1.         Axoum (Éthiopie) (C 15)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (i)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/15/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1996-1996)
Montant total approuvé : 2 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/15/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 5,07 millions de dollars EU par le fonds-en-dépôt italien pour le “Projet de mise en valeur du site archéologique d'Axoum : études préparatoires pour la réinstallation de l'obélisque et renforcement des capacités pour la conservation archéologique - Phase 1 », « Réinstallation de l'obélisque - Phase 2 » et « Consolidation de la stèle 3 »

Missions de suivi antérieures

Novembre 1998 : mission de réévaluation ICCROM pour la Banque Mondiale ; 2005, 2006, 2007, 2008 et 2009 : missions du Centre du patrimoine mondial et d’experts pour la mise en œuvre du projet de l’obélisque ; février 2010 et janvier 2013 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; février 2016 : mission de suivi réactif ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/15/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 28 novembre 2019, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1455/documents. Ce rapport a été précédé d’un rapport d’étape daté du 31 janvier 2019. Ces deux rapports fournissent les informations suivantes sur les avancées réalisées dans la mise en œuvre des recommandations adoptées par le Comité lors de sa 42e session (Manama, 2018) :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L’État partie rend compte des avancées sur les questions relatives au système de gestion et au maintien de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ont été sollicités pour contribuer à l’élaboration d’un plan de gestion du bien approprié et à la consolidation de la stèle III.

La mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif de 2013 et la mission ICOMOS de suivi réactif de 2016 ont toutes deux recommandé que le plan directeur de 2007, le plan directeur thématique de 2010 et le plan structurel de 2016 fassent l’objet d’Évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) complètes avant que leur mise en œuvre soit poursuivie, mais ces recommandations n’ont pas été prises en compte. Le plan structurel de 2016 n’a pas encore été transmis. L’articulation entre le plan structurel de 2016 et le plan directeur thématique de 2010 demeure incertaine. Certaines demandes d’information du Comité restent en suspens, et certaines des recommandations des missions de 2013 et 2016 ne sont pas non plus prises en compte. Par exemple, aucune autre information n’a été fournie au Centre du patrimoine mondial sur les attributs archéologiques mis au jour lors de la construction du musée de l’église, comme l’avait demandé le Comité en 2015. Il convient de rappeler qu’en 2013, le Comité a adopté la recommandation de la mission de suivi réactif de 2013 selon laquelle : « La conception de la façade ouest de l’ensemble de bureaux et laboratoire doit être revue afin qu’elle apparaisse moins comme un élément architectural pratique et soit plus abstraite, ce qui serait possible en unifiant la façade comme un “seul” élément, par exemple grâce à l’apposition d’une résille filtrant la lumière ».

Le retard important pris dans l’achèvement du musée de l’église ne fait que confirmer l’urgence de répondre aux préoccupations soulevées par la mission de 2013 au sujet de la sauvegarde de la collection de ce musée. Il est recommandé au Comité de réitérer sa demande à l’État partie de soumettre une liste des projets en cours et prévus au sein du bien et de sa zone tampon, ainsi que les EIP appropriées.

Malheureusement, l’État partie a institué des limites pour le bien et sa zone tampon avant que celles-ci puissent être examinées par le Centre du patrimoine mondial sans soumettre de demande de modification mineure des limites, conformément au paragraphe 164 des Orientations, comme l’avait demandé le Comité en 2013 et 2015. Le Centre du patrimoine mondial est toujours en attente de la présentation des cartes détaillées des limites du bien, comme le Comité l’a demandé en 2013, 2015 et 2018.

L’examen technique de l’ICOMOS de la proposition de consolidation de la stèle III a conclu qu’il s’agissait d’une opération très risquée qui pourrait avoir un impact négatif direct sur la VUE du bien, notamment en raison de la faiblesse structurelle déjà constatée de la tombe des arches de brique située à proximité. L’ICOMOS a recommandé à l’État partie de renforcer le projet en y incluant un programme de suivi indépendant, et a conseillé de soumettre davantage d’informations pour examen avant la mise en œuvre du projet. Des propositions visant à stabiliser le mausolée et à résoudre les problèmes liés à la nappe phréatique dans la tombe des arches de brique ont également été examinées. Dans tous les cas, il a été conseillé à l’État partie de fournir des informations supplémentaires et de compléter la documentation transmise.

Enfin, le conflit armé dans la région du Tigré, qui a débuté en novembre 2020, a suscité des inquiétudes quant à ses répercussions éventuelles sur le bien. Il est appréciable qu’en réponse à cette crise, l'UNESCO ait mobilisé toutes les conventions culturelles pertinentes pour suivre la situation sur le terrain, en étroite consultation avec le bureau local de l'UNESCO à Addis-Abeba et l'Autorité pour la recherche et la conservation du patrimoine culturel (ARCCH) d'Éthiopie. Le fait qu'aucun dommage, destruction ou pillage n'ait été confirmé sur les sites du patrimoine culturel d'Axoum est noté avec soulagement. Cependant, à la lumière des diverses informations de tiers reçues par le Secrétariat qui font état de pillages, de destructions et de menaces potentielles sur des biens meubles comme des reliques, des crucifix ou des manuscrits anciens, il est fortement recommandé à l'État partie :

Décision adoptée: 44 COM 7B.3

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7B.43, adoptée à sa 42esession (Manama, 2018),
  3. Accueille favorablement la création du comité consultatif pour la gestion du bien ainsi que les actions de l’État partie en matière de planification du renforcement des capacités pour la gestion du site ;
  4. Accueille également favorablement la poursuite de la collaboration de l’État partie avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sur les questions techniques et demande à l’État partie de poursuivre en ce sens concernant la consolidation de la stèle III, la stabilisation structurelle du mausolée et de la tombe des arches de brique, en traitant le problème des eaux souterraines dans ladite tombe, et demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial toute la documentation relative aux interventions envisagées, et de ne commencer la mise en œuvre de ces projets qu’une fois qu’un accord complet sur les détails techniques et les protocoles de suivi aura été conclu avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  5. Note les avancées signalées par l’État partie pour la définition des limites du bien et de sa zone tampon et en vue de la mise en place d’un contexte législatif définissant la zone de conservation, et prie instamment l’État partie de soumettre une modification mineure des limites et des cartes détaillées indiquant les limites envisagées pour le bien et sa zone tampon, comme demandé précédemment, et conformément au paragraphe 164 des Orientations;
  6. Reste préoccupé par la gestion du bien et l’impact des projets de développement au sein de son cadre, et prie aussi instamment l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives :
    1. Le plan structurel de 2016,
    2. Les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) du plan directeur thématique de 2010 et du plan structurel de 2016 afin d’évaluer leur impact sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, ainsi qu’un document clarifiant l’articulation entre ces plans,
    3. Un calendrier actualisé concernant l’achèvement du musée de l’église, y compris la soumission du projet de modification mineure de la façade, un rapport sur les éléments archéologiques mis au jour lors des fouilles et de la construction du musée de l’église, ainsi que des précisions sur la conservation de sa collection,
    4. Un rapport sur les activités et les réalisations du comité consultatif et de la gestion du site, portant spécifiquement sur la mise en œuvre du plan de gestion du bien,
    5. Des précisions sur l’ensemble des développements actuels et éventuels au sein du bien et de sa zone tampon, ainsi que les EIP appropriées, y compris pour les développements visés par la mission de 2016, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  7. Demande en outre à l’État partie d’élaborer un plan d’action accompagné d’échéances pour la mise en œuvre des recommandations des missions de 2013 et 2016 et des décisions antérieures du Comité, et de soumettre, d’ici le 1erfévrier 2022, une copie électronique de ce plan d’action, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  8. Demande également qu'à la lumière des divers rapports sur les pillages, destructions et dommages dans la région du Tigré, l'État partie :
    1. Evalue en détail, et en étroite coopération avec le Centre du patrimoine mondial et les Secrétariats de toutes les conventions culturelles pertinentes de l'UNESCO, l'impact du conflit sur le patrimoine culturel de la région, et en particulier sur la conservation et la gestion du bien,
    2. Assure la sauvegarde du bien par des mesures de protection,
    3. Entreprenne, si nécessaire, la réalisation d’une réponse aux situations d'urgence au moyen d’actions ciblées, en créant notamment un inventaire complet des objets du patrimoine culturel du bien et de leur état de conservation ;
  9. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2022, un rapport d’étape portant notamment sur l’évaluation de l’impact du conflit récent sur le patrimoine culturel de la région du Tigré et sur les mesures de protection adoptées, et d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e