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Centre historique de Prague

Tchéquie
Facteurs affectant le bien en 2018*
  • Habitat
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Développement de constructions de grande hauteur sur la plaine de Pankrác
  • Inefficacité des mesures existantes de planification, de gestion et de conservation du bien
  • Absence de plan de gestion finalisé
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2018
Demandes approuvées : 2 (de 2003-2014)
Montant total approuvé : 115 000 dollars E.U.
2014 Elimination of the effects after the flood of 2 and 3 ... (Approuvé)   75 000 dollars E.U.
2003 Demande d'assistance d'urgence pour la restauration du ... (Approuvé)   40 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2018**

Mars 2008, janvier 2010 : missions de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS 

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

Depuis la dernière décision du Comité 36 COM 7B.73 (Saint-Pétersbourg, 2012), l’ICOMOS a examiné de nombreux documents soumis par l’État partie (p. ex. le rapport sur l’état de conservation de 2014, le projet de plan de gestion de 2015, les travaux de restauration du parc de Prúhonice, le projet de restauration du jardin alpin du château, les nouveaux plans d’aménagement et de développement du parc d’eau vive, la construction de bâtiments de grande hauteur dans la plaine de Pankrác) et a formulé de nombreux commentaires à l’intention des autorités tchèques.

En 2016 et 2017, le Centre du patrimoine mondial a demandé à l’État partie d’apporter des éclaircissements sur plusieurs projets de construction de grande hauteur ainsi que sur d’importants projets de construction sur le territoire du bien. Le 21 février 2017, l’ICOMOS a examiné le rapport soumis par les autorités tchèques le 23 septembre 2016. Compte tenu des éléments susmentionnés et après avoir reçu des informations émanant de la société civile, le 10 août 2017, le Centre du patrimoine mondial a demandé à l’État partie de communiquer des informations complémentaires sur le projet d’aménagement et de développement « Rezidence Park Kavcí Hory », ainsi qu’un rapport d’avancement détaillé, qui constitueraient la base de la soumission d’un rapport sur l’état de conservation du bien au Comité du patrimoine mondial.

Le 15 mars 2018, l’État partie a apporté des éclaircissements sur le projet « Rezidence Park Kavcí Hory », dans la plaine de Pankrác, et plus généralement sur la construction de bâtiments de grande hauteur dans cette même plaine située dans la zone tampon qui entoure le bien. Les éléments soumis font référence aux limites de hauteur autorisée suggérées par le Comité dans sa décision 32 COM 7B.86, et soulignent qu’il y a diverses interprétations quant à l’étendue de plaine de Pankrác et, en conséquence, l’application des limites de hauteur.

Le 28 mars 2018, l’État partie a également soumis un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/616/documents/, qui comprend de nombreuses annexes et présente les informations suivantes :

  • Sur les projets d'aménagement et de développement en cours et prévus, notamment la construction d’un bâtiment résidentiel en forme de V, dénommé « les tours Époque », en cours d’achèvement, et le futur projet d'aménagement et de développement « Rezidence Park Kavčí Hory » ;
  • Sur les progrès réalisés dans l’élaboration, par le ministère de la Culture, d’un « amendement à la loi sur l’Entretien du patrimoine national », dont le but est d’assurer une gestion efficace, transparente, prévisible et forte de professionnalisme, du patrimoine de la République tchèque ;
  • Sur les progrès réalisés dans l’élaboration du plan de gestion, du futur plan de la métropole et des projets d’axe routier nord-sud et de tunnel de Blanka, ainsi dans la restauration des stations de Vyšehrad et Žižkov, etc.;
  • S'agissant du projet de construction de l’ensemble résidentiel « Rezidence Park Kavčí Hory », situé près du parc central à Pankrác, l’État partie a précisé que le projet était composé de trois bâtiments de grande hauteur et de cinq bâtiments moins hauts reliés entre eux par un bâtiment à leur base. L’ensemble est situé sur le territoire de la plaine de Pankrác, près du Pentagone où s’élèvent déjà les bâtiments de grande hauteur de l’ancienne radio tchécoslovaque (devenue la City Tower), de l’ancienne tour Motokov, (devenue City Empiria), et du Panorama Hotel Prague. L’État partie a précisé le contour exact du territoire proposé pour ce projet d'aménagement et de développement.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2018

Les efforts déployés par l’État partie pour élaborer des documents stratégiques, réviser le projet de plan de gestion suite aux recommandations de l’ICOMOS et entreprendre des travaux de restauration et d’entretien sont notés. Le Comité devrait accueillir avec satisfaction ces efforts et encourager l’approbation de tous les documents juridiques et amendements, tels que l’ « amendement à la loi sur l’Entretien du patrimoine national », destinés à renforcer la protection et la gestion du patrimoine. Il devrait également inviter l’État partie à renforcer l’autorité de l’institution nationale en charge de la mise en œuvre de la Convention afin de lui permettre d’axer ses principales décisions sur la conservation de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien.

Il est noté que l’itinéraire de l’axe routier nord-sud n’est plus envisagé au moyen de tunnels, le projet prévoyant désormais de modifier le système de voies en surface.

Il est pris note des préoccupations de l’État partie quant aux projets d'aménagement et de développement de bâtiments de grande hauteur. En 2017, l’ICOMOS a estimé que le projet « Rezidence Park Kavčí Hory » aggraverait considérablement les dommages déjà occasionnés par l’ensemble de bâtiments de grande hauteur existant. Néanmoins, dans sa décision, le département en charge de la Protection du patrimoine au sein de la mairie de Prague a conclu que ce projet n’allait pas à l’encontre des règles de préservation du patrimoine dans la zone concernée. Il est noté avec une vive préoccupation que le nouveau projet de plan de la métropole propose, dans plusieurs emplacements, de remplir les espaces entre les structures dominantes préexistantes avec de nouveaux bâtiments de grande hauteur.

Le Comité devrait exprimer sa vive préoccupation quant à l’absence de réglementations spécifiques en vigueur concernant les projets d'aménagement et de développement de bâtiments de grande hauteur susceptibles d’avoir un impact considérable sur la VUE du bien, en précisant qu’on constate, en conséquence, une absence de consensus sur la question parmi les parties prenantes. On a pu observer des interprétations malencontreuses d’une partie de la décision du Comité 32 COM 7B.86 qui ont permis de restreindre la portée des limites de hauteur suggérées dans la zone de la plaine de Pankrác, permettant ainsi la construction de bâtiments plus hauts qui sont préjudiciables à la VUE du bien. Le Comité devrait donc demander à l’État partie d’intervenir afin de faire cesser ces interprétations arbitraires de sa précédente décision relative au contrôle des hauteurs de bâtiments. L’achèvement d’un plan de limitation des hauteurs de bâtiments devrait faire cesser toute interprétation erronée à venir de la décision 32 COM 7B.86. D’ici là, il conviendrait également que le Comité demande à l’État partie de mettre en place un moratoire sur les grands projets envisagés sur le territoire du bien, de sa zone tampon et de son cadre général, susceptibles d’être gravement préjudiciables à la VUE du bien, et ce, jusqu’à l’élaboration et la mise en vigueur de réglementations appropriées.

Conformément au paragraphe 172 des Orientations, il conviendrait de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, les éléments détaillés et les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP), ainsi qu’une EIP cumulative, des projets envisagés sur le territoire du bien, de sa zone tampon et de son cadre général, en mettant l’accent sur l’impact potentiel sur la VUE du bien.

Le Comité devrait encourager vivement l’État partie à finaliser le plan de gestion et à mettre en œuvre tous les plans et mesures pertinents, en définissant des niveaux adéquats d’intervention pour chaque élément du bien, de sa zone tampon et de son cadre général, afin de prévenir les menaces pour sa VUE.

Compte tenu de la situation actuelle, une mission de suivi réactif est nécessaire afin d’évaluer l’état général de conservation du bien, d’examiner tous les projets et études en cours, d’aider à l’identification d’options envisageables pour d’éventuels projets d'aménagement et de développement qui soient cohérents avec la VUE du bien, et de déterminer si le bien est confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets néfastes sur ses caractéristiques inhérentes et justifieraient qu’il satisfasse aux critères d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril, conformément au paragraphe 179 des Orientations.

Décisions adoptées par le Comité en 2018
42 COM 7B.21
Centre historique de Prague (Tchéquie) (C 616bis)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 36 COM 7B.73, adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),
  3. Note les informations communiquées sur les modifications apportées au projet d’axe routier nord-sud et la révision du projet de plan de gestion suite aux recommandations de l’ICOMOS, ainsi que les progrès réalisés par l’État partie dans les travaux de restauration ;
  4. Prie instamment l’État partie de finaliser le plan de gestion du bien, en intégrant notamment des mesures de protection détaillées et une référence au cadre de prise de décision dans les régimes de réglementation, et de mettre en œuvre tous les plans et mesures pertinents en définissant des degrés appropriés d’intervention pour chaque élément du bien, de sa zone tampon et de son cadre général, afin de prévenir toute menace pour sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) ;
  5. Encourage l’État partie à approuver tous les documents et amendements juridiques pertinents, tels que l’« amendement à la loi sur l’Entretien du patrimoine national » afin d’améliorer la protection et la gestion du patrimoine, et invite l’État partie à renforcer l’autorité de l’institution nationale en charge de la mise en œuvre de la Convention afin de lui permettre d’axer ses principales décisions sur la conservation de la VUE du bien ;
  6. Exprime sa vive préoccupation quant au nombre de projets d'aménagement et de développement de grande envergure envisagés dans la zone tampon du bien et son cadre général, et à l’absence de réglementations spécifiques concernant les projets de construction de bâtiments de grande hauteur susceptibles d’avoir un impact considérable sur la VUE du bien ;
  7. Demande à l’État partie de prévenir toute interprétation erronée à venir de ses précédentes décisions (en particulier la décision 32 COM 7B.86) sur les limites de hauteur et l’étendue de la zone précédemment dénommée « plaine de Pankrác » ; et invite également l’État partie à appliquer un moratoire sur les grands projets envisagés sur le territoire du bien, de sa zone tampon et de son cadre général, susceptibles d’être gravement préjudiciables à la VUE du bien, jusqu’à l’élaboration et la mise en vigueur de réglementations appropriées, notamment un plan de limitation des hauteurs de bâtiments, avec des règles particulières destinées à empêcher d’aggraver les dommages déjà occasionnés par l’ensemble de bâtiments de grande hauteur existant ;
  8. Rappelle à l’État partie qu’il doit soumettre au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, les éléments détaillés et les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) de tout projet susceptible d’être préjudiciable à la VUE du bien, ainsi qu’une EIP cumulative des projets envisagés sur le territoire du bien, de sa zone tampon et de son cadre général qui mette l’accent sur leur impact potentiel sur la VUE du bien, pour examen par les Organisations consultatives ;
  9. Demande également à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à se rendre sur le territoire du bien afin d’évaluer son état de conservation, d’examiner tous les projets et études en cours, d’aider à l’identification d’options envisageables pour d’éventuels projets d'aménagement et de développement qui soient cohérents avec la VUE du bien, et de déterminer si le bien est confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets néfastes sur ses caractéristiques inhérentes et justifieraient qu’il satisfasse aux critères d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril, conformément au paragraphe 179 des Orientations;
  10. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.
Projet de décision : 42 COM 7B.21

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 36 COM 7B.73, adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),
  3. Note les informations communiquées sur les modifications apportées au projet d’axe routier nord-sud et la révision du projet de plan de gestion suite aux recommandations de l’ICOMOS, ainsi que les progrès réalisés par l’État partie dans les travaux de restauration ;
  4. Prie instamment l’État partie de finaliser le plan de gestion du bien, en intégrant notamment des mesures de protection détaillées et une référence au cadre de prise de décision dans les régimes de réglementation, et de mettre en œuvre tous les plans et mesures pertinents en définissant des degrés appropriés d’intervention pour chaque élément du bien, de sa zone tampon et de son cadre général, afin de prévenir toute menace pour sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) ;
  5. Encourage l’État partie à approuver tous les documents et amendements juridiques pertinents, tels que l’ « amendement à la loi sur l’Entretien du patrimoine national » afin d’améliorer la protection et la gestion du patrimoine, et invite l’État partie à renforcer l’autorité de l’institution nationale en charge de la mise en œuvre de la Convention afin de lui permettre d’axer ses principales décisions sur la conservation de la VUE du bien ;
  6. Exprime sa vive préoccupation quant au nombre de projets d'aménagement et de développement de grande envergure envisagés dans la zone tampon du bien et son cadre général, et à l’absence de réglementations spécifiques concernant les projets de construction de bâtiments de grande hauteur susceptibles d’avoir un impact considérable sur la VUE du bien ;
  7. Demande à l’État partie de prévenir toute interprétation erronée à venir de ses précédentes décisions (en particulier la décision 32 COM 7B.86) sur les limites de hauteur et l’étendue de la zone précédemment dénommée « plaine de Pankrác » ; et invite également l’État partie à appliquer un moratoire sur les grands projets envisagés sur le territoire du bien, de sa zone tampon et de son cadre général, susceptibles d’être gravement préjudiciables à la VUE du bien, jusqu’à l’élaboration et la mise en vigueur de réglementations appropriées, notamment un plan de limitation des hauteurs de bâtiments, avec des règles particulières destinées à empêcher d’aggraver les dommages déjà occasionnés par l’ensemble de bâtiments de grande hauteur existant ;
  8. Rappelle à l’État partie qu’il doit soumettre au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, les éléments détaillés et les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) de tout projet susceptible d’être préjudiciable à la VUE du bien, ainsi qu’une EIP cumulative des projets envisagés sur le territoire du bien, de sa zone tampon et de son cadre général qui mette l’accent sur leur impact potentiel sur la VUE du bien, pour examen par les Organisations consultatives ;
  9. Demande également à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à se rendre sur le territoire du bien afin d’évaluer son état de conservation, d’examiner tous les projets et études en cours, d’aider à l’identification d’options envisageables pour d’éventuels projets d'aménagement et de développement qui soient cohérents avec la VUE du bien, et de déterminer si le bien est confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets néfastes sur ses caractéristiques inhérentes et justifieraient qu’il satisfasse aux critères d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril, conformément au paragraphe 179 des Orientations ;
  10. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.
Année du rapport : 2018
Tchéquie
Date d'inscription : 1992
Catégorie : Culturel
Critères : (ii)(iv)(vi)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2018) .pdf
arrow_circle_right 42COM (2018)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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