1.         Site archéologique de Panamá Viejo et district historique de Panamá (Panama) (C 790bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/790/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/790/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mars 2009 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; mars 2010 : mission technique au site archéologique de Panamá Viejo et district historique de Panama, à l'occasion de la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS à Portobelo et San Lorenzo, à la demande des autorités panaméennes ; octobre 2010 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; novembre 2013 : mission de suivi réactif conjointe de haut niveau Centre du patrimoine mondial / ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/790/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 23 novembre 2018, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation qui est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/790/documents/ et rend compte de l’avancée d’un certain nombre de mesures prises pour maintenir l’authenticité et l’intégrité des deux composantes du bien, comme l’avait demandé le Comité (décision 41 COM 7B.63:

Site archéologique de Panamá Viejo :

District historique de Panamá :

Quelques autres sujets sont aussi évoqués par l’État partie, comme les projets de logements sociaux dans le district historique et les récentes améliorations apportées à la gestion des déchets et l’accès véhiculaire, notamment à travers la mise en œuvre du “Plan del Centro” et son projet de transports publics durables.

Enfin, l’État partie a soumis une demande de modification majeure des limites du bien à travers le dossier de proposition d’inscription « The Colonial Transisthmian Route of Panamá » (« La Route transisthmique coloniale de Panama »), qui apporte également au chapitre 4 des informations pertinentes sur l’état de conservation du lieu. La nouvelle proposition d’inscription sera examinée par le Comité au point 8B (voir document WHC/19/43.COM/8B).

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L’État partie a fait montre de son engagement en faveur de la mise en œuvre d’un certain nombre de demandes du Comité, visant précisément à améliorer la conservation du tissu bâti du bien, comme le confirme la récente réhabilitation de plusieurs édifices et l’infrastructure urbaine. Il est également noté que la mise en œuvre du ‘Plan del Centro’ a permis d’améliorer considérablement l’accès véhiculaire, l’infrastructure urbaine et les services au sein du District historique. Cependant, il est recommandé d’adopter une approche participative avec les multiples partenaires, en impliquant les habitants et les entreprises locales concernées dans la mise en œuvre du plan et des autres futures initiatives en matière de circulation.

Il est noté avec regret que le projet de construction de l’hôtel Casco Viejo qui inclut la restauration des façades du Club Union, arrive à un stade avancé et que l’État partie n’a pas soumis le projet au Comité du patrimoine mondial pour recueillir son avis en temps utile, selon le paragraphe 172 des Orientations. Si la restauration de la façade et la reconstruction du bâtiment de l’emblématique Club Union sont louables, il convient d’observer que l’extension de l’hôtel est massive et a des impacts non négligeables sur la perspective offerte depuis et vers l’océan et sur la ligne d’horizon maritime. Le projet ne semble pas suivre la limite de hauteur des bâtiments historiques d’origine, mais sa présence physique globale est imposante de par l’addition de plusieurs ailes. Une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) aurait été appropriée pour un projet d’une telle envergure.

En ce qui concerne le site archéologique de Panamá Viejo, l’étroite coopération entre le PPV et les promoteurs du projet du centre d’affaires de Panamá Viejo est accueillie favorablement. Le respect total de la réglementation de la zone tampon et la proposition d’écrans de verdure aménagés sur le pourtour du bien montrent l’amélioration de la coordination des autorités locales dans le processus de planification et la prise de décision concernant le bien. Certes, le plan de redressement durable du paysage culturel du site archéologique de Panamá Viejo devrait être considéré comme une initiative intéressante qui cherche à réduire la pression urbaine continue, mais ses résultats semblent peu concluants. Il est également préoccupant de constater que la régénération des espaces verts ne peut pas réduire complètement l’impact visuel causé par les projets de développement continus entrepris non loin du bien, dans sa zone tampon ou ses abords immédiats.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives souscrivent à la nécessité d’apporter des améliorations à l’extension et à la réglementation de la zone tampon du site archéologique de Panamá Viejo, tant que des nouveaux immeubles de grande hauteur, comme ceux de Costa del Mar, continueront à sortir de terre. À cet égard, l’initiative de la DNPH, l’OCA et la Municipalité cherchant à étendre la zone tampon du district historique, afin d’y inclure de nouvelles zones voisines, est accueillie très favorablement. Une telle mesure offre un bon exemple d’approche globale de la conservation du bien et il convient d’appliquer ce même processus au site archéologique de Panamá Viejo. Enfin, puisque cette composante du bien évolue dans une zone de développement prioritaire, sa dimension urbaine devrait être pleinement prise en compte dans les politiques, les mesures et les instruments adoptés pour assurer sa conservation durable.

Décision adoptée: 43 COM 7B.101

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 37 COM 8E, 37 COM 7B.100, 40 COM 8B.34, 41 COM 7B.63 adoptées respectivement à ses 37e (Phnom Penh, 2013), 40e (Istanbul/UNESCO, 2016) et 41(Cracovie, 2017) sessions,
  3. Exprime sa gratitude face à l’engagement de l’État partie dans la mise en œuvre d’un certain nombre de demandes du Comité ;
  4. Note que la mise en œuvre du Plan del Centro a permis d’amélioration l’accès véhiculaire et l’infrastructure urbaine et les services du district historique, et salue l’initiative prise par la Oficina del Casco antiguo (OCA), la Dirección nacional del patrimonio histórico (DNPH) et la Municipalité d’étendre la zone tampon du bien ;
  5. Regrette que le projet de l’hôtel Casco Viejo arrive à un stade avancé, qu’il n’a pas été soumis au Comité du patrimoine mondial conformément au paragraphe 172 des Orientations et qu’aucune évaluation d’impact sur le patrimoine n’ait été effectuée, et demande à l’État partie de recueillir l’avis du Comité en ce qui concerne les projets de réhabilitation ou de construction de grande envergure du bien avant leur approbation et/ou leur lancement ;
  6. Se félicite de l’étroite coopération entre le Patronato de Panamá Viejo et les promoteurs des nouveaux projets de construction dans la zone tampon du bien, ce qui montre une amélioration de la coordination des autorités locales dans le processus de planification et de prise de décision relatif au bien ;
  7. Note également le développement du plan de redressement durable du paysage culturel du site archéologique de Panamá Viejo, mais se déclare préoccupé de ce qu’en dépit des initiatives prises en matière de conservation, l’impact visuel et la plupart des facteurs actuellement préjudiciables pour le bien ne peuvent pas être complètement atténués ;
  8. Encourage l’État partie à envisager des améliorations au niveau de l’extension et de la réglementation de la zone tampon du site archéologique de Panamá Viejo, et recommande que la dimension urbaine du bien se reflète pleinement dans les politiques, les mesures et les instruments adoptés pour assurer la conservation de cette composante ;
  9. Note en outre que l’État partie a soumis une proposition de modification importante des limites du bien qui prend la forme d’une nouvelle proposition d’inscription en série à être examinée par le Comité du patrimoine mondial à la présente session, et réitère sa demande à l’État partie de continuer à adopter les mesures nécessaires afin de préserver l’authenticité et l’intégrité des deux composantes du bien, en particulier dans la zone tampon et le cadre plus vaste de Panamá Viejo ;
  10. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.