1.         Palais royaux d'Abomey (Bénin) (C 323bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1985

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1985-2007

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/323/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1985-2014)
Montant total approuvé : 118 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/323/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 450 000 dollars EU par le gouvernement du Japon et par Riksantikvaren (Direction du patrimoine culturel norvégien) ; 50 365 dollars EU sur financement des Pays-Bas ; 100 000 dollars EU en 2021-2020 par le biais de la coopération entre l’UNESCO et le gouvernement de la Norvège

Missions de suivi antérieures

Mai-juin 2004 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif ; février 2006 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/CRAterre-ENSAG/Getty Conservation Institute ; février 2007 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; décembre 2012, avril 2016 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de suivi réactif ; octobre 2018 : mission ICOMOS de conseil

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/323/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

L’État partie a soumis un premier rapport sur l'état de conservation le 31 janvier 2020 et un second rapport le 22 janvier 2021. Ils sont disponibles à http://whc.unesco.org/fr/list/323/documents/. Par ailleurs, des détails complémentaires ont été communiqués dans un courrier en date du 28 avril 2020. Ces rapports répondent comme suit aux recommandations du Comité :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L'État partie a de nouveau reconnu les vulnérabilités de nombreuses structures dans les dix palais, y compris celles occasionnées par des interventions inappropriées, et les constructions illégales sur le territoire du bien et dans la zone tampon.

Toutefois, des approches pour la récupération du bien apparaissent désormais avec la mise en œuvre du plan de gestion révisé, le recrutement de deux nouveaux membres dans l’équipe en charge de la gestion, des discussions avec les parties prenantes, l’ébauche d'un plan de prévention des incendies et la poursuite et le refinancement du projet de conservation. Il convient de s’en féliciter, tout en gardant une certaine prudence. Les recommandations des deux dernières missions n’ont fait l’objet d’aucune des réponses demandées par le Comité, pas plus que les recommandations visant à installer un système de protection contre les incendies dans les principaux bâtiments et à développer un financement durable pour la conservation du bien.

Bien qu’il convienne de saluer le travail de restauration des zones dégradées, aucun détail n'a été communiqué sur les modalités de réalisation ou de documentation de ce travail, ni sur les preuves sur lesquelles il s'appuie. Ceci est particulièrement nécessaire pour la reconstruction, les plans devant être soumis à approbation afin de garantir le respect de l'authenticité et de l'intégrité. Le rapport le plus récent reconnait que les palais restent très vulnérables compte tenu de la fragilité des matériaux avec lesquels la plupart des structures sont construites et des conséquences des précédentes interventions inadéquates. Même des bâtiments bien conservés peuvent se dégrader facilement faute d’attention régulière et sont très sensibles aux risques tels que les incendies, et un plan de préparation aux risques est toujours en attente.

Pour remédier à long terme à cette situation, les autorités locales devraient être encouragées à élaborer une feuille de route claire ou un plan de restauration du bien pour définir la portée et l'étendue des problèmes à partir d’enquêtes et de recherches, puis les processus et les actions nécessaires pour y remédier. Il faut bien plus que des interventions site par site sur la structure physique : la restauration doit aborder les questions sociales et de planification, les moyens d’inscrire le bien dans une logique de durabilité, le soutien de toutes les parties prenantes et des autorités, et le recours à l'expertise professionnelle nécessaire. Un tel plan de restauration doit être élaboré et mis en œuvre de toute urgence si l'on veut que les palais conservent leur intégrité et leur authenticité. L’aide financière par le biais de la coopération entre l’UNESCO et le gouvernement de la Norvège pourrait donc être très utile dans ce domaine.

Les documents détaillés révisés sur le projet de musée montrent qu'il a été étendu pour englober la restauration et la réhabilitation des palais, ainsi qu'un programme de soutien à la formation traditionnelle durable et au patrimoine. Ces nouveaux éléments doivent être accueillis avec satisfaction et doivent être intégrés dans le plan de restauration global du bien et développés de manière beaucoup plus détaillée afin de garantir que la reconstruction et les modifications des bâtiments respectent la VUE du bien. Quant au musée proposé, bien que sa conception ait été modifiée avec des toits plus bas et un langage architectural qui respecte les traditions locales, sa taille et son emplacement dans la cour des Amazones restent problématiques. L'empreinte du musée occupe la moitié de la cour, rendant celle-ci illisible en tant que grand espace ouvert cérémoniel. Si le musée doit être installé dans la cour des Amazones, il doit être beaucoup plus petit et moins central et respecter globalement le symbolisme de l'espace en tant que partie essentielle de la disposition générale de l'ensemble intégré des dix palais. Des études volumétriques doivent être entreprises et soumises à examen, avant que tout autre plan ne soit élaboré.

Sur la base de ce qui précède, il est recommandé qu'une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM soit entreprise sur le territoire du bien dès que possible, afin d’examiner son état de conservation, les menaces potentielles auxquelles il reste confronté, la mise en œuvre des recommandations formulées par la précédente mission de 2016 et l’élaboration d’un plan de restauration et son intégration avec le projet de musée. 

Décision adoptée: 44 COM 7B.1

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 43 COM 7B.103, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Accueille avec satisfaction la révision du plan de gestion et de la nomination d'un nouveau comité de gestion, d'un gestionnaire de site et d'un conservateur pour le musée, et félicite l'État partie d'avoir pris des mesures énergiques contre l'occupation illégale à l'intérieur du bien ;
  4. Note avec satisfaction que le travail d'élaboration d'un plan de prévention des incendies a commencé, qu'une bouche d'incendie a été remise en service et que les coupe-feu ont été rétablis, et réitère sa demande à l'État partie d'installer dans l'avenir immédiat des systèmes de détection d'incendie appropriés dans les bâtiments principaux et de s'assurer que tous les extincteurs sont opérationnels ;
  5. Note les efforts de l'État partie pour lancer des travaux de conservation afin de réhabiliter les parties dégradées du bien, mais se déclare préoccupé par le fait qu’aucun détail n’a été communiqué pour démontrer de quelle façon ces travaux ont été entrepris ou justifiés afin de garantir le respect de l’authenticité et de l’intégrité.
  6. Se déclare très préoccupé par le fait que les vulnérabilités persistantes du palais demeurent et demande à l’État partie de poursuivre ses efforts contre le développement, l’aménagement et l’empiètement illégaux sur le territoire du bien ;
  7. Accueille également avec satisfaction, et comme mesures positives, le plan de gestion révisé et le renforcement de l’équipe de gestion, mais estime qu’elles ne suffisent pas à elles seules pour réaliser les changements fondamentaux nécessaires à la préservation des structures des dix palais qui composent l'ensemble du bien, ainsi qu’en matière de gouvernance, de planification et autres processus de contrôle ;
  8. Note également que, pour que les palais conservent leur authenticité et leur intégrité, une action urgente doit être engagée, et demande également à l'État partie d’élaborer de toute urgence un plan de restauration spécifique à partir d'enquêtes et de recherches adéquates, pour établir une base de référence permettant de mesurer les progrès accomplis, et de soumettre les grands axes de ce plan au Centre du patrimoine, pour examen par les Organisations consultatives (ICOMOS et ICCROM) ; ce plan comprendra un programme de restauration et de conservation échelonné et réalisable, basé sur une documentation et des études, ainsi que les changements de gouvernance appropriés pour permettre la participation et le soutien des parties prenantes et autorités concernés ;
  9. Remercie le gouvernement de la Norvège pour le soutien financier accordé au bien ;
  10. Réitère sa recommandation à l'État partie d'envisager l'établissement d'une stratégie globale pour le financement durable de la conservation du bien ;
  11. Accueille en outre avec satisfaction l'extension du projet de musée pour englober la restauration et la réhabilitation des palais, ainsi qu'un programme de soutien à la formation traditionnelle durable et au patrimoine, et demande en outre à l'État partie de veiller à ce que ces éléments soient intégrés dans le plan de restauration et que des propositions détaillées soient soumises à examen avant leur finalisation ;
  12. Note en outre que les plans du musée proposé ont été modifiés, avec des toits plus bas et un langage architectural qui respecte les traditions locales, et demande par ailleurs à l'État partie de déplacer le bâtiment ou de le rendre beaucoup plus petit et moins dominant, de sorte que la cour des Amazones reste lisible en tant que grand espace ouvert cérémoniel, et de soumettre des études volumétriques pour examen avant que d'autres plans détaillés ne soient élaborés pour la cour des Amazones ; demande de plus à l'État partie de réaliser des études d'impact sur le patrimoine (EIP) comme condition préalable aux projets et activités de développement à l'intérieur ou autour des éléments du bien, conformément au paragraphe 118bis des Orientations, avant toute prise de décision ;
  13. Demande en outre à l’État partie de poursuivre le dialogue avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives dans le cadre du calendrier d’exécution du projet du Musée de l’épopée des amazones et des rois du Danhomè, pour permettre un échange soutenu de documentation et s’assurer de la préservation de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  14. Demande par ailleurs à l'État partie d'inviter dès que possible une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM à se rendre sur le territoire du bien afin d'examiner son état de conservation et les menaces potentielles auxquelles il est confronté, d'évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées par la précédente mission de 2016, et de formuler, en consultation avec l'État partie, des recommandations concrètes, notamment sur les questions à aborder dans le plan de restauration ;
  15. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e