1.         Memphis et sa nécropole – les zones des pyramides de Guizeh à Dahchour (Égypte) (C 86)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (i)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/86/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1991-2007)
Montant total approuvé : 81 450 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/86/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 100 000 dollars EU pour le Sphinx de Guizeh ; Compte spécial pour la sauvegarde du patrimoine culturel de l’Égypte : 310 381 dollars EU pour le soutien de la gestion des sites de Memphis et Thèbes ; 45 871 dollars EU du fonds-en-dépôt néerlandais pour le renforcement des capacités nationales pour la mise en œuvre des études d'impact sur le patrimoine ; 150 000 EUR du Gouvernement français pour le renforcement des capacités pour la protection des biens du patrimoine mondial en Égypte (2020).

Missions de suivi antérieures

1993, 1994, 1995, 1998, 1999, 2001 : missions concernant la conservation du site et le projet de route circulaire du Caire. Novembre 2014 : mission de conseil conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; juillet 2015 : mission de conseil de l’ICOMOS ; mars 2017 : mission de conseil conjointe Centre patrimoine mondial/ICOMOS ; janvier-février 2021 : mission de conseil UNESCO.


Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/86/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

L'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 17 décembre 2020, dont le résumé est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/86/documents/ et rend compte des progrès réalisés dans le traitement des problèmes de conservation soulevés par le Comité lors de ses précédentes sessions, comme suit :

Une mission de conseil de l’UNESCO en Égypte a eu lieu du 30 janvier au 4 février 2021. La mission a examiné plusieurs questions relatives à la conservation des biens du patrimoine mondial, y compris Memphis et sa nécropole – les zones des pyramides de Guizeh à Dahchour. Des rencontres de haut niveau, des consultations sur le terrain et un atelier avec les gestionnaires du site et les points focaux se sont tenus, ainsi qu’un atelier de courte durée organisé en ligne avant la mission pour faire une présentation détaillée de la Convention du patrimoine mondial de 1972 et de ses Orientations.

Le rapport de mission (voir https://whc.unesco.org/fr/list/86/documents/) apporte des conclusions spécifiques et offre des recommandations concernant la connexion proposée pour la route circulaire, le projet de sécurité des pyramides, le projet de développement du plateau des pyramides de Guizeh, la gestion des visiteurs, les ajustements des limites, avec une possible réduction des limites actuelles du bien, une définition des zones tampons et d’autres initiatives proposées en termes de renforcement des capacités.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L'État partie continue de progresser de manière à renforcer ses capacités et se conformer aux exigences et aux processus de la Convention du patrimoine mondial et des Orientations, avec l’assistance des Organisations consultatives et du Centre du patrimoine mondial. La mission de conseil de l’UNESCO de 2021 a identifié un certain nombre de questions significatives et l'État partie devrait appliquer les recommandations de la mission parmi lesquelles figure la nécessité d’établir un plan de gestion unifié et global du bien dans son intégralité. Il faudrait reconnaître l’amélioration de l’état de conservation de Saqqarah, ainsi que les recherches, fouilles et découvertes archéologiques incessantes qui font ressortir la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, et tous le travaux entrepris par les autorités égyptiennes afin d’ouvrir de nouveaux musées.

La mission de 2021 a observé que les travaux engagés pour faire de la route circulaire une route ouverte semblent avancer et a rappelé que la documentation requise, avec l’EIP correspondante, n’a pas été soumise au Centre du patrimoine mondial. Qui plus est, la construction d’une autre route dans la zone de Saqqarah semble se poursuivre. Le Centre du patrimoine mondial a demandé des informations détaillées à l'État partie.

L’avis de l’État partie pour qui un tunnel est considéré comme un ouvrage touchant à la sécurité des usagers est noté, mais l’impact potentiel de quelque ouverture de tunnel ou de la route circulaire elle-même reste une source de vive préoccupation. L'État partie devrait être encouragé à analyser les raisons et réfléchir à la nécessité des projets routiers, et mener les études nécessaires de manière à ce que les alternatives proposées puissent être examinées en détail. Le projet ne devrait pas être mis à exécution avant d'avoir passé entièrement en revue les rapports techniques et les plans de génie civil à soumettre à l’examen des Organisations consultatives, et avant d’avoir fait l’objet d’une EIP complète, menée conformément au Guide de l’ICOMOS pour les EIP sur le patrimoine appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial (2011). 

L’achèvement du projet de développement du plateau des pyramides de Guizeh sans en avoir référé au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, et avant d’avoir envisagé la zone tampon potentielle de Guizeh, composante du bien, est un fait regrettable. L’issue de cette initiative pourrait néanmoins contribuer à améliorer la protection du bien et l’expérience des visiteurs. La mission de 2021 a noté qu’au travers d’initiatives telles que la mise en service de bus électriques, les considérations environnementales avaient aussi été prises en compte. Les préoccupations préalablement exprimées autour du projet de sécurité des pyramides subsistent et il est une fois encore recommandé que le Comité du patrimoine mondial demande à l'État partie de soumettre des informations plus complètes sur le projet proposé, même si les travaux sont prévus à l’extérieur du bien.

Une consultation devrait s’engager avec le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS concernant toute proposition de modification des limites du bien, comme de la zone tampon. Une modification mineure des limites pourrait être nécessaire dans la zone de Guizeh, composante du bien, afin de la protéger de la pression urbaine croissante au Caire, conformément aux paragraphes 163-164 des Orientations. Cette question pourrait être abordée durant la mission conjointe suivi réactif envisagée ou suivant un processus séparé. La détermination de toute révision des limites du bien ou de la zone tampon doit également tenir compte de la Déclaration rétrospective de VUE et être soumise à l’examen du Centre du patrimoine mondial, comme demandé au préalable par le Comité.

L'intention de l’État partie de créer une unité dont les tâches seront axées sur la préparation d’EIP est accueillie favorablement et il est recommandé que ces initiatives s’appuient sur les ateliers d’EIP de 2019 et 2021 et les prochaines discussions techniques de fond qui entreront dans le cadre de l’initiative de renforcement des capacités que le Centre du patrimoine mondial met en œuvre avec le soutien du projet de Fonds-en-dépôt néerlandais et du Gouvernement français.

À la lumière de ce qui précède et des résultats de la mission de 2021, il est recommandé que le Comité accueille avec satisfaction le fait que l'État partie invite une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à évaluer l’état de conservation du bien, passer en revue les projets en cours et prévus, en particulier le projet de route circulaire du Caire, et voir en quoi ils risquent d'affecter la VUE du bien. Il est, en outre, recommandé que l'État partie soumette l’EIP détaillée de chaque projet au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives préalablement à la mission et que l'État partie lance d’urgence cette mission.

Décision adoptée: 44 COM 7B.127

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 43 COM 7B.45, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Félicite l'État partie des progrès accomplis pour renforcer ses capacités et se conformer aux exigences et aux processus de la Convention du patrimoine mondial et des Orientations, améliorer l’état de conservation de Saqqarah et conduire de manière incessante des recherches, fouilles et découvertes archéologiques qui font ressortir la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, mais aussi pour les travaux massifs entrepris par les autorités égyptiennes afin d’ouvrir de nouveaux musées ;
  4. Note les conclusions et les recommandations de la mission de conseil de l’UNESCO de 2021 et demande à l'État partie d’appliquer les recommandations du rapport de la mission, y compris la préparation d'un plan de gestion unifié et global du bien ;
  5. Note également avec préoccupation que les travaux relatifs au projet de route circulaire à travers le plateau de Guizeh sont entamés, et réitère sa demande auprès de l'État partie afin qu’il réfléchisse aux raisons et à la nécessité du projet, et qu'il achève les études nécessaires de manière à ce que les alternatives puissent être examinées en détail, et note en outre une vive inquiétude quant à l’impact potentiel de toute solution en dehors d’un tunnel ;
  6. Note par ailleurs la décision antérieure du Comité comme quoi tout projet devrait seulement être mis à exécution une fois que tous les rapports techniques demandés et les évaluations d'impact sur le patrimoine (EIP) ultérieures ont été examinés de façon positive par les Organisations consultatives et que les mesures d’atténuation et les procédures de suivi appropriées ont été convenues, et réitère sa demande précédente auprès de l'État partie afin qu’il :
    1. Finalise une évaluation archéologique complète qui intègre les résultats de la télédétection,
    2. Veille à ce que, suite à leur examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, la version finale complète du ‘rapport d’évaluation archéologique’ et les rapports techniques précédents sur la gestion du trafic et les éléments de conception informent la préparation des plans de génie civil appliqués au projet de tunnel,
    3. Finalise l’EIP du projet en se conformant au Guide de l’ICOMOS pour les EIP sur le patrimoine appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial ;
  7. Déplore que le projet de développement du plateau des pyramides de Guizeh ait été exécuté sans en référer au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, et avant d’avoir pris en considération la zone tampon potentielle de Guizeh, composante du bien, mais reconnaît que le projet pourrait améliorer la protection du bien et l’expérience des visiteurs ;
  8. Réitère également sa demande précédente auprès de l'État partie afin qu’il soumette au Centre du patrimoine mondial, dès que possible et conformément au paragraphe 172 des Orientations, un document détaillé contenant des informations complètes sur le projet de sécurité des pyramides proposé ;
  9. Réitère en outre sa demande précédente auprès de l'État partie afin qu’il renforce davantage la protection et la gestion du bien, notamment dans ce qui a trait à sa Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle (DRVUE), et qu’il réexamine les limites du bien, définisse une zone tampon et soumette une demande de modification mineure des limites conformément aux paragraphes 163-164 des Orientations ;
  10. Demande également à l'État partie de consulter le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS au sujet de toute proposition de modification des limites du bien comme de la zone tampon, qui devrait également concerner la DRVUE, et soumettre la demande de modification mineure des limites susmentionnée ;
  11. Note avec satisfaction que l'État partie accueillerait dès que possible une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur le bien afin d’en évaluer l’état de conservation et examiner les projets en cours et prévus, y compris les projets routiers, et évaluer en quoi ils pourraient affecter la VUE du bien, eu égard en particulier :
    1. Au projet de sécurité des pyramides,
    2. Au projet de route circulaire proposé à travers le plateau de Guizeh,
    3. À Guizeh, composante du bien, et à l’impact de la pression urbaine croissante au Caire,
    4. Aux limites adéquates et à la zone tampon de Guizeh, composante du bien,

      et demande en outre à l'État partie de fournir la documentation pertinente sur tous les projets en cours et prévus, y compris une EIP détaillée de chaque projet, au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives préalablement à la mission ;
  12. Accueille favorablement l’intention de l'État partie de créer une unité axée sur la préparation des EIP et encourage l'État partie à s’appuyer sur les ateliers d’EIP de 2019 et 2021 dans le cadre des initiatives de renforcement des capacités que met en œuvre le Centre du patrimoine mondial avec le soutien des projets financés par le Fonds-en-dépôt néerlandais et le Gouvernement français ;
  13. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e