1.         Parc national de Komodo (Indonésie) (N 609)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1991

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/609/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1993-1995)
Montant total approuvé : 119 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/609/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Juillet 1995 : mission d'évaluation de l'état de conservation (mission annulée) ; septembre 2000 : mission conjointe UNESCO / UICN ; janvier-février 2002 : mission conjointe UNESCO-PNUE-Centre RARE pour la conservation tropicale

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/609/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

Le 9 mars 2020, le Centre du patrimoine mondial a adressé une lettre à l’État partie demandant des éclaircissements sur des informations reçues de parties tierces concernant des projets d’aménagement dans le bien, ainsi que d’autres menaces urgentes pesant sur sa valeur universelle exceptionnelle (VUE), comme suit :

Les 30 avril et 6 mai 2020, l’État partie a fait part des informations suivantes :

Le 30 octobre 2020, le Centre du patrimoine mondial a demandé à l’État partie de ne pas poursuivre de projet d’infrastructure touristique susceptible d’affecter la VUE de bien avant l’examen de l’EIE correspondante par l’UICN. Le 30 octobre 2020, l’État partie a soumis au Centre du patrimoine mondial une EIE pour la construction d’une infrastructure touristique sur l’île de Rinca.

A la suite de l’examen par l’UICN, le Centre du patrimoine mondial a demandé à l’État partie de réviser et de soumettre à nouveau l’EIE conformément aux Orientations et à la Note consultative de l’UICN, à la fois par écrit et lors d’une réunion en ligne avec l’État partie le 5 novembre 2020. Le Centre du patrimoine mondial a également réitéré sa demande par lettres du 12 janvier et du 12 mars 2021. Au moment de la rédaction du présent rapport, l’État partie n’a pas encore fournit d’EIE révisée.

Dans une lettre datée du 12 mars 2021, le Centre du patrimoine mondial a demandé en outre des explications à l’État partie à la suite d’informations rapportées par des tiers concernant des modifications importantes survenues dans le système de zonage du bien en 2020, qui ont entraîné une réduction de la zone de nature sauvage d’un tiers de sa superficie et fait état de l’attribution de nouvelles concessions touristiques au sein et à proximité du bien et d’une nouvelle législation qui exempterait les travaux d’infrastructure au sein du bien de l’obligation de soumettre une EIE. Au moment de la rédaction du présent rapport, l’État partie n’a pas encore fourni de réponse.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les efforts en cours pour élaborer le PDIT sont notés, mais rien n’indique clairement dans quelle mesure le PDIT tient compte du statut et des valeurs du patrimoine mondial du bien ni quelle part du bien le plan va couvrir. Le PDIT a le potentiel d’améliorer la coordination entre les gouvernements central, provincial et local, ce qui est nécessaire si les objectifs de développement touristique doivent être atteints de manière durable. Les informations émanant de tiers transmises à l’État partie indiquent qu’une cible de 500 000 visiteurs annuels pour le bien a été proposée, soit plus du double du nombre de visiteurs avant la pandémie de COVID-19. Cela soulève la question de savoir comment ce modèle touristique correspond à la vision de l’État partie de passer d’un tourisme de masse à des approches plus durables. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de fournir des informations détaillées sur la manière dont les projets visant à augmenter significativement le tourisme sur le bien impacteront sa VUE et sur la manière dont le tourisme sera géré.

Il est inquiétant que l’EIE pour les projets d’infrastructure touristique sur l’île de Rinca n’ait pas évalué correctement les impacts potentiels sur la VUE du bien. Cela est encore aggravé par la nouvelle législation ci-dessus mentionnée qui permettrait l’aménagement d’infrastructures à l’intérieur du bien sans procéder à une EIE, ainsi que par l’attribution de plusieurs concessions touristiques à travers le bien, à la suite du changement de zonage du bien. Il est recommandé que le Comité prie instamment l’État partie de réviser l’EIE et de la soumettre à nouveau au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN de toute urgence et d’arrêter les projets jusqu’à ce que l’UICN fournissent un examen technique des projets. Il faudrait également demander à l’État partie de fournir des informations sur toutes les concessions touristiques au sein et à proximité du bien et de soumettre le nouveau plan de zonage. Il conviendrait de rappeler que toute proposition de développement exige une évaluation d’impact sur la VUE, réalisée conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale et être soumise au Centre du patrimoine mondial, conformément aux paragraphes 118bis et 172 des Orientations, avant toute prise de décision qui serait difficilement réversible. En outre, au vu des multiples menaces, il est recommandé que le Comité demande à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN sur le bien, en particulier pour évaluer l’impact des développements en cours sur la VUE du bien et d’examiner son état de conservation.

Les travaux de recherche et le suivi à long terme du varan de Komodo sont louables, et la stabilité relative de sa population au sein du bien est notée. Au regard du risque que le développement significatif du tourisme proposé peut présenter, il apparaît nécessaire de continuer à suivre étroitement l’espèce.

L’absence de matériel opérationnel et de capacité technique pour gérer les enjeux complexes de gestion du milieu marin est également cause d’inquiétude. L’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN de 2017 a identifié pour le bien la nécessité d’élargir l’axe de gestion pour prendre en compte les problèmes dans les composantes marines du bien et a évalué la conservation du bien comme « fortement préoccupante » depuis 2014. Une application plus efficace des lois est nécessaire pour empêcher les pratiques de pêche destructrices et illégales et l’ancrage dans les zones de récifs coralliens sensibles, pour veiller à ce que la VUE soit préservée et que le bien puisse continuer à être profitable aux communautés locales. De 2017 à 2019, le Centre du patrimoine mondial a soutenu la traduction de plusieurs documents d’orientation en matière de gestion marine en indonésien et organisé deux ateliers de renforcement des capacités sur le bien. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de renforcer la capacité marine sur le bien et d’allouer un budget suffisant pour la recherche, le suivi et l’éducation en rapport avec le milieu marin ainsi que le respect des règles maritimes.

Décision adoptée: 44 COM 7B.93

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la Décision CONF 202 21B.11, adoptée à sa 26e session (Budapest, 2002),
  3. Prend note qu’un Plan directeur intégré pour le tourisme est en cours d’élaboration et demande à l’État partie de fournir des informations détaillées sur la manière dont la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien sera garantie dans la conception du Plan, et comment les projets visant à développer significativement le tourisme sur le bien rendent compte de la volonté affichée de s’éloigner d’un tourisme de masse et peuvent par conséquent assurer la protection de la VUE ;
  4. Note avec satisfaction les travaux de recherche et le suivi à long terme du varan de Komodo, qui affiche une tendance de population stable, et prie instamment l’État partie de poursuivre les recensements de population réguliers et de mettre en œuvre des mesures de gestion dans le cadre du développement touristique proposé ;
  5. Note avec inquiétude les différents projets d’infrastructure touristique entrepris et prévus dans le bien et, rappelant également qu’il doit être informé, via le Centre du patrimoine mondial, de toute restauration importante ou nouvelle construction avant que des décisions difficilement réversibles ne soient prises, conformément au paragraphe 172 des Orientations, demande également à l’État partie de réviser l’évaluation d’impact environnemental (EIE) pour les projets d’infrastructures touristiques sur l’île de Rinca conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale et de la soumettre à nouveau pour examen par l’UICN de toute urgence, conformément aux paragraphes 118bis et 172 des Orientations, et de soumettre des informations complémentaires sur d’autres concessions touristiques attribuées dans le bien ainsi que sur son plan de zonage modifié ;
  6. Prie également l’État partie d’arrêter tous les projets d’infrastructure touristique au sein et à proximité du bien susceptibles d’avoir un impact sur la VUE jusqu’à ce que la EIE révisée soit soumise et examinée par l’UICN ;
  7. Demande en outre à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN sur le bien pour évaluer l’impact de l’aménagement en cours sur la VUE du bien et d’examiner son état de conservation ;
  8. Note également avec inquiétude l’absence de matériel opérationnel et de capacité technique pour gérer la zone marine du bien, et demande par ailleurs à l’État partie d’instamment renforcer les capacités de gestion et d’application de la loi en rapport avec le milieu marin dans le bien, en mettant spécifiquement l’accent sur le contrôle des activités de pêche illégale et l’ancrage des bateaux, et d’allouer un budget suffisant pour la recherche, le suivi et l’éducation en rapport avec le milieu marin ainsi que le respect des règles maritimes ;
  9. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e