1.         Ville archéologique de Samarra (Iraq) (C 276rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2007

Critères  (ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2007-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

La situation de conflit dans le pays ne permet pas aux autorités responsables d’assurer la protection et la gestion du bien

Mesures correctives identifiées

Pas encore identifiées

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Pas encore établi

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/276/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/276/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 100 000 dollars EU provenant du Fonds nordique du patrimoine mondial, pour la formation et la documentation en vue de la préparation du dossier de proposition d’inscription.

Montant total accordé (pour tous les sites du patrimoine mondial en Iraq) :

Missions de suivi antérieures

Juin 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/276/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 11 février 2019, qui est disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/276/documents et qui présente les progrès accomplis à l’égard de plusieurs points de conservation soulevés par le Comité lors de ses précédentes sessions, comme suit :

L’État partie demande également que le Comité du patrimoine mondial dépêche des missions afin que soient élaborés des rapports centralisés pour ses biens du patrimoine mondial.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

En 2016, le bureau de l’UNESCO pour l’Iraq, en collaboration avec le Département des antiquités de Samarra, a relevé, documenté et évalué les dommages subis par certains monuments au sein du bien (le Malwiya et la Grande Mosquée, le palais Al-Ashiq, le Qubbat al-Sulaybiyya, et le mur d’enceinte d’Ashinas). Les données ont été développées en maquettes 3D et intégrées en un format de contenu interactif.

Néanmoins, il est recommandé que le Comité demande de nouveau à l’État partie de soumettre, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, une copie de toute documentation supplémentaire mentionnée dans le rapport sur l’état de conservation de 2017 de l’État partie. Il est en outre recommandé que le Comité réitère sa demande d’évaluation globale complète et actualisée, qu’il conviendrait de réaliser en étroite collaboration avec le bureau de l’UNESCO pour l’Iraq, dès que les conditions de sécurité le permettront et avant que des actions correctives ne soient entreprises. La priorité devrait être donnée à l’identification des travaux de stabilisation d’urgence nécessaires et à l’établissement d’une feuille de route pour les mesures de gestion et conservation à plus long terme. Comme précédemment recommandé, tout ouvrage de stabilisation d’urgence requis doit se conformer au principe d’intervention minimale.



21.     Décision générale sur les biens du patrimoine mondial de l’Iraq

Problèmes de conservation actuels

Le conflit de 2014 à 2017 a conduit à une crise humanitaire massive et causé d’importants dommages au patrimoine culturel de l’Iraq du fait de destructions délibérées, de fouilles illégales et de pillages, ainsi que des dégâts collatéraux. Trois des sites du patrimoine mondial de l’Iraq ont pâti de ce conflit, à savoir la Ville archéologique de Samarra, Assour (Qal'at Cherqat) et Hatra. De plus, les sites archéologiques de Nimrud et la cité antique de Ninive, qui figurent sur la Liste indicative de l’Iraq, ont également été considérablement endommagés en raison d’actes de destruction délibérée. Dans la Vieille ville de Mossoul, incluse dans la Liste indicative depuis août 2018, des sites, monuments et bâtiments importants ont été systématiquement pris pour cible, notamment des sites du patrimoine historique et religieux comme la mosquée al-Nouri et son emblématique minaret d’Al Hadba.

L'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 11 février 2019, disponible à http://whc.unesco.org/fr/sessions/43com/documents/#state_of_conservation_reports. Le rapport fournit une vue d’ensemble sur des dommages occasionnés aux trois biens, Ville archéologique de Samarra, Assour (Qal'at Cherqat) et Hatra. Il mentionne également des efforts déployés et des problèmes rencontrés dans le relèvement de sites détruits et la restitution de biens culturels. Ces problèmes sont essentiellement liés au financement insuffisant et à la situation sécuritaire fragile, aucune intervention physique n’a encore eu lieu.

L’État partie est d’avis que des interventions de conservation peuvent désormais être envisagées, en raison de la situation sécuritaire actuellement encourageante. L’État partie demande que des missions soient entreprises pour réaliser des évaluations de dommages et des travaux de conservation.

Activités entreprises par l’UNESCO

Activités entreprises par les Organisations consultatives

Des représentants de l’ICOMOS ont participé à des réunions concernant Mossoul et fourni des conseils sur la Charte Najaf pour la Conservation, la Restauration et la Réhabilitation de villes historiques, de zones urbaines et de monuments historiques-patrimoniaux, qui vise à préserver le patrimoine de Najaf et de toutes les autres villes iraquiennes.


Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La situation de conflit en Iraq a directement affecté trois de ses biens qui sont actuellement inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril, et certains biens figurant sur sa Liste indicative, à divers degrés. En raison de la situation sécuritaire instable dans plusieurs parties du pays et des ressources très limitées, d’autres biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondiale et la Liste indicative l’ont été de manière indirecte. De plus, les excavations illégales et les pillages de sites archéologiques ont provoqué des pertes importantes et des dommages irréversibles – bien que plusieurs incidents de restitution de biens culturels soient survenus ces dernières années.

Depuis la libération de vastes zones du pays en 2017, l’Iraq a été confronté à des défis en matière de relèvement tout en traitant une crise humanitaire sans précédent Ceci est particulièrement évident dans la Vieille ville de Mossoul, où l’UNESCO est actuellement engagée dans le cadre de son initiative phare « Faire revivre l'esprit de Mossoul ».

Lors de la conférence organisée en avril 2019 à l’occasion du 20e anniversaire du deuxième Protocole (1999) à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, le représentant de l’Iraq a indiqué l’intention de son pays de ratifier le deuxième Protocole, ce qui est une démarche louable, devant contribuer à améliorer la protection du patrimoine culturel. 

En revanche, le manque d’évaluations détaillées sur les dommages subis par les trois biens du patrimoine mondial qui sont sur la Liste du patrimoine mondial en péril reste préoccupant. En 2016, Bureau de l'UNESCO pour l'Iraq, en collaboration avec le Conseil national des antiquités et du patrimoine (SBAH), a réalisé une documentation et évaluation des dommages pour des monuments particuliers dans le bien de la Ville archéologique de Samarra, de même que des évaluations préliminaires à Nimrud et dans la Cité antique de Ninive, qui figurent sur la Liste indicative.

Néanmoins, des évaluations détaillées des dommages sont nécessaires pour apprécier la situation et planifier des travaux de stabilisation et de conservation avant que des interventions ne puissent avoir lieu. Il est également nécessaire d’évaluer des risques potentiels autres que ceux spécifiquement liés au conflit, tels que ceux concernant une détérioration naturelle ou une inondation potentielle, et de planifier le relèvement et la gestion des biens à long-terme.

Il est recommandé au Comité de demander à l’État partie de soumettre une documentation sur tous les dommages subis par des biens du patrimoine mondial, et d’entreprendre des travaux de protection et de stabilisation urgente uniquement dans les cas où un effondrement ou autre dommage est éminent, conformément au principe d’intervention minimale. Des éléments trouvés dans le bien, et provenant de dommages liés au conflit, doivent être récupérés et rassemblés dans un lieu sûr. Les limites du bien doivent être protégées vis‑à‑vis d’excavations illégales et de pillages.

Il est également recommandé au Comité de demander à l’État partie de revoir son plan de réaction pour la sauvegarde du patrimoine culturel dans des zones libérées de l’Iraq (2017-2019), qui reflète les recommandations la Conférence internationale de coordination pour la sauvegarde du patrimoine culturel dans des zones libérées de l’Iraq, avec pour objectif de trouver la marche à suivre pour commencer à mettre en œuvre les actions prioritaires et mobiliser les ressources nécessaires, le plus tôt possible.

Il est en outre recommandé au Comité de rappeler à l’État partie de l’informer, à travers le Centre du patrimoine mondial, de tout plan à venir concernant des projets majeurs de restauration ou de construction nouvelle susceptibles d’affecter la valeur universelle exceptionnelle (VUE) de biens du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant toute prise de décision difficilement réversible.

Le Comité pourrait souhaiter renouveler son appel aux États membres pour qu’ils coopèrent à la lutte contre de trafic illicite de biens culturels provenant de l’Iraq et apportent une contribution en faveur de la sauvegarde de son patrimoine culturel.




Décision adoptée: 43 COM 7A.20

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A.Add,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7A.20, adoptée à sa 42e session (Manama, 2018),
  3. Note avec appréciation les efforts de l’État partie pour tenir le Centre du patrimoine mondial informé de la situation sur le terrain ;
  4. Exprime sa profonde préoccupation quant à l’état de conservation du bien à la suite du conflit armé et des actes de destruction intentionnels ;
  5. Réitère sa demande à l’État partie de soumettre une documentation des dommages subis par le bien dans son ensemble et ses monuments affectés, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  6. Réitère également sa demande d’évaluation complète et exhaustive, en étroite collaboration avec le bureau de l’UNESCO pour l’Iraq, dès que les conditions de sécurité le permettront et avant que des actions correctives ne soient entreprises, dans l’optique d’identifier les travaux de stabilisation d’urgence nécessaires et d’établir une feuille de route pour les mesures de gestion et conservation à plus long terme ;
  7. Réitère son appel à tous les États membres de l’UNESCO afin qu’ils coopèrent dans la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel en provenance d’Iraq, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies 2199 de février 2015, 2253 de décembre 2015 et 2347 de mars 2017 ;
  8. Invite de nouveau tous les États membres de l’UNESCO à soutenir les mesures de sauvegarde d’urgence, y compris par le biais du Fonds d’urgence du patrimoine de l’UNESCO ;
  9. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  10. Décide de maintenir la Ville archéologique de Samarra (Iraq) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 43 COM 7A.21

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A.Add.2,
  2. Prenant note du rapport fourni par l’État partie sur l’état de conservation des biens figurant sur la Liste du patrimoine mondial en péril, exprime sa préoccupation quant à l’absence d’évaluation globale et détaillée des biens affectés par le conflit et quant aux ressources limitées disponibles pour la sauvegarde du patrimoine culturel affecté ;
  3. Exprime sa reconnaissance à la Directrice-générale de l’UNESCO pour les avancées effectuées dans la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Mossoul, et pour l’expertise et les ressources mobilisées jusqu’à présent dans le cadre de l’initiative phare de l’UNESCO « Faire revivre l’esprit de Mossoul » ;
  4. Demande à l’État partie de soumettre une documentation actualisée des dommages occasionnés aux biens du patrimoine mondial, de sauvegarder des biens endommagés du patrimoine mondial conformément au principe d’intervention minimale, et de s’abstenir d’entreprendre des travaux de conservation et de restauration jusqu’à l’élaboration de plans de conservation d’ensemble, en pleine consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  5. Demande également à l’État partie de revoir et traiter les actions prioritaires exposées dans le plan de réaction pour la sauvegarde du patrimoine culturel dans des zones libérées de l’Iraq (2017-2019), avec le soutien de l’UNESCO et de la communauté internationale ;
  6. Rappelle à l’État partie la nécessité de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, des informations sur tout futur plan concernant des projets de restauration majeure ou de nouvelle construction, susceptibles d’affecter la valeur universelle exceptionnelle (VUE) de biens du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant de prendre toute décision difficilement réversible ;
  7. Réitère son appel à tous les États membres de l’UNESCO pour qu’ils coopèrent à la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel provenant de l’Iraq, en vertu des résolutions 2199 de février 2015, 2253 de décembre 2015 et 2347 de mars 2017 du Conseil de sécurité des Nations Unies, et encourage l’État partie à ratifier le deuxième Protocole (1999) à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ;
  8. Appelle de nouveau tous les États membres de l’UNESCO à fournir un soutien technique et financier pour la sauvegarde des efforts en faveur du patrimoine culturel de l’Iraq, y compris au travers de l’initiative phare « Faire revivre l’esprit de Mossoul » afin de mettre en œuvre des mesures à court, moyen et long terme ;
  9. Demande en outre au Centre du patrimoine mondial de présenter à sa 44esession en 2020 un rapport sur les activités entreprises dans le cadre de de l’initiative phare « Faire revivre l’esprit de Mossoul » ;
  10. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation des biens et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.

Décision adoptée: 43 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/19/43.COM/7A, WHC/19/43.COM/7A.Add, WHC/19/43.COM/7A.Add.2, WHC/19/43.COM/7A.Add.3 et WHC/19/43.COM/7A.Add.3.Corr),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :