1.         Parc national de Phong Nha - Ke Bang (Viet Nam) (N 951bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2003

Critères  (viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/951/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2005-2011)
Montant total approuvé : 29 240 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/951/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Juillet 2018 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/951/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 28 janvier 2019, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/951/documents, qui fait état des informations actualisées suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le rapport de l’État partie démontre une volonté ferme de répondre aux précédentes décisions du Comité à travers des actions telles que l’évaluation des espèces clés, le suivi et le contrôle des espèces envahissantes et les rondes impliquant les populations locales. Néanmoins, les résultats de l’inventaire des principales espèces de grands mammifères montrent que la pression du braconnage demeure élevée, tout comme celle d’autres facteurs dont l’empiètement illégal. Les mesures de conservation urgentes proposées par l’État partie sont favorablement accueillies, et il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de poursuivre la surveillance de ces espèces clés et d’intensifier encore les efforts de lutte contre le braconnage accompagnés des mesures de conservation nécessaires.

Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN a visité le bien du 11 au 20 juillet 2018 (rapport disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/951/documents). Tandis que la mission a noté les efforts du Comité de direction pour répondre aux nombreux enjeux, malgré l’insuffisance  des ressources humaines (il n’y a actuellement qu’un garde forestier pour patrouiller et recenser régulièrement 1 000 ha), elle a conclu que la chasse/le piégeage des espèces sauvages, le braconnage, l’empiètement et la perturbation des habitats se poursuivent dans les zones tampons et dans certaines parties du bien et représentent les plus sérieuses menaces.

La mission a confirmé que la construction du téléphérique vers la grotte de Son Doong n’allait pas être approuvée mais a noté avec inquiétude qu’un autre projet de téléphérique vers Hang En est toujours à l’étude, à 3,5 km de Son Doong. Une telle construction entraînerait un changement radical de la nature des offres de tourisme et de l’environnement de la zone reculée au cœur du bien et aurait certainement des effets irréversibles sur l’environnement en grande partie sauvage, abritant plusieurs espèces menacées. La mission a conclu que ce projet ou d’autres projets similaires susceptibles d’augmenter de manière significative la fréquentation de grottes pour l’heure intactes  ou peu perturbées au sein du bien, en altérant l’état matériel de ces grottes, représenteraient un danger potentiel manifeste pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien conformément au paragraphe 180 des Orientations et justifieraient l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Outre l’expansion de Merremia boisiana, la mission a observé la prolifération de plusieurs espèces exotiques envahissantes. Il est crucial d’allouer les ressources financières et humaines appropriées pour élaborer et mettre en œuvre des mesures de prévention et d’éradication.

Pour une gestion équilibrée du bien, une gouvernance plus solide est essentielle pour maintenir la VUE, étant donné les menaces en conséquence de l’augmentation de la pression démographique, du nombre de visiteurs et de l’expansion des zones touristiques. Aucune information claire n’est donnée sur la révision de l’actuel plan de développement du tourisme durable demandée par le Comité après l’extension du bien en 2015, ni la recommandation de la mission de 2018 de réunir tous les outils de gestion existants en un seul document, accompagné de plans d’action annuels et d’un zonage des utilisations touristiques, pour faciliter leur mise en œuvre effective. Ce processus devrait viser à pleinement engager les autorités compétentes aux niveaux national et provincial tout en renforçant les capacités de mise en œuvre du Comité de gestion.

L’important développement prévu du tourisme de masse dans la zone administrative du bien, et l’urbanisation de la zone tampon en conséquence de deux décisions du Premier ministre sont une source supplémentaire de préoccupation. Tout grand projet devrait faire l’objet d’une évaluation d’impact sur l’environnemental (EIE), avant d’être approuvé. L’amélioration des offres de tourisme actuelles et des nouveaux produits planifiés sont recommandés, et qu’ils devraient particulièrement mettre l’accent sur la conservation et l’éducation.

Il est également recommandé que le Comité demande à l’État partie d’appliquer plus largement la politique de développement durable du patrimoine mondial de 2015 au bénéfice de toutes les parties prenantes étant donné la dépendance considérable des populations locales et des minorités ethniques aux subventions gouvernementales et revenus liés au tourisme.

Décision adoptée: 43 COM 7B.12

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.33, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Note avec appréciation les efforts entrepris par l’État partie pour répondre aux défis de gestion et de conservation auxquels le bien est confronté ;
  4. Accueille favorablement le fait que l’État partie n’ait pas l’intention de construire un téléphérique vers  les grottes de Son Doong et de Hang En ou tout autre projet similaire au sein du bien et demande à l’État partie de prendre les mesures nécessaires pour éviter une nouvelle augmentation du nombre de visiteurs vers les grottes situées à l’intérieur du bien et de n’approuver ni de mettre en œuvre aucun projet d’infrastructure dans ou près des grottes sans avoir consulté l’UICN et le Centre du patrimoine mondial, et sans l’accord du Comité du patrimoine mondial ;
  5. Considère que de tels projets, en augmentant de manière significative la fréquentation de grottes intactes ou peu perturbées au sein du bien ou en altérant leur état matériel, représenteraient un danger potentiel manifeste pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément au paragraphe 180 des Orientations ;
  6. Rappelle que l’État partie est invité à soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, des informations détaillées, notamment des évaluations d’impact sur l’environnement, pour tout grand projet de tourisme et/ou d’aménagement, qui a le potentiel d’avoir un impact sur la VUE du bien, conformément au paragraphe 172 des Orientations avant que des travaux ne commencent ou qu’une décision irréversible ne soit prise ;
  7. Note avec inquiétude la persistance du braconnage des principales espèces de grands mammifères et autres espèces sauvages dans les zones tampons et dans le bien, qui, combinée à la dégradation et à la perturbation des habitats en conséquence de l’empiètement et des activités d’écotourisme, a entraîné une réduction significative des populations de grands mammifères ainsi que des espèces proies, reconnaît également les efforts déployés par l’État partie au cours des deux dernières années pour intensifier l’application de la législation et poursuivre les activités de surveillance des espèces sauvages, et demande également à l’État partie de consentir des efforts supplémentaires ;
  8. Note également avec préoccupation la propagation de 14 espèces exotiques envahissantes, notamment l’expansion déjà soulignée de Merremia boisiana couvrant 1 000 ha dans le bien, accueille avec satisfaction les mesures préventives et correctives prises par l’État partie et demande en outre à l’État partie de continuer à suivre les tendances, renforcer les mesures d’éradication et rendre compte des résultats de suivi ;
  9. Réitère sa précédente demande à l’État partie de revoir et actualiser le plan de développement du tourisme durable 2010-2020 et de l’intégrer à d’autres outils de gestion clés, à savoir le plan de gestion stratégique 2013-2025 et le plan de gestion opérationnelle 2013-2020, comme suggéré par la mission de 2018, en vue d’améliorer la gouvernance reposant sur les principes généraux de maintien de la VUE du bien, sa saine conservation, en accordant une attention particulière à l’équilibre entre développement du tourisme et conservation de la biodiversité, ainsi qu’un plus grand partage des avantages entre parties prenantes ;
  10. Demande par ailleurs à l’État partie de pleinement mettre en œuvre les autres recommandations de la mission de 2018, en particulier de :
    1. Renforcer la gouvernance avec un outil de gestion intégré et actualisé et par le renforcement éventuel des moyens d’actions des ressources humaines et financières du Comité de gestion dans les divers domaines concernés, comme exposé ci-dessus,
    2. Préciser le zonage fonctionnel du bien,
    3. Adapter la gestion des grottes selon leur vulnérabilité et exigences spécifiques,
    4. Renforcer encore l’éducation et les activités d’information et de sensibilisation aussi bien pour le personnel que les populations locales et les touristes sur les valeurs du bien,
    5. Envisager la création d’un mécanisme pour engager un plus large panel de parties prenantes dans la gestion et valorisation du bien,
    6. Poursuivre sa coopération avec la République démocratique populaire lao pour une préservation renforcée de la biodiversité en particulier dans la zone protégée transfrontalière, et pour l’inscription future de la zone protégée nationale Hin Namno de manière conjointe avec le bien au Vietnam ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45session en 2021.