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Parc national des Virunga

République démocratique du Congo
Facteurs affectant le bien en 2019*
  • Activités illégales
  • Guerre
  • Modification du régime des sols
  • Pétrole/gaz
  • Troubles civils
  • Élevage de bétail / pacage d’animaux domestiques
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Conflit armé, insécurité et instabilité politique
  • Octroi d’une concession d’exploration de pétrole à l’intérieur du bien
  • Braconnage par l’armée (problème résolu) et par des groupes armés 
  • Occupations illégales
  • Expansion de zones de pêche illégales
  • Déforestation, production de charbon de bois et pâturage du bétail
Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril
  • Augmentation du braconnage de la faune sauvage
  • Incapacité du personnel d’assurer la surveillance des 650 km de limites du parc
  • Arrivée massive de 1 million de réfugiés occupant les zones adjacentes au parc
  • Importante déforestation des basses terres
Etat de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril
Mesures correctives pour le bien
Adoptées en 2011, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/4338
Révisées en 2014, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/5979
Mises à jour en 2018, vior page http://whc.unesco.org/en/decisions/7224 
Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2019

Montant total accordé : 1 802 300 dollars EU par la Fondation des Nations Unies et les gouvernements de l’Italie, la Belgique et l’Espagne, ainsi que par le Fonds de Réponse Rapide (RRF)

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2019
Demandes approuvées : 10 (de 1980-2005)
Montant total approuvé : 253 560 dollars E.U.
2005 Preparation of transboundary nomination for the Virunga ... (Approuvé)   15 000 dollars E.U.
2000 Emergency assistance to World Natural Heritage of the ... (Approuvé)   26 400 dollars E.U.
1999 Support to Resident Staff of Garamba, Virunga, Kahuzi ... (Approuvé)   35 000 dollars E.U.
1994 Financial contribution for the protection of ... (Approuvé)   25 000 dollars E.U.
1993 Financial contribution for the purchase of equipment ... (Approuvé)   20 000 dollars E.U.
1992 Review of the state of conservation of World Heritage ... (Approuvé)   3 750 dollars E.U.
1991 Purchase of a motor boat and of spare parts for motor ... (Approuvé)   40 000 dollars E.U.
1990 Training of 2 specialists each from Salonga and Virunga ... (Approuvé)   4 750 dollars E.U.
1988 Equipment to improve protective measures in Virunga ... (Approuvé)   40 000 dollars E.U.
1980 Assistance for Virunga National Park (equipment and ... (Approuvé)   43 660 dollars E.U.
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 15 mars 2019, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/63/documents, avec les informations suivantes :

  • La collaboration entre l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et les Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) s’est renforcée ;
  • L’effectif des écogardes s’élève à 748, qui sont appuyés par 300 civils;
  • La couverture des patrouilles terrestres a doublé comparativement à 2017 (de 30.5% à 63%) contribuant à la réduction de 1,5% de la surface du bien envahi (de 20.9% à 19,4%). De plus, l’ICCN multiplie les projets de développement pour répondre aux besoins des communautés ;
  • L’ICCN a émis 844 procès-verbaux pour des infractions mais seulement 14 ont abouti à des condamnations judiciaires, malgré un suivi judiciaire intense ;
  • Environ 3 000 éléments armés opèrent dans le bien, surtout dans les secteurs nord et sud, ainsi qu’autour du Lac Edouard. L’ICCN a déployé ses efforts de patrouilles le long du corridor écologique entre la partie nord du lac Edouard et le parc national Queen Elizabeth, en Ouganda, afin de protéger la faune et limiter de nouvelles intrusions. Les gardes ont récupéré la zone nord autour du Mont Tshiabirimu ;
  • L’exploitation illégale du charbon de bois perdure et les revenus tirés de ce trafic sont estimés à 35 millions de Dollars/an. Des opérations ont été menées pour lutter contre les coupes illégales qui ont abouti à la saisie de 115 fours (sur 214 observés) et de 445 sacs de charbon de bois. Pour répondre aux besoins en énergie des populations, le Parc poursuit la construction des centrales hydroélectriques ; 
  • Des pratiques de pêche non durable et du braconnage des hippopotames ont augmenté autour du Lac Édouard. La mise en place d’un nouveau centre de commandement maritime et d’une nouvelle convention de gouvernance de la pêche sont prévus pour répondre à ces menaces;
  • Des inventaires menés dans le bien en 2017 et 2018 indiquent que le braconnage persiste dans tous les secteurs. On a pu dénombrer 285 éléphants, 20 à 30 lions, environ 1 500 hippopotames (soit 16% de diminution) et 286 gorilles ;
  • Aucune activité d’exploitation pétrolière n’a été rapportée ;
  • Les activités touristiques seront relancées en 2019 à la suite de l’attaque tragique de l’année dernière.

L’ICCN a confirmé, au cours d’une réunion avec le Centre du patrimoine mondial, en juillet 2018, la mise en place d’une Commission interministérielle dont la fonction est d’étudier la possibilité de modifier les limites des aires protégées pour autoriser des activités extractives.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2019

L’insécurité due à la présence de groupes armés reste une préoccupation majeure car elle menace la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et son intégrité à travers l’exploitation illégale des ressources naturelles et le braconnage. Cette situation a de nouveau conduit à la perte de 9 gardes et d’un chauffeur en 2018. Il est recommandé que le Comité adresse ses sincères condoléances aux familles des gardes tués.

En dépit de ce contexte difficile, les activités de surveillance se sont poursuivies grâce à l’augmentation des effectifs des gardes, au renforcement de la collaboration avec les FARDC, aux efforts de gestion et d’applications des lois. Il est encourageant de noter une augmentation significative des zones couvertes par les patrouilles en 2018. Toutefois, il demeure important de rappeler, tout comme dans le précédent rapport, que l’évacuation des groupes rebelles et le rétablissement de l’état de droit sont des conditions sine qua none pour assurer une surveillance adéquate du bien et protéger pleinement sa VUE.

Il est également encourageant que les opérations de déploiement aient permis de récupérer la zone du Mont Tshiabirimu, la seule zone avec une population des gorilles de Grauer. Cependant, l’occupation illégale du cinquième de la surface du parc demeure une préoccupation majeure qui menace l’intégrité du bien. Il est impératif d’envisager une stratégie pour stopper les empiètements tout en envisageant une récupération des zones antérieurement envahies dans la zone à l’ouest du Lac Edouard et à Kirolirwe. La mise en œuvre d’une telle stratégie nécessitera une volonté politique claire aux niveaux local, national et régional.

Ces envahissements sont entre autres engendrés par des problèmes de surpopulation et pauvreté après des années de crise et de conflits. La mise en œuvre des activités de l’« Alliance Virunga » pour le développement économique et social du nord Kivu afin de réduire la pauvreté et répondre aux besoins en énergie des populations riveraines du bien pourrait contribuer à l’opérationnalisation de cette stratégie.

Notant la recrudescence des pratiques de pêche non durable et du braconnage des hippopotames sur le Lac Edouard, la mise en place d’un nouveau centre de commandement maritime et d’une nouvelle convention de gouvernance de la pêche pour répondre à ces menaces est à saluer.

Les résultats des inventaires biologiques qui ont eu lieu en 2018 montrent que le braconnage persiste engendrant des graves impacts sur les populations d’éléphants et des hippopotames. Seuls les gorilles connaissent une augmentation, de près de 100 individus par rapport au recensement de 2010. L’État partie doit être félicité pour ses efforts en vue de protéger cette espèce et son habitat, même en période de crise sécuritaire.

L’État partie note qu’aucune activité pétrolière n’a été observée en 2018. Néanmoins, la possibilité de mener des activités d’exploration pétrolières est toujours d’actualité en République démocratique du Congo (cf. rapport sur le Parc national de la Salonga). La mise en place par l’ancien gouvernement d’une Commission interministérielle pour étudier la possibilité de modifier les limites des aires protégées pour autoriser des activités extractives est très préoccupante. Étant donné qu’un nouveau Gouvernement n’est pas encore installé, le mandat de cette commission demeure flou. Pour toutes ces raisons, il est également recommandé que le Comité réitère sa position selon laquelle l’exploration et l’exploitation pétrolière sont incompatibles avec le statut de patrimoine mondial.

Il est recommandé que le Comité demande à l'État partie d’élaborer les indicateurs biologiques de l’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) puisque les principaux résultats des inventaires fauniques sont disponibles et de les soumettre dès que possible au Centre du patrimoine mondial.

Il est enfin recommandé au Comité de maintenir le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril et de poursuivre l’application du mécanisme de suivi renforcé.

Décisions adoptées par le Comité en 2019
43 COM 7A.11
Parc national des Virunga (République démocratique du Congo) (N 63)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A.Add,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7A.51, adoptée à sa 42esession (Manama, 2018),
  3. Adresse ses plus sincères condoléances aux familles des gardes tués dans l’exercice de leur fonction et à l’ensemble du personnel de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) ;
  4. Loue les efforts de gestion de l’ICCN pour renforcer la surveillance et le suivi écologique notamment à travers l’augmentation du nombre de gardes, l’amélioration de la collaboration avec les Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) qui ont abouti à la reprise du contrôle du Mont Tshiabirimu et à une augmentation de presque 50% des zones couvertes par la surveillance en comparaison à l’année 2017 ;
  5. Exprime sa plus vive inquiétude quant à l’insécurité persistante dans le bien et notamment la présence de 3 000 éléments armés qui opèrent dans le bien, rendant ainsi très difficiles les opérations de gestion, et conduisant à une persistance des activités illégales (braconnage, pêche illicite et production de charbon de bois) tout en mettant en danger la vie du personnel de surveillance du parc ;
  6. Exprime à nouveau son inquiétude face aux sérieuses menaces qui pèsent sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, en particulier l’empiétement par des implantations illégales de presque 20% du parc, la pêche illégale, l’exploitation de bois et le braconnage ;
  7. Demande à l’État partie de poursuivre ces efforts pour mettre en oeuvre les mesures correctives acualisées par la mission de suivi réactif de 2018 et l’encourage à poursuivre la mise en œuvre des activités de développement durable mises en place dans le cadre de l’«Alliance Virunga» ;
  8. Note qu’une volonté politique claire aux niveaux local, national et régional est nécessaire afin de résoudre les problèmes d’envahissement du bien et prie instamment l’État partie de développer, en concertation avec l’ensemble des parties prenantes, une stratégie pour enrayer l’empiètement tout en engageant des mesures de récupération des zones envahies ;
  9. Demande également à l’État partie de soumettre les résultats des inventaires des espèces phares au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN et de définir les indicateurs biologiques de l’état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) en coopération avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ;
  10. Exprime sa plus vive inquiétude concernant la mise en place d’une Commission interministérielle pour étudier une possible modification des limites des aires protégées pour autoriser des activités extractives, et rappelle à nouveau sa position selon laquelle toute activité d’exploration et d’exploitation minières, pétrolières et gazières est incompatible avec le statut de patrimoine mondial, politique soutenue par les engagements pris par des leaders de l’industrie, tels que Shell et Total, de ne pas entreprendre de telles activités dans les biens du patrimoine mondial ;
  11. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  12. Décide de continuer d’appliquer le mécanisme de suivi renforcé ;
  13. Décide également de maintenir le Parc national des Virunga (République démocratique du Congo) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
43 COM 8C.2
Mise à jour de la Liste du patrimoine mondial en péril (biens maintenus)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/19/43.COM/7A, WHC/19/43.COM/7A.Add, WHC/19/43.COM/7A.Add.2, WHC/19/43.COM/7A.Add.3 et WHC/19/43.COM/7A.Add.3.Corr),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :
  • Afghanistan, Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan (décision 43 COM 7A.41)
  • Afghanistan, Minaret et vestiges archéologiques de Djam (décision 43 COM 7A.42)
  • Autriche, Centre historique de Vienne, (décision 43 COM 7A.45)
  • Bolivie (État plurinational de), Ville de Potosí (décision 43 COM 7A.48)
  • Côte d'Ivoire / Guinée, Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (décision 43 COM 7A.6)
  • Égypte, Abou Mena (décision 43 COM 7A.17)
  • États-Unis d'Amérique, Parc national des Everglades (décision 43 COM 7A.3)
  • Honduras, Réserve de la Biosphère Río Plátano (décision 43 COM 7A.4)
  • Îles Salomon, Rennell Est (décision 43 COM 7A.2)
  • Indonésie, Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra (décision 43 COM 7A.1)
  • Iraq, Assour (Qal'at Cherqat) (décision 43 COM 7A.18)
  • Iraq, Hatra (décision 43 COM 7A.19)
  • Iraq, Ville archéologique de Samarra (décision 43 COM 7A.20)
  • Vieille ville de Jérusalem et ses remparts (site proposé par la Jordanie) (décision 43 COM 7A.22)
  • Kenya, Parcs nationaux du Lac Turkana (décision 43 COM 7A.12)
  • Libye, Ancienne ville de Ghadamès (décision 43 COM 7A.26)
  • Libye, Site archéologique de Cyrène (décision 43 COM 7A.23)
  • Libye, Site archéologique de Leptis Magna (décision 43 COM 7A.24)
  • Libye, Site archéologique de Sabratha (décision 43 COM 7A.25)
  • Libye, Sites rupestres du Tadrart Acacus (décision 43 COM 7A.27)
  • Madagascar, Forêts humides de l’Atsinanana (décision 43 COM 7A.13)
  • Mali, Tombeau des Askia (décision 43 COM 7A.55)
  • Mali, Tombouctou (décision 43 COM 7A.54)
  • Mali, Villes anciennes de Djenné (décision 43 COM 7A.53)
  • Micronésie (États fédérés de), Nan Madol : centre cérémoniel de la Micronésie orientale (décision 43 COM 7A.43)
  • Niger, Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré (décision 43 COM 7A.14)
  • Ouganda, Tombes des rois du Buganda à Kasubi (décision 43 COM 7A.56)
  • Ouzbékistan, Centre historique de Shakhrisyabz (décision 43 COM 7A.44)
  • Palestine, Palestine : pays d’olives et de vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir (décision 43 COM 7A.30)
  • Palestine, Vieille ville d’Hébron/Al-Khalil (décision 43 COM 7A.29)
  • Panama, Fortifications de la côte caraïbe du Panama : Portobelo, San Lorenzo (décision 43 COM 7A.50)
  • Pérou, Zone archéologique de Chan Chan (décision 43 COM 7A.51)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville d'Alep (décision 43 COM 7A.31)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville de Bosra (décision 43 COM 7A.32)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville de Damas (décision 43 COM 7A.33)
  • République arabe syrienne, Villages antiques du Nord de la Syrie (décision 43 COM 7A.34)
  • République arabe syrienne, Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din (décision 43 COM 7A.35)
  • République arabe syrienne, Site de Palmyre (décision 43 COM 7A.36)
  • République centrafricaine, Parc national du Manovo-Gounda St Floris (décision 43 COM 7A.5)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Garamba (décision 43 COM 7A.7)
  • République démocratique du Congo, Parc national de Kahuzi-Biega (décision 43 COM 7A.8)
  • République démocratique du Congo, Réserve de faune à okapis (décision 43 COM 7A.9)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Salonga (décision 43 COM 7A.10)
  • République démocratique du Congo, Parc national des Virunga (décision 43 COM 7A.11)
  • République-Unie de Tanzanie, Réserve de gibier de Selous (décision 43 COM 7A.16)
  • Sénégal, Parc national du Niokolo-Koba (décision 43 COM 7A.15)
  • Serbie, Monuments médiévaux au Kosovo (décision 43 COM 7A.46)
  • Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, Liverpool – Port marchand (décision 43 COM 7A.47)
  • Venezuela (République bolivarienne du), Coro et son port (décision 43 COM 7A.52)
  • Yémen, Ville historique de Zabid (décision 43 COM 7A.38)
  • Yémen, Vieille ville de Sana’a (décision 43 COM 7A.39)
  • Yémen, Ancienne ville de Shibam et son mur d'enceinte (décision 43 COM 7A.40)
Projet de décision : 43 COM 7A.11

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7Add,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7A.51, adoptée à sa 42esession (Manama, 2018),
  3. Adresse ses plus sincères condoléances aux familles des gardes tués dans l’exercice de leur fonction et à l’ensemble du personnel de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) ;
  4. Loue les efforts de gestion de l’ICCN pour renforcer la surveillance et le suivi écologique notamment à travers l’augmentation du nombre de gardes, l’amélioration de la collaboration avec les Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) qui ont abouti à la reprise du contrôle du Mont Tshiabirimu et à une augmentation de presque 50% des zones couvertes par la surveillance en comparaison à l’année 2017 ;
  5. Exprime sa plus vive inquiétude quant à l’insécurité persistante dans le bien et notamment la présence de 3 000 éléments armés qui opèrent dans le bien, rendant ainsi très difficiles les opérations de gestion, et conduisant à une persistance des activités illégales (braconnage, pêche illicite et production de charbon de bois) tout en mettant en danger la vie du personnel de surveillance du parc ;
  6. Exprime à nouveau son inquiétude face aux sérieuses menaces qui pèsent sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, en particulier l’empiétement par des implantations illégales de presque 20% du parc, la pêche illégale, l’exploitation de bois et le braconnage ;
  7. Demande à l’État partie de poursuivre ces efforts pour mettre en oeuvre les mesures correctives acualisées par la mission de suivi réactif de 2018 et l’encourage à poursuivre la mise en œuvre des activités de développement durable mises en place dans le cadre de l’«Alliance Virunga» ;
  8. Note qu’une volonté politique claire aux niveaux local, national et régional est nécessaire afin de résoudre les problèmes d’envahissement du bien et prie instamment l’État partie de développer, en concertation avec l’ensemble des parties prenantes, une stratégie pour enrayer l’empiètement tout en engageant des mesures de récupération des zones envahies ;
  9. Demande également à l’État partie de soumettre les résultats des inventaires des espèces phares au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN et de définir les indicateurs biologiques de l’Etat de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) en coopération avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ;
  10. Exprime sa plus vive inquiétude concernant la mise en place d’une Commission interministérielle pour étudier une possible modification des limites des aires protégées pour autoriser des activités extractives, et rappelle à nouveau sa position selon laquelle toute activité d’exploration et d’exploitation minières, pétrolières et gazières est incompatible avec le statut de patrimoine mondial, politique soutenue par les engagements pris par des leaders de l’industrie, tels que Shell et Total, de ne pas entreprendre de telles activités dans les biens du patrimoine mondial ;
  11. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  12. Décide de continuer d’appliquer le mécanisme de suivi renforcé ;
  13. Décide également de maintenir le Parc national des Virunga (République démocratique du Congo) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Année du rapport : 2019
République démocratique du Congo
Date d'inscription : 1979
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(viii)(x)
Liste en péril (dates) : 1994-présent
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2019) .pdf
arrow_circle_right 43COM (2019)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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