1.         Les Sundarbans (Bangladesh) (N 798)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/798/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2008-2008)
Montant total approuvé : 75 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/798/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 32 590 dollars EU provenant de la Suisse, à la suite de l’Appel spécial lancé par le Secteur des Relations Extérieures de l’UNESCO ; 2017 : 32 527 dollars EU du Fonds-en-dépôt UNESCO/Pays-Bas pour du soutien technique au bien du patrimoine mondial des Sundarbans

Missions de suivi antérieures

Décembre 2007 : mission du Centre du patrimoine mondial; mar 2016: mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/798/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 4 décembre 2018, l'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, dont un résumé est disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/798/documents/. Le rapport fournit notamment les informations suivantes :

Le Centre du patrimoine mondial a envoyé une lettre à l’État partie le 25 mars 2019, suite à la réception d’informations provenant de tierces parties concernant l’état de conservation du bien. Le 22 avril 2019, l’État partie a fourni la réponse suivante :

L’État partie a soumis des copies des EIE pour le projet Rampal et la centrale de Taltoli le 20 mai 2019 au Centre du patrimoine mondial.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Des évolutions positives, comme la mise en œuvre du plan de gestion intégrée des afflux d’eau douce, la mise en place du système SMART, l’élaboration du plan d’action et du programme de rétablissement pour le tigre, et l’extension des sanctuaires de faune et de flore sauvages, sont accueillies favorablement. La création du GTC Inde-Bangladesh est également accueillie favorablement, et une telle collaboration doit être encouragée pour la protection du bien à long terme. La confirmation que tout futur dragage de la rivière Pashur sera soumis à une EIE est reconnue, mais il convient de noter qu’une telle évaluation doit s’appliquer à tout dragage, quelle qu’en soit l’ampleur. Le Comité devrait rappeler à l’État partie que les EIE doivent être effectuées conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale et comprendre une section spécifique sur l’impact potentiel du projet sur la VUE du bien.

Toutefois, peu de progrès ont été réalisés pour traiter d’autres menaces importantes pesant sur le bien. Malgré les demandes du Comité, d’éventuelles solutions alternatives n’ont pas été sérieusement envisagées pour la centrale électrique de Rampal, et sa construction progresse. Les préoccupations du Comité quant au risque élevé d’impacts sur le bien en aval, résultant de la pollution de l’air et de l’eau, de l’accroissement important de la navigation et du dragage, du prélèvement supplémentaire d’eau douce dans un environnement de plus en plus salin, n’ont pas été abordées ou évaluées de façon adéquate dans le cadre de la SEE, comme demandé par le Comité, alors que la construction de la centrale électrique se poursuit. Il y a lieu de réitérer que, dans la Décision 41 COM 7B.25, le Comité demandait à l’État partie de veiller à ce que la mise en œuvre d’« aucun projet industriel et/ou d’infrastructure de grande envergure » ne soit autorisée avant l’achèvement de l’EES pour la région sud-ouest du Bangladesh, dans lequel le bien du patrimoine mondial est situé. La décision du Comité ne prévoit pas d’exception pour le projet Rampal et demande spécifiquement à l’État partie d’évaluer les divers impacts du projet sur le bien dans le cadre de la SEE, comme recommandé par la mission de suivi réactif de 2016. En l’absence d’une telle SEE, il est particulièrement préoccupant que d’autres centrales électriques au charbon, Taltoli et Kolapara, soient également en cours de construction sur la rivière Payra, malgré les demandes du Comité. L’écosystème de la rivière Payra, au sein duquel ces centrales électriques au charbon sont construites, débouche sur la même baie que le bien, qui pourrait par conséquent être affecté par de l’eau contaminée et autres menaces. Par ailleurs, les 154 projets industriels autour du port de Mongla devraient entraîner un accroissement important de la navigation et du dragage, et les industries individuelles sont susceptibles de multiplier des incidences sur la VUE. La poursuite de la construction de la centrale électrique de Rampal, et la construction de deux centrales électriques supplémentaires sur la rivière, effectuées en l’absence de la SEE, ainsi que les nombreux autres projets industriels représentent un péril à la fois prouvé et potentiel pour la VUE du bien et pour la dynamique écologique et hydrologique qui sous-tend la VUE et l’intégrité du bien, conformément au paragraphe 180 des Orientations. En conséquence, il est recommandé au Comité d’inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril et demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/IUCN sur le bien pour qu’elle l’assiste dans la préparation d’une série de mesures correctives et d’un État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR).

D’autre part, il est regrettable que le plan NOSCOP n’ait toujours pas été finalisé, et qu’aucune précision quant à l’affectation de ressources financières et humaines n’ait été fournie pour sa mise en œuvre. Des données sur le suivi des impacts sur le long terme des récents incidents de navigation n’ont pas non plus été soumises, malgré la demande du Comité.

Décision adoptée: 43 COM 7B.3

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la Décision 41 COM 7B.25, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Accueille favorablement la formation d’un groupe de travail conjoint (GTC) Inde-Bangladesh pour les Sundarbans et demande à l’État partie du Bangladesh de tenir le Centre du patrimoine mondial informé des actions et résultats concrets provenant du GTC et de la manière dont ceux‑ci renforceront la protection à long terme de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  4. Constate avec satisfaction la confirmation que tout futur dragage de la rivière Pashur sera soumis à une évaluation d’impact environnemental (EIE), rappelle à l’État partie que des EIE doivent être réalisées conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale et comprendre une section spécifique sur l’impact potentiel du projet sur la VUE du bien, et demande également à l’État partie de s’assurer que tout dragage à l’intérieur du bien est effectué dans le respect de conditions strictes qui protègent la VUE du bien et demande en outre à l’État partie de soumettre des informations sur les activités de dragage ;
  5. Accueille avec satisfaction les actions menées par l’État partie, telles que la mise en œuvre du plan de gestion intégrée des apports d'eau douce, la mise en œuvre de l'outil de surveillance spatiale et de rapport (SMART), l'élaboration du plan d'action pour le tigre (2018-2027) et du programme national de rétablissement du tigre (NTRP), l’extension des sanctuaires de faune et de flore sauvages et l'adoption du Plan 2100 du delta du Bangladesh afin de protéger et de développer les Sundarbans ;
  6. Note avec une grande préoccupation les probables impacts environnementaux des grands projets industriels sur la VUE du bien, et prie instamment l’État partie de prendre toutes les mesures d’atténuation nécessaires pour répondre aux préoccupations précédemment exprimées par le Comité et la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN de 2016 ;
  7. Se dit préoccupé par le fait que 154 projets industriels en amont du bien sont actuellement actifs, et réitère la demande du Comité exprimée au paragraphe 4 de la décision 41 COM 7B.25, et se félicite de l'engagement de l'État partie à poursuivre l'évaluation environnementale stratégique (EES) demandée par la même décision ;
  8. Demande que l'État partie mette en œuvre les recommandations pertinentes de l'EES pour tous les projets actuels et futurs et rappelle l'obligation faite à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, des informations détaillées, y compris des évaluations d'impact environnemental pour les projets de développement pouvant potentiellement avoir une influence sur la VUE du bien avant leur commencement, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant que les travaux ne débutent ou que toute décision irrévocable ne soit prise ;
  9. Regrette que le plan national de contingence pour les déversements d’hydrocarbures et les risques chimiques (NOSCOP) n’ait pas encore été finalisé, et réitère également ses demandes que l’État partie assure la mise à disposition de ressources financières et humaines appropriées pour la mise en œuvre de ce plan, une fois adopté, et de fournir de plus amples informations et données concernant le suivi des impacts sur le long terme des récents incidents de navigation, y compris des déversements de matières dangereuses à proximité du bien ;
  10. Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien pour évaluer l’état de conservation, en particulier le niveau des menaces qui pèsent sur les dynamiques hydrologiques et écologiques qui sous-tendent la VUE du bien et recommande que cette mission ait lieu d’ici la fin 2019 ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020, afin que le Comité puisse décider d'inscrire ou non ce bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.