1.         Site archéologique de Carthage (Tunisie) (C 37)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/37/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-2001)
Montant total approuvé : 213 315 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/37/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Campagne internationale de sauvegarde de 1973 à 1989

Missions de suivi antérieures

1980 à 2011 : 15 missions techniques ; janvier 2012 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; avril 2019 : mission de conseil conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/37/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

L’État partie a soumis le 31 janvier 2020 un rapport sur l’état de conservation, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/37/documents/, qui décrit la progression de la mise en œuvre des recommandations du Comité émises à ses 42e et 43e sessions, comme suit :

LInstitut national du patrimoine a informé le Centre du patrimoine mondial le 10 mars 2020 que la démolition de la construction illégale de l’École Nationale de Formation des Cadres de police avait commencé.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le travail entrepris pour stopper les activités de construction illégales et démolir un certain nombre d’édifices illicites, dont ceux de l’École Nationale de Formation des Cadres de police à Salammbô, est louable, bien que, dans quelques cas, les processus de démolition soient retardés du fait de contraintes liées au changement de gouvernement.

Les mesures clés pour commencer à contrôler le développement affectant le bien sont la nouvelle politique d’acquisition de terrains et les actions entreprises par le ministère des Affaires culturelles pour récupérer des terres qui avaient été confisquées à la suite de la révolution. Jusqu’à présent, six terrains ont été acquis, dont un dans la zone du cirque romain. Une proposition de modification mineure des limites a été soumise pour évaluation et des commentaires ont été transmis par le Centre du patrimoine mondial, demandant plus d’information pourassurer la conformité de cette proposition avec les exigences des Orientations. La création, en septembre 2019, d’une unité de recherche pour l’archéologie préventive au sein de l’Institut national du patrimoine est accueillie avec satisfaction.

Bien que ces mesures soient toutes positives, certaines préoccupations restent sans réponse claire. Alors que le projet de PPMV 2020 a été révisé pour prendre en compte la proposition de modification mineure des limites, on ne voit pas clairement comment il sera intégré dans le plan de développement local. Aucune réponse n’a été fournie au sujet de la recommandation du Comité concernant la préparation et l’adoption d’un plan de gestion, ni des recommandations de la mission de conseil conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2019 qui mentionnait la mise en place de stratégies de communication avec des parties prenantes locales et le réexamen de la protection législative.

S’attaquer aux causes socio-économiques profondes des pressions dues au développement demeure un défi de taille. Bien que la possession par l’État d’un nombre croissant de terrains représente une aide pour limiter le développement, cela ne saurait être considéré comme le seul outil nécessaire pour atténuer les pressions dues à ce phénomène. Il est encore nécessaire de tenir compte de la manière dont la gestion du bien se rapporte aux plans et outils urbanistiques plus larges, et en particulier à ceux qui sont liés au développement socio-économique. Il est nécessaire qu’une relation plus symbiotique existe entre les zones environnantes et le bien plutôt que de considérer ce dernier comme une île isolée. Bien qu’il puisse paraître difficile d’y parvenir, compte tenu de la taille comparativement petite du bien et de sa situation dans une grande métropole urbaine, cela aiderait à donner aux résidents l’occasion de participer à la mise en valeur du site. 

Décision adoptée: 44 COM 7B.18

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 43 COM 7B.55, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Félicite l’État partie de ses travaux en cours visant à lutter contre le développement illégal et note que deux douzaines de structures ont été démolies et que la démolition de structures illégales a commencé à l’École Nationale de Formation des Cadres de police de Salammbô ;
  4. Demande à l’État partie d’accélérer la démolition des structures illégales restant sur le bien ;
  5. Note également l’avancée positive qui a été réalisée avec la nouvelle politique d’acquisition de terrains et les mesures prises par le ministère des Affaires culturelles pour récupérer des terres qui avaient été confisquées pendant la Révolution, en tant que moyen de contrôler des pressions dues au développement, et accueille favorablement la création d’une unité de recherche pour l’archéologie préventive au sein de l’Institut national du patrimoine ;
  6. Prie instamment l’État partie, d’envisager de poursuivre ses efforts pour lutter contre les causes socio-économiques profondes des pressions dues au développement au travers de structures et d’outils de planification du développement urbain plus étendus afin d’engendrer une relation plus symbiotique entre les zones environnantes et le bien et d’assurer que les résidents locaux peuvent participer à la mise en valeur du site ;
  7. Note en outre que le plan de protection et de mise en valeur a été révisé pour refléter la proposition de modification mineure des limites soumise, et demande également à l’État partie d’adopter ce plan une fois la proposition de modification des limites finalisée et d’exposer la manière dont il sera intégré dans le plan de développement local ;
  8. Rappelle à l’État partie son obligation de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, conformément au paragraphe 172 des Orientations, des informations précises sur tous les projets en cours ou prévus, y compris les travaux majeurs de restauration et de réhabilitation du bien, ainsi que sur toute nouvelle construction envisagée au sein du bien et de ses environs ;
  9. Réitère sa demande à l’État partie d’élaborer et de mettre en œuvre un plan de gestion pour coordonner les activités de gestion et de conservation menées sur le bien par les parties prenantes concernées, et prie aussi instamment l’État partie d’examiner les recommandations de la mission de 2019 qui prévoient l’élaboration de stratégies de communication avec des parties prenantes locales, et la révision de la protection législative ;
  10. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e