1.         Koutammakou, le pays des Batammariba (Bénin,Togo) (C 1140bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (v)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1140/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2015)
Montant total approuvé : 31 993 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1140/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 21 471,5 dollars EU pour une mission d’urgence (voir ci-dessous) suite à la destruction de plusieurs Sikien (Fonds d’urgence pour le patrimoine), 202,298 dollars EU du Gouvernement de la Norvège pour la période 2020-2022

Missions de suivi antérieures

Octobre 2018: Mission d’urgence financée par le Fonds d’urgence pour le patrimoine

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1140/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

Le 2 février 2021, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1140/documents/ et informant que :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les efforts de l’État partie et ses partenaires pour l’amélioration de l’état de conservation du site depuis les intempéries de 2018 sont à saluer et encourager, notamment grâce au financement du gouvernement norvégien ayant permis un travail d’inventaire et de cartographie et le processus de révision du plan de gestion du site. Ces documents, notamment le plan de gestion incluant un plan de gestion des risques, un plan de conservation (procédures, orientations pratiques, cultures constructives, matériaux traditionnels, systèmes constructifs, etc.) et une délimitation du périmètre du bien et de sa zone tampon, devront être soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’ICOMOS avant leur validation. 

Les activités de sensibilisation et d’implication des communautés locales dans le cadre des projets financés par la Norvège, le World Monument Fund et le Fonds pour le patrimoine mondial africain, de l’établissement du musée communautaire, des activités pour la préservation du patrimoine immatériel ou de la restauration et la préservation des Sikien, sont également accueillies favorablement. Il est cependant recommandé que le Comité réitère sa demande à l’État partie d’apporter des précisions sur l’ampleur des travaux de restauration.

La création du SCPK est également positive. Il est recommandé que l’État partie accélère les démarches pour doter ce service des moyens humains et financiers adéquats pour une conservation, gestion et protection efficaces du bien.

Les efforts de l’État partie en vue de l’application des dispositions liées à l’architecture et l’urbanisme de l’arrêté ministériel N°0147/MCTL/CAB/SG/DPPCT, les réflexions menées avec les partenaires techniques nationaux (EAMAU et CCL) pour allier architecture traditionnelle et matériaux locaux améliorés, et les activités de reboisement, sont accueillies favorablement. Cependant, la persistance de l’émergence de nouveaux matériaux et formes de construction et l’urbanisation non contrôlée demeurent préoccupantes. Il est recommandé que l’État partie renforce les actions entreprises et que la dimension urbaine du bien soit pleinement reflétée dans les politiques, mesures et outils adoptés pour la conservation de ce dernier en s’appuyant notamment sur la Recommandation concernant le paysage urbain historique (2011). La deuxième phase du projet financée à 100,000 dollars EU par la Norvège devrait contribuer à cette réflexion.

En raison du COVID-19, l’État partie n’a pas pu inviter la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM conformément à la décision 43 COM 7B.112. Vu la pression croissante du développement urbain à proximité du bien, la proposition de considérer le centre-ville de Nadoba comme « zone tolérée » et celle visant à définir une zone tampon interne et un système d’urbanisation intégrée pour le bien, il est recommandé que le Comité réitère sa demande à l’État partie d’inviter la mission pour évaluer pleinement l’état de conservation du bien, analyser l’éventuelle menace pour la VUE liée à la pression urbaine croissante dans et à proximité du bien et son éventuel impact sur les limites du bien et de sa zone tampon, revoir la réglementation destinée à contrôler cette pression et faire des recommandations au Comité sur la proposition de considérer le centre-ville de Nadoba comme une « zone tolérée ».

Enfin, vu la proximité du projet de bureaux de la nouvelle mairie de Kéran 3 à Nadoba avec le bien, il est recommandé, conformément au paragraphe 172 des Orientations, que l’État partie soumette les documents et projets architecturaux au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’ICOMOS avant autorisation de construction.  

Décision adoptée: 44 COM 7B.122

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 43 COM 7B.112, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Salue les efforts entrepris par l’État partie et ses partenaires en vue de l’amélioration de l’état de conservation du site depuis les intempéries de 2018 en particulier à travers la mise en œuvre du projet « Amélioration de l’état de conservation du Koutammakou, le pays des Batammariba » financé par le gouvernement de la Norvège, et encourage l’État partie à poursuivre les efforts entrepris ;
  4. Accueille avec satisfaction l’organisation par l’État partie et ses partenaires d’activités de sensibilisation et de renforcement de la résilience des communautés locales, la mise en place du musée communautaire, la poursuite des actions de reboisement, la promotion d’activités concourant à la préservation du patrimoine immatériel, la création d’une équipe de spécialistes pour développer des cartes géographiques et topographiques du site, l’application des dispositions liées à l’architecture et l’urbanisme de l’arrêté ministériel N°0147/MCTL/CAB/SG/DPPCT du 20 mars 2007 et les réflexions menées avec les partenaires techniques nationaux pour allier architecture traditionnelle et matériaux locaux améliorés ;
  5. Note avec satisfaction les mesures juridiques et législatives prises par l’État partie pour la création du service de conservation et de promotion du Koutammakou (SCPK) et demande à l’État partie de doter ce service des moyens humains et financiers suffisants pour une conservation, gestion et protection efficaces du bien ;
  6. Demande également à l’État partie de finaliser le plan de gestion du bien intégrant un plan de gestion des risques et un plan de conservation (procédures, orientations pratiques, cultures constructives, matériaux traditionnels, systèmes constructifs, etc.) ainsi qu’une carte actualisée clarifiant la délimitation du périmètre du bien et de sa zone tampon, et de les soumettre dès que possible au Centre du patrimoine mondial pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives avant leur validation ;
  7. Exprime à nouveau sa préoccupation quant au développement croissant de la pression urbaine à l’intérieur et à proximité du bien pouvant avoir un impact négatif sur le paysage culturel du Koutammakou, et recommande que la dimension urbaine du bien soit pleinement reflétée dans les politiques, mesures et outils adoptés pour la conservation de ce dernier, en s’appuyant si nécessaire sur l’approche portée par la Recommandation concernant le paysage urbain historique (2011) ;
  8. Remercie les bailleurs de fonds qui continuent à appuyer la conservation du bien, notamment le gouvernement de la Norvège à travers sa contribution au Fonds du patrimoine mondial ;
  9. Réitère sa demande à l’État partie d’apporter plus de précisions sur les mesures de restauration des Sikien en cours, notamment en ce qui concerne l’ampleur des travaux de restauration, l’état d’avancement des travaux, la localisation des Sikien restaurés, les types de travaux entrepris et les matériaux et systèmes de construction ;
  10. Demande en outre à l’État partie de soumettre, conformément au paragraphe 172 des Orientations, les documents et projets architecturaux des bureaux de la nouvelle mairie de Kéran 3 à Nadoba au Centre du patrimoine mondial pour évaluation par les Organisations consultatives ;
  11. Prend note du fait que l'État partie n'a pas pu inviter la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM demandée dans sa décision 43 COM 7B.112 en raison de la pandémie COVID-19, et réitère la nécessité que cette mission soit effectuée dès que les circonstances le permettront afin d’évaluer pleinement l’état de conservation du bien, d’apprécier l’état de la restauration des Sikien, d’analyser l’éventuelle menace de la pression urbaine croissante dans et à proximité du bien pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE), de revoir la réglementation destinée à contrôler cette pression et de faire des recommandations au Comité sur la proposition de considérer le centre-ville de Nadoba comme une « zone tolérée » ;
  12. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e