1.         Tombes des rois du Buganda à Kasubi (Ouganda) (C 1022)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2001

Critères  (i)(iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2010-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Incendie ayant entraîné la destruction d’une partie du bien.

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/4351 

Mesures correctives identifiées

Adoptées, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/4351 

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Adopté, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/4351

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1022/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1998-2018)
Montant total approuvé : 135 363 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1022/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 2011-2012 : 68 365 dollars EU du fonds-en-dépôt japonais pour une mission d’évaluation d’experts ; 2013-2016 et 2019-2020 (projet en suspens en attendant la réalisation du plan directeur) : 650 000 dollars EU du fonds-en-dépôt japonais pour le projet : assistance technique et financière pour la reconstruction du Muzibu-Azaala-Mpanga, chef-d’œuvre architectural des tombes des rois du Buganda à Kasubi, Ouganda, site du patrimoine mondial en péril ; 2017 : 4 300 dollars EU du Fonds du patrimoine mondial pour une consultation de l’ICOMOS sur la finalisation de l’élaboration du plan directeur

Missions de suivi antérieures

Avril 2010, août 2011, novembre 2011 et août 2013 : mission du Centre du patrimoine mondial ; novembre 2010 : mission conjointe UNESCO/ICOMOS/ICCROM de suivi réactif ; avril 2012 : mission conjointe ICOMOS/ICCROM de suivi réactif ; février 2015 : mission conjointe UNESCO/ICOMOS/ICCROM de suivi réactif ; depuis 2014 : missions régulières du Bureau de l’UNESCO à Nairobi

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1022/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 30 janvier 2019, l'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1022/documents/.

Le rapport aborde les actions entreprises pour mettre fin à la détérioration du Bujjabukula (Maison des gardes) en retirant la couche de chaume, facilitant au passage les recherches sur la structure, afin de développer un plan de stabilisation et de restauration. Des fonds sous l'assistance internationale approuvée en mai 2018 ont permis de lancer des activités en novembre 2018. La restauration du Bujjabukula est entreprise parallèlement à la reconstruction du Muzibu Azaala Mpanga, dont l’achèvement a été retardé à la suite d’une modification de calendrier. La conception du système d’extinction d’incendie a été modifié afin de réduire sa présence visuelle dans le bien. Le toit de chaume du Muzibu Azaala Mpanga devrait être achevé en décembre 2019.

L’État partie collabore avec l’autorité de la ville de Kampala dans un projet participatif et pluridisciplinaire afin d’évaluer la zone tampon et d’élaborer des directives en matière de développement à l’échelle des quartiers et de réévaluer le développement des routes Masiro et Hoima. Cette activité sera financée de juillet 2019 et jusqu’en 2020. Le plan directeur du bien est achevé ; le plan de gestion des risques de catastrophes a été modifié, en réponse aux commentaires du Centre du patrimoine mondial et des organisations consultatives, et intégré dans le plan directeur. Le plan directeur sera mis en œuvre sur une période de dix ans. La gestion du bien se serait améliorée après que l'Office du patrimoine et du tourisme du Royaume du Buganda a repris sa codirection avec les gardiens traditionnels. Un rôle consultatif et de supervision du bien sur le long terme a été attribué au Comité technique national (constitué en tant qu’organe temporaire pour superviser la reconstruction du Muzibu Azaala Mpanga).

Le plan directeur final, un rapport intermédiaire sur le projet d’assistance internationale du Fonds du patrimoine mondial « Restauration du Bujjabukula (Maison des gardes) aux Tombes des rois du Buganda à Kasubi », et un calendrier de la reconstruction du Muzibu Azaala Mpanga ont été annexés au rapport de l’État partie. Le plan directeur comprend un calendrier de mise en œuvre de l'état de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) en 2028. Le document en annexe qui définit le processus de stabilisation du Bujjabukula comprend l’information que la structure de ce bien a été malheureusement endommagée lorsqu’elle a été heurtée par un camion.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L’État partie a poursuivi sa progression pour atteindre l'état de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR). Ce faisant, il a engagé activement le Centre du patrimoine mondial, le bureau de l’UNESCO à Nairobi et les organisations consultatives. L’État partie a rédigé un projet de plan directeur pour le bien dans le but d’atteindre le DSOCR. Ce plan adopte une approche à long terme afin d’atteindre le DSOCR qui est jugé approprié et atteignable. Il devrait être mis en œuvre après un dernier examen technique réalisé par les organisations consultatives.

La reconstruction du Muzibu Azaala Mpanga est en cours. Celle-ci dépendait de la réouverture du projet du fonds-en-dépôt japonais auprès de l'UNESCO « Assistance technique et financière pour la reconstruction du Muzibu-Azaala-Mpanga, chef d’œuvre architectural des Tombes des rois du Buganda à Kasubi Ouganda, Liste du patrimoine mondial en péril » qui a été approuvé par le donateur en décembre 2018 et soutient un plan de prévention des risques efficace sur le site avec tous les équipements nécessaires ainsi qu’une supervision qualifiée pour la reconstruction du toit détruit. La réouverture du projet du fonds-en-dépôt japonais auprès de l'UNESCO, l’installation imminente d’une infrastructure pour le système de lutte contre les incendies ainsi que la formation pour son utilisation sont bienvenues. Malgré les modifications apportées à la conception du système de lutte contre les incendies, les détails de ce système, en particulier ceux concernant l’infrastructure physique, exigent une clarification avant l’installation. La conception définitive du système a été soumise au Centre du patrimoine mondial pour examen par les organisations consultatives. Grâce au soutien technique apporté par le projet du fonds en-dépôt japonais, le Comité technique national devrait continuer à travailler sur le plan de gestion des risques de catastrophes en vue de sa finalisation d’ici la fin 2019. Le calendrier pour la reconstruction du Muzibu Azaala Mpanga soumis avec le rapport de l’État partie est déjà dépassé et un plan de travail actualisé devrait être soumis à l’UNESCO.

L’enlèvement du chaume lourd du Bujjabukula est la bienvenue : l’accident de camion est malheureux. Le Bujjabukula demeure l’une des plus grandes structures du bien, représentant un degré élevé de matériaux, d’artisanat et d’authenticité technologique d’une grande importance pour le maintien de la valeur universelle exceptionnel du bien. Le bâtiment joue aussi une rôle cérémoniel important dans les traditions culturelles vivantes associées au bien. Il est apprécié et d’une extrême importance que les travaux visent à la restauration et non à la reconstruction du Bujjabukula. Le processus de restauration sera très délicat et l’objectif ne devrait être ni la rapidité ni l’efficacité mais la conservation d’un maximum de matériaux traditionnels et le développement et le maintien de technologies traditionnelles de construction. On peut donc se féliciter que le bâtiment sera soigneusement étudié et documenté, y compris ses matériaux et les divers éléments qui le compose avant d’élaborer le processus de conception de la méthodologie et des détails de restauration. Une coordination étroite avec le Centre du patrimoine mondial, le bureau de l’UNESCO à Nairobi et les organisations consultatives est conseillée.

Le développement d’orientations pour la zone tampon demeure une priorité, en particulier à la lumière du plan de développement physique de Kampala (2012) qui prévoit l’amélioration de la route Hoima, qui jouxte le bien dans la zone tampon.

Décision adoptée: 43 COM 7A.56

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7A.16, adoptée à sa 42e session (Manama, 2018),
  3. Reconnaît les progrès réalisés par l’État partie dans ses réponses aux décisions passées du Comité, ainsi que les progrès réalisés à ce jour pour atteindre l'état de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) ;
  4. Apprécie le soutien offert par le gouvernement japonais à travers la réouverture du projet du fonds-en-dépôt japonais auprès de l'UNESCO « Assistance technique et financière pour la reconstruction du Muzibu-Azaala-Mpanga, chef d’œuvre architectural des Tombes des rois du Buganda à Kasubi Ouganda, Liste du patrimoine mondial en péril », et encourage l’État partie à mettre en œuvre son projet qui offre son soutien à la prévention des risques, la reconstruction et la documentation ainsi qu’au renforcement des capacités ;
  5. Demande à l’État partie de mettre en œuvre le plan directeur pour le bien après son examen technique final par les organisations consultatives, et de continuer son action en vue de finaliser les orientations de développement pour la zone tampon du bien ainsi que de finaliser le plan de gestion des risques de catastrophes ;
  6. Accueille favorablement les mesures prises par l’État partie pour assurer la sauvegarde du Bujjabukula (Maison des gardes) grâce à un projet d’assistance internationale du Fonds du patrimoine mondial qui soutient une restauration complète et le renforcement des capacités ainsi que la recherche et la documentation sur la structure, les techniques de construction, les matériaux, et l’authenticité technologique, et demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial :
    1. Un catalogue détaillé, incluant une documentation photographique détaillée des matériaux existants et des techniques de construction utilisées pour la construction originale du Bujjabukula, incluant ses fondations, sols, murs, structures, plafonds et toiture,
    2. Un plan de restauration détaillé, incluant des dessins architecturaux détaillés, une méthodologie de restauration et un plan de documentation, axé sur la conservation maximum des matériaux et des technologies authentiques et visant à développer et conserver les techniques de construction traditionnelles, pour examen par les organisations consultatives avant la mise en œuvre ;
  7. Accueille favorablement la soumission par l’État partie de la conception améliorée du système de lutte contre les incendies, grâce au financement du fonds-en-dépôt japonais auprès de l'UNESCO, au Centre du patrimoine mondial pour examen par les organisations consultatives avant mise en œuvre ;
  8. Demande en outre à l’État partie de modifier le plan de développement physique de Kampala afin de l’aligner avec le plan directeur du bien et les orientations de développement de la zone tampon, lorsque ces derniers seront achevés et auront été examinés par les Organisations consultatives ;
  9. Prie instamment l’État partie de poursuivre son travail sur les mesures correctives adoptées à sa 35e session (UNESCO, 2011) ;
  10. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  11. Décide de maintenir Tombes des rois du Buganda à Kasubi (Ouganda) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 43 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/19/43.COM/7A, WHC/19/43.COM/7A.Add, WHC/19/43.COM/7A.Add.2, WHC/19/43.COM/7A.Add.3 et WHC/19/43.COM/7A.Add.3.Corr),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :