1.         Nan Madol : centre cérémoniel de la Micronésie orientale (Micronésie (États fédérés de)) (C 1503)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2016

Critères  (i)(iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2016-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

En cours de rédaction

Mesures correctives identifiées

En cours de d'identification

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

En cours de d'identification

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1503/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2017-2017)
Montant total approuvé : 30 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1503/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé: 120 000 dollars EU pour la préparation d’un dossier de proposition d’inscription et d’un plan de gestion pour Nan Madol, financé par le Fonds-en-dépôt UNESCO/Japon. 26 232 dollars EU pour un soutien technique à Nan Madol, Micronésie (Liste en péril) du Fonds-en-dépôt UNESCO/Pays-Bas

Missions de suivi antérieures

Janvier 2018 : missions conjointes Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1503/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS s’est rendue sur le bien en janvier 2018 (rapport de mission disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/1503/documents/).

Le 5 février 2019, l'État partie a soumis un rapport sur l'état de conservation du bien, disponible à l'adresse web ci-dessus mentionnée, qui décrit comme suit les mesures prises pour mettre en œuvre les décisions du Comité et les recommandations de la mission de 2018 :

Le rapport décrit également les progrès accomplis dans la mise en œuvre du programme par phases, recommandé par la mission de suivi réactif de 2018, avec un financement du Fonds des ambassadeurs des États-Unis pour la conservation du patrimoine en vue d’effectuer un relevé LiDar (« light detection and ranging » – détection et télémétrie par ondes lumineuses) du bien et de l'île de Temwen (dans la zone tampon), et pour le renforcement des digues, l’entretien continu, l'amélioration des passerelles, l'ouverture de nouveaux ponceaux, la construction de barrières anti-érosion et le nettoyage des hautes terres pour empêcher la sédimentation dans la baie de Madolenihmw. Les travaux seront réalisés sous la direction de l'agent de préservation historique de Pohnpei et de la Division de la préservation historique des États fédérés de Micronésie.

Le Centre du patrimoine mondial a été informé par des tiers de la construction d'un complexe hôtelier sur une île située dans la zone tampon du bien. Des précisions ont été demandées à l'État partie sur cette question le 21 février 2019. Au moment de la rédaction du présent rapport, aucune réponse n'avait encore été reçue.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L'état de conservation du bien est médiocre et les processus de dégradation se poursuivent. La croissance préoccupante des plantes et des arbres envahissants provoque des mouvements, des déplacements et l'effondrement des structures. L'envasement des chenaux entre les îlots a rendu la plupart d'entre eux dysfonctionnels, accélérant encore la croissance invasive. L'action des vagues, dont l'aggravation est prévue sous l’effet du changement climatique, provoque des effondrements et sape les murs de soutènement monumentaux des zones exposées du front de mer, se conjuguant à l'impact des dommages causés par la végétation.

Le rapport de la mission de suivi réactif de 2018 indiquait qu'il était impossible et impraticable d’agir sur la totalité du bien et que l'entretien nécessaire serait quasimement irréalisable. Un programme de réhabilitation par étapes est proposé et comprend des actions à court, moyen et long terme pour réhabiliter les parties essentielles du bien. Le rapport préconisait des objectifs réalisables pour la première phase du projet, dans les zones où une intervention est nécessaire et où l'entretien est faisable. La réalisation des travaux de l’étape à court terme suggérée en 2018 a avancé de manière significative.

La mission a également estimé qu'avant de pouvoir définir des mesures correctives, il convenait d’avoir une idée beaucoup plus précise de la manière dont la conservation du bien va évoluer en fonction de l’augmentation des ressources disponibles, afin d’inverser le danger que l’absence de conservation et de gestion permanente fait actuellement peser sur le bien. Compte tenu du nombre d'éléments non identifiés à ce stade, la mission a considéré qu'il n’était pas encore possible de définir un état de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), pour adoption par le Comité.

Le projet de loi qui doit être adopté lors de la prochaine session législative va créer un Fonds de préservation pour Nan Madol historique (Nan Madol Historic Preservation Trust), ce qui résoudra les problèmes de propriété et de gestion du bien. La désignation du gestionnaire de bien par intérim est une étape importante, mais la durée de cette nomination n'est pas précisée et un gestionnaire permanent est nécessaire.

Le Plan de conservation est un document bien structuré qui est dans les faits un plan d'action pratique. Il est influencé par le désir d'accroître l'accès touristique et est donc structuré en trois parties : les structures et les sentiers qui sont déjà accessibles, les zones qui ont un potentiel d'accès pour les visiteurs et les plateformes qui nécessitent des mesures de conservation urgentes et soutenues. Le Plan reconnaît la nécessité d’un important soutien financier international pour la réalisation effective des objectifs de conservation, ainsi que l'absence d'une équipe professionnelle d'experts en matière de conservation, avec un seul archéologue local basé sur le bien.

En 2018, un défrichage de la végétation, financé par l'assistance internationale, a été effectué sous la supervision du gestionnaire, permettant un premier déboisement non invasif (sans perturbation des racines) de la végétation sur deux des principaux sites : Nan Dowas et Pahn Kedira. Le nettoyage des canaux a commencé, en vue de faciliter l'accès des visiteurs à ces sites par bateau, mais les progrès sont jusqu'à présent très limités. À deux endroits, Pahn Kedira et Paikapw, la végétation superficielle a été enlevée des murs de soutènement, ce qui a permis d’observer là où cela avait été fait un mouvement naturel bénéfique du limon. Le Congrès des États fédérés de Micronésie a fait don d'un bateau pour faciliter la poursuite des travaux d’élimination de la végétation. Quatre ou cinq sites supplémentaires vont être identifiés prochainement et préparés pour l’accueil des visiteurs.

Un financement a été obtenu de l'ambassade des États-Unis d'Amérique pour effectuer un relevé LiDar du bien et des îles de Temwen. Celui-ci va aider à définir l'étendue complète des structures et à évaluer l'impact de l'évolution future du niveau de la mer. L'imagerie multispectrale permettra d'analyser la composition par espèces de la végétation. Ce financement va également permettre d'achever les mesures à court terme recommandées par la mission de 2018 et faciliter les interventions de conservation de plus grande envergure prévues à moyen terme, comme le renforcement des digues, la planification continue de la maintenance, le remplacement des sentiers surélevés, la construction de ponceaux supplémentaires dans les chaussées et les clôtures à limon pour le défrichage des terres de sakau dans les hautes terres, afin d'éviter l'envasement de nouvelles terres. Le soutien à la poursuite de ces travaux avec l’aide du Fonds des ambassadeurs des États-Unis comprendra l'assistance des Seabees de la marine américaine. Toutefois, un programme spécifique de renforcement des capacités s'impose d'urgence pour assurer la participation locale.

L'État partie a également obtenu un financement du Japon pour poursuivre la réalisation d'un centre d'accueil des visiteurs. Celui-ci est de taille modeste et il lui manque certains éléments importants pour la gestion des visiteurs. Une proposition d'entreposage et de présentation dans les musées fait également défaut. Ce centre est envisagé dans la perspective du développement d'une stratégie touristique, indispensable pour déterminer les parties du bien qui pourraient être accessibles aux visiteurs, ce qui aura des répercussions sur le programme de conservation. Cette stratégie touristique a été envisagée initialement dans le cadre du Plan de gestion qui n’est pas encore achevé.

La progression de l’élaboration du Plan de conservation, le défrichement de la végétation financé par l'assistance internationale et le relevé LiDar soutenu par l'ambassade des États-Unis sont accueillis favorablement. Cela devrait permettre de commencer à définir un programme de relèvement progressif à moyen et long terme, qui pourrait à son tour permettre d'élaborer des mesures correctives et de présenter un DSOCR au Comité.

Enfin, malgré l’absence d’informations nouvelles sur la construction hôtelière évoquée dans le rapport, il est recommandé au Comité de demander à l'État partie, conformément au paragraphe 172 des Orientations, de fournir des informations détaillées sur tous les projets envisagés ou en cours, notamment en matière de développement d’infrastructures, au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives. Les informations fournies devraient comprendre des évaluations d'impact sur le patrimoine (EIP) réalisées conformément au Guide de l'ICOMOS pour les évaluations d’impact sur le patrimoine appliquées aux biens du patrimoine mondial.

Décision adoptée: 43 COM 7A.43

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7A.3, adoptée à sa 42e session (Manama, 2018),
  3. Se félicite de la désignation d'un « gestionnaire du bien » par intérim, mais encourage l'État partie à prendre un engagement de long terme pour ce poste ;
  4. Note que des progrès ont été réalisés en ce qui concerne la révision du projet de loi LB392 et que son adoption est prévue lors de la prochaine session législative ;
  5. Note également que la mission de 2018 a indiqué qu'il était impossible et impraticable d’effectuer la restauration de l’ensemble du bien, car l'entretien nécessaire serait quasiment irréalisable ; que la mission préconisait donc des objectifs réalisables pour la première phase du projet, dans les zones où une intervention est nécessaire et où l'entretien est faisable ; et que son rapport définit les premiers objectifs à court et moyen terme ;
  6. Note en outre que la mission de 2018 a estimé qu'avant de définir des mesures correctives, il convenait d’avoir une idée beaucoup plus précise de l’évolution de la conservation du bien en fonction de l’augmentation des ressources disponibles, et notamment de la manière dont seront abordés les dangers liés à l’absence de conservation et de gestion permanente ;
  7. Se félicite également du projet de Plan de conservation, conçu comme un plan d'action pratique, qui reflète les recommandations de la mission de 2018, encourage vivement l'État partie à finaliser et adopter le Plan de conservation, et note par ailleurs qu'un important soutien financier international est nécessaire pour la réalisation des objectifs de conservation, et qu’il convient d'élargir l’équipe professionnelle d'experts en matière de conservation sur le bien ;
  8. Se félicite en outre de l’importance des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs à court terme définis par la mission de 2018, avec l'appui de l'assistance internationale, notamment un premier déboisement non invasif de la végétation dans deux des principaux sites, Nan Dowas et Pahn Kedira ; l'élimination de la végétation superficielle des murs de soutènement à Pahn Kedira et Paikapw ; et les progrès limités en matière de déboisement destiné à faciliter l'accès des visiteurs ;
  9. Félicite l'État partie des États-Unis d'Amérique pour son soutien financier à la réalisation d'un relevé LiDar (" light detection and ranging ") du bien et des îles de Temwen et pour son soutien aux travaux à venir sur les objectifs à court et moyen terme ;
  10. Recommande à l'État partie de préparer dans les meilleurs délais le programme de renforcement des capacités recommandé par la mission de 2018 et le Plan de conservation, afin d’assurer la participation locale et de partager les avantages tirés des financements obtenus à ce jour ;
  11. Note de plus que l'État partie du Japon a accordé un financement pour la création d'un centre d'accueil des visiteurs, et demande à l'État partie de soumettre des plans révisés répondant aux recommandations de l'étude technique de l'ICOMOS ;
  12. Note enfin que la construction d'un centre d'accueil des visiteurs est prévue avant l'élaboration d'une stratégie touristique ; considère que cette stratégie s’impose de toute urgence pour déterminer quelles parties du bien peuvent être accessibles aux visiteurs, en raison des répercussions sur le programme de conservation, et prie instamment l'État partie d'élaborer dès que possible un projet de stratégie touristique et de le soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  13. Prie aussi instamment l'État partie de poursuivre l'élaboration du Plan de gestion et de fournir régulièrement au Centre du patrimoine mondial des informations actualisées sur ce travail ;
  14. Encourage également l'État partie, lorsque le Plan de conservation et le financement pour la première enquête et les travaux de conservation seront en place, à commencer à mettre en œuvre les mesures présentées dans le Plan de conservation et à les intégrer dans des programmes de restauration par étapes à grande échelle, ce qui pourrait faciliter le développement de mesures correctives et un DSOCR pour adoption par le Comité ;
  15. Demande également à l'État partie de fournir, conformément au paragraphe 172 des Orientations, des informations détaillées sur tous les projets envisagés et en cours, notamment ceux liés au développement des infrastructures, et d'inclure des évaluations d'impact sur le patrimoine (EIP) réalisées conformément au Guide de l'ICOMOS pour les EIP appliquées aux biens du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, avant approbation et/ou exécution de tout projet ;
  16. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  17. Décide de maintenir Nan Madol : centre cérémoniel de la Micronésie orientale (Micronésie (États fédérés de)) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 43 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/19/43.COM/7A, WHC/19/43.COM/7A.Add, WHC/19/43.COM/7A.Add.2, WHC/19/43.COM/7A.Add.3 et WHC/19/43.COM/7A.Add.3.Corr),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :