1.         Venise et sa lagune (Italie) (C 394)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)(v)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/394/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/394/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Programme pour la sauvegarde de Venise : plus de 1500 projets depuis 1966 totalisant plus de 50 millions d’euros (principalement dédiés aux projets de conservation et de restauration)

Missions de suivi antérieures

Octobre 2015 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/RAMSAR

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/394/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 14 décembre 2018, l’État partie a soumis un rapport, qui est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/394/documents/ et comprend de multiples annexes, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre de la décision 41 COM 7B.48. Le rapport donne l’aperçu suivant des progrès réalisés par l’État partie :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les efforts coordonnés déployés par l’État partie (et toutes les agences participantes) pour protéger la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, dont il est fait état dans le rapport sont accueillis avec satisfaction. Le rapport soumis présente la réponse détaillée aux décisions du Comité, et des progrès substantiels sont mentionnés dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de 2015. Néanmoins, des inquiétudes devraient être exprimées quant à l’absence de communication active de la part de l’État partie en ce qui concerne le bien, hormis l’établissement du rapport sur l’état de conservation, car le Secrétariat n’a reçu aucune autre information, par quelque moyen que ce soit, depuis le dernière décision du Comité. Compte tenu du nombre et de l’importance des questions en jeu, une communication régulière devrait être maintenue.

De nouvelles mesures sont en train d’être déployées dans le cadre du « Pacte pour le développement de la ville de Venise » afin de permettre aux grands navires de rejoindre la gare maritime de Venise sans passer par le bassin de Saint Marc et le canal de la Giudecca. Les premières initiatives se poursuivent mais le calendrier détaillé et un plan global de tout le projet, avec des évaluations d’impact, restent à communiquer.

Le « Projet de gouvernance territoriale du tourisme à Venise » est salué, de même que l’intégration d’instruments politiques pertinents tels que le Programme de tourisme durable et la « Politique pour l’intégration d’une perspective de développement durable dans les processus de la Convention du patrimoine mondial ». Les initiatives mises en œuvre pour soutenir l’habitat résidentiel, et les révisions apportées aux réglementations des locations touristiques qui en découlent, ont pour objectif de juguler les menaces importantes qui pèsent sur l’authenticité du bien, et il serait pertinent de solliciter des informations complémentaires sur les résultats obtenus par ces initiatives.

Des éclaircissements sont nécessaires quant au rôle et au contenu de l’analyse préliminaire mentionnée qui concerne les plans d’aménagement et de développement et les projets de grande envergure/d’infrastructures sur le territoire du bien et des zones environnantes. Il est recommandé que le Comité rappelle l’obligation faite à l’État partie de soumettre, conformément au paragraphe 172 des Orientations, les éléments détaillés de chaque projet d’aménagement et de développement susceptible d’avoir un impact potentiel sur la VUE du bien, ainsi que des EIP et/ou des évaluations environnementales stratégiques (EES) qui prennent en considération les impacts cumulatifs potentiels sur la VUE du bien, avant que des décisions irréversibles soient prises ou des projets mis en œuvre.

Il est pris acte de l’achèvement imminent du système de défense MOSE, ainsi que des informations actualisées sur ce projet. Le « Plan d’action pour le climat » et le « Plan des eaux de la ville de Venise » pourraient constituer également d’importants outils de gestion, et suite à un examen technique par les Organisations consultatives, il pourrait s’avérer approprié de faire connaître les mesures prises pour le bien. Le « Plan morphologique et environnemental pour la lagune de Venise » est une étape importante qui devrait aider à gérer l’érosion et identifier les actions nécessaires pour conserver l’écosystème de la lagune. Ce document devrait également être soumis à l’examen du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives avant sa finalisation et sa mise en œuvre.

Le plan de gestion est un outil essentiel pour conserver la VUE du bien, ainsi que son paysage et son cadre maritime. Par conséquent, l’initiative d’actualiser le document est saluée. Néanmoins, il conviendrait de demander à l’État partie d’intégrer, au sein du plan de gestion actualisé, une feuille de route détaillée et des repères mesurables, ainsi qu’une stratégie de gestion pour la zone tampon du bien. Le projet de plan de gestion actualisé devrait être soumis à l’examen du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives avant sa finalisation et son adoption. Il conviendrait d’encourager l’Etat partie à renforcer son système de suivi de la vulnérabilité des espaces patrimoniaux face au changement climatique et aux risques de catastrophe, et de continuer à développer et à mettre en œuvre des mesures qui atténuent et réduisent les risques pour la VUE du bien.

Malgré la documentation considérable inclue dans le rapport de l’Etat partie et les résultats signalés pour la mise en œuvre des décisions du Comité et des recommandations de la mission, le niveau de progrès aurait besoin d’être clarifié. En ce qui concerne principalement les problèmes de la pression touristique et des impacts négatifs du changement climatique, le bien reste soumis à l’impact cumulatif de menaces avérées et potentielles. Une amélioration satisfaisante de l’état de conservation ainsi que des progrès supplémentaires dans l’atténuation des menaces sont par conséquent encore nécessaires pour maintenir l’authenticité et l’intégrité du bien et pour protéger sa VUE à un niveau qui empêchera de considérer d’inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.  

Décision adoptée: 43 COM 7B.86

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 40 COM 7B.52 et 41 COM 7B.48, adoptées respectivement à ses 40e (Istanbul/UNESCO, 2016) et 41e (Cracovie, 2017) sessions,
  3. Note les efforts déployés par l’État partie et toutes les institutions impliquées dans le travail collectif de protection de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, et que des progrès ont été réalisés dans la mise en œuvre des recommandations formulées dans les décisions 40 COM 7B.52 et 41 COM 7B.48 ainsi que par la mission de 2015 ;
  4. Prend acte de la préparation du « Plan d’action pour le climat », du « Plan des eaux de la ville de Venise » et du « Plan morphologique et environnemental pour la lagune de Venise », et demande que ces documents importants soient officiellement soumis à l’examen du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives avant leur finalisation et mise en œuvre, et encourage l’État partie et ses agences compétentes à travailler en liaison avec le Centre du patrimoine mondial afin d’envisager la possibilité de partager et de promouvoir le « Plan d’action pour le climat » d’une manière qui mette en avant les processus de suivi et d’adaptation ;
  5. Prend également acte du « Projet de gouvernance territoriale du tourisme à Venise », qui intègre des instruments politiques pertinents, notamment le Programme de tourisme durable et la « Politique pour l’intégration d’une perspective de développement durable dans les processus de la Convention du patrimoine mondial », et demande également à l’État partie de faire rapport au Comité sur les résultats obtenus à court terme par ces initiatives, et sur le niveau d’atténuation des impacts négatifs de la pression touristique  ;
  6. Accueille avec satisfaction le chemin de navigation alternatif qui a été identifié pour que les navires d’un tonnage supérieur à 40 000 tonnes accèdent à un nouveau lieu d’accostage à Marghera, et le soutien accordé à l’industrie vénitienne des croisières avec la construction d’un nouveau terminal à Marghera, et demande en outre à l’État partie de soumettre les plans détaillés et le calendrier de la mise en œuvre des projets proposés qui permettront aux grands navires d’accéder à la gare maritime de Venise sans passer par le bassin de Saint Marc et le canal de la Giudecca ;
  7. Note également l’achèvement imminent du système de défense MOSE et les informations actualisées sur ce projet, et demande par ailleurs à l’État partie de communiquer régulièrement les informations actualisées disponibles sur ce projet, y compris ses systèmes de gestion et de maintenance, et de signaler les perspectives à moyen et long terme de ce projet pour atteindre l’objectif d’éviter les impacts négatifs du changement climatique, essentiellement les inondations temporaires et l’élévation du niveau de la mer  ;
  8. Prend en outre acte de l’initiative de l’État partie d’actualiser le plan de gestion du bien, qui est un outil essentiel pour conserver sa VUE, ainsi que son paysage et son cadre maritime, et demande de plus à l’État partie d’intégrer la feuille de route détaillée et ses repères mesurables dans le plan de gestion actualisé, de compléter le document d’une stratégie de gestion planifiée pour la potentielle zone tampon du bien, et de soumettre le projet de plan de gestion actualisé à l’examen du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives, avant sa finalisation et son adoption ;
  9. Encourage également l’Etat partie à renforcer son système de suivi de la vulnérabilité des espaces patrimoniaux face au changement climatique et aux risques de catastrophe, et de continuer à développer et mettre en œuvre des mesures qui atténuent et réduisent les risques pour la VUE du bien ;
  10. Note avec préoccupation l’absence de communication régulière de l’État partie avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, et réitère ses demandes précédentes auprès de l’État partie afin qu’il soumette, conformément au paragraphe 172 des Orientations, les éléments détaillés de tout projet récemment proposé ainsi que toutes les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) et les évaluations environnementales stratégiques (EES) en temps utile, avant que des décisions irréversibles soient prises et les projets mis en œuvre, avec notamment une section mettant l’accent sur l’impact potentiel des projets sur la VUE du bien et prenant en considération les impacts cumulatifs potentiels ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020, afin de considérer l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril si les mesures d’atténuation mises en œuvre et le système de gestion adapté n’aboutissent pas à des progrès significatifs et mesurables pour l’état de conservation du bien.

Décision adoptée: 43 COM 8B.46

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les documents WHC/19/43.COM/8B.Add et WHC/19/43.COM/INF.8B1.Add,
  2. Renvoie la proposition de la zone tampon pour Venise et sa lagune, Italie, à l’État partie afin de lui permettre de :
    1. Fournir une clarification sur la raison pour laquelle l’un des corps d’eau a été exclu de la zone tampon proposée et reconsidérer l’exclusion de cette partie de la bande côtière de la zone tampon proposée,
    2. Signer un protocole d’accord afin de mettre en place officiellement un système de gouvernance pour la gestion coordonnée, l’amélioration et le développement durable de la zone tampon proposée.

Décision adoptée: 43 COM 8D

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/8D,
  2. Rappelant la décision 42 COM 8D, adoptée lors de sa 42e session (Manama, 2018),
  3. Reconnaît l’excellent travail accompli par les États parties pour la clarification des limites de leurs biens du patrimoine mondial et les remercie pour leurs efforts visant à améliorer la crédibilité de la Liste du patrimoine mondial ;
  4. Rappelle que le Centre du patrimoine mondial ainsi que les Organisations consultatives ne seront pas en mesure d’examiner des propositions de modifications mineures ou importantes des limites pour les biens du patrimoine mondial dont les limites à l’époque de l’inscription n’ont pas encore été clarifiées ;
  5. Prend note des clarifications des limites et des superficies fournies par les États parties pour les biens suivants et telles que présentées en Annexe du Document WHC/19/43.COM/8D :

    AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES

    • Bolivie (État plurinational de), Ville de Potosí
    • Équateur, Ville de Quito

    ASIE ET PACIFIQUE

    • Kazakhstan, Mausolée de Khoja Ahmad Yasawi

    ÉTATS arabes 

    • Jordanie, Quseir Amra

    EUROPE ET AMÉRIQUE DU NORD

    • Allemagne, Monastère de Maulbronn
    • Fédération de Russie, Citadelle, vieille ville et forteresse de Derbent
    • Italie, Venise et sa lagune ;

  6. Demande aux États parties n’ayant pas encore répondu aux questions soulevées dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif de bien vouloir fournir toutes les clarifications ainsi que la documentation le plus rapidement possible, et avant le 1er décembre 2019 au plus tard, afin de les soumettre, si les conditions techniques sont remplies, à la 44e session du Comité du patrimoine mondial en 2020.