1.         Villages antiques du Nord de la Syrie (République arabe syrienne) (C 1348)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2011

Critères  (iii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2013-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Destruction et menaces avérées et potentielles à la suite du conflit armé en Syrie qui a démarré en mars 2011

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

En cours

Mesures correctives identifiées

En cours

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

En cours

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1348/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2007-2007)
Montant total approuvé : 30 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1348/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé aux six biens syriens du patrimoine mondial : 200 000 euros du Gouvernement italien ; pour le patrimoine bâti, mobilier et le patrimoine immatériel : 2,46 millions d’euros de l’Union européenne, 170 000 dollars EU du Gouvernement flamand, 63 000 euros du Gouvernement autrichien, 200 000 dollars EU du Gouvernement allemand ; pour le patrimoine en conflit : 200 000 dollars EU du Centre régional arabe pour le patrimoine mondial à Bahreïn

Missions de suivi antérieures

Depuis le début du conflit en mars 2011, la situation sécuritaire n’a pas permis d’entreprendre de missions sur ce bien du patrimoine mondial

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Avant le conflit :

Depuis mars 2011 :

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1348/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

Le 15 janvier 2020 et le 7 janvier 2021, l'État partie a soumis des rapports sur l'état de conservation des six biens syriens du patrimoine mondial, disponibles à https://whc.unesco.org/fr/list/1348/documents/, mais qui ne comprennent que des informations très limitées sur le bien et son état de conservation :

Son rapport ne fournit pas d’autres informations.

Les dommages signalés précédemment dans le bien, comme l'utilisation de pierres issues des sites archéologiques comme matériaux de construction, de nouvelles routes, des constructions illégales et l'exploitation de carrières, des fouilles illicites, la récupération de terres à des fins agricoles et l’utilisation des sites à des fins militaires sont confirmés par l'analyse comparative UNITAR/UNOSAT des images satellites captées entre 2017 et 2020. Cette analyse a été réalisée dans le cadre de l’élaboration de la publication conjointe UNESCO-UNITAR « Dix années de conflit : l'état du patrimoine culturel en Syrie ». Les images satellites montrent que les menaces signalées sont effectives et que les dommages ont augmenté dans la plupart des parcs archéologiques. L'analyse met notamment en évidence la destruction complète du village de Batouta dans le Jebel Sem'an, probablement pour augmenter les terres agricoles, et la destruction de la partie restante de la colonne de Saint Siméon à Qal'at Sem'an et de la tour de l'ermite à Sheikh Sulaiman. Plusieurs autres bâtiments archéologiques ont été détruits dans le Jebel Barisha, en particulier sur les sites de Dar Qita, Deirouneh, Baqirha et Kherbet al-Khatib ; dans le Jebel Wastani, en particulier à Kafr Aqareb ; et dans le Jebel Zawiyeh, en particulier sur les sites de Shinshara et al-Bara où la grande église d'al-Hosn a été complètement détruite et le site défriché à des fins agricoles.

D'autres sources présentes sur le terrain ont également évalué les dommages dans le Jebel Zawiyeh et le Jebel al-A'la, fournissant des images au sol des dommages signalés par UNITAR/UNOSAT. En outre, elles ont fourni des informations sur le Jebel al-Al'a et sur l'impact de la conversion de l'église de Qalb Lozeh en école et de l'utilisation de Qirqbizeh comme camp pour accueillir les populations déplacées. Dans les deux cas, les efforts de la communauté locale pour protéger et conserver ces éléments du bien ont été soulignés.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Voir la décision générale 44 COM 24 du présent document sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne.

L'état de conservation du bien, évalué par des images satellites, ainsi que par les communautés locales sur le terrain, est très préoccupant. L'évaluation met notamment en évidence la destruction du village de Batouta et de nombreux autres bâtiments historiques dans d'autres sites. Cette destruction a été principalement effectuée à des fins agricoles et pour l'utilisation de pierres archéologiques comme matériaux de construction. La poursuite des activités illégales dans la plupart des parcs archéologiques et l'absence d'accès au bien en série, qui empêche la mise en œuvre de toute mesure de conservation et de protection d'urgence, font peser des menaces permanentes sur les attributs qui contribuent à la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien.

Compte tenu du conflit actuel dans la région, il est recommandé au Comité d’exprimer sa profonde inquiétude quant à la situation du bien et de réitérer son appel à toutes les parties concernées pour qu'elles s'abstiennent de toute action susceptible de causer de nouveaux dommages au bien, notamment par son utilisation à des fins militaires ou autres.

Il est essentiel d’effectuer sur place une évaluation complète et détaillée des dommages subis par le bien et de son état général de conservation dès que la situation sécuritaire le permettra et d'identifier les mesures nécessaires afin d’assurer la conservation et la protection du bien et d’élaborer, en temps utile, l'état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) et l'identification d'un ensemble de mesures correctives associées.




24.     Décision générale sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne

Problèmes de conservation actuels

Le conflit armé en Syrie a commencé en mars 2011 et s’est aggravé depuis, conduisant à de graves actes de violence et à la dégradation des conditions humanitaires. Il a infligé des dommages aux biens du patrimoine mondial et aux douze sites inscrits sur la Liste indicative. Les sites ont été endommagés par des bombardements, des incendies, des fouilles illégales à grande échelle, une utilisation à des fins militaires, des violations concernant les constructions, auxquels s’ajoutent des actes de destruction intentionnelle ciblées et l’utilisation inappropriée de sites archéologiques par des populations déplacées à l’intérieur du territoire. Certains sites restent exposés à des risques en raison du conflit.

L’État partie a soumis des rapports sur l’état de conservation du bien le 15 janvier 2020 et le 7 janvier 2021, disponibles à http://whc.unesco.org/fr/sessions/44COM/documents/#state_of_conservation_reports. Ces rapports représentent les déclarations officielles des autorités syriennes et collectent les informations recueillies auprès des différents secteurs de la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) jusqu’au 31 décembre 2020. Dans certaines zones, l’accès aux sites patrimoniaux est extrêmement limité. En particulier, le site des Villages antiques du Nord de la Syrie reste inaccessible, ce qui ne permet pas de comprendre pleinement l’étendue des dommages subis par ce bien et de s’appuyer sur la documentation de tierces parties.

L’État partie a rendu compte des actions réalisées par la DGAM, en dépit des conditions de travail difficiles. Il s’agit notamment du suivi des biens du patrimoine mondial et du patrimoine culturel en général et de l’évaluation des dommages, avec des rapports très détaillés sur l’Ancienne ville de Bosra, l’Ancienne ville d’Alep, le Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din. Des actions de conservation d’urgence et d’atténuation des risques ont été menées à bien lorsque cela était possible, ainsi que des activités de restauration et de reconstruction, notamment dans les biens de l’Ancienne ville d’Alep, du Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din. Sur le site de l’Ancienne ville de Damas, qui a moins souffert des répercussions du conflit, l’État partie a repris ses activités ordinaires de conservation et de gestion, parallèlement aux travaux d’urgence effectués sur l’ancienne muraille de la ville. Les rapports de l’État partie soulignent que les raisons pour lesquelles l’Ancienne ville de Damas et le Crac des Chevaliers et Qa’lat Salah El-Din ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril ne s’appliquent plus. Les rapports soulignent également les difficultés financières extrêmes auxquelles la DGAM est confrontée dans ses efforts pour assurer la préservation du patrimoine culturel, surtout que le financement international pour soutenir ces efforts est limité.

Des informations actualisées sur la conservation des sites inscrits sur la Liste indicative sont également fournies dans les rapports, précisant ce qui suit :

Le rapport met en avant les demandes de soutien technique de la DGAM pour actualiser la Liste indicative syrienne, lancer le processus de proposition d'inscription du site de « Maaloula » et réaliser des études d'évaluation sur les sites d'« Apamée (Afamia) », « Mari (Tell Hariri) and Doura Europos » et « Qasr al-Hayr ach-Charqi, un château du désert ».

Activités réalisées par l’UNESCO

Dans le cadre du projet italien de fonds-en-dépôt intitulé « Renforcer la protection du patrimoine culturel en Syrie et dans l’Ancienne ville de Bosra en particulier, dans le cadre du suivi décisions du Comité du patrimoine mondial» (200 000 euros), un atelier d'assistance technique était initialement prévu à Beyrouth en octobre 2019, afin d'évaluer les interventions d'urgence engagées par la DGAM dans l’Ancienne ville de Bosra, l’Ancienne ville de Damas, au Crac des Chevaliers et à Qal'at Salah El-Din. La réunion avait également pour objectif de donner des conseils sur les interventions de relèvement et de lancer l'élaboration des États de conservation souhaités pour le retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR). En raison de la situation sécuritaire qui régnait alors au Liban, l'atelier n'a pu avoir lieu. Il a donc été reprogrammé pour mars 2020 à Amman (Jordanie), mais n'a pas pu de nouveau avoir lieu en raison des conditions sanitaires limitant les déplacements et les réunions. L'atelier aura toutefois lieu dès que les conditions sanitaires le permettront. Cependant, le travail initial sur les DSOCR pour certains des biens syriens du patrimoine mondial a commencé à distance, avec des échanges entre le Centre du patrimoine mondial, l'ICOMOS et la DGAM. Des réunions en ligne ont été organisées le 19 novembre 2020, le 15 février et le 3mai 2021. Le DSOCR de l'Ancienne ville de Damas a été achevé en mai 2021, et ce « projet pilote » est considéré comme un processus réussi pour d’aller de l’avant avec la mise en œuvre du processus DSOCR dans des circonstances où une mission de suivi réactif n'est pas possible.

Activités réalisées par les Organisations consultatives

L'ICOMOS a participé activement au « projet pilote » susmentionné pour concevoir le document du DSOCR de l'Ancienne ville de Damas et les mesures correctives qui l’accompagnent. Bien que ce processus ait facilité la préparation du DSOCR, il reste souhaitable qu'une mission de suivi réactif ait lieu dès que les conditions le permettront. L'ICOMOS a également participé aux étapes préliminaires devant conduire à une approche similaire pour le Crac des Chevaliers et Qal'at Salah El-Din, et il est prévu d’engager par la suite les travaux préliminaires du DSOCR de l'Ancienne ville de Bosra et du Site de Palmyre.

L'ICOMOS a fait des présentations sur le patrimoine syrien dans le cadre des réunions suivantes : Conférence « Reconstruction et relèvement des villes après les dommages de guerre dans différentes parties du monde ; Théorie, méthodologie, pratique », Comité international des villes et villages historiques (CIVVIH), septembre 2019 (Pologne) ; « Rebondir après le drame : patrimoines et résilience », Institut National du Patrimoine – Bouclier Bleu France, janvier 2020 (France) ; « Acteurs privés/acteurs institutionnels, quelles missions, quelles méthodes ? » Institut National du Patrimoine – École du Louvre, février 2021 (France) ; « Cent/Mille ans : généalogies et perspectives du musée national de Damas », Institut national d'histoire de l'art, avril 2021 (France).

Des membres de l'ICOMOS ont également contribué à la publication « Après l’heure zéro – apprendre des expériences d'après-guerre pour la Syrie ? Préservation des monuments historiques, archéologie et urbanisme, une tâche internationale », Institut d’archéologie allemand (DAI), novembre 2019 (Allemagne).


Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La situation de conflit armé en Syrie a affecté les six biens du patrimoine mondial et considérablement limité les capacités de soutien et de protection de leur valeur universelle exceptionnelle (VUE). Les biens ont été de plus en plus menacés par des dangers potentiels et avérés.

Les fouilles illégales dans les sites archéologiques et les tells syriens causent à ces sites, dont certains figurent sur la Liste indicative de la Syrie, des dommages importants et irréversibles. Elles constituent également une source majeure d’approvisionnement pour le trafic illicite de biens culturels, fournissant des objets pillés qui seront vendus sur le marché noir régional ou international.

Il est recommandé au Comité de féliciter la DGAM, les professionnels du patrimoine en Syrie et les communautés locales qui ont déployé des efforts soutenus pour surveiller et protéger le patrimoine culturel et mettre en œuvre des mesures d’urgence pour sa sauvegarde, en dépit de la situation très difficile.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives continueront d’apporter leur soutien à l’État partie pour identifier les mesures correctives nécessaires et élaborer les DSOCR, et ont adopté avec succès des approches plus souples et une participation en ligne, qui ont montré que l’élaboration des DSOCR pouvait progresser malgré les circonstances actuelles et l’impossibilité de programmer des missions de suivi réactif pour le moment.

Il est important que les actions humanitaires et celles qui ont trait à la sécurité soient menées en coordination avec les acteurs du patrimoine culturel, afin d’éviter que les biens ne subissent d’autres dommages irréversibles et de permettre l’adoption de mesures d’urgence en faveur du patrimoine culturel. Il est par ailleurs recommandé de poursuivre la documentation systématique de tous les dommages causés aux biens du patrimoine mondial, dès lors que la situation le permet, et que le Comité réitère son appel à l’État partie pour qu’il continue de sauvegarder les biens endommagés par des interventions d’urgence a minima, afin d’empêcher le vol, de nouveaux effondrements et la dégradation naturelle, et qu’il s’abstienne de prendre d’autres mesures jusqu’à ce que la situation permette d’élaborer une stratégie globale et un plan d’action satisfaisant aux normes internationales et à des méthodes scientifiques de grande qualité.

Il est recommandé au Comité de continuer à encourager l’État partie à planifier l’avenir des biens du patrimoine mondial en conformité avec les chartes et normes internationales concernant la conservation et en étroite concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, tout en tenant compte de la Recommandation de Varsovie sur le relèvement et la reconstruction du patrimoine culturel. Il est également approprié de rappeler à l’État partie son obligation de transmettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, des informations détaillées sur les projets à venir, avant de prendre toute décision difficilement réversible, conformément au paragraphe 172 des Orientations.

Il est recommandé au Comité d’inviter également les professionnels du patrimoine, nationaux et internationaux, à continuer de s’unir en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie et à lui apporter un soutien accru au moyen de fonds réservés et de contributions au Fonds d’urgence de l'UNESCO pour le patrimoine.

En attendant que les conditions s'améliorent, il est recommandé au Comité de renouveler son appel à toutes les parties associées au conflit en Syrie de s’abstenir de toute action susceptible de causer de nouveaux dommages au patrimoine de ce pays, en particulier aux biens du patrimoine mondial et aux sites figurant sur la Liste indicative, et de remplir leurs obligations en vertu du droit international, et surtout de la résolution 2347 de mars 2017 du Conseil de sécurité des Nations unies, en prenant notamment toutes les mesures possibles pour protéger un tel patrimoine et éviter tout dommage qui pourrait résulter d’actions prenant pour cible des biens du patrimoine mondial, et de soutenir les plans de relèvements basés sur la participation, la durabilité et l’inclusion des communautés.

Il est également recommandé au Comité de réitérer sa suggestion à l’État partie d’envisager la ratification du deuxième Protocole (1999) relatif à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

Il est en outre recommandé au Comité d’appeler toutes les parties associées au conflit en Syrie et la communauté internationale, en particulier les pays voisins de la Syrie, à prendre des mesures efficaces pour lutter contre le trafic illicite d’objets culturels, conformément à la résolution 2199 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Décision adoptée: 44 COM 7A.21

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 43 COM 7A.34 et 43 COM 7A.37, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Prenant en compte la décision 44 COM 7A.24, sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne,
  4. Exprime sa grande préoccupation quant à la situation du bien, en particulier la présence de groupes armés, les fouilles illégales et les activités de pillage à l'intérieur et autour du bien, et l’absence d'informations détaillées sur les dommages subis ;
  5. Appelle de nouveau toutes les parties engagées dans le conflit à s'abstenir de toute action susceptible de causer de nouveaux dommages au bien, y compris son utilisation à des fins militaires ou autres ;
  6. Appelle également de nouveau tous les États parties à soutenir les mesures de sauvegarde et de relèvement d'urgence, notamment par l’intermédiaire du Fonds d'urgence de l'UNESCO pour le patrimoine ;
  7. Réitère la nécessité que la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM qui a été invitée soit effectuée dès que la situation sécuritaire le permettra, afin de procéder à une évaluation complète de l'état de conservation du bien ;
  8. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session ;
  9. Décide de maintenir les Villages antiques du Nord de la Syrie (République arabe syrienne) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 44 COM 7A.24

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7A.Add,
  2. Rappelant la décision 43 COM 7A.37, adoptée à sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Déplore la situation de conflit qui subsiste dans certaines parties du pays, la perte de vies humaines et la dégradation des conditions humanitaires ;
  4. Prenant note des rapports soumis par l’État partie sur l’état de conservation des six biens syriens du patrimoine mondial et des sites inscrits sur la Liste indicative nationale, félicite la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM), tous les professionnels du patrimoine et les communautés locales de Syrie, qui œuvrent à la surveillance et à la protection du patrimoine culturel, pour leurs efforts soutenus dans des conditions extrêmement difficiles, mais exprime sa plus vive préoccupation devant les dommages subis et les menaces auxquelles sont exposés ces biens et le patrimoine culturel en général ;
  5. Prie de nouveau instamment toutes les parties liées à la situation en Syrie de s’abstenir de toute action susceptible de causer de nouveaux dommages au patrimoine culturel du pays et de s’acquitter de leurs obligations conformément au droit international, et en particulier à la résolution 2347 du Conseil de sécurité des Nations Unies de mars 2017, en prenant toutes les mesures possibles pour protéger ce patrimoine, en empêchant notamment tout dommage pouvant résulter de la prise pour cible de biens du patrimoine mondial, de sites figurant sur la Liste indicative nationale et d’autres sites du patrimoine culturel ;
  6. Prie aussi instamment l’État partie et la communauté internationale d’inclure des mesures de relèvement des biens du patrimoine culturel dans le cadre de la politique générale de sécurité, de consolidation de la paix et d’action humanitaire, et de soutenir les plans de relèvements basés sur la participation, la durabilité et l’inclusion des communautés ;
  7. Prie en outre instamment l’État partie de sauvegarder les biens endommagés à l’aide d’interventions d’urgence a minima pour empêcher le vol, de nouveaux effondrements et la dégradation naturelle, et de s’abstenir d’entreprendre des travaux de conservation et de restauration avant que la situation permette l’élaboration de stratégies de conservation complètes et d’actions satisfaisant aux normes internationales, en concertation étroite avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  8. Prend note avec satisfaction des travaux engagés par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives en vue d’élaborer un ensemble de mesures correctives et l’État de conservation souhaité en vue du retrait de certains biens de la Liste du patrimoine en péril (DSOCR) ;
  9. Réitère son appel à tous les États parties pour qu’ils coopèrent à la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel provenant de la Syrie, en vertu de la résolution 2199 de février 2015 du Conseil de sécurité des Nations Unies, et qu’ils s’engagent à protéger le patrimoine culturel en cas de conflit armé en vertu de la résolution 2347 de mars 2017 du Conseil de sécurité des Nations Unies, et réitère sa suggestion à l’État partie d’envisager la ratification du deuxième Protocole (1999) relatif à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ;
  10. Demande à l’État partie de poursuivre la documentation systématique de tous les dommages subis par les biens du patrimoine mondial, dès que les conditions le permettront, afin de mettre en œuvre toutes les mesures d’atténuation des risques possibles ;
  11. Rappelle à l’État partie la nécessité de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, des informations sur tout plan concernant des projets de restauration majeure ou de nouvelles constructions à venir, y compris des projets de développement des infrastructures, susceptibles d’affecter la valeur universelle exceptionnelle (VUE) des biens du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant de prendre toute décision difficilement réversible ;
  12. Réitère son appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte un soutien accru à la sauvegarde du patrimoine culturel syrien au moyen de fonds réservés ou de contributions au Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine ;
  13. Réitère également son appel aux spécialistes internationaux et nationaux du patrimoine culturel à s’unir en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie et à poursuivre les initiatives en cours en coordination avec l’UNESCO ;
  14. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation des biens et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e

Décision adoptée: 44 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/21/44.COM/7A, WHC/21/44.COM/7A.Add, WHC/21/44.COM/7A.Add.2, WHC/21/44.COM/7A.Add.2.Add),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :