tout impact potentiel sur la VUE du bien, avant de prendre toute décision difficilement réversible, conformément aux paragraphes 118bis et 172 des Orientations, et de soumettre une copie de l'EIE au Centre du patrimoine mondial pour examen par l'UICN ;
  9. Regrette qu'aucune information n'ait été fournie sur la mortalité massive précédemment rapportée des renards volants et prie donc instamment l'État partie de lancer une enquête scientifique sur cette question pour identifier les causes et les interventions appropriées en matière de gestion, afin de sauvegarder cette population qui est un attribut important de la VUE du bien ;
  10. Prend note de l'EIE réalisée suite à l'échouement d'une barge industrielle dans le bien, et exprime son inquiétude quant à l'étendue des dommages subis par les récifs coralliens locaux et leurs impacts socio-économiques négatifs pour les communautés locales, et appelle donc la société responsable et le titulaire de la licence SAPOR 2302 d'adhérer aux conclusions et aux recommandations de l'EIE concernant le dédommagement des impacts écologiques, culturels et socio-économiques de l'échouement ;
  11. Réitère sa vive préoccupation quant au fait que les communautés locales continuent d'être confrontées à l'insécurité alimentaire, accentuée par les impacts de la pandémie de COVID-19 et du changement climatique, et demande en outre à l'État partie de s'attaquer à ce problème de toute urgence, et appelle également la communauté internationale à fournir un soutien humanitaire d’urgence ;
  12. Accueille également favorablement les consultations des communautés et parties prenantes organisées en avril/mai 2022, qui ont permis l'identification d’actions prioritaires à mettre en œuvre pour développer des moyens de subsistance durables dans la région de Rennell Est, ainsi que les projets de subsistance soutenus par le Programme de petites subventions du PNUD/FME et les Fonds-en-dépôt UNESCO/Pays-Bas et UNESCO/Japon et le projet conjointement mis en œuvre par BirdLife International et les communautés locales pour étudier et atténuer les impacts des rats envahissants, et encourage l'État partie à continuer de mobiliser un soutien international supplémentaire, notamment par le biais du mécanisme d'assistance internationale du Fonds du patrimoine mondial, ainsi que des financements pour la lutte contre le changement climatique, afin de réaliser une évaluation intégrée de la vulnérabilité du bien ;
  13. Réitère également sa préoccupation quant au fait que la mise en œuvre complète de l'État de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) d'ici 2025 sera difficile sans un soutien international significatif, et appelle la communauté internationale à fournir à l'État partie le soutien nécessaire ;
  14. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, incluant un rapport d’avancement concernant la mise en œuvre des recommandations faites par la mission de suivi réactif de 2019, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session ;
  15. Décide de maintenir Rennell Est (Îles Salomon) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 45 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/23/45.COM/7A, WHC/23/45.COM/7A.Add, WHC/23/45.COM/7A.Add.2, WHC/23/45.COM/7A.Add.3, WHC/23/45.COM/7A.Add.4),
  2. Ayant examiné les recommandations des Organisations consultatives, décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :
3.   Rappelle que les biens suivants ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril à sa 18e session extraordinaire (UNESCO, 2023) :