1.         Parc national de Phong Nha - Ke Bang (Viet Nam) (N 951bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2003

Critères  (viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/951/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2005-2021)
Montant total approuvé : 104 040 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/951/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 33 000 dollars EU du Fonds-en-dépôts UNESCO/Pays-Bas pour soutenir la consultation des parties prenantes pour la coopération transfrontalière avec la RDP lao (2006)

Missions de suivi antérieures

Juillet 2018 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/951/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

Le 5 janvier 2021, l’État Partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/951/documents/, qui communique les informations suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

L'engagement résolu, exprimé par l'État partie, à donner suite aux précédentes décisions du Comité et recommandations de la mission est apprécié. Les progrès observés concernent : la coopération continue avec la République démocratique populaire lao pour renforcer la protection de l'écosystème transfrontalier ; la directive au niveau provincial pour renforcer la protection du patrimoine mondial ; et d'autres outils de gestion et de conservation. Cependant, aucune information actualisée n’a été communiquée sur les modalités par lesquelles les nouvelles règlementations assureront l’engagement effectif d’un plus grand nombre de parties prenantes dans la gestion et la valorisation du bien, comme demandé par le Comité. Les efforts continus de l'État partie pour lutter contre le braconnage et les autres activités illégales, notamment par le renforcement des patrouilles, sont accueillis avec satisfaction. Rappelant le rapport 2019 de l'État partie, qui mentionnait un sérieux déclin des espèces de grands mammifères et des espèces proies sur le territoire du bien, il est recommandé que l'État partie intensifie ses efforts d'application de la loi, de patrouille et de surveillance en se concentrant particulièrement sur le périmètre et les zones à haut risque sur le territoire du bien, et mette l'accent sur des mesures proactives de lutte contre le braconnage afin d’inverser de toute urgence cette tendance inquiétante.

Les projets de recherche sur les espèces envahissantes présentes sur le territoire du bien sont appréciés et contribueront à une meilleure compréhension de l'étendue de leur impact sur la VUE et sa gestion. En l'absence d'un résumé des résultats du projet pilote d'éradication de M. boisiana, il est recommandé au Comité de demander à l'État partie de transmettre un rapport sur les résultats du projet pilote au Centre du patrimoine mondial et de préciser de quelle façon il compte utiliser ces résultats pour orienter les activités futures. Rappelant qu'en 2017, l'État partie a signalé que M. boisiana couvrait 4 000 ha du bien, il devient tout à fait urgent que l'État partie concentre ses efforts et ses ressources pour juguler la menace sur la base des évaluations réalisées de l'étendue de la propagation. De plus, rappelant que M. boisiana est l'une des 14 espèces envahissantes identifiées sur le territoire du bien, il est essentiel que l'État partie alloue des ressources financières suffisantes pour des mesures à long terme afin de faire face à cette menace et s'assure qu'il existe une stratégie et un plan d'action clairs.

La proposition de l'État partie d'évaluer la capacité d’accueil touristique dans les grottes du bien est notée, et on peut espérer que cette évaluation éclairera les décisions liées à la gestion future. Alors que les voyages et le tourisme reprennent après la pandémie de COVID-19, il est essentiel que les chiffres et les activités touristiques soient gérés efficacement et que l'État partie continue de s'abstenir d'approuver ou de mettre en œuvre tout futur projet d'infrastructure dans ou près des grottes sans l'aval du Comité. À cet égard, il est recommandé que le Comité accueille avec satisfaction la confirmation que les projets de téléphériques ne sont plus envisagés et rappelle une fois de plus à l'État partie de mettre à jour le plan de développement du tourisme durable 2010-2020, en veillant à son intégration avec d'autres outils essentiels de gestion tels que le plan de gestion stratégique 2013-2025 et le plan de gestion opérationnelle 2013-2020, et en accordant une attention particulière à l'équilibre entre le développement du tourisme et la conservation de la biodiversité par la clarification du zonage fonctionnel du bien ainsi que par le partage accru des bénéfices entre les parties prenantes, comme recommandé par la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN de 2018.

Les dommages signalés aux moyens de subsistance des communautés et à la VUE du bien à la suite des glissements de terrain et des inondations d'octobre 2020 sont préoccupants. À cet égard, l’approbation de la demande d'assistance d'urgence visant à atténuer les dommages encourus sur le bien, et qui vient compléter les efforts d'atténuation déployés par l’État partie, est accueillie avec satisfaction.

Décision adoptée: 44 COM 7B.189

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la Décision 43 COM 7B.12, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Accueille avec satisfaction les efforts déployés par l'État partie pour mettre en œuvre les recommandations de la mission de suivi réactif de 2018, y compris une nouvelle directive du Comité populaire provincial de Quang Bing demandant à toutes les autorités provinciales de renforcer la conservation et la promotion des valeurs du patrimoine mondial, et l'élaboration d'un plan de gestion durable des forêts (2021-2030), d’un plan de conservation de la biodiversité (vision 2040) et d’un plan de conservation et de promotion des valeurs du patrimoine ;
  4. Apprécie la mise en œuvre d'un projet pilote pour l'éradication de la plante envahissante Merremia boisiana, et demande à l'État partie d'élaborer une stratégie et un plan d'action clairs, dotés de ressources suffisantes pour faire face à la menace que constituent les 14 espèces envahissantes précédemment signalées et identifiées sur le territoire du bien, et de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l'UICN, la stratégie et le plan d'action ainsi que les résultats du projet pilote sur boisiana et les plans futurs pour faire face à sa propagation ;
  5. Prend note de la proposition de l'État partie d'évaluer la capacité d’accueil touristique des grottes du bien et réitère ses demandes auprès de l'État partie afin qu’il prenne les mesures nécessaires afin d’éviter une nouvelle augmentation du nombre de visiteurs des grottes situées sur le territoire du bien et qu’il n’approuve ni ne mette en œuvre aucun futur projet d'infrastructure, dans ou près des grottes, susceptible d’avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  6. Accueille également avec satisfaction la confirmation par l'État partie que les projets de téléphériques ne sont plus envisagés, et rappelle à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l'UICN, des informations détaillées sur tout projet de tourisme et/ou d’aménagement et de développement de grande envergure susceptible d'avoir un impact sur la VUE du bien, y compris toute évaluation d'impact environnemental, avant que les travaux ne commencent ou qu'une décision irréversible ne soit prise, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  7. Réitère également une fois de plus sa demande auprès de l'État partie afin qu’il révise et actualise le plan de développement du tourisme durable 2010-2020 et l’intègre avec d'autres outils de gestion clés, comme suggéré par la mission de suivi réactif de 2018, afin d'améliorer la gouvernance sur la base des principes fondamentaux du maintien et de la préservation de la VUE du bien, en accordant une attention particulière à l'équilibre entre le développement du tourisme et la conservation de la biodiversité, ainsi qu'à un partage accru des bénéfices entre les parties prenantes ;
  8. Réitère en outre sa demande auprès de l'État partie afin qu’il établisse un mécanisme efficace afin de faire participer un plus grand nombre de parties prenantes à la gestion et à la valorisation du bien ;
  9. Reconnaît les efforts soutenus de l'État partie pour lutter contre le braconnage et d'autres activités illégales sur le territoire du bien, mais considérant qu'une réduction significative des populations de faune sauvage a été précédemment signalée, demande également à l'État partie d'intensifier davantage les efforts d'application de la loi, de patrouille et de surveillance, en se concentrant particulièrement sur le périmètre et les zones à haut risque du bien, et de prendre des mesures proactives de lutte contre le braconnage pour inverser de toute urgence cette tendance inquiétante ;
  10. Réitère par ailleurs sa demande auprès de l'État partie afin qu’il mette pleinement en œuvre les recommandations de la mission de suivi réactif 2018, notamment en intégrant et harmonisant les différents plans et outils de gestion et de conservation dans le cadre d’une vision concertée de la gouvernance, et en clarifiant le zonage fonctionnel du bien ;
  11. Accueille en outre avec satisfaction la coopération continue avec l'État partie de la République démocratique populaire lao concernant la préservation de la biodiversité, notamment dans la zone protégée transfrontalière, et la future proposition d’inscription de la zone protégée nationale de Hin Nam No conjointement avec le bien au Viet Nam ;
  12. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session.