1.         Lumbini, lieu de naissance du Bouddha (Népal) (C 666rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/666/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2000-2007)
Montant total approuvé : 70 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/666/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 7 200 dollars EU du Fonds-en-dépôt UNESCO/Italie en 2006 ; 49,376 EUR et 105 000 dollars EU de l’Alliance de protection du patrimoine culturel asiatique de 2008 à 2020 ; 2 319 220 dollars EU du Fonds-en-dépôt UNESCO/Japon pour 2009-2021

Missions de suivi antérieures

Mai 2004 et novembre 2005 : missions de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; avril et septembre 2008 : missions de conseil de l’UNESCO ; des missions d’experts de l’UNESCO ont été envoyées tous les ans depuis 2009 dans le cadre de la mise en œuvre de projets spécifiques

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/666/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

Le 1er décembre 2020, l’État Partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à  http://whc.unesco.org/fr/list/666/documents/, qui communique les informations suivantes en réponse aux précédentes demandes du Comité :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Bien que certains progrès aient été réalisés, il est regrettable que le CGI n’ait toujours pas été officiellement adopté par l’État Partie malgré les demandes répétées du Comité.

L’initiative « Lumbini, Ville mondiale de la paix » a été approuvée par le Gouvernement national avant que les détails et l’EIP du projet n’aient été soumis, malgré les dispositions du paragraphe 172 des Orientations. Compte tenu de l'envergure de ce projet, de la nature fragile du bien et de son utilisation comme lieu de pèlerinage depuis plus de 2 000 ans, les préoccupations précédemment exprimées quant aux impacts négatifs potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien demeurent. Ces préoccupations ne seront pas correctement dissipées en considérant l'impact de manière ad hoc, projet par projet. Une approche plus globale est nécessaire.

Le Centre du patrimoine mondial continue de recevoir des informations émanant de tiers exprimant des inquiétudes quant à de nouveaux projets d'aménagement et de développement sur le territoire ou à proximité du bien qui pourraient porter atteinte à sa VUE, notamment des projets dont le Comité n'a pas été préalablement informé malgré les dispositions du paragraphe 172 des Orientations. La soumission de la documentation, une fois les travaux de construction commencés ou lorsqu'un projet est déjà achevé, rend inexistante la capacité du Comité, du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives à dispenser des conseils techniques efficaces et porteurs d’effets.

De plus, certaines des activités menées à l'intérieur du bien et de sa zone tampon ne semblent pas avoir fait l'objet d'EIP préalables et ne font pas non plus référence à la carte des risques archéologiques du bien. C'est notamment le cas de la salle de méditation bouddhiste d'une capacité de 5 000 personnes, située dans la zone du plan directeur de Lumbini Kenzo Tange, à proximité du bien, qui est maintenant à un stade avancé de construction. Bien qu'une EIP ait été annexée au rapport de l'État partie, celle-ci n'a été préparée qu'après le début des travaux.

Malgré les assurances concernant l'engagement de l'État partie à protéger la région du Grand Lumbini (GLA) et son cadre étendu, l'État partie doit encore définir une stratégie claire comprenant des actions spécifiques pour protéger la GLA et son cadre, y compris, mais sans s'y limiter, Tilaurakot et Ramagrama, et pour réduire davantage l'activité industrielle à proximité du bien. Il convient de noter que les différentes phases du projet du Fonds-en-dépôt UNESCO/Japon pour la sauvegarde du bien ont progressé grâce à la recherche archéologique, au renforcement des capacités et aux activités de sensibilisation, ainsi qu'à un Comité scientifique international (CSI) établi dans le cadre du projet. Cependant, l'état de conservation du bien s'est détérioré. Il est donc recommandé que le Comité encourage l'État partie et les autres partenaires à adopter une approche globale pour concentrer leurs efforts, en priorité, sur la protection et la gestion du site sacré et pour atténuer la mise en péril ou le péril prouvé pour la VUE du bien et le cadre étendu.

Il conviendrait de demander à l'État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, comme précédemment exprimé dans la Décision 43 COM 7B.71. Cette mission devrait évaluer l'état général de conservation du bien, examiner le CGI et toutes les études et propositions d'aménagement et de développement en cours et envisager à la fois l'approche stratégique de la GLA et les implications de l’initiative « Lumbini, Ville mondiale de la paix » au regard de la protection de la VUE du bien.

Décision adoptée: 44 COM 7B.148

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la Décision 43 COM 7B.71, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Note la finalisation du cadre de gestion intégré (CGI) pour le bien, mais regrette que, malgré de multiples demandes, le CGI n'ait pas été officiellement adopté par l'État partie, et réitère donc sa demande urgente auprès de l'État partie afin qu’il adopte et mette en œuvre le CGI à titre prioritaire ;
  4. Note avec inquiétude que des activités d’aménagement et de développement continuent d'être entreprises à l'intérieur du bien et de sa zone tampon avant la notification et la soumission de la documentation au Centre du patrimoine mondial, et réitère également sa demande auprès de l'État partie afin qu’il mette en œuvre des évaluations d'impact sur le patrimoine (EIP) pour tout projet proposé, réalisées conformément au Guide de l'ICOMOS pour les évaluations d'impact sur le patrimoine appliquées aux biens du patrimoine mondial culturels (2011), avant d'entreprendre quelques travaux que ce soit à l'intérieur du bien ou dans les zones adjacentes identifiées comme ayant une importance archéologique potentielle, et qu’il soumette ces EIP et la documentation pertinente du projet au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, conformément au paragraphe 172 des Orientations, dès que possible et avant de prendre toute décision qui serait difficilement réversible ;
  5. Exprime sa préoccupation constante quant à l’initiative « Lumbini, Ville mondiale de la paix » et ses impacts potentiels sur le bien, à la salle de méditation bouddhiste située dans la zone du plan directeur de Lumbini Kenzo Tange et au besoin d'une stratégie claire et de nouvelles actions concrètes pour protéger la région du Grand Lumbini et son cadre étendu, y compris, mais sans s'y limiter, Tilaurakot et Ramagrama, et pour réduire l'activité industrielle croissante à proximité du bien ;
  6. Prend note des différentes phases du projet du Fonds-en-dépôt UNESCO/Japon pour la sauvegarde du bien, en particulier des progrès réalisés dans la recherche archéologique, le renforcement des capacités et les activités de sensibilisation, ainsi que du Comité scientifique international (CSI) établi dans le cadre du projet, et encourage vivement l'État partie et les autres partenaires à adopter une approche globale pour concentrer leurs efforts, en priorité, sur la protection et la gestion du site sacré et pour atténuer la mise en péril ou le péril prouvé pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et le cadre étendu ;
  7. Demande à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à se rendre sur le territoire du bien, comme demandé dans la Décision 43 COM 7B.71, afin d'évaluer son état général de conservation, d’examiner le CGI et toutes les études et propositions d’aménagement et de développement en cours, et d'envisager à la fois l'approche stratégique de la région du Grand Lumbini et les implications de l’initiative « Lumbini, Ville mondiale de la paix » au regard de la VUE du bien ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e