1.         Babylone (Iraq) (C 278rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2019

Critères  (iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/278/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/278/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Deux missions à Babylone pour la préparation du « Rapport final sur l’évaluation des dégâts à Babylone », par le Comité international de coordination pour la sauvegarde du patrimoine culturel de l’Iraq – sous-comité sur Babylone (2008-2009)

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Facteurs identifiés lors de l'inscription:

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/278/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

Le 3 février 2020, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, puis une version actualisée de ce rapport le 28 janvier 2021. Ces rapports sont disponibles à http://whc.unesco.org/fr/list/278/documents/ et couvrent les biens du patrimoine mondial de Hatra, Assour (Qalat Cherqat), la ville archéologique de Samarra, ainsi que des informations sur les éléments culturels des Ahwar du sud de lIraq : refuge de biodiversité et paysage relique des villes mésopotamiennes (rapport de 2021 seulement) et Babylone. Les rapports traitent des recommandations émises au moment de linscription du bien en 2019 (décision 43 COM 8B.13) comme suit :

La mise au point de travaux de conservation et de réhabilitation sur le bien, avant et après son inscription, est présentée. L’État partie travaille sur le site avec le Fonds mondial pour les monuments (WMF) depuis 2008. Des travaux de conservation sont en cours et un financement supplémentaire a été accordé. Des informations sont fournies sur les travaux de conservation du temple d’Ishtar et du temple de Ninmah, qui sont exécutés sous la supervision du Conseil national des antiquités et du patrimoine (SBAH) et du WMF. Parmi les autres travaux réalisés figurent des études pour mesurer et contrôler le niveau des nappes phréatiques, qui ont identifié deux réservoirs d’eaux souterraines ;

L’État partie indique qu’il est parfaitement conscient des plans et équipements nécessaires pour ses biens du patrimoine mondial, y compris Babylone, et qu’il entend compléter ces plans afin de protéger et soutenir la valeur universelle exceptionnelle (VUE) de ces biens ;

En ce qui concerne la recherche, un bref exposé est fourni sur l’histoire de la recherche archéologique sur le bien ;

S’agissant de la connaissance du bien communiquée aux visiteurs et de sa présentation, l’État partie précise que la planification s’organise pour la conception de sentiers pour les visiteurs et la création d’équipements d’infrastructure, dont un centre d’accueil des visiteurs.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le rapport de l’État partie signale une sensibilisation aux problèmes clés, et il est recommandé que le Comité prenne note des impacts de l’épidémie de Covid-19. Les avancées ont été limitées par rapport aux recommandations formulées par le Comité du patrimoine mondial au moment de l’inscription. Il est clair que l’État partie est confronté à des défis majeurs et s’est engagé à maintenir la VUE de ses biens du patrimoine mondial, y compris Babylone.

Au moment de l’inscription, le Comité du patrimoine mondial a souligné que l’état de conservation du bien était très préoccupant et constituait un péril avéré en l’absence d’une approche de conservation programmée et coordonnée et d’interventions prioritaires urgentes. C’était dans ce contexte que le Comité recommandait l’élaboration et la finalisation d’un plan de conservation complet. Alors que certaines activités de conservation récentes ont été menées, sous la conduite du SBAH et avec la participation du WMF, aucune indication n’est donnée sur l’élaboration d’un plan de conservation complet.

L’évaluation de l’ICOMOS note qu’un plan de gestion avait été approuvé en septembre 2018, identifiant et détaillant les risques, les problèmes et les défis posés par la conservation. Toutefois, ses stratégies et objectifs sont abstraits et il ne prévoit pas d’actions structurées ni de méthodologies claires. Dans sa décision, le Comité indiquait qu’il était essentiel que les principes généraux énoncés dans le plan soient ensuite traduits en actions concrètes sur site.

Il est recommandé que le Comité réitère sa demande à l’État partie de soumettre un tel plan de conservation complet dans le cadre d’un plan de gestion étoffé au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives, préalablement à son adoption.

Les motifs exposés dans l’évaluation de l’ICOMOS pour recommander d’approfondir les recherches sur les relations entre la capitale néo-babylonienne et son paysage élargi étaient que, alors que la zone tampon actuelle d’une largeur de 100m fournit un surcroît de protection à la ville archéologique, elle ne peut pas, en raison de son étendue limitée, contribuer à la protection du cadre visuel de la ville.

À cet égard, il est recommandé que le Comité réitère sa demande à l’État partie de mener ces recherches, en s’appuyant sur les résultats de ces recherches pour envisager une extension supplémentaire de la zone tampon afin de répondre aux problèmes actuels et aux futurs problèmes potentiels qui peuvent être identifiés dans le cadre plus large de la ville archéologique.

Dans le cadre du processus de proposition d’inscription, l’État partie avait soumis en février 2019 un nouveau concept tridimensionnel de délimitations. Un certain nombre de constructions du XXe siècle sur le bien en ont été exclues, devenant ainsi des îlots de zone tampon, tandis que les ressources archéologiques, connues ou potentielles, sous ces îlots sont incluses dans le bien. Les éléments maintenus à l’intérieur du bien sont les murs reconstruits sur des vestiges archéologiques et des interventions du XXe siècle en matière d’aménagements paysagers artificiels. Au moment de l’inscription, le Comité soulignait que la future gestion des constructions du XXe siècle exclues au sein de l’ensemble du bien serait cruciale pour la préservation de la condition fragile d’intégrité. Il est recommandé que le Comité réitère également sa demande à l’État partie de faire connaître aux visiteurs le concept tridimensionnel des délimitations et l’exclusion explicite des ajouts du XXe siècle du bien.





9. Décision générale sur les biens du patrimoine mondial de l’Iraq

Problèmes de conservation actuels

Le conflit en Iraq entre 2014 et 2017 a conduit à une crise humanitaire massive et provoqué des dommages importants au patrimoine culturel iraquien à cause de destructions délibérées, de fouilles illégales et de pillages, ainsi que de dommages collatéraux. Trois biens du patrimoine mondial iraquien ont souffert de ce conflit, la Ville archéologique de Samarra, Assour (Qal'at Cherqat) et Hatra. En outre, les sites archéologiques de Nimrod et de l'ancienne ville de Ninive, qui figurent sur la liste indicative de l'Iraq, ont également été gravement endommagés par des actes de destruction délibérée. Dans la Vieille ville de Mossoul, inscrite sur la liste indicative depuis août 2018, des sites, monuments et bâtiments importants ont été systématiquement pris pour cible, notamment des sites du patrimoine historique et religieux comme la mosquée al-Nouri et son emblématique minaret al-Hadba.

Le 3 février 2020 et le 28 janvier 2021, l'État partie a soumis des rapports sur l'état de conservation, disponibles à https://whc.unesco.org/fr/sessions/44com/?documents&#state_of_conservation_reports. Ces rapports donnent une vue d'ensemble de l'état de conservation de la Ville archéologique de Samarra, d'Assour (Qal'at Cherqat) et de Hatra, et des dommages infligés par le conflit, mais pas d'évaluation détaillée. Les rapports expriment le besoin d'un soutien financier pour améliorer l'état de conservation des biens du patrimoine mondial et le souhait de l'État partie de travailler en étroite collaboration avec la communauté internationale à cet égard. Le rapport de 2021 mentionne que la propagation du COVID-19 a contribué à limiter les activités de conservation et de gestion. Le projet de construction du barrage de Makhool à Assour (Qal'at Cherqat) a été réactivé et l'État partie a demandé un soutien pour préserver le bien et les sites archéologiques situés dans le bassin du barrage.

L'État partie réitère sa demande de missions destinées à évaluer les dommages et les travaux de conservation, et demande le soutien du Centre du patrimoine mondial pour l'élaboration de mesures correctives en vue du retrait éventuel des trois biens de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Activités réalisées par l'UNESCO

Activités réalisées par les Organisations consultatives

Analyse et Conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La situation de conflit en Iraq a affecté directement ses trois biens de la Liste du patrimoine mondial en péril, et à des degrés divers certains de ses sites de la Liste indicative. La destruction délibérée du patrimoine culturel pendant la période de conflit entre 2014 et 2017 est particulièrement préoccupante. En raison de la situation sécuritaire dans plusieurs régions du pays et des ressources très limitées, les autres biens du patrimoine mondial et les sites de la liste indicative de l'Iraq ont été indirectement affectés. En outre, les fouilles illégales et le pillage des sites archéologiques ont causé des pertes importantes et des dommages irréversibles, bien qu'il y ait eu plusieurs épisodes de restitution de biens culturels ces dernières années.

Depuis la libération de parties importantes du pays en 2017, l'Iraq est confronté aux défis du relèvement tout en affrontant une crise humanitaire sans précédent. Cela est particulièrement évident dans la Vieille ville de Mossoul, où l'UNESCO est actuellement engagée dans le cadre de son initiative phare « Raviver l’esprit de Mossoul ».

L'absence d'évaluations détaillées des dommages pour les trois biens du patrimoine mondial inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril reste préoccupante, malgré le travail de documentation plus récent effectué par une équipe d'experts en février 2020, grâce au soutien de l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine culturel dans les zones de conflit (ALIPH), ainsi que la soumission d'une étude supplémentaire sur l'état du rapport d'évaluation des dommages pour Hatra, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/277/documents/. Ce rapport comprend des informations générales sur le processus de relèvement prévu, de brèves descriptions et des photographies des dommages subis par les différents éléments, ainsi que des recommandations de haut niveau, y compris la réitération d’une demande de mission. Des évaluations détaillées des dommages sont nécessaires pour évaluer la situation et prévoir les travaux de stabilisation et de conservation, notamment la réparation, la réhabilitation et la reconstruction des monuments importants, avant que des interventions puissent avoir lieu. Il est recommandé au Comité de rappeler à l'État partie sa demande précédente figurant dans la décision 43 COM 7A.21, selon laquelle les travaux de réparation et de réhabilitation doivent être guidés par un plan de conservation global préparé en étroite collaboration avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives. Il convient également d'évaluer les risques potentiels autres que ceux spécifiquement liés au conflit, comme ceux relatifs à la détérioration naturelle et les inondations potentielles, et de planifier le relèvement et la gestion des biens à plus long terme. À cet égard, la réactivation de la proposition de construction du barrage de Makhool est très préoccupante, en raison d’un risque éventuel de nouveau danger pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) d'Assour (Qal'at Sherqat).

Il est recommandé au Comité de demander à l'État partie de soumettre une documentation détaillée sur tous les dommages subis par les biens du patrimoine mondial et d'entreprendre des travaux de protection et de stabilisation urgents uniquement dans les cas où l'effondrement ou de nouveaux dommages sont imminents, selon le principe d’une intervention a minima. Les informations requises comprennent des relevés photographiques systématiques, des dessins, des graphiques et des données quantitatives, ainsi que l'identification des risques potentiels. Les éléments trouvés sur le bien, et résultant de dommages liés au conflit, doivent être récupérés et rassemblés dans un endroit sûr. Les limites des biens doivent être protégées des fouilles illégales et des pillages.

De plus, il est recommandé au Comité de rappeler à l'État partie d'informer, par l'intermédiaire du Centre du patrimoine mondial, de tout projet futur de restauration majeure ou de nouvelle construction susceptible d'affecter la VUE des biens du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant de prendre toute décision qui serait difficilement réversible.

Le Comité devrait également réitérer son appel aux États parties pour qu'ils coopèrent dans la lutte contre le trafic illicite de biens culturels en provenance d'Iraq et contribuent à la sauvegarde de son patrimoine culturel.

Décision adoptée: 44 COM 7B.14

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 43 COM 8B.13, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Prend note des progrès accomplis par l’État partie dans la poursuite de certaines activités de conservation et dans la présentation du bien ;
  4. Réitère sa demande à l’État partie de continuer à travailler sur les problèmes notés par le Comité au moment de l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial, y compris en :
    1. Élaborant et finalisant le plan de conservation complet du bien, lequel traitera les divers facteurs de risques identifiés dans la carte des risques transmise (y compris en proposant des mesures concrètes pour leur réduction et atténuation effectives ainsi que la mise en place d’un schéma d’intervention prioritaire pour les mesures de conservation nécessaires les plus urgentes),
    2. Étoffant le plan de gestion pour y inclure le plan de conservation complet afin de permettre à l’équipe gestionnaire de se concentrer sur des interventions prioritaires et urgentes, et fournissant des orientations de mise en œuvre précises ainsi que des indicateurs de qualité pour assurer la réussite de sa mise en œuvre,
    3. Poursuivant les recherches sur les relations entre la capitale néo-babylonienne et son paysage élargi, en particulier en direction de l’Euphrate et, sur la base des résultats de ces recherches, envisageant une extension supplémentaire de la zone tampon afin de répondre aux problèmes actuels et aux futurs problèmes potentiels qui peuvent être identifiés dans le cadre plus large de la ville archéologique,
    4. Faisant connaître aux visiteurs le concept tridimensionnel de délimitations et l’exclusion explicite des ajouts du XXe siècle du bien ;
  5. Rappelle à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour évaluation par les Organisations consultatives, des informations détaillées sur tous les travaux en cours et futurs, au sein du bien ou de sa zone tampon, susceptibles d’affecter la valeur universelle exceptionnelle du bien, conformément au Paragraphe 172 des Orientations;
  6. Salue la disposition de l’État partie à recevoir dans les plus brefs délais une mission de conseil conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS afin de venir en appui à l’État partie pour mettre au point un plan d’action échelonné et chiffré pour la conservation du bien ;
  7. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e