1.         Villes anciennes de Djenné (Mali) (C 116rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2016-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

En cours de rédaction

Mesures correctives identifiées

Adopté, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/6678 

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

En cours de rédaction 

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/116/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-2020)
Montant total approuvé : 115 119 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/116/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 110 000 dollars EU (Fonds-en-dépôt italien) ; 23 100 dollars EU (Croisi Europe) ; 86 900 dollars EU (Commission européenne) ; 53 000 dollars EU (Fonds-en-dépôt néerlandais) ; 71 090 dollars EU (Agence espagnole pour la coopération internationale au développement)

Missions de suivi antérieures

2002, 2005 : missions du Centre du patrimoine mondial ; 2006 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de suivi réactif; 2014, 2016 : missions conjointes Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif ; avril 2017: Mission d'expert mandaté par l'UNESCO pour l'évaluation de l'état de conservation des sites du patrimoine mondial du Mali

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/116/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

Le 28 janvier 2020, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/116/documents/, suivi d'informations complémentaires le 26 février 2020, fournissant les informations suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le rapport soumis par l'État partie démontre la forte mobilisation appréciable de la Mission culturelle pour sensibiliser la communauté locale sur les aspects de la conservation et la gestion du site, notamment sur le rôle des différents acteurs, y compris l'UNESCO, dont l'incompréhension favorisait une certaine négligence d'entretien des maisons. Ces efforts, menés sans disposer de moyens financiers suffisants et dans un contexte d'adversité toujours préoccupant en raison de la situation sécuritaire persistante, sont à saluer.

Il est crucial de poursuivre ce travail de sensibilisation qui s'avère essentiel pour relever les défis actuels qui constituent des préoccupations particulières, notamment l'entretien des maisons en banco par les familles propriétaire. Face aux mésententes entre les membres de familles sur les responsabilités respectives freinant cet entretien, il est important d'encourager les familles concernées à trouver un terrain d'entente en les sensibilisant davantage sur les enjeux de la conservation patrimoniale, sans qu'il y ait pour autant ingérence par la Mission culturelle dans les affaires privées.

De plus, l'utilisation du ciment, les modifications et revêtements en briques de terre cuites ou la construction de bâtiments en dur sont également notés avec inquiétude. L'application de normes patrimoniales permettant de conserver l'intégrité et l'authenticité du bien est donc urgente, et il convient de d'encourager l'État partie à renforcer la communication sur les normes patrimoniales à respecter, surtout en accélérant l'élaboration d'un guide d'entretien des maisons et de soumettre au Centre du patrimoine mondial le projet de publication pour révision par les Organisations consultatives. L’inventaire détaillé de la ville ancienne comme base pour le suivi et l’identification des actions urgentes reste indispensable.

A saluer sont les moyens financiers fournis par la Coopération espagnole ayant permis l'électrification de la Grande mosquée de Djenné, ainsi que l'octroi de fonds additionnels en 2021 pour poursuivre le travail d'inventaire, les travaux de conservation sur la Grande mosquée et la réhabilitation du Palais marocain. Il convient pareillement de saluer une nouvelle contribution de l'Union européenne à travers le « Projet de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine culturel du Mali 2019-2020 » qui permettra la réhabilitation d'une dizaine de maisons monumentales.

De plus, le Centre du patrimoine mondial a développé, et engagé des fonds à cet effet, un programme d'accompagnement à distance pour l'élaboration de l'État de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR). Il est prévu que ce programme démarre courant 2020 avec l'objectif de soumettre le DSOCR pour approbation par le Comité à sa 45e session en 2021.

Une appréciation particulière revient à l'accent mis sur la mobilisation des jeunes en situation de chômage pour le travail d'inventaire et pour les efforts de sensibilisation pour agir contre les décorations faites à la chaux sur les maisons en banco.

Il reste malheureusement les inquiétudes liées aux fouilles clandestines, bien que souvent superficielles, sur les quatre sites archéologiques de Djenné, aussi dues au fait que la surveillance ne dispose pas des moyens suffisants. Bien qu'il soit rassurant que l'absence du tourisme décourage les fouilles clandestines, réduisant ainsi un risque de trafic illicite d'objets, des mesures additionnelles et renforcées devront être prises pour une sécurisation plus durable des sites.

Compte tenu de la situation sécuritaire toujours aussi précaire, et malgré les progrès réalisés, il est recommandé que le Comité maintienne le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 44 COM 7A.1

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 43 COM 7A.53, adoptée à sa 43esession (Baku, 2019),
  3. Exprime sa satisfaction quant aux mesures importantes prises par l’État partie pour la sensibilisation de la communauté locale, et plus particulièrement des propriétaires de maisons, sur les aspects de la conservation et la gestion du site, notamment sur le rôle des différents acteurs, y compris l'UNESCO, et demande à l'État partie :
    1. de poursuivre ce travail de sensibilisation, notamment pour renforcer et promouvoir l'entretien des maisons en banco par les familles propriétaires,
    2. d'accélérer l'élaboration d'un guide d'entretien des maisons et de soumettre au Centre du patrimoine mondial le projet de publication pour révision par les Organisations consultatives ;
    3. d’apporter tout son concours à la finalisation d’un inventaire détaillé de la ville ancienne comme base du suivi et de l’identification des actions urgentes ;
  4. Félicite l'État partie, à travers la Mission culturelle, plus particulièrement pour la mobilisation des jeunes qui sont en situation de chômage, en les associant aux activités d'inventaire du patrimoine bâti et de sensibilisation ;
  5. Note avec appréciation les contributions financières par la Coopération espagnole et de l'Union européenne permettant de poursuivre les actions de conservation de la Grande mosquée de Djenné et d'inventaire, et de mener des travaux de réhabilitation du Palais marocain et de maisons monumentales ;
  6. Exprime sa préoccupation quant aux pratiques d'entretien des maisons en banco faisant appel à l'utilisation du ciment, à des modifications et revêtements en briques de terre cuites, ainsi qu’à la construction de bâtiments en dur pouvant impacter négativement l'intégrité et l'authenticité du bien, et encourage également l'État partie à renforcer l'application de normes patrimoniales par la communication, et à accélérer l'élaboration d'un guide d'entretien des maisons et de soumettre le projet de publication au Centre du patrimoine mondial pour révision par les Organisations consultatives ;
  7. Exprime son inquiétude sur les fouilles clandestines sur les quatre sites archéologiques, partiellement dû au fait que la surveillance ne dispose pas des moyens suffisants et à l'insécurité persistante, et demande également que des mesures additionnelles et renforcées soient prises pour une sécurisation plus durable des sites ;
  8. Note avec appréciation la mise en place d'un programme d'accompagnement à distance pour l'élaboration de l'État de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) ;
  9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session;
  10. Décide de maintenir Villes anciennes de Djenné (Mali) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 44 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/21/44.COM/7A, WHC/21/44.COM/7A.Add, WHC/21/44.COM/7A.Add.2, WHC/21/44.COM/7A.Add.2.Add),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :