1.         Parc national de Serengeti (République-Unie de Tanzanie) (N 156)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/156/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1989-1999)
Montant total approuvé : 59 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/156/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2010: Mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/156/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

Le 3 janvier 2020, l'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/156/documents, contenant les informations suivantes :

Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN a été planifiée en mars 2020, mais elle a été reportée en raison des restrictions de voyage liées au COVID-19.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les projets hydroélectriques envisagés dans le bassin de la rivière Mara au Kenya restent d’autant plus préoccupants que les eaux de la rivière Mara et ses affluents sont indispensables à la survie des espèces sauvages dans le bien, au maintien du fonctionnement écologique de l'écosystème plus large de Serengeti (y compris la Réserve nationale de Maasai Mara au Kenya) et de la VUE du bien et du réseau des lacs du Kenya dans le bien du patrimoine mondial de la vallée du Grand Rift. Il est encourageant que les États parties de la République-Unie de Tanzanie et du Kenya cherchent à établir un PCAE transfrontalier pour le bassin de la rivière Mara et il est crucial que cela assure le caractère permanent de la rivière Mara, en tenant compte des variations potentielles des régimes de précipitations dans la région dues au changement climatique. Le rapport de l’État partie ne fournit malheureusement aucune mise à jour sur l’état actuel des différents projets de barrages.

La mission conjointe de suivi réactif reste un excellent moyen de poursuivre les discussions au sujet des aménagements prévus dans le bassin de la rivière Mara avec les États parties et la LVBC et elle est donc urgente. En préparation de la mission, il est recommandé que le Comité demande aux États parties de la République-Unie de Tanzanie et du Kenya de présenter une mise à jour sur l’état de tous les projets hydroélectriques dans le bassin de la rivière Mara et de ne prendre aucune décision sur le développement d’infrastructures susceptible d’affecter le débit de la rivière Mara avant que le PCAE soit approuvé et que les impacts sur la VUE du bien soient évalués.

Les progrès accomplis en faveur de l’extension du parc national avec l’annexion du golfe de Speke sont appréciables, créant ainsi un corridor faunique qui offre un accès permanent aux eaux du lac Victoria, ce qui pourrait être crucial pour les animaux en cas de sécheresse. Il est recommandé que le Comité demande à l'État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial informé de l’avancement de ce projet.

Il est noté que le plan de gestion 2014-2024 a été approuvé et il est recommandé que le plan soit soumis avant que débute la mission. Il est regrettable que l'État partie n’ait pas soumis le rapport sur le choix d’options de routes, ni les documents pertinents sur la voie de contournement au sud de Serengeti, ni l’ESE du plan directeur d'aménagement du système global de transport et de commerce 2013-2030, comme demandé par le Comité. Il est important que ces documents soient soumis dès que possible en préparation de la mission appelée. La confirmation par l'État partie est notée, comme quoi aucune « infrastructure majeure » [sic] n’est prévue dans l’enceinte du bien au moins jusqu’en 2030.

En dépit du fait que le compte-rendu du projet du lodge de Belabela indique que ce dernier se trouvera dans la ‘zone peu usitée’, l’EIE le classe maintenant dans la ‘zone très usitée’. Les deux documents contiennent néanmoins la même carte de situation du projet, ce qui nécessite une clarification pour savoir si la délimitation du bien a été modifiée dans le plan de gestion actuel et en quoi cela contribue à assurer la protection de la VUE. Même si l’EIE note que le gîte permanent sera construit à une altitude moyenne de 1 340 m et ne risquera sans doute pas de gêner la migration des ongulés, notant qu’il y a un certain nombre d'autres camps touristiques à proximité, il convient d’évaluer l’impact cumulatif des infrastructures touristiques sur les autres espèces sauvages avant de prendre une décision concernant le projet.

Tout en notant la déclaration de l'État partie à propos de la route Nord, il est crucial que ce dernier respecte son engagement de 2011, comme évoqué dans la décision 35 COM 7B.7, en réservant essentiellement l’usage de la route qui traverse le bien à des fins touristiques et administratives.

Il faudrait également noter qu’une réunion a été organisée au Kenya en mars 2020, à laquelle a participé l’UICN, afin d’explorer la proposition d’inscription de « La Vallée du Grand Rift africain - Le Maasai Mara », inclus dans la Liste indicative du Kenya depuis 2010 et qui est contigu au bien. Une proposition d’inscription potentielle du Maasai Mara devrait donc être fortement encouragée comme une extension transfrontalière du bien, et il est recommandé que les États parties de la République-Unie de Tanzanie et du Kenya entreprennent une nouvelle consultation autour de ce projet et sollicitent les conseils du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN.

Enfin, il est recommandé que le Comité demande de dépêcher la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien dès que la situation sanitaire le permettra afin d’évaluer les menaces posées par la série de barrages proposée en amont du bien, et tout autre projet de développement susceptible d’avoir un impact potentiel sur le bien. La mission devrait également suivre les décisions et recommandations des missions précédentes et examiner le plan de gestion 2014-2024, ainsi que les documents et décisions afférents à la voie de contournement au sud de Serengeti.

Décision adoptée: 44 COM 7B.86

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 35 COM 7B.7, 38 COM 7B.94 et 42 COM 7B.96 adoptées à ses 35e (UNESCO, 2011), 38e (Doha, 2014) et 42e (Manama, 2018) sessions, respectivement,
  3. Réitère sa vive inquiétude quant aux projets hydroélectriques proposés en amont du bien dans le bassin de la rivière Mara, qui pourraient avoir un impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du Parc national de Serengeti et du Réseau de lacs du Kenya dans les biens du patrimoine mondial de la Vallée du Grand Rift ;
  4. Salue les efforts des États parties de la République-Unie de Tanzanie et du Kenya pour commencer à établir un plan commun d'allocation de l'eau (PCAE) transfrontalier pour le bassin de la Mara et note qu’il est crucial que ce plan assure le maintien du caractère permanent de la rivière Mara, en tenant compte des variations potentielles des régimes de précipitations dans la région, y compris en raison du changement climatique ;
  5. Demande aux États parties de la République-Unie de Tanzanie et du Kenya de soumettre dès que possible au Centre du patrimoine mondial, et avant que la mission conjointe de suivi réactif ait lieu, une mise à jour sur l’état de tous les projets hydroélectriques dans le bassin de la rivière Mara et les prie instamment de ne prendre aucune décision sur le développement d’infrastructures susceptibles d’affecter le débit de la rivière Mara avant que le PCAE soit approuvé et que les impacts sur la VUE du bien soient correctement évalués ;
  6. Salue également les progrès accomplis en vue de l’extension du Parc national avec l’annexion du golfe de Speke écologiquement important, et le fait qu’une modification des limites soit soumise une fois finalisée, conformément aux dispositions énoncées dans les Orientations ;
  7. Regrette que l'État partie n’ait pas soumis les différents documents requis dans la décision 42 COM 7B.96 et prie aussi instamment l'État partie à soumettre dès que possible les documents suivants, et avant la mission conjointe de suivi réactif :
    1. Le plan de gestion 2014-2024 approuvé pour le bien, avec des précisions sur toute modification des limites du bien,
    2. Le rapport présentant une sélection d’options de routes, l’étude de faisabilité et la conception préliminaire, accompagnée d’une carte des alignements proposés,
    3. L’évaluation stratégique environnementale (ESE) et le plan directeur d'aménagement du système global de transport et de commerce ;
  8. Prend note que l'État partie conservera la route Nord qui traverse le bien avec son revêtement de gravier, sous la direction des Parcs nationaux de Tanzanie (TANAPA), mais demande également à l'État partie de confirmer sa décision antérieure de réserver essentiellement l’usage de la route à des fins touristiques et administratives (décision 35 COM 7B.7) et d’abandonner la construction de la grand-route Nord proposée (décision 38 COM 7B.94) ;
  9. Prend également note de la confirmation par l'État partie qu’aucune « infrastructure majeure » n’est envisagée à l’intérieur du bien au moins jusqu’en 2030, et demande en outre à l'État partie de veiller à évaluer l'impact cumulatif de tout développement, y compris des infrastructures touristiques, avant de prendre des décisions concernant des projets individuels ;
  10. Note avec satisfaction l’invitation de l'État partie à effectuer une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien et la coopération de l'État partie du Kenya à l’organisation de la mission, cependant, regrette également que la mission ait été reportée en raison des incidences liées à la pandémie et réitère sa demande pour que soit organisée la mission dès que la situation sanitaire le permettra et :
    1. S’assure qu’elle rencontre aussi des représentants de l'État partie du Kenya afin d’évaluer les risques que posent les barrages proposés en amont du bien au Kenya,
    2. Examine le plan de gestion 2014-2024,
    3. Analyse les documents et décisions afférents à la voie de contournement au sud de Serengeti,
    4. Évalue tout autre développement susceptible d’avoir un impact sur la VUE du bien ;
  11. Encourage la poursuite du dialogue entre les États parties de la République-Unie de Tanzanie et du Kenya, avec l’appui du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN, sur les possibilités d’extension du bien avec le paysage transfrontalier contigu de « La Vallée du Grand Rift africain – Le Maasai Mara » (Kenya) sur la Liste indicative ;
  12. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session.