1.         Parc national de la Garamba (République démocratique du Congo) (N 136)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1984-1992, 1996-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

En cours de rédaction

Mesures correctives identifiées

Adoptées en 2010, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/4082 
Révisées en 2016, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/6652 

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

En cours d'identification

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/136/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-2018)
Montant total approuvé : 353 270 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/136/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 937 000 dollars EU par la Fondation des Nations Unies, les gouvernements de l’Italie, la Belgique et l’Espagne et le Fonds d’intervention d’urgence ; 200 000 dollars EU du gouvernement de la Norvège en 2020-2021

Missions de suivi antérieures

2006, 2010 et 2016 : missions conjointes de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/136/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 8 avril 2022, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/136/documents qui fournit les informations suivantes :

Le 17 février 2023, l’ICCN a informé l’UNESCO du processus de réintroduction de 76 spécimens vivants de rhinocéros blancs du sud au bien, en provenance d’Afrique du Sud. Le 21 février 2023, le Centre du patrimoine mondial a invité l’État partie à travers l’ICCN à soumettre l’étude approfondie réalisée et mentionnée dans sa correspondance pour examen par l’UICN dès que possible. Au moment de la rédaction du présent rapport, aucune réponse n'a été fournie par l’État partie. Lors d’une visite au Centre du patrimoine mondial le 12 juin 2023, le Directeur Général de l’ICCN a confirmé qu’un premier groupe de 16 rhinocéros venaient d’être transloqués dans le bien le 10 juin 2023.

L’État partie envisage également de soumettre une nouvelle proposition d’inscription du bien afin de mieux refléter sa valeur universelle exceptionnelle.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les informations fournies en réponse à la décision 44 COM 7A.41 et sur la mise en œuvre des mesures correctives, notamment le renforcement des capacités de gestion et de surveillance, la collaboration multipartite renforcée et le développement d’activités génératrices de revenus au profit des communautés locales sont accueillies favorablement et l’État partie est encouragé à poursuivre ses actions pour une protection et une gestion efficaces du bien.

Les résultats du rhinocéros blanc du sud en remplacement du rhinocéros blanc du nord sur la base des conclusions de l’évaluation des risques menée par AP en 2021 est notée. Cependant, considérant les efforts en cours pour étudier la faisabilité d’une reproduction in vitro de la sous-espèce du nord sur base de matériel génétique préservé sur les derniers individus survivants en captivité, une telle introduction doit faire objet d’un consensus au sein de la communauté scientifique et de conservation. Il est noté que l'État partie et ses partenaires ont commencé la mise en œuvre d’un programme de réintroduction du rhinocéros blanc dans le bien avec le transfert d'un premier groupe de 16 spécimens de la sous-espèce de rhinocéros blanc du sud en juin 2023, et qu'une seconde analyse risques-avantages a été réalisée en 2021 après celle de 2018 qui a conclu que les avantages de la réintroduction du rhinocéros blanc l'emportaient sur les risques. Tout en notant que le rhinocéros blanc du sud pourrait potentiellement remplir les fonctions écologiques du rhinocéros blanc du nord dans l'écosystème de la Garamba, il n'est pas clair dans quelle mesure la gestion à long terme de la sous espèce dans le bien ainsi que les risques qui peuvent être associés à une telle introduction ont été pris en compte, notamment la situation sécuritaire dans la zone du bien et la persistance du braconnage, les maladies, la compétition avec d’autres espèces herbivores et les considérations vétérinaires. Il est recommandé que l'État partie soumette les rapports d'évaluation des risques et des bénéfices de 2018 et 2021 au Centre du patrimoine mondial pour examen par l'UICN, qu'il consulte le Groupe de spécialistes du rhinocéros africain de la Commission pour la sauvegarde des espèces (CSE) de l'UICN avant toutes opérations de transferts de rhinocéros, conformément aux principes de meilleures pratiques de la CSE de l'UICN.

ainsi que des recommandations de l’atelier régional sur l’appui au processus de retrait des biens naturels inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril dans les pays francophones de l’Afrique de juin 2022 à Kinshasa, afin d'identifier un calendrier réalisable pour le retrait éventuel du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. Il est donc recommandé que l’État partie soumette ce document dès que possible.

L’existence d’un plan d’affaires orientant les actions de gestion pour la période 2022-2026 et le financement de sa mise en œuvre grâce à l’appui de l’Union Européenne et l’USAID sont positifs. Cependant, les contraintes liées à la relocation des sites miniers artisanaux existants dans les domaines de chasse sont notées et les progrès limités pour la définition d’un PUT et la création d’une zone tampon fonctionnelle de 2km autour du bien sont très préoccupants. Il est recommandé que le Comité réitère sa demande à l’État partie d’accélérer la finalisation du PUT et la création de la zone tampon en cohérence avec la stratégie de développement durable du parc, le décret ministériel de 2019 interdisant l’exploitation artisanale dans les domaines de chasse, la stratégie de relocalisation des camps de réfugiés à l’extérieur du parc et tout autre document stratégique.

La poursuite de la coopération avec le Soudan du Sud, à travers la conduite d’une mission d’évaluation technique pour l’établissement d’un cadre de coopération bilatérale pour la gestion renforcée du paysage Garamba-Lantoto est accueillie positivement. Il est impératif que le Protocole d’entente entre les deux États parties soit formalisé et mis en œuvre dans les plus brefs délais afin de contrôler efficacement les activités transfrontalières illégales telles que le braconnage et le commerce de produits issus de la faune sauvage.

Par ailleurs, la volonté de l’État partie de recevoir une mission conjointe UNESCO/UICN de suivi réactif pour analyser les progrès réalisés en vue d’un éventuel retrait de la Liste en péril est notée.

Le projet de soumission d’une nouvelle proposition d’inscription du bien est notée. Effectivement, la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle du bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1980 met un accent important sur la présence de la dernière population du rhinocéros blanc du nord, aujourd’hui considéré probablement éteint à l’état sauvage. Une nouvelle proposition d’inscription permettrait d'examiner la justification de l'inscription initiale sur la base du critère (x), en tenant compte à la fois de la probable extinction d'une espèce clé, mais aussi de l'éventail plus large des espèces à haute valeur de conservation qui n'étaient pas reconnues au moment de l'inscription. Cela pourrait potentiellement permettre de définir un DSOCR actualisé pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Enfin, il est recommandé que le Comité maintienne le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 45 COM 7A.5

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7A.Add,
  2. Rappelant la décision 44 COM 7A.41, adoptée à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Accueille favorablement les avancées significatives réalisées par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et le partenaire African Parks en étroite collaboration avec les autorités politico-administratives et militaires provinciales et les communautés locales dans la mise en œuvre des mesures correctives de la mission conjointe de suivi réactif de 2016 et des décisions antérieures du Comité du patrimoine mondial, et encourage l’État partie à poursuivre avec l’appui de ses partenaires ses actions pour une protection et une gestion efficaces du bien ;
  4. Note les résultats du suivi écologique de 2021 qui démontrent une stabilisation temporaire des effectifs des girafes de Kordofan et des éléphants et un accroissement de la population des hippopotames et des buffles, mais rappelle que les populations demeurent très réduites par rapport à la situation lors de l’inscription du bien, s’inquiète du niveau élevé de braconnage pour la viande de brousse à des fins commerciales et de subsistance dans les domaines de chasse, réitère sa demande à l’État partie de poursuivre les efforts pour contrôler le braconnage afin de favoriser les conditions optimales pour la restauration de la faune, ainsi que de soumettre au Centre du patrimoine mondial la stratégie et le plan d’action pour la conservation des girafes dans le bien, pour revue par l’UICN ;
  5. Réitérant sa plus vive préoccupation quant à la probable extinction de la sous-espèce du rhinocéros blanc du nord au sein du bien du fait de l’absence d’indices de présence depuis 2008, note le lancement de la mise en œuvre d’un programme de réintroduction du rhinocéros blanc dans le bien avec le transfert d'un premier groupe de 16 spécimens de la sous-espèce de rhinocéros blanc du sud en juin 2023, et prie instamment l’État partie de :
    1. Soumettre les rapports des évaluations des risques d’introduction du rhinocéros blanc du sud réalisées en 2018 et 2021, ainsi que celui de l’étude approfondie menée conformément aux lignes directrices de l’UICN au Centre du patrimoine mondial, dès que possible, pour revue par l’UICN,
    2. En collaboration avec le Centre du patrimoine mondial, consulter et prendre en considération l’avis du Groupe de spécialistes du rhinocéros africain de la Commission pour la sauvegarde des espèces (AfrRSG CSE) de l’UICN avant la mise en œuvre de toutes opérations de transfert de rhinocéros blanc du sud vers le bien,
    3. Mettre en œuvre des mesures rigoureuses de gestion à long terme des risques qui peuvent être associés à l’introduction de la sous-espèce de rhinocéros blanc du sud dans le bien, notamment la sécurité des individus, les maladies, la compétition avec d’autres espèces herbivores ainsi que les considérations vétérinaires afin de garantir la survie des spécimens transférés en conformité avec l’avis du AfrRSG CSE de l’UICN,
  6. Félicite l’État partie pour la validation du plan d’affaires du bien qui oriente les actions de gestion pour la période 2022-2026 et remercie l’Union européenne et l’USAID pour leur contribution financière en vue de la mise en œuvre dudit plan ;
  7. Note avec préoccupation les contraintes liées à la relocation des sites miniers artisanaux existants dans les domaines de chasse et les progrès limités pour la définition d’un Plan d’utilisation des terres (PUT) et la création d’une zone tampon fonctionnelle de 2km autour du bien et réitère sa demande de longue date d’accélérer la finalisation du PUT et la création de la zone tampon en cohérence avec la stratégie de développement durable du parc, le décret ministériel de 2019 interdisant l’exploitation artisanale dans les domaines de chasse, et la stratégie de relocalisation des camps de réfugiés à l’extérieur du parc ;
  8. Accueille positivement la poursuite de la coopération transfrontalière avec le Soudan du Sud, telle que recommandée par le Comité, en vue de l’établissement d’un cadre de coopération bilatérale pour la gestion renforcée du paysage Garamba-Lantoto et invite à nouveau les deux États parties à accélérer la formalisation du Protocole d’entente afin de réduire les activités transfrontalières illégales telles que le braconnage et le commerce de produits de la faune sauvage ;
  9. Prend note des informations sur les progrès réalisés par l’État partie vers l’atteinte des indicateurs tels que proposés par la mission de 2016 et réitère à nouveau sa demande à l’État partie de finaliser ces indicateurs sur la base des récentes données d’inventaires disponibles, ainsi que des recommandations de l’atelier régional sur l’appui au processus de retrait des biens naturels inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril dans les pays francophones de l’Afrique de juin 2022 à Kinshasa, et de soumettre la version finale de l’état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) au Centre du patrimoine mondial, pour adoption par le Comité du patrimoine mondial;
  10. Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN pour examiner la mise en œuvre des mesures correctives et les progrès réalisés vers l’atteinte des indicateurs tels que proposés par la mission de 2016, l’état de conservation actuel du bien, la finalisation du DSOCR mais aussi le statut et les plans proposés concernant l’introduction des rhinocéros blanc du sud en remplacement des rhinocéros blanc du nord possiblement éteints à l’état sauvage en tant qu’attribut clé de la valeur universelle exceptionnelle;
  11. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session ;
  12. Décide de maintenir le Parc national de la Garamba (République démocratique du Congo) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 45 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/23/45.COM/7A, WHC/23/45.COM/7A.Add, WHC/23/45.COM/7A.Add.2, WHC/23/45.COM/7A.Add.3, WHC/23/45.COM/7A.Add.4),
  2. Ayant examiné les recommandations des Organisations consultatives, décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :
3.   Rappelle que les biens suivants ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril à sa 18e session extraordinaire (UNESCO, 2023) :