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Centre historique de Shakhrisyabz

Ouzbékistan
Facteurs affectant le bien en 2019*
  • Activités de gestion
  • Cadre juridique
  • Habitat
  • Ressources financières
  • Ressources humaines
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Autres menaces :

    Démolitions et reconstructions d’une grande zone du centre historique

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Système de gestion/plan de gestion (Absence de plan global de conservation et de gestion)
  • Activités de gestion
  • Habitat ; Développement commercial (Interventions majeures réalisées, notamment travaux de démolition et de reconstruction)
  • Cadre juridique (Nécessité de renforcer le cadre juridique national)
  • Ressources humaines (inadéquates)
  • Ressources financières (inadéquates)
Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril
  • Projets de développement urbains à grande échelle menés sans en informer le Comité et sans réaliser préalablement les études d’impact sur le patrimoine nécessaires
  • Démolition et reconstruction de zones d’habitation traditionnelles
  • Changements irréversibles apportés à l’apparence originale d’une zone importante du centre historique
  • Modifications importantes de l’environnement des monuments et de l’aménagement urbain historique d’origine ainsi que de ses strates archéologiques
  • Absence d’un plan de conservation et de gestion
Mesures correctives pour le bien

En cours de d'identification

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives
Pas encore identifié
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2019
Montant total accordé: 2016 : 30 670 dollars EU du projet Fonds-en-dépôt UNESCO/Pays-Bas pour l’application de la Recommandation UNESCO de 2011 concernant le paysage urbain historique (PUH, 2011) dans les biens du patrimoine mondial en Ouzbékistan
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2019
Demandes approuvées : 1 (de 1999-2018)
Montant total approuvé : 15 000 dollars E.U.
2018 Management of the World Heritage properties in ... (Non approuvé)   0 dollars E.U.
1999 Training Workshop in the Preparation of World Heritage ... (Approuvé)   15 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2019**
Octobre 2002 : mission de suivi par un expert international ; mars 2006 : mission de suivi réactif du Bureau UNESCO de Tachkent/ICOMOS ; juin 2014 : mission de cadrage du Bureau UNESCO de Tachkent; mars 2016 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; décembre 2016 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; janvier 2019 : mission conjointe de suivi réactif de haut niveau Centre du patrimoine mondial/ICOMOS
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 3 janvier 2019, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/885/documents. Par la suite, une mission de suivi réactif de haut niveau conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a visité le bien du 23 au 26 janvier 2019 (rapport de mission disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/885/documents).  

En réponse aux demandes du Comité, dont les membres souhaitaient disposer d’une documentation plus étoffée pour mieux comprendre l’impact des récentes démolitions majeures, l’État partie a fourni les données suivantes :

  • Une carte de la répartition générale des maisons traditionnelles, mais sans comparaison avec les cartes établies avant les démolitions récentes ;
  • Une liste des rues/maisons, mais pas d’inventaire formel ;
  • Une carte de 2018 indiquant la répartition générale de l’habitat traditionnel ;
  • Une carte indiquant l’emplacement des mahallah démolies (datée de 2014) ;
  • Un tableau des travaux de restauration de monuments réalisés principalement en 2014-2015 ;
  • Les plans architecturaux des monuments importants, décrits en russe ;
  • Un graphique indiquant la réduction de la densité d’habitation entre 2013 et 2015 et les plans pour une poursuite de cette réduction d’ici 2020 ;
  • La description du « Plan général actuel de la ville » et du Plan directeur établi en 1988.

Le texte intitulé « Solution générale de planification architecturale » indique que des plans sont en place pour :

  • Retirer les structures autour des monuments qui empêchent de voir ces derniers sous tous les angles ;
  • Créer un complexe touristique comprenant des « sites historiques » conçus dans « l’esprit de l’architecture orientale » ;
  • Reconstruire les maisons d’un étage le long des rues avec des magasins, des services de restauration et divers services communautaires, et reconstruire les principales rues résidentielles pour desservir la population locale ;
  • Construire des maisons résidentielles traditionnelles adjacentes à la rue piétonne sur une partie du mahalla Urda et la partie nord du mahalla Kushkhovuz ;
  • Remplacer progressivement les matériaux modernes des façades des maisons.

Il est également signalé qu’en réponse aux demandes du Comité, des travaux ont été entrepris pour réduire le nombre de luminaires décoratifs, tandis que les portes et les clôtures en treillis ont été enlevées.

Les demandes de renseignements du Comité sur les points suivants n’ont pas été traitées :

  • Avancées dans la mise en œuvre des recommandations du Comité et de la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de décembre 2016, notamment en ce qui concerne la protection, la gestion et la détérioration des carreaux de céramique sur la façade du palais Ak-Sarai ;
  • Renforcement des capacités relatif à l’approche de la Recommandation de 2011 de l’UNESCO sur le paysage urbain historique (PUH) et à l’évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) ;
  • Étude des modifications possibles des limites en fonction de certains monuments et des zones urbaines restantes qui pourraient justifier la valeur universelle exceptionnelle (VUE).

La mission de suivi réactif de 2019 a étudié les options en faveur de la récupération potentielle des attributs et s’est demandé si une modification importante des limites basée sur certains des monuments et les zones urbaines restantes pourrait justifier la VUE. Les recommandations de la mission s’appuyaient sur celles des missions précédentes mais ont également tenu compte du fait qu’un nouveau décret présidentiel de juin 2018 avait été approuvé par le Cabinet des ministres de l’Ouzbékistan pour protéger tous les biens du patrimoine mondial en Ouzbékistan, et que le décret de 2014 pour la reconstruction du centre historique avait été abrogé.

La mission de 2019 a examiné deux options possibles : une sélection de monuments timurides, et les éléments clés de l’urbanisme timuride, y compris  le tissu urbain des mahalla. La mission de 2019 ne disposait pas de la documentation nécessaire pour examiner en détail ces propositions ou la manière dont la VUE pourrait être justifiée. Elle a recommandé que si l’État partie souhaitait étudier l’une ou l’autre option, il devrait entreprendre d’autres recherches, les documenter et élaborer un plan de restauration, ce qui pourrait prendre du temps avant que la justification de la VUE de chaque option puisse être évaluée, comme défini dans les Orientations. Que l’une ou l’autre de ces options soit mise en œuvre ou non, la mission de 2019 a formulé des recommandations dans l’intérêt de ce qui reste de la ville pour en améliorer la protection, la conservation et la gestion.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2019

Le rapport sur l’état de conservation fourni par l’État partie définit la base de plusieurs projets dans la partie historique de Shakhrisyabz sous la forme d’un contrat établi en 2013 par la ville de Shakhrisyabz, contrat qui s’appuie sur un plan directeur municipal de 2006. Le rapport n’indique pas que le décret présidentiel pour la reconstruction de la partie historique de Shakhrisyabz a été abrogé en 2018.

Les recommandations de la mission de suivi réactif de 2019 doivent être replacées dans le contexte des missions de suivi réactif de 2016, des décisions ultérieures du Comité du patrimoine mondial, du nouveau cadre juridique des décrets présidentiels, du moratoire sur les constructions mis en place en 2016 et toujours valable, de l’achèvement prochain d’une étude de construction pour récupérer les techniques traditionnelles de construction et relancer socialement les mahalla, et de la volonté exprimée par l’État partie d’essayer de retrouver les attributs perdus et de réparer les actions passées.

Lors de sa 41e session en 2017, le Comité (Décision 41 COM 7A.57) a noté avec inquiétude les conclusions suivantes de la mission de suivi réactif de décembre 2016 : « étant donné que les constructions monumentales ont désormais été dégagées de leurs environnements urbains, le noyau de l’urbanisme timouride a été perdu et que, comme les maisons d’habitation traditionnelles ont été détruites dans le cœur de la ville médiévale, les attributs clés de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) ont été à ce point endommagés, et pour la plupart d’entre eux d’une manière irréversible, que le bien ne peut plus traduire la VUE pour laquelle il avait été inscrit » ; il semblait donc impossible de récupérer suffisamment d’attributs pour justifier la VUE identifiée lors de l’inscription. Le Comité a été chargé d’examiner si le bien s’était « détérioré jusqu’à avoir perdu les attributs de la VUE définie au moment de l’inscription et devrait, en conséquence, être retiré de la Liste du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 192 des Orientations ». Il a néanmoins décidé de recommander à l’État partie d’étudier si une modification importante des limites sur la base de certains des monuments et des zones urbaines restantes pourrait justifier la VUE. L’État partie n’a suggéré aucune modification éventuelle des limites dans son rapport sur l’état de conservation de 2018 mais, après de nouvelles discussions à sa session de 2018, le Comité a recommandé que l’État partie invite une mission de suivi réactif de haut niveau pour « débattre avec les autorités ouzbèkes concernées et les parties prenantes d’une possible atténuation des impacts sur les attributs qui transmettent la VUE du bien et/ou d’une possible modification majeure des limites du bien ».

La mission de 2019 a considéré que la principale menace pesant sur le bien était la mise en œuvre du plan directeur 2014, le « programme d’État de mesures complexes pour la construction et la reconstruction de la ville de Shakhrisyabz », qui prévoyait des démolitions à grande échelle et le réaménagement de la zone au cœur du centre historique. Ce plan a été abandonné en 2018, mais seulement après d’importants travaux de démolition. Par ailleurs, l’absence d’un plan de gestion intégré au plan directeur de la ville conforme à l’approche de la Recommandation de l’UNESCO de 2011 sur le paysage urbain historique (PUH), et l’insuffisance de la protection juridique et des structures administratives, ainsi que de la documentation, sont d’autres facteurs aggravants.

La mission de 2019 a donc proposé deux options que l’État partie pourrait choisir d’étudier :

  • La première option consisterait à se concentrer sur les monuments représentant la période timuride. L’État partie a présenté à la mission 13 de ces monuments, sur un total précédent de 18. La mission a estimé que les deux questions les plus importantes à prendre en considération en ce qui concerne une sélection de monuments dans leur état actuel sont leur authenticité et leur déconnexion avec leur environnement urbain. Des actions seraient donc nécessaires pour les reconnecter au tissu urbain et pour améliorer ou annuler les récents travaux de conservation afin de répondre aux conditions d’authenticité et d’intégrité ;
  • La seconde option proposée par la mission était d’étudier les éléments clés de l’urbanisme timuride au sein du centre historique. La mission a étudié de façon préliminaire la portée de ces éléments. Il peut s’agir des principaux axes nord-sud et est-ouest qui se croisent dans le centre historique avec son marché principal, des quartiers résidentiels représentant une hiérarchie spatiale et sociale, des murs et portes de la ville, les principales mosquées, des madrasas et des monuments clés. La mission a estimé qu’il pourrait être possible de récupérer le tracé des rues urbaines dans plusieurs parties du bien et de revitaliser les techniques de construction traditionnelles. Cette option devrait s’appuyer sur des recherches détaillées concernant la granularité urbaine, les spécificités des traditions de construction vernaculaires, les éléments qui ont survécu et devraient être soutenus par des mesures visant à améliorer les infrastructures et les conditions de vie pour que la ville reste vivante, et le développement de nouveaux dispositifs de protection, de conservation et de gestion.

La mission de 2019 n’a pas disposé de la documentation nécessaire pour évaluer de manière approfondie la justification de la VUE pour l’une ou l’autre de ces options et a estimé que l’État partie aurait besoin de concentrer bien plus ses efforts sur la recherche, la documentation, la conservation et des plans d’annulation éventuelle des récents travaux de conservation sur des monuments, avant de pouvoir évaluer si l’une ou l’autre de ces options pourrait justifier ou non la VUE. Le rapport de l’État partie décrit les futurs travaux prévus et ne fait aucune référence à l’abrogation du décret de 2014, ce qui laisse supposer que le rapport pourrait avoir été préparé avant cette abrogation. Le rapport de l’État partie ne fait pas non plus référence au moratoire en vigueur sur toute nouvelle construction ni au décret présidentiel de 2018 concernant la protection des centres historiques des villes, ce qui suggère une documentation incomplète et l’inexactitude du rapport.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives accueillent favorablement le nouveau décret présidentiel de juin 2018 visant à protéger les biens du patrimoine mondial de l’Ouzbékistan, y compris Shakhrisyabz, ainsi que les changements en cours dans les structures administratives et de gestion des biens du patrimoine mondial présentés à la mission, et notent que si les possibilités restent limitées, les actions positives qui ont eu lieu depuis 2016 pourraient indiquer un changement dans la dynamique de récupération.

Néanmoins, la situation à laquelle le bien est aujourd’hui confronté est complexe. Si l’État partie souhaitait étudier de possibles options, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives suggèrent que le Comité accepte d’accorder un délai de deux ans, par exemple, pour permettre à l’État partie d’étudier ces options possibles de modification importante des limites ou de nouvelle proposition d’inscription.

À la fin de cette période de deux ans, le Comité pourrait décider si le bien doit être maintenu sur la Liste du patrimoine mondial. Si des recherches et une documentation appropriées étaient entreprises tout en respectant les recommandations des deux missions, et si un potentiel clair de justification de la VUE apparaissait, le Comité pourrait décider d’accorder un délai supplémentaire pour préparer une modification importante des limites ou une nouvelle proposition d’inscription. Un rapport intermédiaire devrait alors être soumis par l’État partie à la fin de la première année de cette période de deux ans. Pour que cette voie soit efficace, il faudra peut-être encourager l’État partie à demander un soutien en amont. Il serait également nécessaire de maintenir un moratoire complet sur les constructions au sein du bien jusqu’à ce qu’une modification importante des limites ait été envisagée et qu’un plan de gestion intégré à un plan directeur de la ville conforme à l’approche sur le PUH ait été préparé et adopté.

Décisions adoptées par le Comité en 2019
43 COM 7A.44
Centre historique de Shakhrisyabz (Ouzbékistan) (C 885)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A.Add.2,
  2. Rappelant les décisions 39 COM 7B.74, 40 COM 7B.48, 41 COM 7A.57, et 42 COM 7A.4, adoptées à ses 39e (Bonn, 2015), 40e (Istanbul/UNESCO, 2016), 41e(Cracovie, 2017) et 42e (Manama, 2018) sessions respectivement ;
  3. Accueille favorablement le décret présidentiel de juin 2018 visant à protéger tous les biens du patrimoine mondial en Ouzbékistan ;
  4. Note que le décret de 2014 pour la reconstruction du centre historique du bien a été abrogé ;
  5. Note également que l’État partie a fourni une documentation générale en réponse à la demande du Comité, mais que celle-ci ne permet pas une comparaison complète entre ce qui existe actuellement et ce qui existait avant les démolitions récentes ;
  6. Note en outre que, bien qu’il ait été demandé à l’État partie d’interrompre tous les travaux au sein du bien jusqu’à la 43esession, l’État partie a fourni des détails sur les interventions prévues concernant des propositions d’enlèvement de structures autour des monuments, la création d’un complexe touristique dans « l’esprit de l’architecture orientale », la reconstruction de maisons à un étage le long de rues ainsi que de nouvelles rues résidentielles pour la population locale qui sont en contradiction avec les deux décrets présidentiels de 2018 de l’État partie ;
  7. Rappelle la conclusion de la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de décembre 2016 selon laquelle « une récupération d’attributs suffisants pour justifier la VUE identifiée au moment de l’inscription semble impossible à ce stade » (décision 41 COM 7A.57) ;
  8. Note par ailleurs que, comme recommandé dans la décision 42 COM 7A.4, l’État partie a invité une mission de suivi réactif de haut niveau pour étudier « des options pour la récupération potentielle des attributs » et « si une modification majeure des limites de certains monuments et des zones urbaines restantes pourrait permettre de justifier la VUE » ;
  9. Note de plus que la mission de suivi réactif de haut niveau de 2019 a estimé que l’État partie pourrait souhaiter explorer deux options de modification significative des limites, sur la base soit d’une sélection de monuments timurides, soit d’éléments clés de l’urbanisme timuride, y compris le tissu urbain des mahalla qui pourrait être récupéré, mais que la mission ne disposait pas de la documentation nécessaire pour étudier en détail ces propositions ou comment la VUE pourrait être justifiée ;
  10. Recommande que si l’État partie souhaite étudier l’une ou l’autre option, il entreprenne des recherches et une documentation complémentaires et élabore un plan de restauration afin de fournir suffisamment de détails pour permettre une évaluation de chaque option relativement à la justification de la VUE, avant d’entreprendre toute démarche de modification importante des limites, conformément aux paragraphes 165 et 166 des Orientations, ou toute nouvelle proposition d’inscription ;
  11. Recommande également à l’État partie d’envisager les options suivantes suite à la mission de 2019 :
    1. La première option consisterait à se concentrer sur les monuments représentant la période timuride. L’État partie a présenté à la mission 13 de ces monuments, sur un total précédent de 18. La mission a estimé que les deux questions les plus importantes à prendre en considération en ce qui concerne une sélection de monuments dans leur état actuel sont leur authenticité et leur déconnexion avec leur environnement urbain. Des actions seraient donc nécessaires pour les reconnecter au tissu urbain et pour améliorer ou annuler les récents travaux de conservation afin de répondre aux conditions d’authenticité et d’intégrité,
    2. La seconde option proposée par la mission était d’étudier les éléments clés de l’urbanisme timuride au sein du centre historique. La mission a étudié de façon préliminaire la portée de ces éléments. Ils pourraient comprendre les principaux axes nord-sud et est-ouest qui se croisent dans le centre historique avec son marché principal, des quartiers résidentiels représentant une hiérarchie spatiale et sociale, des murs et portes de la ville, les principales mosquées, des madrasas et des monuments clés. La mission a estimé qu’il pourrait être possible de récupérer le tracé des rues urbaines dans plusieurs parties du bien et de revitaliser les technologies de construction traditionnelles. Cette option devrait s’appuyer sur des recherches détaillées concernant la granularité urbaine, les spécificités des traditions de construction vernaculaires, ce qui a survécu et devrait être soutenu par des mesures visant à améliorer les infrastructures et les conditions de vie pour que la ville reste vivante, et le développement de nouveaux dispositifs de protection, de conservation et de gestion ;
  12. Encourage l’État partie à demander un soutien en amont concernant une possible modification importante des limites ou une nouvelle proposition d’inscription pour justifier la VUE ;
  13. Décide d’accorder deux ans à l’État partie pour étudier les options possibles de modification importante des limites ou de nouvelle proposition d’inscription et, à la fin de cette période, de considérer à nouveau si le bien doit être maintenu sur la Liste du patrimoine dans le cas où une direction claire a été définie, ou s’il convient de retirer entièrement le bien de la Liste ;
  14. Demande à l’État partie de maintenir un moratoire complet sur les constructions au sein du bien jusqu’à ce que toute modification significative des limites ou toute nouvelle proposition d’inscription ait été considérée par le Comité et qu’un plan de gestion pour la conservation du patrimoine, intégré à un plan directeur de la ville conforme à l’approche de la Recommandation de l’UNESCO de 2011 sur le paysage urbain historique (PUH), ait été préparé et adopté ;
  15. Prie instamment l’État partie de mettre en œuvre les recommandations de la mission de 2019, que les options proposées au paragraphe 11 ci-dessus soient ou non mises en œuvre après des recherches complémentaires ;
  16. Prie aussi instamment l’État partie d’avancer dans la mise en œuvre des recommandations du Comité pour la conservation des carreaux de céramique du palais d’Ak-Sarai, d’élaborer une stratégie de conservation et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant tous travaux ;
  17. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  18. Décide également de maintenir Centre historique de Shakhrisyabz (Ouzbékistan) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
43 COM 8C.2
Mise à jour de la Liste du patrimoine mondial en péril (biens maintenus)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/19/43.COM/7A, WHC/19/43.COM/7A.Add, WHC/19/43.COM/7A.Add.2, WHC/19/43.COM/7A.Add.3 et WHC/19/43.COM/7A.Add.3.Corr),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :
  • Afghanistan, Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan (décision 43 COM 7A.41)
  • Afghanistan, Minaret et vestiges archéologiques de Djam (décision 43 COM 7A.42)
  • Autriche, Centre historique de Vienne, (décision 43 COM 7A.45)
  • Bolivie (État plurinational de), Ville de Potosí (décision 43 COM 7A.48)
  • Côte d'Ivoire / Guinée, Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (décision 43 COM 7A.6)
  • Égypte, Abou Mena (décision 43 COM 7A.17)
  • États-Unis d'Amérique, Parc national des Everglades (décision 43 COM 7A.3)
  • Honduras, Réserve de la Biosphère Río Plátano (décision 43 COM 7A.4)
  • Îles Salomon, Rennell Est (décision 43 COM 7A.2)
  • Indonésie, Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra (décision 43 COM 7A.1)
  • Iraq, Assour (Qal'at Cherqat) (décision 43 COM 7A.18)
  • Iraq, Hatra (décision 43 COM 7A.19)
  • Iraq, Ville archéologique de Samarra (décision 43 COM 7A.20)
  • Vieille ville de Jérusalem et ses remparts (site proposé par la Jordanie) (décision 43 COM 7A.22)
  • Kenya, Parcs nationaux du Lac Turkana (décision 43 COM 7A.12)
  • Libye, Ancienne ville de Ghadamès (décision 43 COM 7A.26)
  • Libye, Site archéologique de Cyrène (décision 43 COM 7A.23)
  • Libye, Site archéologique de Leptis Magna (décision 43 COM 7A.24)
  • Libye, Site archéologique de Sabratha (décision 43 COM 7A.25)
  • Libye, Sites rupestres du Tadrart Acacus (décision 43 COM 7A.27)
  • Madagascar, Forêts humides de l’Atsinanana (décision 43 COM 7A.13)
  • Mali, Tombeau des Askia (décision 43 COM 7A.55)
  • Mali, Tombouctou (décision 43 COM 7A.54)
  • Mali, Villes anciennes de Djenné (décision 43 COM 7A.53)
  • Micronésie (États fédérés de), Nan Madol : centre cérémoniel de la Micronésie orientale (décision 43 COM 7A.43)
  • Niger, Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré (décision 43 COM 7A.14)
  • Ouganda, Tombes des rois du Buganda à Kasubi (décision 43 COM 7A.56)
  • Ouzbékistan, Centre historique de Shakhrisyabz (décision 43 COM 7A.44)
  • Palestine, Palestine : pays d’olives et de vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir (décision 43 COM 7A.30)
  • Palestine, Vieille ville d’Hébron/Al-Khalil (décision 43 COM 7A.29)
  • Panama, Fortifications de la côte caraïbe du Panama : Portobelo, San Lorenzo (décision 43 COM 7A.50)
  • Pérou, Zone archéologique de Chan Chan (décision 43 COM 7A.51)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville d'Alep (décision 43 COM 7A.31)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville de Bosra (décision 43 COM 7A.32)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville de Damas (décision 43 COM 7A.33)
  • République arabe syrienne, Villages antiques du Nord de la Syrie (décision 43 COM 7A.34)
  • République arabe syrienne, Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din (décision 43 COM 7A.35)
  • République arabe syrienne, Site de Palmyre (décision 43 COM 7A.36)
  • République centrafricaine, Parc national du Manovo-Gounda St Floris (décision 43 COM 7A.5)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Garamba (décision 43 COM 7A.7)
  • République démocratique du Congo, Parc national de Kahuzi-Biega (décision 43 COM 7A.8)
  • République démocratique du Congo, Réserve de faune à okapis (décision 43 COM 7A.9)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Salonga (décision 43 COM 7A.10)
  • République démocratique du Congo, Parc national des Virunga (décision 43 COM 7A.11)
  • République-Unie de Tanzanie, Réserve de gibier de Selous (décision 43 COM 7A.16)
  • Sénégal, Parc national du Niokolo-Koba (décision 43 COM 7A.15)
  • Serbie, Monuments médiévaux au Kosovo (décision 43 COM 7A.46)
  • Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, Liverpool – Port marchand (décision 43 COM 7A.47)
  • Venezuela (République bolivarienne du), Coro et son port (décision 43 COM 7A.52)
  • Yémen, Ville historique de Zabid (décision 43 COM 7A.38)
  • Yémen, Vieille ville de Sana’a (décision 43 COM 7A.39)
  • Yémen, Ancienne ville de Shibam et son mur d'enceinte (décision 43 COM 7A.40)
Projet de décision : 43 COM 7A.43

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A.Add.2,
  2. Rappelant les décisions 39 COM 7B.74, 40 COM 7B.48, 41 COM 7A.57, et 42 COM 7A.4, adoptées à ses 39e (Bonn, 2015), 40e (Istanbul/UNESCO, 2016), 41e(Cracovie, 2017) et 42e (Manama, 2018) sessions respectivement ;
  3. Accueille favorablement le décret présidentiel de juin 2018 visant à protéger tous les biens du patrimoine mondial en Ouzbékistan ;
  4. Note que le décret de 2014 pour la reconstruction du centre historique du bien a été abrogé ;
  5. Note également que l’État partie a fourni une documentation générale en réponse à la demande du Comité, mais que celle-ci ne permet pas une comparaison complète entre ce qui existe actuellement et ce qui existait avant les démolitions récentes ;
  6. Note en outre que, bien qu’il ait été demandé à l’État partie d’interrompre tous les travaux au sein du bien jusqu’à la 43esession, l’État partie a fourni des détails sur les interventions prévues concernant des propositions d’enlèvement de structures autour des monuments, la création d’un complexe touristique dans « l’esprit de l’architecture orientale », la reconstruction de maisons à un étage le long de rues ainsi que de nouvelles rues résidentielles pour la population locale qui sont en contradiction avec les deux décrets présidentiels de 2018 de l’État partie ;
  7. Rappelle la conclusion de la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de décembre 2016 selon laquelle « une récupération d’attributs suffisants pour justifier la VUE identifiée au moment de l’inscription semble impossible à ce stade» (décision 41 COM 7A.57) ;
  8. Note par ailleurs que, comme recommandé dans la décision 42 COM 7A.4, l’État partie a invité une mission de suivi réactif de haut niveau pour étudier « des options pour la récupération potentielle des attributs» et « si une modification majeure des limites de certains monuments et des zones urbaines restantes pourrait permettre de justifier la VUE » ;
  9. Note de plus que la mission de suivi réactif de haut niveau de 2019 a estimé que l’État partie pourrait souhaiter explorer deux options de modification significative des limites, sur la base soit d’une sélection de monuments timurides, soit d’éléments clés de l’urbanisme timuride, y compris le tissu urbain des mahalla qui pourrait être récupéré, mais que la mission ne disposait pas de la documentation nécessaire pour étudier en détail ces propositions ou comment la VUE pourrait être justifiée ;
  10. Recommande que si l’État partie souhaite étudier l’une ou l’autre option, il entreprenne des recherches et une documentation complémentaires et élabore un plan de restauration afin de fournir suffisamment de détails pour permettre une évaluation de chaque option relativement à la justification de la VUE, avant d’entreprendre toute démarche de modification importante des limites, conformément aux paragraphes 165 et 166 des Orientations, ou toute nouvelle proposition d’inscription ;
  11. Recommande également à l’État partie d’envisager les options suivantes suite à la mission de 2019 :
    1. La première option consisterait à se concentrer sur les monuments représentant la période timuride. L’État partie a présenté à la mission 13 de ces monuments, sur un total précédent de 18. La mission a estimé que les deux questions les plus importantes à prendre en considération en ce qui concerne une sélection de monuments dans leur état actuel sont leur authenticité et leur déconnexion avec leur environnement urbain. Des actions seraient donc nécessaires pour les reconnecter au tissu urbain et pour améliorer ou annuler les récents travaux de conservation afin de répondre aux conditions d’authenticité et d’intégrité,
    2. La seconde option proposée par la mission était d’étudier les éléments clés de l’urbanisme timuride au sein du centre historique. La mission a étudié de façon préliminaire la portée de ces éléments. Ils pourraient comprendre les principaux axes nord-sud et est-ouest qui se croisent dans le centre historique avec son marché principal, des quartiers résidentiels représentant une hiérarchie spatiale et sociale, des murs et portes de la ville, les principales mosquées, des madrasas et des monuments clés. La mission a estimé qu’il pourrait être possible de récupérer le tracé des rues urbaines dans plusieurs parties du bien et de revitaliser les technologies de construction traditionnelles. Cette option devrait s’appuyer sur des recherches détaillées concernant la granularité urbaine, les spécificités des traditions de construction vernaculaires, ce qui a survécu et devrait être soutenu par des mesures visant à améliorer les infrastructures et les conditions de vie pour que la ville reste vivante, et le développement de nouveaux dispositifs de protection, de conservation et de gestion.
  12. Encourage l’État partie à demander un soutien en amont concernant une possible modification importante des limites ou une nouvelle proposition d’inscription pour justifier la VUE ;
  13. Décide d’accorder deux ans à l’État partie pour étudier les options possibles de modification importante des limites ou de nouvelle proposition d’inscription et, à la fin de cette période, de considérer à nouveau si le bien doit être maintenu sur la Liste du patrimoine dans le cas où une direction claire a été définie, ou s’il convient de retirer entièrement le bien de la Liste ;
  14. Demande à l’État partie de maintenir un moratoire complet sur les constructions au sein du bien jusqu’à ce que toute modification significative des limites ou toute nouvelle proposition d’inscription ait été considérée par le Comité et qu’un plan de gestion pour la conservation du patrimoine, intégré à un plan directeur de la ville conforme à l’approche de la Recommandation de l’UNESCO de 2011 sur le paysage urbain historique (PUH), ait été préparé et adopté ;
  15. Prie instamment l’État partie de mettre en œuvre les recommandations de la mission de 2019, que les options proposées au paragraphe 11 ci-dessus soient ou non mises en œuvre après des recherches complémentaires ;
  16. Prie aussi instamment l’État partie d’avancer dans la mise en œuvre des recommandations du Comité pour la conservation des carreaux de céramique du palais d’Ak-Sarai, d’élaborer une stratégie de conservation et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant tous travaux ;
  17. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  18. Décide également de maintenir Centre historique de Shakhrisyabz (Ouzbékistan) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Année du rapport : 2019
Ouzbékistan
Date d'inscription : 2000
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(iv)
Liste en péril (dates) : 2016-présent
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 43COM (2019)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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