1.         Contrée naturelle et culturo-historique de Kotor (Monténégro) (C 125ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1979-2003

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/125/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1979-1982)
Montant total approuvé : 70 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/125/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2003 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; janvier 2006 : cours de planification de gestion ; février 2008 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; mars 2013 : mission de conseil de l’ICOMOS ; octobre-novembre 2018 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS suivi réactif

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/125/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

L'État partie a soumis le 31 janvier 2020 un rapport sur l'état de conservation, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/125/documents/. L’État partie a fourni des informations supplémentaires et des mises à jour pendant toute l’année 2020 et début 2021. Ces documents font état comme suit des progrès réalisés dans un certain nombre de domaines abordés par le Comité lors de ses précédentes sessions :

Le 23 avril 2021, le Centre du patrimoine mondial a demandé des informations à l’État partie conformément au paragraphe 174 des Orientations à propos du projet de construction d’un complexe d’appartements à Risan.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La mise en œuvre des décisions du Comité continue de progresser, et les recommandations de la mission de 2018 sont intégrées à un certain nombre de documents stratégiques et d'outils de planification à long terme.

Les amendements de la Loi sur la protection de la contrée naturelle et culturo-historique de Kotor ont été adoptés, afin de présenter plus clairement les modalités d’application des EIP, en attendant l'adoption du Plan de gestion révisé. Il est signalé que le Plan de gestion révisé entraînera, à son tour, l'adoption d’une nouvelle législation visant à améliorer le système de gestion. Ce processus a révélé la nécessité d’une approche plus nuancée de la zone tampon ; une étude est donc prévue pour déterminer les zones dans lesquelles les projets devront obligatoirement faire l'objet d'une EIP.

Le plan territorial d’urbanisme de la municipalité de Kotor a été adopté, et l'EIP destinée à harmoniser la politique/le cadre et les instruments de planification devrait être envoyée prochainement au Centre du patrimoine mondial pour examen. Par ailleurs, le plan d’urbanisme détaillé de Lepetani est en cours d'élaboration et sera soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen avant son adoption. Ces efforts montrent l'engagement de l'État partie à traduire ses obligations envers le patrimoine mondial dans sa gestion du bien.

Toutefois, de nouveaux progrès sont nécessaires pour garantir que cette planification stratégique se reflète dans la prise de décision sur les projets individuels. Bien que l'État partie communique régulièrement avec le Centre du patrimoine mondial sur les propositions de projets et qu’il réalise des EIP, une divergence persiste entre certaines conclusions des EIP et les recommandations de la mission de 2018 et les études techniques de l'ICOMOS. Il est suggéré comme une nécessité que les EIP soient mises en œuvre en se référant strictement aux documents stratégiques en cours d’élaboration, qu’un lien soit clairement établi dans les EIP entre l'analyse des impacts potentiels sur la VUE et les conclusions du rapport, et que (comme le reconnaît l'article 2 de la loi modifiée), le processus des EIP informe toutes les étapes de la conception, au lieu d’être une évaluation rétrospective d'un projet abouti. Cela devrait être adopté pour la future EIP du pont de Verige et pour les autres évaluations à venir. Le projet de l'État partie d'harmoniser le plan de gestion, le projet de plan territorial d’urbanisme et l'EIP est donc accueilli favorablement.

À la suite d’une réunion de haut niveau organisée le 5 février 2020 au siège de l'UNESCO entre le Sous-Directeur général pour la culture de l'UNESCO, la Directrice du Centre du patrimoine mondial et le Ministre de la culture du Monténégro, un dialogue constructif s’est engagé entre le Centre du patrimoine mondial, l'ICOMOS et les autorités nationales, afin de fournir une assistance consultative aux institutions de l'État pour améliorer de la meilleure façon qui soit l'EIP de la reconstruction de l'hôtel Teuta à Risan. Le 25 septembre 2020, l'État partie a présenté au Centre du patrimoine mondial et à l'ICOMOS dans le cadre d’une réunion en ligne les plans révisés de la reconstruction de l'hôtel Teuta à Risan, puis a soumis une EIP révisée en novembre 2020. La nouvelle conception proposée réduira les impacts négatifs de la structure existante sur les vues rapprochées et celles plus éloignées (notamment depuis le site archéologique de Carine), améliorera la structure urbaine de Risan et éliminera tout risque pour les dépôts archéologiques sous le sol artificiel sur lequel repose l'hôtel, ce qui doit être salué.

Les propositions concernant un téléphérique Kotor-Lovćen et une route locale pour la péninsule de Luštica (Lovćen) ne semblent pas poser de problèmes à ce stade, pas plus que le Plan d'activités pour le port de Kotor. Toutefois, il est recommandé que le Comité demande à l'État partie, en plus de maintenir la communication avec le Centre du patrimoine mondial à mesure de l'avancement des projets (en fournissant, par exemple, des visuels précis du téléphérique), d'examiner les impacts indirects et cumulatifs de ces projets sur le bien. La route de Luštica a pour objectif de faciliter la construction de stations touristiques, et bien que l’amélioration du port de Kotor soit accueillie favorablement, l'un de ses principaux objectifs reste d'accueillir des bateaux de croisière. Ces exemples montrent que la gestion du tourisme et de son impact sur le patrimoine mondial pose des défis d’envergure, qui dépassent largement la simple prise en compte des projets de construction ou d'infrastructure pris individuellement.

Décision adoptée: 44 COM 7B.51

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 43 COM 7B.87, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Se félicite des efforts constants de l'État partie pour améliorer le système de gestion du bien, notamment par l’adoption d’amendements à la loi sur la protection de la Contrée naturelle et culturo-historique de Kotor et la révision en cours du plan de gestion, la mise à jour de l'évaluation d'impact sur le patrimoine (EIP) de la Contrée naturelle et culturo-historique de Kotor en vue d’harmoniser la politique/le cadre et les instruments de planification, ainsi que l'élaboration du plan d’urbanisme détaillé de Lepetani et l’étude à venir sur la zone tampon, et demande à l'État partie de soumettre ces documents au Centre du patrimoine mondial avant leur adoption ;
  4. Prend acte de l'adoption du plan territorial d'urbanisme de la municipalité de Kotor, et se félicite également que les recommandations de l’étude technique de l'ICOMOS sur le projet de plan aient été prises en compte dans le document de planification adopté ;
  5. Demande également que le plan de gestion révisé intègre les recommandations de la mission de 2018, afin de devenir un instrument pleinement opérationnel pour la gestion efficace de l'ensemble du bien et de sa zone tampon, avec des politiques et des dispositions contraignantes approuvées par le gouvernement au niveau national et local dans le cadre de l’évolution du cadre juridique, en abordant notamment les aspects suivants :
    1. les questions de développement, en harmonie avec le projet de plan territorial d’urbanisme de la municipalité de Kotor,
    2. la conservation des attributs matériels et immatériels qui transmettent la valeur universelle exceptionnelle (VUE) et d'autres valeurs,
    3. la réduction des risques de catastrophes,
    4. la gestion du tourisme, notamment les problèmes liés aux impacts directs, indirects et cumulatifs éventuels du tourisme sur le bien ;
  6. Se félicite en outre de la préparation des EIP demandées pour différents projets de développement et de la communication régulière d'informations sur d'autres projets à l'étude, et encourage l'État partie à continuer d'améliorer le processus des EIP à la lumière des documents stratégiques en cours d’élaboration pour le bien ;
  7. Salue l'État partie d'avoir pris en considération les recommandations de l'ICOMOS pour la reconstruction de l'hôtel Teuta, et se félicite par ailleurs que les plans de la conception révisée atténuent sensiblement l'impact négatif de l'hôtel existant sur la valeur universelle exceptionnelle du bien du patrimoine mondial ;
  8. Demande en outre à l'État partie de prendre en considération les conclusions de l’étude technique de l'ICOMOS sur le complexe d’hébergement de Morinj et de réexaminer ces projets à la lumière du plan territorial d’urbanisme de la municipalité de Kotor et d'envisager d'autres options pour leur conception, afin d'éviter des impacts négatifs sur la VUE ;
  9. Demande par ailleurs à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, une EIP pour le projet de pont de Verige, des visuels précis du téléphérique de Kotor-Lovćen, une documentation sur le projet de passage souterrain près de la vieille ville de Kotor et des informations sur tout projet de développement envisagé en relation avec la route de la péninsule de Luštica ;
  10. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e