1.         Centres historiques de Berat et de Gjirokastra (Albanie) (C 569bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2005

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/569/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2018)
Montant total approuvé : 80 416 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/569/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé pour le bien : 1 367 014 dollars EU fournis par le Gouvernement albanais dans le cadre du projet 933 ALB 4000 « Sauvegarde et restauration d’une sélection de monuments à l’intérieur du site du patrimoine mondial du Centre Historique de Gjirokastër, Albanie »

Missions de suivi antérieures

Novembre 2012 : mission ICOMOS de suivi réactif ; Avril 2016 : mission consultative de l’ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/569/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 28 novembre 2018, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/569/documents et qui présente, comme suit, les progrès réalisés dans la résolution d’un certain nombre de problèmes liés à la conservation et abordés par le Comité à ses précédentes sessions :

En réponse à des informations communiquées par un tiers, soulignant la perte continue de patrimoine bâti sur le territoire du bien, des informations complémentaires ont été demandées à l’État partie. Aucune réponse n’a été reçue à l’heure de la rédaction du présent document.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les efforts entrepris par l'État partie pour continuer d’améliorer la conservation et la gestion du bien, ainsi que les travaux d'entretien et de restauration, effectués en 2017 et 2018, sont notés. L'approbation de la loi « sur le patrimoine culturel et les musées » et des plans généraux d'urbanisme (PGU) pour les deux municipalités est accueillie avec satisfaction. L'utilisation active par les gestionnaires de sites des indicateurs de suivi relatifs à la protection de la valeur universelle exceptionnelle (VUE), élaborés lors de l'atelier tenu en avril 2016, est également accueillie avec satisfaction. Les autorités et les parties prenantes sont encouragées à poursuivre le suivi et le contrôle de l'aménagement et du développement du bien.

L'élaboration d'un plan global de gestion intégrée (PGI) est prévue pour 2019. Il est recommandé que le Comité encourage l'État partie à accorder la priorité à l’élaboration de ce PGI, y compris d’une composante de gestion des risques avec des mesures d'atténuation des menaces. En outre, il sera nécessaire d'élaborer un outil de conservation et d’aménagement urbains intégrés, qui fera partie intégrante du PGI, conçu sur la base d'une étude et d'une documentation détaillées de tous les bâtiments et caractéristiques environnementales du cadre urbain et de son contexte, en appliquant la Recommandation concernant le paysage urbain historique (2011). Il est à noter que le moratoire sur les nouvelles constructions dans le périmètre du bien et des zones tampons en place depuis 2013 a été levé après l'approbation des PGU des municipalités respectives. Toutefois, il est recommandé que l'État partie rétablisse et maintienne le moratoire jusqu'à l'approbation et la mise en œuvre complète des outils ci-dessus mentionnés pour la protection et la gestion de Berat et Gjirokastra.

Le projet révisé de reconstruction de l’ex bar-restaurant « Fantazia » à Gjirokastra a été examiné par l’ICOMOS qui l’a jugé comme étant une amélioration par rapport au projet d’origine. Des recommandations mineures ont été communiquées à l’État partie. Le projet de termes de référence du PDUTI pourrait être accepté et constituer une bonne base pour le projet final. L’État partie devrait toutefois prendre en considération les remarques formulées lors de l’examen technique de l’ICOMOS, en particulier en ce qui concerné le lien à établir avec le plan de gestion du bien du patrimoine mondial. L’ICOMOS estime que le projet de rapport final de la Vision de développement de Berat et du CDUI est un document bien élaboré et fort utile. Il est cependant recommandé qu’il soit complété de propositions stratégiques et de solutions pratiques en ce qui concerne les activités de construction illégales. Il est recommandé que l’État partie soit encouragé à accorder toute son attention aux examens techniques de l’ICOMOS soumis en 2017 et 2018, et tienne le Centre du patrimoine mondial informé des modalités concrètes par lesquelles ces commentaires seront pris en compte. En outre, il est recommandé que l’État partie soumette les termes de référence de l’étude sur la stabilisation et du projet pour le château de Gjirokastra au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives, ainsi que de tout autre projet de développement et d’aménagement avant leur approbation ou mise en œuvre.

L’état de conservation du bien, la perte d’un important tissu patrimonial et de nouveaux aménagements et développements inappropriés sur le territoire du bien et de sa zone tampon demeurent très préoccupants.

Décision adoptée: 43 COM 7B.79

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.40, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Note les efforts entrepris par l’État partie pour continuer d’améliorer la conservation et la gestion du bien, notamment les travaux d’entretien et de restauration réalisés en 2017 et 2018, accueille avec satisfaction l’adoption du projet de loi « sur le patrimoine culturel et les musées » et des plans généraux d’urbanisme pour les deux municipalités, et demande leur mise en œuvre urgente ;
  4. Note également que le projet de rocade de Gjirokastra a été suspendu, et demande également à l’État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial informé de tels projets ;
  5. Accueille également avec satisfaction les progrès réalisés dans la mise en œuvre des indicateurs de suivi relatifs à la protection de la valeur universelle exceptionnelle (VUE), et encourage l’État partie et les parties prenantes à poursuivre le suivi et le contrôle de l’aménagement et du développement afin de sauvegarder la VUE du bien ;
  6. Rappelle le besoin fondamental et urgent d’un plan global de gestion intégrée (PGI) et de mécanismes de contrôle appropriés pour le bien, ses zones tampons et au-delà, et prenant note de l’approbation de la demande d’assistance internationale soumise afin d’élaborer un tel plan, demande en outre à l’État partie de :
    1. Elaborer à titre prioritaire et mettre en œuvre, après examen par les Organisations consultatives, un plan global de gestion intégrée incluant une composante de gestion des risques assortie de mesures d’atténuation des menaces,
    2. Elaborer et mettre en œuvre, après examen par les Organisations consultatives, un outil de conservation et de développement urbains intégrés, conçu sur la base d’une étude et d’une documentation détaillées de tous les bâtiments et caractéristiques environnementales du cadre urbain et de son contexte étendu, en appliquant la Recommandation concernant le paysage urbain historique (2011), et veiller à une forte coopération interinstitutionnelle, en particulier entre les entités en charge de la planification urbaine,
    3. Rétablir le moratoire sur les nouvelles constructions dans le périmètre du bien et des zones tampons, et le maintenir jusqu’à l’adoption des outils ci-dessus mentionnés pour la protection et la gestion de Berat et de Gjirokastra,
    4. Elaborer des mécanismes et des programmes destinés à faire progresser la restauration et la conservation du tissu bâti du bien ;
  7. Demande par ailleurs à l’État partie de prendre en considération l’examen et les recommandations communiqués par les Organisations consultatives en ce qui concerne le Projet de développement urbain et touristique intégré (PDUTI) et la Vision de développement de Berat et le Concept de développement urbain intégré (CDUI), et de tenir le Centre du patrimoine mondial informé des modalités concrètes par lesquelles ces commentaires sont pris en compte ;
  8. Encourage également l’État partie à continuer de soumettre au Centre du patrimoine mondial tout projet d’aménagement et de développement avant son approbation officielle, conformément au paragraphe 172 des Orientations, pour examen par les Organisations consultatives ;
  9. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.