1.         Rennell Est (Îles Salomon) (N 854)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1998

Critères  (ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2013-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté ; voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/6965

Mesures correctives identifiées

Pas encore identifiées 

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Pas encore identifié

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/854/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2006-2012)
Montant total approuvé : 56 335 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/854/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 56 000 dollars EU, UNESCO/Fonds-en-dépôt flamand : soutien technique à Rennell Est ; 35 000 dollars EU, UNESCO/Fonds-en-dépôt flamand : soutien à Rennell Est

Missions de suivi antérieures

Mars-avril 2005 : mission de suivi UNESCO/UICN ; octobre 2012 : mission de suivi réactif UICN ; novembre 2015 : mission de conseil Centre du patrimoine mondial/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/854/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

L’État partie n’a pas soumis le rapport sur l’état de conservation demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session (Cracovie, 2017).

Le Centre du patrimoine mondial a reçu, le 3 mai 2018, une lettre des peuples autochtones Tuhunui de Rennell Est indiquant que lors d’une récente réunion de son conseil, ils avaient décidé de « retirer toutes leurs terres coutumières du site du programme du patrimoine mondial de Rennell Est ». La lettre indique également que toutes les négociations relatives à la proposition d’inscription de Rennell Est et par la suite son statut de patrimoine mondial « ont été menées avec les groupes élus de la communauté mais pas avec les peuples autochtones qui possèdent les terres ». Ils indiquent en outre qu’ils s’opposent à la proposition du gouvernement des Îles Salomon visant à déclarer la zone du bien comme étant protégée en vertu de la Loi sur les zones de protection de 2010.

Le 16 mai 2018, le Centre du patrimoine mondial a envoyé une lettre à l’État partie pour recueillir ses commentaires sur le sujet. Au moment de la rédaction de ce document, l’État partie n’avait pas encore fourni de réponse.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

En l’absence d’un rapport sur l’état de conservation du bien, la situation actuelle du bien et les avancées effectuées par l’État partie relatives à la mise en œuvre des demandes du Comité et à l’atteinte de l’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) ne peuvent être évaluées. Il est regrettable qu’en l’absence de rapport, aucune information ne soit disponible sur les conclusions de l’importante table ronde nationale organisée par l’État partie en août 2017 afin de débattre des futures stratégies pour le bien avec les propriétaires coutumiers, les utilisateurs des terres et les autres parties prenantes.

La pétition qui a été transmise au Centre du patrimoine mondial par les peuples autochtones Tuhunui suscite de graves préoccupations sur les modalités pratiques des droits de propriété, de la gestion et du processus décisionnel coutumiers. Si le conseil des chefs de Rennell Est, son chef suprême, et l’association du site du patrimoine mondial du lac Tegano ont exprimé leur soutien aux processus liés au statut du patrimoine mondial, la lettre des peuples autochtones Tuhunui révèle que des vues opposées existent parmi les communautés locales et les les peuples autochtones. Il devrait être rappelé que ce bien naturel est l’un des rares biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial qui bénéficie d’un système de gouvernance coutumier traditionnel, et il est par conséquent essentiel de veiller à ce que les droits des propriétaires terriens et des utilisateurs des terres coutumiers soient pleinement respectés afin d’assurer la conservation à long terme de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien.

L’une des préoccupations des propriétaires terriens et des utilisateurs des terres coutumiers est que peu d’avantages socioéconomiques concrets ont accompagné le classement de Rennell Est au patrimoine mondial depuis maintenant 20 ans. Le développement de moyens de subsistance pour les communautés locales qui tirent avantage de la conservation du bien est une vraie priorité. Il est par conséquent recommandé que le Comité encourage l’État partie à solliciter un soutien technique et financier pour se saisir de cette question et en appelle à la communauté des donateurs internationaux pour soutenir les efforts à cet égard.

Selon une carte annexée à la pétition, les terres coutumières des peuples autochtones Tuhunui représentent un pourcentage important des terres situées au sein du bien. La pétition indique que les peuples autochtones Tuhunui sont opposés au fait que Rennell Est soit régie par la Loi sur les zones protégées de 2010 – ce qui constituait l’une des mesures proposées par l’État partie pour assurer le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, et qui apparaît dans le DSOCR tel qu’adopté par le Comité. Il est par conséquent recommandé que le Comité demande à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien afin de comprendre les interactions complexes de droits coutumiers au sein du bien, faciliter le dialogue entre et parmi les différentes parties prenantes et communautés et déterminer comment les préoccupations exprimées par les propriétaires terriens coutumiers peuvent être traitées tout en respectant pleinement le droit à l’autodétermination. La mission donnerait des conseils opportuns à l’État partie s’agissant de mesures possibles qui pourraient être mises en œuvre afin d’atteindre le DSOCR, en concertation étroite avec les propriétaires terriens coutumiers, et prolongerait le développement de moyens de subsistance alternatifs avec des partenaires internationaux et les ministères concernés. La mission devrait également évaluer l’état de conservation actuel du bien et les avancées effectuées pour répondre aux menaces identifiées dans les rapports sur l’état de conservation précédents, y compris les espèces envahissantes, l’exploitation minière de bauxite et l’exploitation forestière.

En l’absence de toute information sur les avancées effectuées vers le DSOCR, il est recommandé que le Comité maintienne le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 42 COM 7A.41

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7A.Add2,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7A.19, adoptée à sa 41session (Cracovie, 2017),
  3. Regrette que l’État partie n’ait pas soumis le rapport sur l’état de conservation du bien demandé par le Comité ;
  4. Prend note avec la plus grande préoccupation de la lettre adressée au Centre du patrimoine mondial par les peuples autochtones Tuhunui de Rennell Est, qui soulèvent de graves préoccupations sur les modalités pratiques des droits de propriété, de gestion et du processus décisionnel coutumiers, et expriment leur souhait de « retirer toutes leurs terres coutumières du site du programme du patrimoine mondial de Rennell Est» à la lumière du fait que les peuples autochtones ne tirent pas avantage du statut de patrimoine mondial, ainsi que leur opposition au fait que le bien soit régi par la Loi sur les zones protégées de 2010 ;
  5. Considère que la conservation à long terme de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ne peut être assurée qu’avec le plein accord des propriétaires terriens et utilisateurs des terres coutumiers, en respectant pleinement leurs droits ;
  6. Considère également que le développement de moyens de subsistance durables pour les communautés revêt la plus grande importance, demande à l’État partie de solliciter un soutien technique et financier pour se saisir de cette question et en appelle à la communauté des donateurs internationaux pour soutenir les efforts de l’État partie à cet égard ;
  7. Demande également à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien pour :
    1. faciliter le dialogue entre et parmi les différentes parties prenantes et communautés et déterminer comment les préoccupations exprimées par les propriétaires terriens coutumiers peuvent être traitées tout en respectant pleinement leur droit à l’autodétermination,
    2. donner des conseils à l’État partie s’agissant de mesures possibles qui pourraient être mises en œuvre afin d’atteindre l’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), en concertation étroite avec les communautés locales et les propriétaires terriens coutumiers,
    3. évaluer l’état de conservation actuel du bien et les avancées effectuées pour combattre les menaces identifiées dans les rapports sur l’état de conservation précédents, y compris les espèces envahissantes, l’exploitation minière de bauxite et l’exploitation forestière ;
  8. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019 ;
  9. Décide de maintenir Rennell Est (Îles Salomon) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 42 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/18/42.COM/7A, WHC/18/42.COM/7A.Add et WHC/18/42.COM/7A.Add.2),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :