1.         Sanctuaire historique de Machu Picchu (Pérou) (C/N 274)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1983

Critères  (i)(iii)(vii)(ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/274/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1986-2001)
Montant total approuvé : 166 625 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/274/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé: 15.000 dollars EU : Fonds-en-dépôt espagnol pour le patrimoine mondial pour l'atelier participatif demandé par le Comité (Décision 30 COM 7B.35)

Missions de suivi antérieures

1989, 1990, 1991, 2003 et 2005: missions techniques ; octobre 1997 : mission technique conjointe UICN / ICOMOS ; octobre 1999 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN / ICOMOS ; juin 2002 et  avril 2007 : missions conjointes de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN / ICOMOS ; janvier 2009 : mission conjointe de suivi renforcé Centre du patrimoine mondial / UICN / ICOMOS ; février 2010 : mission technique d’urgence Centre du patrimoine mondial; mai 2012 : mission conjointe de conseil Centre du patrimoine mondial / UICN / ICOMOS ; janvier 2016 : mission conjointe de conseil Centre du patrimoine mondial / UICN / ICOMOS / ICCROM ; février 2017 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN / ICOMOS / ICCROM 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/274/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

En juillet 2018, l’État partie a soumis des informations sur la construction d’un téléphérique dans l’enceinte du bien, pour examen par les Organisations consultatives. Une évaluation technique a été transmise à l’État partie le 29 août 2018. Le 11 janvier 2019, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien et le 5 mars 2019 des informations complémentaires, disponibles à http://whc.unesco.org/fr/list/274/documents/.Les progrès réalisés en réponse à un certain nombre de problèmes de conservation soulevés par le Comité à ses précédentes sessions sont présentés comme suit dans les deux rapports :

Enfin, l'État partie rend compte de la mise en œuvre des activités suivantes qui ont pour objectif d’obtenir une vision intégrale pour le bien :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

L'État partie a fait des progrès significatifs dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2017 sur le site. En particulier, les efforts pour le renforcement du rôle de l'UGM et le plein fonctionnement du Comité technique et du Comité directeur sont accueillis favorablement, ainsi que l'adoption à venir de son Règlement intérieur et l'intégration de la Municipalité du district de Santa Teresa dans l'UGM.

Concernant les réglementations relatives à l’utilisation, il est pris note des informations sur les réglementations nationales et municipales qui sanctionnent les violations du patrimoine culturel et naturel. L'existence de différents niveaux de réglementations relatives à l'utilisation confirme la nécessité de poursuivre l’harmonisation institutionnelle. Le plan d'utilisation publique doit par ailleurs être complété par un plan de mise en œuvre détaillé et un règlement opérationnel concernant non seulement le tourisme mais aussi d'autres utilisations du bien, qui seront identifiées sur la base d'une évaluation détaillée de l'impact potentiel des différentes activités dans le cadre plus large de Machu Picchu. Cette révision pourrait éventuellement intégrer les réglementations nationales spécifiques existantes sur le patrimoine culturel et naturel et d'autres ordonnances municipales, au sein d'un cadre réglementaire global unique pour les utilisations.

S’agissant de la définition de la capacité d’accueil et de l'application de limites claires au nombre de visiteurs, il est recommandé que le Comité, rappelant les préoccupations déjà exprimées à plusieurs reprises, regrette vivement l'absence de progrès sur ces mesures urgentes, et demande à l'État partie de soumettre en priorité au Centre du patrimoine mondial l'évaluation susmentionnée de l'étude de 2015 sur la capacité d’accueil, pour examen par les Organisations consultatives. De même, il convient de rappeler à l'État partie que l'évaluation doit se concentrer sur les attributs de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) et comprendre les besoins en matière de conservation (lutte contre l'érosion, les perturbations de la faune et de la flore, les déchets solides et la pollution), ainsi que de sécurité et d’expérience offerte aux visiteurs. De plus, une fois définie, il conviendra de faire respecter la capacité d'accueil en appliquant des limites claires au nombre de visiteurs, ainsi que par la régulation et la différenciation des flux de visiteurs et la promotion de sites alternatifs à visiter à l’extérieur du site de la llaqta.

Concernant l'Étude technique sur des modes de transport alternatifs vers la llaqta, il conviendra de veiller attentivement à ce que les attributs de la VUE du bien soient pleinement pris en compte lors de son élaboration. Il est en outre est recommandé au Comité de prier instamment l'État partie de ne finaliser l'Étude technique sur des modes de transport alternatifs qu’après avoir déterminé clairement les limites de la capacité d’accueil globale du bien et de chacun de ses éléments, y compris le nombre maximum de visiteurs. L'étude devrait également examiner l'analyse des installations actuelles, les possibilités de modernisation, les solutions alternatives et les mécanismes de régulation et de gestion du nombre de visiteurs, comme recommandé précédemment par la mission de 2017 et réaffirmé avec force dans l'étude technique des Organisations consultatives sur le projet de téléphérique, fournie en août 2018. Il est recommandé au Comité d’envisager aussi d'exprimer sa plus vive préoccupation si de nouveaux moyens d'accès à la llaqta étaient prévus ou mis en œuvre avant l'achèvement de ces études et la définition de ces indicateurs.

Concernant le besoin tant attendu d'une vision intégrale pour le bien, il est pris note de l'évaluation de la Vision stratégique pour sa gestion future et de l'évaluation de la Stratégie globale de l'accès amazonien. Le renforcement de la gestion des déchets solides aux niveaux national et municipal est également accueilli favorablement. S’agissant enfin de la proposition de réserve de biosphère, le Comité pourra se féliciter des efforts déployés actuellement pour étudier des possibilités de tourisme vert, en complément du tourisme culturel dans la région, ce qui permettra de diversifier les expériences et les activités des visiteurs et d'améliorer l'utilisation durable du bien.

Il serait opportun de rappeler à l'État partie que toutes les interventions, concernant notamment les moyens d'accès, le développement du tourisme, les installations pour les visiteurs, les travaux d'infrastructure et le développement urbain, devraient avoir pour objectif de conserver la VUE du bien et que les notes d'orientation et de conseil sur les normes du patrimoine mondial – Note consultative de l’UICN sur l’évaluations environnementale et Guide de l’ICOMOS pour les évaluations d'impact sur le patrimoine mondial culturel – devraient être strictement appliquées et que les études et/ou évaluations devraient être soumises au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives.

Décision adoptée: 43 COM 7B.37

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 37 COM 7B.35, 39 COM 7B.36 and 41 COM 7B.36, adoptées respectivement à ses 37e (Phnom Penh, 2013), 39e (Bonn, 2015) et 41e (Cracovie, 2017) sessions,
  3. Se félicite des progrès accomplis par l'État partie dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2017 sur le site, en particulier le bon fonctionnement du Comité technique et du Comité directeur de l'Unité de gestion de Machu Picchu (UGM), l'adoption à venir de son règlement intérieur et l'inclusion de la Municipalité du district de Santa Teresa dans l'UGM ;
  4. Se félicite également de la mise en œuvre de réglementations nationales pour contrôler les déchets solides dans les zones inscrites au patrimoine mondial et des efforts déployés par la Municipalité du district de Machu Picchu pour renforcer la gestion des déchets solides ;
  5. Regrette vivement l’insuffisance des progrès réalisés pour remédier aux problèmes graves susceptibles d'avoir un impact sur les conditions d'intégrité du bien, à savoir l'absence de définition de sa capacité d’accueil et d'application de limites claires au nombre de visiteurs ;
  6. Prie instamment l'État partie de veiller à ce que l'évaluation en cours de l'étude de 2015 sur la capacité d’accueil se concentre sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et que, une fois achevée, elle soit respectée par l’application de limites claires au nombre de visiteurs, ainsi que par la régulation et la différentiation du flux de visiteurs et la promotion de sites touristiques alternatifs à visiter à l’extérieur de la llaqta, et demande à l'État partie de la finaliser et de la soumettre, d’ici le 1er décembre 2019, au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  7. Note que deux Études sur les modes de transport alternatifs vers la llaqta sont en cours et soutient la décision du Comité directeur de l'UGM de suspendre tout nouveau projet d'accès à la llaqta avant la réalisation d'une Étude finale sur les modes d’accès alternatifs, conduite par le Ministère de la Culture ;
  8. Demande également à l'État partie que l'Étude finale sur les modes de transport alternatifs, qui doit être conduite par le ministère de la Culture, soit réalisée une fois que la capacité d’accueil globale et celle de chaque élément du bien, y compris le nombre maximum de visiteurs, auront été définies, et exprime sa plus vive préoccupation si de nouveaux moyens d'accès à la llaqta (site archéologique) étaient prévus ou mis en œuvre, avant l’achèvement de ces études et la définition de ces critères ;
  9. Note également les initiatives en cours pour évaluer les documents existants et les harmoniser afin d’obtenir une vision intégrale de l'ensemble du bien, et plus particulièrement l'évaluation de la Vision stratégique pour la gestion future du bien et l'évaluation de la Stratégie globale pour l'accès amazonien ;
  10. Demande en outre à l'État partie de compléter le Plan d'utilisation publique du bien avec un plan de mise en œuvre détaillé et un règlement opérationnel concernant non seulement le tourisme, mais prenant en compte aussi les autres utilisations du bien et les réglementations et les sanctions existantes, ainsi que la législation municipale, en les regroupant dans un cadre réglementaire global unique pour les différentes utilisations du bien ;
  11. Note en outre les initiatives engagées pour élaborer une proposition de réserve de biosphère Machu Picchu-Choquequirao et se félicite en outre du développement de propositions de tourisme vert pour diversifier les activités des visiteurs et améliorer l'utilisation durable du bien ;
  12. Prie aussi instamment l'État partie de veiller à ce que les notes d'orientation et de conseil sur les normes du patrimoine mondial – Note d'orientation de l'UICN sur les évaluations environnementales et Guide de l'ICOMOS sur les évaluations d'impact sur le patrimoine culturel mondial – soient appliquées strictement à toutes les interventions sur le bien, concernant notamment les moyens d'accès, le développement touristique, les infrastructures pour les visiteurs, les travaux d'infrastructure et le développement urbain, et que les évaluations correspondantes soient soumises au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives ;
  13. Demande par ailleurs à l'État partie de faire en sorte que tout grand projet d'infrastructures de transports, comme les aéroports, les chemins de fer, les téléphériques, les tunnels et les routes, soit évalué rigoureusement à un stade précoce de la planification à la lumière de leur impact sur la VUE du bien, sur son cadre plus large et sur le projet de réserve de biosphère Machu Picchu-Choquequirao ;
  14. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.