1.         Port, forteresses et ensemble monumental de Carthagène (Colombie) (C 285)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1984

Critères  (iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/285/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1988-1999)
Montant total approuvé : 108 800 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/285/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mai- juin 2003 : mission de suivi réactif de l'ICOMOS ; novembre-décembre 2003 : mission de suivi réactif de l'ICOMOS; 2006 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS; décembre 2017 : mission de conseil de l'ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/285/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Une mission de conseil de l’ICOMOS s’est rendue sur les lieux à l’invitation de l’État partie en décembre 2017 (rapport de mission disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/285/documents/). Le 31 décembre 2018, l’État partie a soumis un rapport d’avancement sur les recommandations spécifiques du rapport de mission et, le 15 mars 2019, une version actualisée disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/285/documents/ informant de ce qui suit :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le rapport soumis par l’État partie témoigne d’une compréhension des principaux défis à relever dans la gestion du bien et des efforts accomplis pour harmoniser les actions et les plans entre le Ministère de la Culture et la Municipalité de Carthagène. Il convient de féliciter l’État partie de son initiative visant à remédier aux problèmes de conservation et de gestion à travers l’invitation d’une mission de conseil de l’ICOMOS et son ferme engagement de protéger la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien.

Le manque de structures et d’instruments de gestion convenables, ainsi que l’absence de zones tampons définies selon des règlements appropriés, demeurent les principaux points faibles de la protection du bien face à l’accroissement du tourisme et aux pressions du développement. La réglementation et les structures de gestion du bien n’ont pas suivi la cadence du développement rapide de Carthagène et des menaces qui en découlent pour la VUE, dues en particulier à l’urbanisation croissante dont l’enjeu a été signalé par le Comité lors de l’inscription.

Bien que le Comité réclame depuis plus de dix ans la finalisation des PSGP et la délimitation du périmètre du bien et de ses zones tampons, il n’y a qu’un seul de ces plans sur les trois requis pour le bien qui a été achevé et approuvé. Le PSGP approuvé pour l’enceinte fortifiée et le château de San Felipe a fait l’objet d’une évaluation technique de l’ICOMOS en 2019 et constitue un excellent outil de gestion qui développe clairement les actions propres à garantir la protection, la conservation et la durabilité du bien, limite la zone affectée et la zone d’influence et établit le modèle de gestion, les sources de financement et les plans de diffusion, y compris les programmes de formation. Il est impératif que les deux autres PSGP soient finalisés et approuvés sans plus attendre et que les trois plans soient liés afin d’offrir un cadre de gestion du bien cohérent et efficace. Il est aussi important de préparer un plan de conservation pour le centre historique de Carthagène. Par ailleurs, la nécessité de clarifier les compétences de gestion et le renforcement de capacité des autorités locales, notamment l’IPCC, est d’une importance vitale pour conserver la VUE du bien dans l’immédiat et à long terme.

Étant donné que les pressions liées à l’immobilier, au tourisme et à la gentrification sont les menaces les plus sérieuses qui pèsent sur l’intégrité et l’authenticité du bien, comme l’a conclu la mission de conseil de l’ICOMOS, il est impératif que les PSGP s’attaquent à ces phénomènes et aux préoccupations liées à l’évolution de la dynamique sociale, l’accès public au bien et l’appropriation sociale du patrimoine.

Le Comité devrait demander à l’État partie de soumettre une modification mineure des limites conformément aux paragraphes 163-164 des Orientations afin de clarifier les limites du bien dans le suivi du processus d’inventaire rétrospectif et d’établir officiellement des zones tampons. Cette demande devrait être faite par l’État partie immédiatement suite à l’approbation des trois PSGP et la création des zones d’influence (équivalentes aux zones tampons) en incorporant les recommandations spécifiques de la mission. Ces zones tampons devront servir à protéger l’intégrité visuelle des différentes composantes du bien qui étaient historiquement interconnectées dans le cadre d’un système de défense dont la connexion visuelle soutient la VUE du bien.

Le Comité devrait également prendre acte de la suspension du projet Aquarela et des évaluations réalisées à ce jour par le Conseil national du patrimoine culturel et la mission de conseil de l’ICOMOS de 2017, quant aux effets négatifs du projet sur la VUE du bien. Il est recommandé que le Comité exhorte l’État partie à faire en sorte de n’entreprendre aucune nouvelle construction, finaliser l’EIP afin d’évaluer les impacts négatifs potentiels sur le bien et d’envisager sérieusement la démolition de la tour existante comme mesure d’atténuation. L’étude des répercussions potentielles du projet de l’hôtel Santa Catalina et les recommandations correspondantes devraient aussi être soumises par l’État partie une fois finalisées.

Décision adoptée: 43 COM 7B.99

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 36 COM 7B.98, adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),
  3. Adresse ses remerciements à l’État partie d’avoir invité une mission de conseil de l’ICOMOS à se rendre sur le site en décembre 2017 afin de conseiller les autorités nationales et locales sur des questions importantes relatives à la conservation et la gestion du bien, et félicite l’État partie des mesures prises depuis lors pour mettre en œuvre les recommandations de la mission, et de la collaboration entre le Ministère de la Culture et la Municipalité de Carthagène à cet égard ;
  4. Demande à l’État partie de continuer à faciliter les mécanismes de soutien des canaux de communication et l’accord entre les autorités nationales et locales chargées de la gestion du bien, clarifier les compétences de gestion et continuer à renforcer la capacité des autorités locales, en particulier l’Institut du patrimoine et de la culture de Carthagène (IPCC) ;
  5. Prend note de la finalisation et de l’approbation du plan spécial de gestion et de protection (PSGP) pour l’enceinte fortifiée et le château San Felipe en mars 2018, et demande également que sa phase de mise en œuvre commence sans tarder ;
  6. Regrette que la finalisation et l’approbation des deux autres PSGP envisagés pour le bien, ainsi que la délimitation de son périmètre et la création des zones tampons ne soient pas encore achevées, malgré les demandes répétées du Comité depuis 2008 ;
  7. Demande en outre à l’État partie de répondre aux problèmes que posent la gentrification et l’évolution de la dynamique sociale, l’accès du public au bien et l’appropriation sociale du patrimoine dans les PSGP correspondants en cours d’élaboration pour le bien, afin d’en préserver l’intégrité et l’authenticité face aux pressions incessantes du développement et du tourisme ;
  8. Prie instamment l’État partie de finaliser et d’approuver les PSGP pour le centre historique et les fortifications et structures de la baie comme des questions d’une priorité absolue, en tenant compte des recommandations de la mission de 2017, et de fournir une version électronique des plans finalisés pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  9. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre une modification mineure des limites conformément aux paragraphes 163-164 des Orientations afin de clarifier les limites du bien suite au processus d’inventaire rétrospectif et d’établir des zones tampons, immédiatement après l’achèvement et l’approbation du PSGP du bien ;
  10. Se déclare vivement préoccupé, en ligne avec l’évaluation de la mission de conseil de l’ICOMOS 2017, par l’impact du projet Aquarela sur les valeurs qui soutiennent la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et prend note également de la conclusion similaire du Conseil national du patrimoine culturel à cet égard ;
  11. Exhorte également l’État partie à faire en sorte qu’aucune nouvelle construction ne soit entreprise aux fins du projet, à finaliser l’évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) du projet Aquarela conformément au Guide de l’ICOMOS sur les EIP pour les biens culturels du patrimoine mondial, avec une section spécifique consacrée à l’impact potentiel du projet sur la VUE du bien, et à envisager sérieusement la démolition du bâtiment existant comme mesure d’atténuation ;
  12. Demande de plus à l’État partie d’achever son étude et son évaluation du projet de l’hôtel Santa Catalina et d’émettre des recommandations sur les mesures d’atténuation propres à dissiper tous les impacts identifiés sur la VUE du bien ;
  13. Demande en outre à l’État partie de mettre pleinement en œuvre les recommandations de la mission de conseil de l’ICOMOS de 2017, avec une attention particulière accordée à l’efficacité de la gestion et aux structures de gestion, ainsi qu’aux plans d’action de conservation, y compris à l’élaboration d’un plan de conservation du centre historique de Carthagène ;
  14. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.