1.         Thèbes antique et sa nécropole (Égypte) (C 87)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (i)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/87/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2001)
Montant total approuvé : 7 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/87/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 1 131 000 dollars EU du fonds-en-dépôt japonais 2002-2004 et 2008 (restauration des peintures murales de la tombe d’Aménophis III) ; Compte spécial pour la sauvegarde du patrimoine culturel égyptien : 931 674 dollars EU pour la « New Gourna d’Hassan Fathi » et 310 381 dollars EU pour le « Soutien à la gestion des sites de Memphis et Thèbes » ; 150 000 EUR du gouvernement français pour le renforcement des capacités pour la protection des biens du patrimoine mondial en Égypte.

Missions de suivi antérieures

2001 : mission de l’ICOMOS ; 2002 : mission d'un expert en hydrologie ; juillet 2006 et mai 2007 : missions du Centre du patrimoine mondial ; avril 2008, mai 2009 et avril 2017 : missions conjointes de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; janvier-février 2021 : mission de conseil UNESCO


Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/87/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

Le 17 décembre 2020, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, dont un résumé est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/87/documents/, dans lequel il fait état de l’avancement de la mise en œuvre des décisions du Comité et des projets en cours :

À propos du plan de gestion du bien, l'État partie indique que chaque élément est géré de manière appropriée mais autonome, afin de préserver les attributs et la valeur universelle exceptionnelle (VUE), par exemple la gestion des plans de restauration, l'entretien périodique, le tourisme, la gestion des ressources humaines, l'engagement de la communauté et d'autres activités relevant du plan de gestion. Le ministère du Tourisme et des Antiquités propose d'utiliser les études et les propositions rédigées par les superviseurs des missions qui travaillent sur les sites, afin d’élaborer un plan de gestion unifié du site.

Une mission consultative de l'UNESCO a eu lieu en Égypte du 30 janvier au 4 février 2021. Elle a examiné plusieurs aspects relatifs à la conservation des biens du patrimoine mondial, notamment Thèbes antique et sa nécropole. Des réunions de haut niveau, des consultations in situ et un atelier avec les gestionnaires de sites et les points focaux ont été organisés, en plus d'un bref atelier en ligne avant la mission, afin de fournir une introduction détaillée à la Convention du patrimoine mondial et aux Orientations pour mise en œuvre.

L'une des tâches de la mission était d'examiner l’état des lieux du déplacement de quatre sphinx à tête de bélier du temple de Karnak à la place Tahrir au Caire. Selon le ministère du Tourisme et des Antiquités, cette action n'a aucun impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Les sphinx concernés n'étaient pas directement visibles sur le site, car situés à l'extrémité de l’Allée des sphinx et par ailleurs recouverts par des gravats provenant de la construction des murs du temple.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L'État partie a entrepris un certain nombre de travaux de fouilles et de restauration et a apporté des réponses à plusieurs questions posées par le Comité et à plusieurs recommandations de la mission de 2017. Le rapport présente quelques informations techniques sur ces travaux, mais le matériel illustré et graphique détaillé, qui serait important pour les évaluer en termes de qualité et de portée, manque. Le Comité a exhorté précédemment l'État partie à mettre en œuvre les recommandations de la mission de 2017 et à en rendre compte, ainsi qu'à accélérer la préparation d'un plan de gestion intégrée et la révision du plan directeur 2030 afin d'intégrer la conservation de la VUE dans tous les projets, d'atténuer les effets négatifs du tourisme et d'envisager une approche de développement intégré, en plus de l'élaboration d'un plan de conservation définissant les priorités et les besoins. Des informations supplémentaires sont nécessaires sur le projet d'éclairage et de caméras de sécurité, le projet d'eau souterraine (terminé) et le plan d'urgence en cas d'inondation. La mission de 2021 a été informée par l'équipe de gestion du site que le travail est en cours pour les projets d'éclairage et de sécurité ainsi que pour le plan de gestion intégrée et la révision du plan directeur 2030. En outre, la mission a observé qu'un projet global visant à améliorer l'interprétation et à renforcer certains services aux visiteurs était en cours. Il est essentiel que l'État partie mette en œuvre les recommandations des missions de 2017 et 2021. La direction du site et les autorités nationales doivent faire savoir au Centre du patrimoine mondial si un soutien technique pour le suivi des conditions climatiques des tombeaux de la Vallée des Rois est nécessaire.

L'État partie n'avait pas fourni d'informations au Centre du patrimoine mondial à propos de son intention de déplacer les quatre sphinx situés dans le bien, conformément au paragraphe 172 des Orientations, et son rapport sur l'état de conservation ne comprend pas d'informations détaillées sur le transfert ou les travaux de restauration, bien qu'il comprenne des informations sur la conservation d'autres sphinx. La mission de 2021 a été informée que de tels transferts ont lieu régulièrement, conformément à la loi égyptienne sur la protection des antiquités. La mission a noté que d'autres statues et sphinx se trouvent dans le jardin du Musée égyptien proche et que les sphinx avaient déjà été déplacés à l'époque pharaonique et dans les années 1970. Un rapport préliminaire sur la conservation des sphinx a été remis à la mission.

Comme l'a noté la mission de 2021, la question la plus essentielle est la conservation continue et la protection physique des sphinx, et la mission a pu voir le grand projet de conservation en cours. L'humidité, la pollution, les vibrations et le vandalisme peuvent poser un problème pour leur état de conservation, et une surveillance étroite est nécessaire. Des scans détaillés pourraient fournir une base de référence nécessaire à partir de laquelle tout délaminage, toute dégradation ou désagrégation granulaire future pourront être mesurés avec précision. Il est recommandé de poursuivre le dialogue avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sur la démarche de suivi et de conservation des sphinx déplacés, ainsi que sur l'approche globale des travaux de conservation entrepris sur le bien. La mission a recommandé qu'une évaluation de la conservation des quatre sphinx soit effectuée après six mois. Il convient de se féliciter qu'un projet de réhabilitation des cinq principaux bâtiments publics construits par l'architecte Hassan Fathi ait été lancé par le Bureau de l'UNESCO du Caire. L'intention de l'État partie d'envisager la création d'une unité dont les tâches seront orientées sur la préparation d'évaluations d'impact sur le patrimoine (EIP) est également à saluer, et il est recommandé que ces initiatives s'appuient sur les ateliers EIP de 2019 et 2021 et sur les discussions techniques détaillées à venir qui se tiendront dans le cadre de l'initiative de renforcement des capacités que le Centre du patrimoine mondial mettra en œuvre avec le soutien de la France en 2021.

À la lumière de ce qui précède et des résultats de la mission de 2021, il est recommandé au Comité de demander à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, afin d'évaluer l'état de conservation du bien et la mise en œuvre des recommandations des missions de 2017 et 2021, d'examiner les projets en cours et prévus et d'évaluer comment ils peuvent affecter la VUE du bien.

Décision adoptée: 44 COM 7B.126

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 43 COM 7B.43, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Se félicite de l'intention de l'État partie d'envisager la création d'une unité affectée à la préparation des évaluations d'impact sur le patrimoine (EIP) et encourage l'État partie à s'appuyer sur les ateliers EIP de 2019 et 2021 dans le cadre de l'initiative de renforcement des capacités que le Centre du patrimoine mondial mettra en œuvre avec le soutien de la France au cours de l'année 2021 ;
  4. Prend note des conclusions et des recommandations de la mission consultative de l'UNESCO de 2021 et demande à l'État partie de mettre en œuvre ses recommandations et de préparer un plan de gestion unifié et complet du bien, qui tienne compte de la préparation aux risques et du tourisme durable ;
  5. Regrette que quatre sphinx du temple de Karnak aient été transférés sur la place Tahrir au Caire, sans EIP préalable et sans notification au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, et demande également à l'État partie de procéder à une évaluation de la situation des quatre sphinx après six mois, conformément aux recommandations de la mission 2021 ;
  6. Réitère ses demandes à l'État partie de réaliser, pour les projets proposés, des EIP conformes aux orientations de l'ICOMOS de 2011 sur les EIP pour les biens culturels du patrimoine mondial, avant d’entreprendre dans le bien tous travaux ultérieurs susceptibles de l'affecter, et de soumettre ces EIP et la documentation des projets au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant de prendre toute décision qui serait difficilement réversible ;
  7. Prend également note des informations fournies par l'État partie concernant la mise en œuvre des recommandations de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2017, et exhorte l'État partie à mettre en œuvre complètement et prioritairement les recommandations de la mission, d’en rendre compte, et d'indiquer si un soutien technique pour le suivi des conditions climatiques des tombeaux de la Vallée des Rois est nécessaire ;
  8. Regrette également que l'État partie ne se soit pas totalement conformé aux demandes exprimées par le Comité dans ses décisions précédentes et considère que l'absence persistante de plan de gestion et les pressions du tourisme exercent un impact croissant sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, et en conséquence exhorte également une fois de plus l'État partie à accélérer la finalisation du plan de gestion, en y intégrant un plan de conservation et un plan global de gestion du tourisme, et à réviser le plan directeur 2030 du bien pour intégrer la conservation de la VUE à tous les projets prévus à l’intérieur du bien ;
  9. Réitère également ses demandes précédentes à l'État partie de fournir :
    1. Une documentation complète sur le projet d'éclairage et de caméras de sécurité, avec tous les détails concernant sa mise en œuvre,
    2. Un rapport détaillé sur le projet d'eau souterraine achevé, comprenant sa conception et sa mise en œuvre,
    3. Un rapport sur la canalisation des crues et le plan d'urgence en cas d'inondation établi pour la Vallée des Rois et la Vallée des Reines,
    4. Les détails complets des travaux de restauration et de réhabilitation du temple d'Apt, du temple de Medinet Habou, du Ramesseum et du temple de Seti Ier,
    5. Les détails complets des travaux entrepris pour faciliter l'accès des personnes handicapées à Karnak,
    6. Les détails de tout autre projet d'infrastructure, de développement ou de conservation proposé à l'intérieur du bien ou de sa zone tampon, avant de prendre toute décision irréversible ou de commencer les travaux ;
  10. Demande en outre à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur le bien, afin d'évaluer l'état de conservation du bien et la mise en œuvre des recommandations des missions de 2017 et 2021, et d’examiner les projets en cours et prévus pour évaluer comment ils pourraient affecter la VUE du bien ;
  11. Encourage l'État partie à poursuivre les échanges avec l'ICOMOS et le Centre du patrimoine mondial pour finaliser la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle ;
  12. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e