1.         Ville coloniale de Saint-Domingue (République dominicaine) (C 526)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1990

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/526/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1990-2000)
Montant total approuvé : 82 207 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/526/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

1993, 1995, 1998: missions de suivi; août 2001 : mission de suivi ICOMOS ; 2002 : mission Centre du patrimoine mondial ; décembre 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; février 2009 : mission Centre du patrimoine mondial ; janvier 2014 : mission de conseil de l’ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/526/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

Le 30 novembre 2018, l’État partie a soumis un rapport répondant à la décision 42 COM 7B.37 et dont une évaluation technique a été présentée en septembre 2019.

Le 2 décembre 2019, un rapport complémentaire sur l’état de conservation a été soumis en réponse à la décision antérieure du Comité concernant les programmes avec la Banque interaméricaine de développement (BID) et le plan stratégique donnant suite aux recommandations de la mission de conseil de l’ICOMOS de 2014. Ce rapport, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/526/documents/, fournit des informations sur les points suivants :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L’ICOMOS a réalisé une évaluation technique du rapport d’avancement de novembre 2018 de l’État partie, qui a rappelé l’urgence de mettre en œuvre les mesures portant sur les cadres institutionnels et juridiques, l’approbation et la mise en œuvre du plan directeur pour la revitalisation intégrale de la ville coloniale de Saint-Domingue, et en particulier la définition et soumission formelle de la zone tampon.

Un certain nombre d’initiatives ont été entreprises par l’État partie, notamment l’élaboration de cadres plus solides pour la conservation et la gestion du bien, et la proposition d’un prêt de la BID pour mettre en œuvre la seconde phase du Programme intégral pour le tourisme et le développement urbain de la ville coloniale de Saint-Domingue.

Concernant le cadre juridique et le système de gestion, des dispositions législatives spécifiques ont été adoptées, et les rôles des diverses instances gouvernementales impliquées dans la gestion de la ville déterminés. Une structure de gestion a été définie, avec la création d’un comité stratégique et d’un comité consultatif. Si ces organes sont un bon départ, un protocole opérationnel clair en matière de prise de décision reste nécessaire. L’efficacité de ces mesures devra être évaluée en particulier dans le cadre du second projet financé par la BID.

L’impact du tourisme sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien demeure flou et reste préoccupant. L’État partie signale une augmentation du nombre de visiteurs mais il est également mentionné que les plafonds déterminés pour le bien sont loin d’être dépassés. Rien ne dit clairement comment ces chiffres ont été calculés, ni quel impact l’augmentation de la fréquentation aura sur la protection du bien. En initiative positive liée au tourisme, il est signalé l’élaboration actuelle d’un plan pour l’adoption d’un processus de certification visant à faire de Saint-Domingue une destination durable ; il faudrait toutefois plus d’informations pour comprendre les implications de cette initiative. Il est important de garder à l’esprit que la pandémie de Covid-19 risque de changer l’approche du tourisme sur le site.

La vulnérabilité du bien aux séismes et ouragans n’est pas abordée par l’État partie dans son rapport. En raison de la menace croissante de ces phénomènes naturels sur la VUE du bien, l’élaboration d’un plan de gestion des risques de catastrophes sera pertinente.

Seule une analyse structurelle a été faite de l’Hotel Francés qui s’est partiellement effondré en 2015. Des études ont été entreprises pour documenter l’état du bâtiment et évaluer les critères pour de nouvelles fondations. Les conclusions ne permettent toutefois pas clairement de comprendre si les résultats sont basés sur des calculs pour construction moderne ou pour maçonnerie traditionnelle. Aucune description n’est de même donnée sur la manière dont la reconstruction est envisagée.

L’État partie indique que d’importantes interventions de réhabilitation et d’entretien ont été réalisées en 2018-2019, mais rien n’indique ce qu’ont été ces interventions, ni comment elles ont été réalisées ni si elles ont précédemment été soumises au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives pour examen conformément au paragraphe 172 des Orientations. Deux diagnostics spécifiques sont présentés pour les ruines de San Francisco et pour l’église Santa Bárbara. Dans le premier cas, bien que l’état de conservation soit documenté, certaines des recommandations formulées par un cabinet de conseil étranger sont inquiétantes, en particulier la proposition de soit démolir un mur endommagé soit le consolider. Dans le cas de l’église Santa Bárbara, les informations sont également insuffisantes pour évaluer les traitements de conservation et restauration proposés. Concernant le développement urbain et les projets d’infrastructures souterraines, il devrait être reconnu que l’État partie signale que le projet de ligne de métro 6 n’est pas envisagé dans les 10 années à venir.

Il demeure très préoccupant qu’aucun progrès significatif n’ait été fait dans la définition de la zone tampon ni la soumission formelle d’une demande de modification mineure des limites au Centre du patrimoine mondial, même qu’il est noté que l’État partie indique qu’aucun autre projet n’a été développé dans le cadre du programme Sansouci dans le secteur Est de la zone tampon proposée.

Décision adoptée: 44 COM 7B.66

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7B.37, adoptée à sa 42e session (Manama, 2018),
  3. Prend note des progrès accomplis par l’État partie en réponse aux demandes du Comité concernant le cadre juridique et de gestion, en particulier en définissant les rôles clairs des instances gouvernementales, et en renforçant la Dirección Nacional de Patrimonio Monumental (DNPM) ;
  4. Prend également note de la réalisation du nouveau plan stratégique de revitalisation intégrale de la ville coloniale de Saint-Domingue et demande à l’État partie de garantir son approbation et sa soumission au Centre du patrimoine mondial pour examen final par les Organisations consultatives dès qu’il est disponible ;
  5. Reconnaît les efforts faits par l’État partie pour obtenir une certification pour un tourisme durable, et lui demande également de continuer à suivre l’augmentation de la fréquentation, en prenant en compte la capacité de charge du bien et la protection de sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) ;
  6. Regrette que l’État partie n’ait pas encore soumis de modification mineure des limites conformément aux paragraphes 162-164 des Orientations pour la définition de la zone tampon comme précédemment demandé par le Comité du patrimoine mondial, et prie instamment l’État partie de finaliser la proposition dès que possible ;
  7. Prend par ailleurs note de l’étude photogrammétrique et des relevés topographiques entrepris à la suite de l’effondrement partiel de l’Hotel Francés, et demande en outre à l’État partie de fournir des précisions supplémentaires sur le projet de reconstruction proposé ;
  8. Accueille favorablement la notification par l’État partie du fait que la construction de la ligne de métro 6 ne soit pas prévue dans les dix années à venir et lui rappelle, conformément au paragraphe 172 des Orientations, d’instruire et soumettre les informations techniques nécessaires au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant que toute autre décision ne soit prise ;
  9. Demande de plus que des informations complémentaires sur les méthodes de conservation utilisées sur les édifices historiques au sein du bien, ainsi que les propositions de projet pour le couvent de San Francisco et pour l’église Santa Bárbara, soient soumises au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  10. Exprime son inquiétude quant au fait qu’aucun plan de gestion des risques de catastrophes n’ait été élaboré pour répondre aux risques posés par les séismes et ouragans, et demande d’autre part à l’État partie d’élaborer un tel plan et de le soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session.