1.         Le Kremlin et la place Rouge, Moscou (Fédération de Russie) (C 545)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1990

Critères  (i)(ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/545/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/545/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Décembre 2007 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Construction d'un monument en l'honneur du maréchal Joukov

b) Pression constante et accélérée du développement urbain

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/545/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

À sa 34e session (Brasilia, 2010), le Comité du patrimoine mondial a exprimé sa plus vive inquiétude devant l’absence de réponse aux demandes antérieures formulées par le Comité à ses 32e (Québec, 2008) et 33e (Séville, 2009) sessions. Le Comité du patrimoine mondial a réitéré ses demandes concernant la soumission d’un rapport sur l’état de conservation du bien, en plus du plan de gestion, des zones tampons approuvées, de mécanismes juridiques et institutionnels améliorés, d’un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle et d’informations et études sur les projets d’aménagement en cours. 

 

Le 31 janvier 2011, l’Etat partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien qui donne les informations suivantes :

a) Zone tampon et réglementation de contrôle

Le rapport de l’Etat partie donne des informations sur la protection de l’environnement immédiat du bien grâce à deux mécanismes :

- Zone protégée

- Zone réservée

La Zone protégée a été officialisée en 1997 par un décret et est considérée comme l’équivalent d’une zone tampon. Il s’agit d’une zone directement attenante au Kremlin, destinée à « protéger le monument, la maintenance et la restauration de l’environnement urbain de valeur, ainsi que la perception globale du bien ». Une carte est également fournie.

A l’intérieur de cette zone, il y a trois niveaux d’intervention/contrôle, à savoir : i) le mode restauration ; ii) le mode régénération ; iii) le mode rénovation, qui sont applicables aux monuments ainsi qu’à l’environnement urbain. La zone de régénération inclut l’avenue Somoïnovski, la rue Volkhonka, la place Borovitskaïa, la rue Mokhovaïa, la rue Vozdvijenka, la rue Manejnaïa, le pont B. Kamenni et le quai Pretchistenskaïa, la rue Varvarka, l’avenue Kitaïgorodskoï, le quai Moskvoretskaïa et le bâtiment de l’hôtel « Russie », le quai Sofiski, le pont B. Moskvoretski, le quai Kadachevski et les ponts B. Kamenni et M. Kamenni, ainsi que les espaces urbains des zones d’où l’on a une vue directe sur le Kremlin.

La Zone réservée est une « zone de haute sécurité de réglementation du territoire de construction réservée » qui a pour but la « préservation et restauration du caractère de tout aménagement historique, d’une structure spatiale, de l’originalité d’une vue de la partie centrale d’une ville, pour la préservation de l’unité architecturale des nouvelles constructions avec l’environnement historique ». Aucune carte n’est fournie.

b) Questions institutionnelles

Le rapport donne des détails sur divers instruments juridiques pour la protection des monuments et les sources de financement. Il cite plusieurs institutions responsables de la gestion de différentes composantes du bien, mais ne donne aucune indication sur la création ou non d’un organisme chargé de coordonner l’ensemble.

c) Plan de gestion

L’Etat partie indique que les programmes 2004-2013 d’aménagement des Musées d’Etat du Kremlin de Moscou sont en cours de mise en œuvre.

S’ils peuvent être considérés comme faisant partie d’un plan de gestion du bien, aucun détail n’est donné sur l’existence ou l’élaboration d’un tel plan, malgré les demandes du Comité, lors des sessions précédentes, que lui soient fournies des informations sur le plan de gestion.

d) Déclaration de valeur universelle exceptionnelle

Le rapport de l’Etat partie contient un chapitre intitulé « Justification de valeur universelle exceptionnelle », mais aucune Déclaration de valeur universelle exceptionnelle n’est fournie.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que les informations fournies sur la zone tampon et les mécanismes de réglementation ne rendent pas suffisamment compte de l’exigence de protéger l’environnement immédiat du bien et de contrôler les aménagements dans l’environnement général du bien susceptibles d’avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Les études d’impact visuel demandées par le Comité pour tous les projets de nouveaux aménagements n’ont pas été fournies.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent également que le Comité de coordination spécial demandé par le Comité n’a pas été créé. Le but de comité est de réunir toutes les parties prenantes concernées, y compris les autorités ecclésiastiques, les services d’urbanisme et les agences municipales qui exercent un contrôle direct sur l’aménagement des environs immédiats.

Le rapport de l’Etat partie donne des informations détaillées sur les travaux de restauration effectués entre 2000 et 2010, et insiste sur les activités des Musées d’Etat du Kremlin de Moscou. La participation éventuelle de toute partie prenante à la protection et à la gestion du bien et de sa zone tampon, notamment les autorités municipales, n’est pas suffisamment abordée.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que l’exigence d’assurer une protection et une gestion appropriées du bien et de son environnement face à la forte pression du développement urbain doit être prise en considération de toute urgence.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment que le programme 2004-2013 préparé par le Musée du Kremlin est loin de satisfaire aux exigences de protection et de gestion telles qu’elles sont énoncées dans les Orientations pour garantir le maintien de la valeur universelle exceptionnelle du bien. Ils considèrent qu’il est nécessaire d’élaborer un plan de gestion spécifique, basé sur une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, comme l’a demandé précédemment le Comité, et de créer un Comité de coordination spécial pour toutes les parties prenantes principales, y compris les autorités municipales et un représentant du patriarcat moscovite de l’Eglise orthodoxe russe, ainsi que l’a également demandé précédemment le Comité du patrimoine mondial.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives soulignent que les études sur l’aménagement des « Moyennes galeries commerciales » demandées par le Comité n’ont pas été fournies.

En outre, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ont été informés d’importants projets de construction sur la place Borovitskaïa, près du mur du Kremlin, dans la partie de régénération de la Zone protégée, qui auraient apparemment obtenu l’approbation des autorités compétentes sans consultation du Centre du patrimoine mondial. 

Le 13 avril 2011, l’Etat partie a communiqué les informations suivantes :

- l’ancien hôtel « Russie », démoli en 2007, est à l’extérieur de la zone tampon du bien et il n’y a actuellement aucun projet de construction dans cet espace ;

- le projet de construction d’un complexe dépositaire et de restauration du Musée-réserve à proximité du bien avait été engagé sur ordre du ministère de la Culture et de la municipalité de Moscou et approuvé par tous les organismes fédéraux compétents. Depuis, le gouvernement de la Fédération de Russie a annulé ce projet. La construction de ce complexe sera délocalisée.

Etant donné qu’aucune information n’a été fournie conformément au paragraphe 172 des Orientations, et afin de prévenir tout projet de construction inapproprié, susceptible de porter atteinte à la valeur universelle exceptionnelle du bien, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives rappellent que l’Etat partie est tenu d’informer le Centre du patrimoine mondial de toute intention d’entreprendre ou d’autoriser des travaux de restauration ou de nouvelles constructions d’envergure. Le Centre du patrimoine mondial doit être informé le plut tôt possible (par exemple avant de rédiger les documents de base des projets spécifiques) et avant de prendre des décisions sur lesquelles il serait difficile de revenir, afin que des solutions appropriées soient identifiées, permettant de préserver dans son intégralité la valeur universelle exceptionnelle du bien. 

Décision adoptée: 35 COM 7B.105

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B,

2. Rappelant les décisions 32 COM 7B.106, 33 COM 7B.119 et 34 COM 7B.96 adoptées à ses 32e (Québec, 2008), 33e (Séville, 2009) et 34e (Brasilia, 2010) sessions, respectivement,

3. Note les efforts de l'Etat partie pour la protection et la gestion des divers monuments architecturaux du bien;

4. Réitère sa plus vive inquiétude devant l'absence de réponse à ses demandes précédentes, en particulier:

a) La délimitation et l'approbation d'une zone tampon afin de protéger l'environnement immédiat du bien et de contrôler les impacts sur la valeur universelle exceptionnelle dans l'ensemble de l'environnement du bien,

b) L'approbation de réglementations juridiques de protection adéquates et efficaces pour la zone tampon,

c) La création d'un mécanisme de contrôle efficace et d'un cadre institutionnel entre toutes les parties prenantes impliquées dans la gestion et la protection du Kremlin et de la place Rouge de Moscou et de leur zone tampon, notamment la création d'un Comité de coordination spécial dont le but serait d'améliorer la protection du bien et de sa zone tampon,

d) La préparation d'études d'impact visuel pour les projets de construction actuels;

5. Prie instamment l'Etat partie d'informer le Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, de tous les projets d'aménagement urbain envisagés à l'intérieur du bien ou à proximité, avant de rédiger les documents pour les projets spécifiques et avant de prendre des décisions sur lesquelles il serait difficile de revenir;

6. Demande à l'Etat partie de fournir au Centre du patrimoine mondial trois exemplaires du plan de gestion du bien;

7. Réitère sa demande à l'Etat partie de rédiger, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, un projet de déclaration de valeur universelle exceptionnelle, pour examen par le Comité du patrimoine mondial;

8. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2013, un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien faisant état des progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures demandées, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013.