1.         Basse vallée de l'Omo (Éthiopie) (C 17)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/17/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1996-2015)
Montant total approuvé : 17 018 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/17/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 400 000 euros de l’Union Européenne (projet lancé en 2016) 

Missions de suivi antérieures

avril 2015: mission de suivi réactif conjointe UNESCO/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/17/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

L'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 28 novembre 2019, disponible à https://whc.unesco.org/fr/documents/180126, qui présente l’évolution des questions de conservation traitées par le Comité à sa 42e session comme suit :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Concernant les détails sur les aménagements complémentaires au projet principal demandés par le Comité, l'État partie se réfère au plan détaillé fourni en 2018 et suggère que le projet aura un impact moindre sur le site du patrimoine mondial dans la mesure où, sur les 100 000 ha du KSDP seuls 42 000 ha du projet sont situés à proximité du site. De plus, l’étendue du KSDP et le nombre d’usines associées ont été réduits, les 300 ha de terre consacrés à la construction sont très éloignés (35 km) du site et une zone tampon libre de toute activité industrielle a été créée. Néanmoins, aucun détail supplémentaire n’a été fourni concernant l’alignement des routes d’accès et leur situation par rapport au bien et son environnement. L’impact de ces activités ne saurait être évalué sans ces éléments d’information ni les résultats de l’EIE et de l’EIP complété et actualisé.

Au lieu de revoir/améliorer l’EIE et l’EIP, comme le demandait le Comité, l'État partie a produit une EIE entièrement nouvelle. Celle-ci est basée sur une décision stratégique prise par le gouvernement visant à transférer le projet de plantation sucrière au secteur privé. Avec ce changement majeur à l’esprit, et avant de transférer le projet au secteur privé, le gouvernement a demandé une nouvelle évaluation d'impact environnemental et social (ÉIES) auprès d’un consultant indépendant. Ce rapport, attendu pour janvier 2020, reste à soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les organisations consultatives. À cet égard, l'État partie d’Éthiopie ne fait aucune référence à l'évaluation stratégique environnementale (ESE) qui devait évaluer les impacts potentiels du barrage Gibe III et du projet Kuraz sur le bassin du lac Turkana, au sujet duquel l'État partie du Kenya a informé le Centre du patrimoine mondial par une lettre du 23 juin 2017 que l’ESE ne serait pas prête pour l’échéance de février 2018, fixée par la décision 39 COM 7B.4. Il a cependant donné l’assurance qu’aucune nouvelle activité ne serait entreprise tant que l’EIE n’aurait pas été achevée. En attendant les résultats de cet examen, l'État partie a également reporté le délai pour actualiser et compléter l’EIP précédemment soumise et pour laquelle l’ICOMOS a fourni un examen technique en 2017. Il est recommandé que le Comité prie instamment l'État partie de fournir ces éléments sans délai.

Bien que l'État partie ait progressé concernant la question des délimitations, il est regrettable qu’un projet de proposition n’ait pas été achevé et proposé pour examen, comme le demandait le Comité. Il est rapporté qu’une zone tampon libre de toute activité complémentaire a été créée entre le bien et la zone de développement des activités, mais aucune information n’a été fournie concernant leur ampleur et son étendue, ces éléments ne pouvant être définis avec précision tant que les limites du bien ne sont pas finalisées et approuvées.

Des progrès ont été réalisés concernant le développement du plan de gestion et un projet a été soumis en 2019, pour lequel l'État partie a reçu un retour d’information en novembre 2019. Il est recommandé que le Comité prie instamment l'État partie de finaliser le plan de gestion en tenant compte du retour d’information fourni, et de commencer sa mise en œuvre.

Bien que les deux dernières décisions du Comité (41 COM 7B.68 et 42 COM 7B.44) n’aient pas traité la question de l'évaluation stratégique environnementale (ESE) afin d’évaluer l’impact potentiel du KSDP et ses activités complémentaires sur le bassin du lac Turkana, comme demandé aux États parties d’Éthiopie et du Kenya depuis 2012 (décisions 36 COM 7B.3, 39 COM 7B.4 et 40 COM 7B.80), il est regrettable que l'État partie n’ait fourni aucune information. Il est important que les États parties d’Éthiopie et du Kenya continuent le dialogue afin d’entreprendre sans délai cette ESE attendue depuis longtemps.

Décision adoptée: 44 COM 7B.4

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 41 COM 7B.68 et 42 COM 7B.44, adoptées à ses 36e (Saint-Pétersbourg, 2012), 39e (Bonn, 2015), 40e (Istamboul/UNESCO, 2016), 41e (Cracovie, 2017) et 42e (Manama, 2018) sessions respectivement,
  3. Accueille favorablement les informations actualisées sur le projet Kuraz Sugar Development (KSDP) soumis par l'État partie et note que des progrès notables n’ont pas été réalisés ;
  4. Note que des données quantitatives ont été fournies sur les aménagements complémentaires au projet principal à proximité du bien, mais pour évaluer leur impact sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE), et demande à l'État partie de soumettre les détails complets ainsi que les résultats de la nouvelle évaluation de l’impact environnemental (EIE) et de l’évaluation de l’impact sur le patrimoine (EIP) actualisée ;
  5. Regrette qu’un projet de proposition de délimitation en cours de développement dans le cadre d’un programme financé par l’UE n’ait pas été achevé et soumis pour examen, comme le demandait le Comité, et prie instamment l'État partie de donner la priorité à cet élément crucial qui est nécessaire pour étayer le plan de gestion et le développement d’une zone tampon, et de soumettre des projets de proposition de délimitation au Centre du patrimoine mondial pour examen par les organisations consultatives avant que des décisions soient prises ;
  6. Note aussi qu’une nouvelle évaluation d'impact environnemental et social (ÉIES) a été demandée et que ses résultats étaient attendus en janvier 20202, et demande également que l'État partie soumette sans plus tarder le rapport, ainsi que les processus de consultation de la communauté qui ont été suivis, au Centre du patrimoine mondial pour examen par les organisations consultatives ;
  7. Demande en outre à l'État partie d’actualiser et de compléter l’EIP en tenant compte des nouveaux développements complémentaires et leur impact sur la VUE du bien et l’examen technique de l’ICOMOS en novembre 2017 ;
  8. Note en outre les progrès réalisés dans le développement du plan de gestion financé par l’UE et demande à l'État partie de finaliser le plan sur la base du retour d’information, d’obtenir l’accord des autorités compétentes et de commencer la mise en œuvre ;
  9. Prie aussi instamment à l'État partie, en collaboration avec l'État partie du Kenya, de faire progresser le développement de l'évaluation stratégique environnementale (ESE) afin d’évaluer les impacts potentiels du KSDP et ses activités complémentaires sur le bassin du lac Turkana, comme demandé par le Comité depuis 2012 ;
  10. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e