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Vat Phou et les anciens établissements associés du paysage culturel de Champassak

République démocratique populaire lao
Facteurs affectant le bien en 2019*
  • Habitat
  • Impacts des activités touristiques / de loisirs des visiteurs
  • Infrastructures de transport de surface
  • Infrastructures hydrauliques
  • Installations d’interprétation pour les visiteurs
  • Ressources humaines
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Infrastructures de transport de surface (Construction de nouvelles infrastructures comprenant des propositions pour de nouvelles routes)
  • Habitat (Nouvelles constructions contribuant à une densification aléatoire du principal ensemble monumental)
  • Systèmes de gestion/Plans de gestion (Absence de mécanisme de gestion coordonnée)
  • Impact des activités touristiques/de loisirs/des visiteurs
  • Installations des infrastructures d’interprétation et d’accueil pour les visiteurs (Parc de stationnement et centre d’accueil des visiteurs)
  • Ressources humaines (Personnel spécialisé insuffisant)
  • Infrastructure liée à l’approvisionnement en eau
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2019

Montant total accordé au bien : Projet financé par le Japon : 379 040 dollars EU (1996-97) ; Projets financés intégralement par l’Italie par l’intermédiaire de la Fondation Lerici : 482 194 dollars EU (1996-2004 ; 3 phases) : Phase I (1996-1997) = 161 124 dollars EU , Phase II (1998-1999) = 164 000 dollars EU, Phase III (2003-2005) = 157 070 dollars EU

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2019
Demandes approuvées : 1 (de 1999-1999)
Montant total approuvé : 13 000 dollars E.U.
1999 Preparation of the nomination dossier for Vat Phu ... (Approuvé)   13 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2019**

Janvier-février 2011 : mission UNESCO ; novembre 2011 : mission du programme de la Convention France-UNESCO ; février 2012 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM ; avril 2013 : mission du Programme de la Convention France-UNESCO; mars 2014 : mission du Programme de la Convention France-UNESCO; février 2015: mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

L'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 30 novembre 2018, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/481/documents et a fourni des informations sur l’application de la décision du Comité (41 COM 7B. 94) :

  • Le plan de gestion patrimonial de Champasak (No2692/PMO) est appliqué en continu depuis 1998 et actuellement conjointement avec le plan d’action actualisé (2019-2023) et le Schéma directeur du Paysage culturel de Champassak 2016. L'État partie a mis en application une réglementation pour le contrôle du développement urbain accompagnant ce dernier plan, à savoir le Code de construction et le plan d’occupation des sols ;
  • Concernant les progrès réalisés dans la mise en œuvre du réseau routier et de la gestion du trafic, l'État partie confirme qu’une ordonnance administrative avait été préparée afin de restreindre et de gérer le trafic sur la Route 14A, qui sera mise en service dès que les déviations - Route 14B et Route 14A – auront été achevées. Le financement reste à compléter pour achever les deux routes ;
  • L’efficacité de la coordination et de la coopération entre agences est assurée par des réunions régulières au niveau national et une réunion de coordination internationale (RCI) annuelle, qui se déroulent depuis 2013 avec des partenaires internationaux et nationaux et des universités. Par décision de la 5ème RCI, l'État partie a établi le Groupe consultatif d’experts (GCE) conformément aux recommandations du Comité et de la mission de 2015, pour générer une coordination plus étroite entre les équipes internationales. Le GCE a formulé des recommandations, choisi des sites spécifiques pour l’amélioration de la conservation, recommandé le renforcement de la conservation et de la gestion globale du bien et décidé d’améliorer le processus des travaux liés aux projets nationaux et internationaux, y compris de demander aux équipes de projets de soumettre les propositions de projets détaillés, la documentation et les rapports afin de permettre aux autorités chargées du patrimoine d’effectuer le suivi des travaux de conservation de manière plus efficace.
  • Deux projets d’approvisionnement en eau ont été proposés dans le bien afin de résoudre en urgence les besoins locaux : (1) L’entreprise d’État de distribution d’eau de Champasak étend son réseau d’eau dans la ville de Champasak dans le périmètre sud du bien à Dontalat. Le projet proposé est inclus en Annexe 7 du rapport de l’État partie mais n’est fourni qu’en langue lao, avec un bref résumé en anglais en page de couverture. Aucune évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) ni plan détaillé n’ont été fournis au Centre du patrimoine mondial ; (2) L’étude de faisabilité et l’EIP pour le Projet de réseau d’eau de Champasak (WSP) ont été soumis en Annexe 8 du rapport de l’État partie, mais ce projet attend encore son financement ;
  • Une étude de faisabilité concernant la gestion des déchets solides a été soumise au Centre du patrimoine mondial en Annexe 9 du rapport.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2019

Au lieu d’actualiser le plan de gestion, l’État partie a renouvelé le plan d’action quinquennal associé qui couvre la période à venir 2019-2023, joint en Annexe 1 du rapport. Ce document reflète la structure du plan de gestion, il couvre les priorités de gestion et de conservation du bien ainsi que le cadre institutionnel et le renforcement des capacités et il vise à guider les actions conduites par toutes les parties prenantes. Bien que ce document pratique soit utile à partager les actions et les objectifs techniques avec toutes les parties concernées, un plan de gestion actualisé et complet utilisant une approche plus orientée vers les missions et les défis serait utiles étant donné les importants changements sociétaux que le bien a connu depuis l’établissement du plan de gestion précédent en 1998. 

En mettant en œuvre le Schéma directeur du Paysage culturel de Champassak, l’État partie a aussi mis en œuvre le plan d’occupation des sols qui lui est associé. Ce dernier comprend des actions de sensibilisation auprès des habitants sur les nouveaux règles d’urbanisme qui fournissent des règles plus détaillées sur l’utilisation des sols, assorties de conditions détaillées complémentaires visant par exemple les zones tampon autour de chaque vestige archéologique connu. Sont interdites les nouvelles constructions empiétant sur les rizières irriguées et les réserves écologiques et naturelles, avec un contrôle étendu sur les activités de construction illégales. Plus spécifiquement, le plan d’occupation des sols interdit strictement toute expansion urbaine dans le périmètre de 20 km2 de la zone 1 (zone de paysage culturel) et la zone 3 (zone de recherche archéologique). Cela ne permet pas de nouvelles extensions urbaines et n’autorise qu’une expansion urbaine limitée dans les villages existant (dans une zone de 31  km2 carrés).

Par ailleurs, le plan visible sur le site internet du Centre du patrimoine mondial n’est pas conforme aux exigences des Orientations. Le Comité pourrait souhaiter demander à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er décembre 2019 un plan topographique actualisé tel que le bien a été inscrit en 2001, pour examen par le Comité.

Concernant le réseau routier et le schéma de gestion, la confirmation de la suspension des travaux de la Route 14A entre le km29 et le km34 est accueillie avec satisfaction, comme l’est la prorogation de l’interdiction de toute construction le long de ce tronçon, à l’exception de quelques structures légères dans les rizières. Une étude préalable de faisabilité en vue d’améliorer la Route 14B, qui montre que l’amélioration de cette route pour le passage de poids lourds est économiquement viable en tant que connexion régionale est également bienvenue.

Le mécanisme des RCI et du GCE est précieux car il fournit une plateforme inclusive pour étudier et traiter toutes les initiatives de coopération concernant le bien, et ses recommandations devraient être suivies de près, d’autant que l’État partie annonce que d’importants projets de coopération commencent en 2019 à l’initiatives de la France, de l’Inde et de la République de Corée. Etant donné l’importance qu’il y a à garantir la propriété et le renforcement des capacités des ressources humaines de l’État partie, il est souhaitable que tous les projets nationaux et internationaux soient dûment examinés par la RCI et le GCE. Il est également souhaitable que la participation des experts lao en matière de patrimoine soit formalisée pendant toute la durée de la mise en œuvre de tels projets et en réfère à la RCI.

Le projet d’extension du système d’entreprise d’État de distribution de l’eau de Champasak risquent de perturber les vestiges archéologiques souterrains ainsi que l’intégrité du paysage et devraient être immédiatement arrêtés jusqu’à ce que des propositions techniques détaillées, une EIP, des mesures d’atténuation et le rapport d’avancement actualisés soient soumis au Centre du patrimoine mondial, dans l’une des langues de travail de la Convention, pour examen par les Organisations consultatives.

L’ICOMOS a évalué les deux derniers projets de construction au moyen d’une étude technique.

Décisions adoptées par le Comité en 2019
43 COM 7B.68
Vat Phou et les anciens établissements associés du paysage culturel de Champassak (République démocratique populaire lao) (C 481)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.94, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017)
  3. Accueille favorablement les progrès et les efforts de l’État partie concernant l’établissement d’un plan d’action quinquennal pour mettre en œuvre le plan de gestion actuel et appliquer le Schéma directeur du Paysage culturel de Champassak incluant le plan d’occupation des sols et des réglementations détaillées pour chaque zone visant à empêcher toute nouvelle construction ;
  4. Recommande à l’État partie d’appliquer strictement le plan de zonage du monument afin de contrôler la densification de la zone 4 ;
  5. Reconnaît les progrès réalisés avec la mise en fonction du réseau routier (14A et 14B) et du schéma de gestion de la circulation et prie instamment l’État partie de trouver les financements de toute urgence pour terminer les travaux en attente ;
  6. Salue les réunions nationale et provinciales régulières ainsi que l’organisation de la réunion de coordination internationale (RCI) et l’établissement du Groupe consultatif d’experts (GCE) en tant que mécanismes efficaces pour guider la coopération entre agence, les projets nationaux et internationaux et les initiatives concernant le bien ;
  7. Demande à l’État partie de développer en actualisant le plan de gestion, en l’orientant vers la mission et le défi pour tenir compte de toutes les activités concernant le bien et de fournir un projet final au Centre du patrimoine mondial ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er décembre 2019, un plan topographique actualisé du bien tel qu’inscrit en 2001, pour examen par le Comité ;
  9. Exprime son inquiétude concernant le projet d’extension du réseau d’eau entrepris par l’entreprise d’État de distribution de l’eau de Champasak qui pourrait avoir un impact potentiel sur le bien et demande également à l’État partie d’interrompre le projet d’extension dans le bien jusqu’à ce que les impacts potentiels soient pleinement évalués par une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) assortie de propositions de mesures d’atténuation, conformément aux recommandations de l’ICOMOS sur les EIP pour les biens du patrimoine mondial, avec une section spécifique centrée sur l’impact potentiel du projet sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, à soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  10. Demande en outre à l’État partie d’assurer l’application des mesures d’atténuation présentées dans l’EIP pour le projet de réseau d’eau de Champasak (WSP) et d’en référer au Centre du patrimoine mondial ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.
Projet de décision : 43 COM 7B.68

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.94 adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017)
  3. Accueille favorablement les progrès et les efforts de l’État partie concernant l’établissement d’un plan d’action quinquennal pour mettre en œuvre le plan de gestion actuel et appliquer le Schéma directeur du Paysage culturel de Champassak incluant le plan d’occupation des sols et des réglementations détaillées pour chaque zone visant à empêcher toute nouvelle construction ;
  4. Recommande à l’État partie d’appliquer strictement le plan de zonage du monument afin de contrôler la densification de la zone 4 ;
  5. Reconnaît les progrès réalisés avec la mise en fonction du réseau routier (14A et 14B) et du schéma de gestion de la circulation et prie instamment l’État partie de trouver les financements de toute urgence pour terminer les travaux en attente ;
  6. Salue les réunions nationale et provinciales régulières ainsi que l’organisation de la réunion de coordination internationale (RCI) et l’établissement du Groupe consultatif d’experts (GCE) en tant que mécanismes efficaces pour guider la coopération entre agence, les projets nationaux et internationaux et les initiatives concernant le bien ;
  7. Demande à l’État partie de développer en actualisant le plan de gestion, en l’orientant vers la mission et le défi pour tenir compte de toutes les activités concernant le bien et de fournir un projet final au Centre du patrimoine mondial ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er décembre 2019, un plan topographique actualisé du bien tel qu’inscrit en 2001, pour examen par le Comité ;
  9. Exprime son inquiétude concernant le projet d’extension du réseau d’eau entrepris par l’entreprise d’État de distribution de l’eau de Champasak qui pourrait avoir un impact potentiel sur le bien et demande également à l’État partie d’interrompre le projet d’extension dans le bien jusqu’à ce que les impacts potentiels soient pleinement évalués par une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) assortie de propositions de mesures d’atténuation, conformément aux recommandations de l’ICOMOS sur les EIP pour les biens du patrimoine mondial, avec une section spécifique centrée sur l’impact potentiel du projet sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, à soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  10. Demande en outre à l’État partie d’assurer l’application des mesures d’atténuation présentées dans l’EIP pour le projet de réseau d’eau de Champasak (WSP) et d’en référer au Centre du patrimoine mondial ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.
Année du rapport : 2019
République démocratique populaire lao
Date d'inscription : 2001
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(iv)(vi)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2018) .pdf
arrow_circle_right 43COM (2019)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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