1.         Ville archéologique de Samarra (Iraq) (C 276rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2007

Critères  (ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2007-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

La situation de conflit dans le pays ne permet pas aux autorités responsables d’assurer la protection et la gestion du bien.

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Pas encore rédigé

Mesures correctives identifiées

Pas encore identifiées

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Pas encore identifié

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/276/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/276/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 100 000 dollars EU provenant du Fonds nordique du patrimoine mondial, pour la formation et la documentation en vue de la préparation du dossier de proposition d’inscription.

Montant total accordé pour tous les sites du patrimoine mondial en Iraq :

Missions de suivi antérieures

Juin 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/276/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 3 février 2020, puis une version actualisée de celui-ci le 28 janvier 2021. Ces rapports, qui sont disponibles à http://whc.unesco.org/fr/list/276/documents/, donnent les informations suivantes sur le bien :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le rapport de l’État partie indique en termes généraux les principaux sujets de préoccupation relatifs au bien. Des progrès limités ont toutefois été observés dans la mise en œuvre des recommandations du Comité du patrimoine mondial. Suite à la première étude réalisée en 2016 sur plusieurs monuments du bien par le Bureau de l’UNESCO en Iraq, en collaboration avec le Département des Antiquités de Samarra, aucune évaluation complète et détaillée du bien n’a été menée. C’est une étape cruciale vers l’identification des impératifs prioritaires en matière de conservation, en vue d’opérations de gestion et de conservation à plus long terme. Il est donc recommandé que le Comité demande une nouvelle fois à l’État partie de soumettre pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, toute documentation supplémentaire mentionnée dans le rapport de l’État partie de 2017 sur l’état de conservation du bien.

Il est, en outre, recommandé que le Comité réitère à nouveau sa demande d’évaluation globale, complète et actualisée à effectuer dès que les conditions de sécurité le permettront et avant d’entamer toute action corrective. Il est recommandé au Comité de rappeler à l’État partie sa demande préalable relative aux travaux de rectification et de réparation qui devraient être guidés par un plan de conservation global préparé en étroite concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives. Il convient d’accorder la priorité à l’identification de tout travail urgent de stabilisation et à l’établissement d’une feuille de route décrivant les plans de conservation et de gestion à plus long terme. Comme recommandé antérieurement, toute opération de stabilisation requise d’urgence doit adhérer au principe d’intervention minimale.

Il est également recommandé que le Comité rappelle à l’État partie de transmettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, des informations détaillées sur les futurs travaux avant de prendre toute décision difficilement réversible, conformément au paragraphe 172 des Orientations.

Compte tenu de la nécessité d’établir un plan de conservation complet, identifier les mesures correctives et développer une proposition d’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), il est recommandé que le Comité demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, dès que les conditions de sécurité le permettront.





9. Décision générale sur les biens du patrimoine mondial de l’Iraq

Problèmes de conservation actuels

Le conflit en Iraq entre 2014 et 2017 a conduit à une crise humanitaire massive et provoqué des dommages importants au patrimoine culturel iraquien à cause de destructions délibérées, de fouilles illégales et de pillages, ainsi que de dommages collatéraux. Trois biens du patrimoine mondial iraquien ont souffert de ce conflit, la Ville archéologique de Samarra, Assour (Qal'at Cherqat) et Hatra. En outre, les sites archéologiques de Nimrod et de l'ancienne ville de Ninive, qui figurent sur la liste indicative de l'Iraq, ont également été gravement endommagés par des actes de destruction délibérée. Dans la Vieille ville de Mossoul, inscrite sur la liste indicative depuis août 2018, des sites, monuments et bâtiments importants ont été systématiquement pris pour cible, notamment des sites du patrimoine historique et religieux comme la mosquée al-Nouri et son emblématique minaret al-Hadba.

Le 3 février 2020 et le 28 janvier 2021, l'État partie a soumis des rapports sur l'état de conservation, disponibles à https://whc.unesco.org/fr/sessions/44com/?documents&#state_of_conservation_reports. Ces rapports donnent une vue d'ensemble de l'état de conservation de la Ville archéologique de Samarra, d'Assour (Qal'at Cherqat) et de Hatra, et des dommages infligés par le conflit, mais pas d'évaluation détaillée. Les rapports expriment le besoin d'un soutien financier pour améliorer l'état de conservation des biens du patrimoine mondial et le souhait de l'État partie de travailler en étroite collaboration avec la communauté internationale à cet égard. Le rapport de 2021 mentionne que la propagation du COVID-19 a contribué à limiter les activités de conservation et de gestion. Le projet de construction du barrage de Makhool à Assour (Qal'at Cherqat) a été réactivé et l'État partie a demandé un soutien pour préserver le bien et les sites archéologiques situés dans le bassin du barrage.

L'État partie réitère sa demande de missions destinées à évaluer les dommages et les travaux de conservation, et demande le soutien du Centre du patrimoine mondial pour l'élaboration de mesures correctives en vue du retrait éventuel des trois biens de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Activités réalisées par l'UNESCO

Activités réalisées par les Organisations consultatives

Analyse et Conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La situation de conflit en Iraq a affecté directement ses trois biens de la Liste du patrimoine mondial en péril, et à des degrés divers certains de ses sites de la Liste indicative. La destruction délibérée du patrimoine culturel pendant la période de conflit entre 2014 et 2017 est particulièrement préoccupante. En raison de la situation sécuritaire dans plusieurs régions du pays et des ressources très limitées, les autres biens du patrimoine mondial et les sites de la liste indicative de l'Iraq ont été indirectement affectés. En outre, les fouilles illégales et le pillage des sites archéologiques ont causé des pertes importantes et des dommages irréversibles, bien qu'il y ait eu plusieurs épisodes de restitution de biens culturels ces dernières années.

Depuis la libération de parties importantes du pays en 2017, l'Iraq est confronté aux défis du relèvement tout en affrontant une crise humanitaire sans précédent. Cela est particulièrement évident dans la Vieille ville de Mossoul, où l'UNESCO est actuellement engagée dans le cadre de son initiative phare « Raviver l’esprit de Mossoul ».

L'absence d'évaluations détaillées des dommages pour les trois biens du patrimoine mondial inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril reste préoccupante, malgré le travail de documentation plus récent effectué par une équipe d'experts en février 2020, grâce au soutien de l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine culturel dans les zones de conflit (ALIPH), ainsi que la soumission d'une étude supplémentaire sur l'état du rapport d'évaluation des dommages pour Hatra, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/277/documents/. Ce rapport comprend des informations générales sur le processus de relèvement prévu, de brèves descriptions et des photographies des dommages subis par les différents éléments, ainsi que des recommandations de haut niveau, y compris la réitération d’une demande de mission. Des évaluations détaillées des dommages sont nécessaires pour évaluer la situation et prévoir les travaux de stabilisation et de conservation, notamment la réparation, la réhabilitation et la reconstruction des monuments importants, avant que des interventions puissent avoir lieu. Il est recommandé au Comité de rappeler à l'État partie sa demande précédente figurant dans la décision 43 COM 7A.21, selon laquelle les travaux de réparation et de réhabilitation doivent être guidés par un plan de conservation global préparé en étroite collaboration avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives. Il convient également d'évaluer les risques potentiels autres que ceux spécifiquement liés au conflit, comme ceux relatifs à la détérioration naturelle et les inondations potentielles, et de planifier le relèvement et la gestion des biens à plus long terme. À cet égard, la réactivation de la proposition de construction du barrage de Makhool est très préoccupante, en raison d’un risque éventuel de nouveau danger pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) d'Assour (Qal'at Sherqat).

Il est recommandé au Comité de demander à l'État partie de soumettre une documentation détaillée sur tous les dommages subis par les biens du patrimoine mondial et d'entreprendre des travaux de protection et de stabilisation urgents uniquement dans les cas où l'effondrement ou de nouveaux dommages sont imminents, selon le principe d’une intervention a minima. Les informations requises comprennent des relevés photographiques systématiques, des dessins, des graphiques et des données quantitatives, ainsi que l'identification des risques potentiels. Les éléments trouvés sur le bien, et résultant de dommages liés au conflit, doivent être récupérés et rassemblés dans un endroit sûr. Les limites des biens doivent être protégées des fouilles illégales et des pillages.

De plus, il est recommandé au Comité de rappeler à l'État partie d'informer, par l'intermédiaire du Centre du patrimoine mondial, de tout projet futur de restauration majeure ou de nouvelle construction susceptible d'affecter la VUE des biens du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant de prendre toute décision qui serait difficilement réversible.

Le Comité devrait également réitérer son appel aux États parties pour qu'ils coopèrent dans la lutte contre le trafic illicite de biens culturels en provenance d'Iraq et contribuent à la sauvegarde de son patrimoine culturel.

 

Décision adoptée: 44 COM 7A.8

Décision : 44 COM 7A.8

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7A
  2. Rappelant les décisions 43 COM 7A.20 et 44 COM 7A.21, adoptées à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Prenant en compte la décision 44 COM 7A.9 sur les biens du patrimoine mondial de l’Iraq,
  4. Exprime à nouveau sa préoccupation quant à l’état du bien et à l’absence d’information complète sur son état de conservation, et réitère sa demande à l’État partie de soumettre une documentation sur les dommages causés au bien dans son ensemble et ses monuments affectés, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  5. Réitère également sa demande à l’État partie de mener une évaluation complète et exhaustive dès que les conditions de sécurité le permettront et avant d’entreprendre toute action corrective, dans le but d’identifier les travaux de stabilisation d’urgence nécessaires et d’établir une feuille de route des opérations de gestion et de conservation à plus long terme ;
  6. Réitère en outre sa demande préalable de planification des interventions dans le cadre de l’évaluation générale des dommages et des risques et d’un plan de conservation complet élaboré en étroite concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  7. Rappelle à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, des informations détaillées sur toute activité future susceptible d’altérer la valeur universelle exceptionnelle du bien, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  8. Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, une fois les conditions de sécurité réunies, pour aider à évaluer les dommages causés au bien, en préparation d’un plan de conservation global, l’identification de mesures correctives et le développement d’une proposition d’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) ;
  9. Réitère son appel à tous les États parties afin qu’ils coopèrent dans la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel en provenance d’Iraq, conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies 2199 de février 2015, 2253 de décembre 2015 et 2347 de mars 2017 ;
  10. Invite de nouveau tous les États parties à soutenir les mesures de sauvegarde d'urgence, notamment par le biais du Fonds d’urgence du patrimoine de l’UNESCO ;
  11. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session ;
  12. Décide de maintenir la Ville archéologique de Samarra (Iraq) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 44 COM 7A.9

Décision : 44 COM 7A.9

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 43 COM 7A.21, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Prend note des rapports fournis par l'État partie sur l'état de conservation des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril, et continue d'exprimer sa préoccupation quant à l'absence d'évaluation complète et détaillée des biens affectés par le conflit et quant aux ressources limitées disponibles pour la sauvegarde du patrimoine culturel affecté ;
  4. Exprime sa gratitude à la Directrice générale de l'UNESCO pour les progrès accomplis en vue de la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Mossoul, ainsi que pour l'expertise et les ressources mobilisées jusqu'à présent dans le cadre de l'initiative phare de l'UNESCO « Raviver l'esprit de Mossoul » et exprime également sa gratitude aux donateurs pour leurs généreuses contributions à cette fin ;
  5. Demande à l'État partie de soumettre une documentation actualisée sur les dommages subis par les biens du patrimoine mondial, accompagnée de relevés photographiques systématiques, de dessins, de graphiques de données quantitatives et de l'identification des risques potentiels, pour sauvegarder les biens endommagés selon le principe d’une intervention a minima, et de s'abstenir d'entreprendre des travaux de conservation et de restauration jusqu'à ce que des plans de conservation complets aient été élaborés en étroite collaboration avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  6. Rappelle à l'État partie la nécessité de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, des informations sur tous les futurs plans de restauration majeure ou de nouveaux projets de construction susceptibles d'affecter la valeur universelle exceptionnelle (VUE) des biens du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant de prendre toute décision qui serait difficilement réversible ;
  7. Réitère son appel à tous les États parties pour qu'ils coopèrent dans la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel provenant d'Iraq, conformément aux résolutions 2199 de février 2015, 2253 de décembre 2015 et 2347 de mars 2017 du Conseil de sécurité des Nations unies, et encourage l'État partie à ratifier le deuxième protocole (1999) relatif à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ;
  8. Appelle à nouveau tous les États parties à apporter un soutien technique et financier aux efforts de sauvegarde du patrimoine mondial de l'Iraq et d'autres sites du patrimoine culturel, notamment par l’intermédiaire de l'initiative « Raviver l'esprit de Mossoul », afin de mettre en œuvre des mesures à court, moyen et long terme ;
  9. Demande également au Centre du patrimoine mondial de présenter à sa 45e session un rapport sur les activités liées au patrimoine culturel réalisées dans le cadre de l'initiative « Raviver l'esprit de Mossoul » ;
  10. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, avant le 1erfévrier 2022, un rapport actualisé sur l'état de conservation des biens et la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e

Décision adoptée: 44 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/21/44.COM/7A, WHC/21/44.COM/7A.Add, WHC/21/44.COM/7A.Add.2, WHC/21/44.COM/7A.Add.2.Add),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :