1.         Parc national des Everglades (États-Unis d'Amérique) (N 76)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1993-2007, 2010-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Le bien a été réinscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril à la demande de l’État partie qui s’inquiétait de voir l’écosystème aquatique du bien continuer à se détériorer, en particulier sous l’effet des facteurs suivants :

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/4348

Mesures correctives identifiées

Adoptées, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/1275
Mises à jour, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/4348 

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Adopté, voir page voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/1062
Mis à jour, voir pages https://whc.unesco.org/fr/decisions/4348 et https://whc.unesco.org/fr/decisions/4958

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/76/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/76/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Avril 2006 : participation de l'UICN à un atelier technique ayant pour but l'identification de repères et de mesures correctives ; janvier 2011 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/76/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 5 mars 2019, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/76/documents/, qui fait, entre autres, état des informations actualisées suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les progrès considérables accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives de 2006 sont louables. Afin d’atteindre le DSOCR, les efforts déployés vont devoir être maintenus dans le temps et l’État partie devrait particulièrement être félicité pour avoir mis en œuvre les projets de restauration de seconde génération et engagé jusqu’à 2,5 milliards de dollars EU pour la restauration des Everglades sur les quatre prochaines années. Concernant les 14 indicateurs d’intégrité, il est noté que les objectifs de qualité de l’eau sont atteints et que des « supercolonies » d’échassiers sont revenues sur le bien avec des taux de nidification et d’envol les plus élevés de ces 50 dernières années. Toutefois, la plupart des autres indicateurs stagnent ou déclinent. En particulier, les espèces exotiques envahissantes (EEE) demeurent une sérieuse inquiétude. Tout en reconnaissant l’attention soutenue que la direction du parc accorde aux EEE, une mobilisation des ressources à long terme est nécessaire pour contrôler les EEE présentes, et compte tenu de la présence d’autres EEE à l’extérieur du bien et que l’on ne trouve pas encore à l’intérieur, l’accent devrait être mis sur la prévention et la détection précoce avec mesures d’intervention rapide.

Le nombre croissant d’événements climatiques extrêmes accentue l’importance grandissante des impacts du changement climatique pour le bien. Tandis qu’un épisode sévère du phénomène El Niño en 2015 a retardé la mise en œuvre des mesures correctives en raison d’une saison exceptionnellement sèche, des niveaux de précipitation records ont été atteints en 2017 et 2018 en raison de saisons exceptionnellement humides dues à une fréquence élevée des orages. Considérant la vulnérabilité du bien aux impacts du changement climatique, notamment élévation du niveau de la mer, il est apprécié que le plan général de gestion de 2015 (PGG) recommande des réponses concrètes, notamment lamélioration de la résilience de l’écosystème et minimisation des autres facteurs de stress sur les ressources du parc. Dans la mesure où le Document d’orientation sur les incidences du changement climatique sur les biens du patrimoine mondial décrit les biens du patrimoine mondial comme des laboratoires où des processus de suivi, atténuation et adaptation peuvent être appliqués, testés et améliorés, il est recommandé que le Comité réitère sa demande à l’État partie de soumettre de manière formelle le PGG au Centre du patrimoine mondial et à l’UICN.

La décision prise par la cour d’appel de Floride d’autoriser les forages d’exploration pétrolière et gazière dans les zones de conservation aquatique situées en amont du bien est très préoccupante, en raison de potentiels impacts en aval sur le bien. Il convient de noter qu’aucune licence d’exploration pétrolière ni gazière n’a été délivrée dans les Everglades depuis 50 ans. La décision semble également être en contradiction avec la recommandation du PGG visant à minimiser les autres facteurs de stress sur le bien. La position établie du Comité sur l’incompatibilité de l’exploration et de l’exploitation pétrolières et gazières avec le statut de patrimoine mondial devrait être rappelée à ce sujet, tout en notant que l’activité est en dehors du bien. Il est recommandé au Comité de prier l’État partie de veiller à ce qu’une étude d’impact sur l’environnement (EIE) détaillée soit entreprise pour évaluer les possibles impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément à la Note consultative de l’UICN sur les évaluations environnementales pour le patrimoine mondial. Cette EIE devrait être réalisée et soumise au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN avant de procéder à de quelconques activités de forage d’hydrocarbures.

Dans sa décision 41 COM 7A.1, le Comité demandait à l’État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial informé de la possibilité de projets de fracturation hydraulique à proximité du bien et de la proposition d’installation d’une ligne à haute tension le long de sa limite orientale. Comme aucune information n’a été reçue à ce propos, il est recommandé au Comité de réitérer sa demande à ce sujet.

Décision adoptée: 43 COM 7A.3

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A.Add,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7A.1, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Accueille favorablement les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives de 2006 et note avec satisfaction que l’ensemble de leurs avantages opérationnels devraient être en place d’ici mi-juin 2020, que les objectifs de qualité de l’eau ont déjà été atteints et que des « supercolonies » d’échassiers sont revenues sur le bien ;
  4. Salue l’État partie d’avoir également mis en œuvre les projets de restauration de seconde génération dans l’optique d’atteindre l’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) d’ici 2025-2026, et le félicite pour avoir engagé jusqu’à 2,5 milliards de dollars EU sur quatre ans pour promouvoir la restauration des Everglades ;
  5. Note avec inquiétude la menace permanente que représentent les espèces exotiques envahissantes (EEE), et demande à l’État partie de garantir une affectation de ressources continue à long terme pour contrôler les EEE présentes à l’intérieur du bien, et pour la stratégie de gestion afin de mettre l’accent sur la prévention et la détection précoce avec mesures d’intervention rapide ;
  6. Apprécie que le plan général de gestion (PGG) du bien vise à répondre aux impacts du changement climatique, notamment élévation du niveau de la mer, et réitère sa demande à l’État partie de soumettre le PGG au Centre du patrimoine mondial et à l’UICN ;
  7. Rappelant également sa position établie sur l’incompatibilité de l’exploration et de l’exploitation pétrolières et gazières avec le statut de patrimoine mondial, note avec la plus grande inquiétude la perspective d’un forage d’exploration dans les zones de conservation aquatique situées en amont du bien, et prie instamment l’État partie de veiller à ce qu’une étude d’impact sur l’environnement (EIE) détaillée évaluant les possibles impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien soit entreprise, conformément à la Note consultative de l’UICN sur les évaluations environnementales pour le patrimoine mondial, et de soumettre l’EIE au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN dans les meilleurs délais et avant de procéder à toute activité de forage d’hydrocarbures ;
  8. Réitère également sa demande à l’État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial informé de la possibilité de projets de fracturation hydraulique à proximité du bien et de la proposition d’installation d’une ligne à haute tension le long de sa limite orientale ;
  9. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44esession en 2020 ;
  10. Décide de maintenir Parc national des Everglades (États-Unis d'Amérique) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 43 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/19/43.COM/7A, WHC/19/43.COM/7A.Add, WHC/19/43.COM/7A.Add.2, WHC/19/43.COM/7A.Add.3 et WHC/19/43.COM/7A.Add.3.Corr),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :

Décision adoptée: 43 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les documents WHC/19/43.COM/8E et WHC/19/43.COM/8E.Add,
  2. Félicite les États parties pour l’excellent travail accompli dans l’élaboration des Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle pour les biens du patrimoine mondial dans leurs territoires ;
  3. Adopte les Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle, telles que présentées dans l’Annexe des documents WHC/19/43.COM/8E et WHC/19/43.COM/8E.Add, pour les biens du patrimoine mondial suivants :

    ASIE ET PACIFIQUE

    • Inde, Églises et couvents de Goa
    • Inde, Ensemble de monuments de Mahabalipuram
    • Inde, Ensemble monumental de Khajuraho
    • Inde, Fatehpur Sikri
    • Inde, Grottes d'Ellora
    • Inde, Parc archéologique de Champaner-Pavagadh

    EUROPE ET AMÉRIQUE DU NORD

    • Canada, Parcs des montagnes Rocheuses canadiennes
    • Croatie, Parc national Plitvice
    • États-Unis d'Amérique, Parc national des Everglades
    • États-Unis d'Amérique, Parc national des grottes de Carlsbad
    • États-Unis d'Amérique, Parc national du Grand Canyon
    • États-Unis d'Amérique, Parcs d'État et national Redwood
    • France, Canal du Midi
    • France, Cathédrale Notre-Dame, ancienne abbaye Saint-Rémi et palais du Tau, Reims
    • France, Provins, ville de foire médiévale
    • France, Basilique et colline de Vézelay
    • Italie, Assise, la Basilique de San Francesco et autres sites franciscains
    • Italie, Centre historique d’Urbino
    • Italie, Vallée de l'Orcia
    • Italie, Zones archéologiques de Pompéi, Herculanum et Torre Annunziata ;
  4. Décide que les Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril seront examinées par les Organisations consultatives en priorité ;
  5. Demande au Centre du patrimoine mondial de publier les versions dans les deux langues sur son site internet.