1.         Ancienne cité de Nessebar (Bulgarie) (C 217bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1983

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/217/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1991-1995)
Montant total approuvé : 21 290 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/217/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2010, Octobre 2018 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; Novembre 2012: mission de suivi réactif de l’ICOMOS ; Novembre 2017 : mission de conseil conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/Conseil consultatif scientifique et technique de l’UNESCO (STAB - Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique, 2001)

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/217/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 26 février 2021, dont un résumé est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/217/documents/. Ce rapport traite comme suit de la mise en œuvre de la décision 43 COM 7B.81 (Bakou, 2019) et d’autres activités qui ont eu lieu en 2019 et 2020 :

L’État partie fait état des points suivants concernant certaines actions prioritaires :

D’autres mesures abordées dans le rapport de l’État partie ont déjà été signalées en 2018 et ont été prises en compte par le Comité du patrimoine mondial en 2019.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Des avancées ont été réalisées dans la mise en œuvre des décisions du Comité, mais des étapes essentielles restent à franchir, à savoir la finalisation et l’approbation du PGC actualisé qui intègre un plan de gestion du tourisme durable actualisé prenant en compte les scénarios de pandémie et de post-pandémie, le plan d’aménagement détaillé du bien et de sa zone tampon et le PDGA, y compris les orientations en matière de conception urbaine, et la création d’un comité interministériel, soutenu par un groupe de travail, pour assurer une gouvernance claire et une gestion efficace du bien sur la base de sa valeur universelle exceptionnelle (VUE).

L’analyse du projet de PGC est une étape utile mais sa finalisation, son approbation et son entrée en vigueur, pour lesquelles aucun calendrier n’a été fixé, doivent être réalisées de toute urgence, car le PDGA est en cours de révision et devrait intégrer la conception du bien, basée sur la VUE, sur laquelle le PGC devrait se fonder.

L’État partie a soumis une carte du PDGA. Cependant, un rapport sur les principes généraux, la stratégie et les principaux axes du futur développement territorial de la cité de Nessebar doit également être présenté, ainsi que les résultats de l’évaluation d’impact stratégique en lien avec les impacts potentiels sur la VUE du bien du patrimoine mondial. Aucun calendrier d’adoption et d’application du PDGA n’a été indiqué par l’État partie.

Suite aux modifications apportées à la loi sur le développement régional, un plan de développement global de Nessebar a été rédigé ; toutefois, seule une liste de projets a été transmise. Aucune perspective commune à long terme pour le bien ne semble inspirer ces projets – une perspective qui est pourtant bien nécessaire et qui devrait être élaborée de toute urgence. Concernant certains des projets répertoriés – embellissement de la côte nord, construction du Centre d’histoire naturelle et achèvement de l’église dans la mer Noire (voir annexe 4. Mesure 4.3) –, des informations et une documentation complémentaires doivent être soumises au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, pour examen par les Organisations consultatives.

Il est indiqué qu’un conseil d’experts spécialisé dans la conservation des biens culturels immobiliers est en place au sein du ministère de la Culture ; il s’agit néanmoins d’un organe consultatif et non de l’organe interinstitutionnel décisionnel nécessaire à une gouvernance cohérente du bien. Le dialogue et la coopération accrus entre le ministère de la Culture, les autres ministères concernés, les organismes publics et la municipalité de Nessebar devraient faciliter la constitution d’un tel comité. Le Comité du patrimoine mondial pourrait souhaiter réitérer sa recommandation à l’État partie de créer rapidement un comité directeur interministériel pour le bien impliquant tous les acteurs concernés, épaulé par un groupe de travail et incluant le personnel des institutions concernées.

Le GPOT (plan général pour l’organisation des déplacements) quinquennal prévoit des mesures de réglementation de l’accès des résidents et des marchandises à la cité ancienne et des espaces de stationnement à l’extérieur du tissu ancien, dans des zones situées en bord de mer. Ces mesures semblent appropriées, mais leur efficacité doit être évaluée dans la durée en s’appuyant sur un suivi précis.

Les recherches archéologiques sous-marines ont permis de faire d’importantes découvertes sur les infrastructures antiques immergées, portuaires et défensives. L’engagement de l’État partie pour documenter et accroître les connaissances sur l’histoire ancienne du bien et de ses vestiges doit être reconnu et l’achèvement des recherches doit être encouragé afin que la nécessaire modification mineure des limites du bien puisse être rapidement soumise.

L’État partie cherche à obtenir des ressources financières pour la conservation, la mise en valeur et une meilleure présentation du bien, et a déployé des ressources humaines pour mettre en œuvre le suivi et la documentation. Ces efforts doivent être poursuivis pour assurer une gestion efficace pérenne.

L’État partie propose de faire évoluer la mission consultative de l’ICOMOS qui a précédemment été recommandée en 2017 en une série d’ateliers en ligne qui se tiendront en 2021. Le Comité du patrimoine mondial pourrait souhaiter recommander à l’État partie de mettre en œuvre cette proposition.

Les avancées réalisées par l’État partie sont reconnues, mais les efforts doivent s’intensifier pour que les menaces qui pèsent sur l’intégrité, l’authenticité et la VUE du bien, et qui sont confirmées par les conclusions de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif de 2018, soient traitées de manière efficace et systématique. La mise en œuvre des actions essentielles tant attendues a commencé, mais certaines doivent encore être réalisées, tandis que d’autres devraient entrer en vigueur prochainement. Il serait important qu’une mission de suivi réactif se rende sur place en 2022 pour constater l’état du bien et évaluer l’avancement de la mise en œuvre des mesures demandées par le Comité et des recommandations des différentes missions pour écarter les menaces recensées qui pèsent sur le bien.

Certaines avancées de l’État partie dans la mise en œuvre des dernières décisions du Comité ont été observées, mais des points urgents doivent encore être traités. Par conséquent, l’examen de l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril n’est pas justifié à ce stade. Toutefois, cela pourrait être justifié en l’absence d’avancées substantielles dans la mise en œuvre des décisions du Comité et des recommandations de toutes les missions.

Décision adoptée: 44 COM 7B.154

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 43 COM 7B.81, adoptée à sa 43esession (Bakou, 2019),
  3. Prend note des avancées de l’État partie dans la mise en œuvre des précédentes décisions du Comité et des recommandations des missions, mais note avec préoccupation que certains points urgents doivent encore être traités, comme indiqué ci-dessous ;
  4. Prie instamment l’État partie d’élaborer une stratégie pour l’avenir de Nessebar, fondée sur le développement durable, compatible et équitable de la cité et de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  5. Réitère sa demande à l’État partie pour :
    1. mettre en place en priorité un comité interministériel ou un comité directeur de haut niveau, épaulé par un groupe de travail et par toutes les institutions concernées, chargé d’élaborer une perspective commune fondée sur la VUE pour Nessebar, afin d’harmoniser l’ensemble des décisions, plans et projets actuels et futurs pour la conservation, la mise en valeur et le développement du bien,
    2. finaliser, adopter et mettre en œuvre le plan de gestion de la conservation qui intègre un plan de gestion du tourisme durable actualisé, le plan d’aménagement détaillé et le plan directeur général d’aménagement, y compris les orientations en matière de conception urbaine, sur la base de la VUE du bien, et continuer à appliquer les régimes de protection existants,
    3. continuer à allouer les ressources financières et humaines nécessaires à la mise en œuvre effective du plan de gestion de la conservation et du plan directeur général d’aménagement actualisés,
    4. continuer à mettre en œuvre les recommandations de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif de 2018, ainsi que les recommandations des missions précédentes qui restent à traiter ;
  6. Demande à l’État partie de finaliser, d’approuver et de mettre en œuvre rapidement le plan général pour l’organisation des déplacements dans l’ancienne cité de Nessebar et de suivre son application et ses résultats ;
  7. Prend note avec satisfaction des résultats des recherches archéologiques sous-marines et demande également à l’État partie de finaliser rapidement les recherches nécessaires à une future demande de modification mineure des limites, conformément aux paragraphes 163 et 164 des Orientations, afin d’y inclure tous les vestiges archéologiques sous-marins de l’ancienne cité ;
  8. Prend note également de la proposition de l’État partie de faire évoluer la mission consultative de l’ICOMOS sur le bien recommandée en ateliers en ligne qui se tiendraient en 2021, et invite l’État partie et l’ICOMOS à convenir d’une période appropriée pour cette activité ;
  9. Demande en outre à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur le bien en 2022, ou dès que la situation sanitaire le permettra, afin d’évaluer son état de conservation et de constater les avancées de l’État partie dans la mise en œuvre des décisions du Comité et des recommandations des missions ;
  10. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien, et de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, le plan de gestion de la conservation, le plan d’aménagement détaillé et le plan directeur général d’aménagement, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session, afin de considérer, en l’absence d’avancées substantielles, l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.